mardi 17 juillet 2018

Modes automatique ou fantaisiste ?

Les vacances d’été ont commencé.
Michel, 13 ans, a traversé une année scolaire difficile. Il redouble.
Ses parents ont accepté qu’il reste deux semaines chez les grands-parents,
vivant à plusieurs centaines de kilomètres.

Ce jour-là, au matin : 

- Dis, papy, pourquoi y a des gentils et des qui sont méchants ?

- Ho, ho, mon Michel, quelle question !
Hum, euh…
Tu sais, y en a qui disent qu’il n’y a pas de méchant,
que tous, chacun – toi, moi, les autres –,
on fait au mieux, pour trouver son bonheur.
Donc, chacun croit agir pour le bien, et se considère gentil.
Tu comprends, Mimi ?


- Oui, mais, y en a qui sont méchants quand même.
Mon frère, il est toujours méchant avec moi, jamais gentil.


- Hum, bon.
Écoute : l’humain fonctionne telle une machine,
une machine perfectionnée, géniale, complexe,
mais qu’on ne comprend pas bien.
Tu vois ?


- Oui.

- Et chacun d’entre nous peut, à son gré, comme il le souhaite,
fonctionner d’une certaine façon ou d’une autre façon.
Il y a au moins deux façons très différentes de fonctionner, de vivre.
Par exemple : imagine que l’humain soit une sorte de voiture.
Eh bien, il y a des voitures automatiques et des voitures manuelles.
Avec la voiture automatique, tu n’as qu’à accélérer et ralentir et freiner,
le reste, le changement de vitesses, se fait tout seul.
Alors qu’avec une voiture manuelle,
tu dois changer les vitesses toi-même, en plus d’accélérer et ralentir et freiner.
L’humain, tous, nous avons ce choix : soit de fonctionner en mode automatique,
c’est-à-dire en suivant des directives et en se conformant aux normes du moment ;
soit de fonctionner en mode manuel, c’est-à-dire à sa manière, selon son idée.


- Mmh.


- Un autre exemple, qui va te parler davantage :
imagine que l’humain soit comme une voiture-ordinateur.
Soit il laisse les divers programmes et applications se dérouler comme prévu,
et, à chaque démarrage, il retrouve les pages et sites qu’il aime visiter ;
soit il fait en sorte de n’afficher que le bureau au démarrage de l’ordi,
ainsi, chaque jour, selon son humeur, il choisit les sites
et activités qu’il a envies de faire à ce moment-là.
Chacun, on a ce choix de fonctionnement :
ou on se laisse guider, conseiller, dresser,
ou alors on tente de faire autrement, selon sa fantaisie, ses idées et désirs.
En mode automatique, l’humain obéit à ce qu’on lui dit être le mieux.
Ce comportement ne fait pas de lui un méchant, mais un être divisé,
qui s’exécute sans trop penser ni réfléchir aux conséquences,
et qui se comporte, souvent, à l’encontre de lui-même.
Aussi, parfois, en obéissant, on en arrive à être méchant,
sans se sentir responsable ni coupable ;
au contraire, en étant sûr et fier d’avoir bien agi.


- J’ai compris, Papy.
Tu fonctionnes comment, toi ?


- Ha, ha, ha. J’suis vieux mon Mimi.
Auparavant, je fonctionnais de façon automatique,
en me laissant entraîner par le courant des modes.
Puis, j’ai changé. J’ai commencé à m’écouter.
Maintenant, j’fonctionne le plus possible en mode manuel, créatif.
Et toi, mon grand, manuel ou automatique ?


- Mes parents, y veulent jamais me laisser faire comme je veux.

- Tu aimerais fonctionner en mode manuel, hein Mimi ?

- Ouais, j’aimerais faire plein de choses.
Dis Papy, c’est pour ça que mon frère il est méchant avec moi
et qu’il se comporte comme mes parents ? Parce qu’il est en mode automatique ?


- He, he, he, peut-être bien après tout,
et ça expliquerait pourquoi vous vous disputez tout le temps.
Tu sembles avoir compris ce que je t’explique, p’tit.


- Thomas veut toujours avoir raison et il me frappe quand on est seul.
À la maison, il est toujours du même avis que les parents. Il ne me défend jamais.
Quand papa me frappe et me punit, il rit. On dirait qu’il est content.
Il se comporte comme s’il était déjà vieux, sérieux, l’air grave ;
alors qu’il est jeune.
Et mes parents, on dirait qu’ils n’ont jamais été jeunes.
Ils n’essaient même pas de me comprendre.
Elle était comment maman à mon âge ?


- Allons, viens, mon Mimi manuel, on va se promener en forêt, ça te dit ?

- Youhou !

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mercredi 11 juillet 2018

Suivre Je

Lorsque je suis en train de suivre la marche à suivre,
je ne suis pas en train de suivre ce que je suis ;
car si je suis ce que je suis,
je ne suis pas en train de suivre une marche à suivre,
puisque si ce que je suis avait été préalablement écrit dans une marche à suivre,
je n’aurais plus qu’à suivre ce que je suis selon cette marche à suivre.
Mais ni je ne suis ni ne suis une marche à suivre.

* * *

Je suis ce que je suis.
En français, plusieurs significations,
en jouant avec les verbes être et suivre.
Par exemple,
en déclinant à la deuxième forme, ça devient :
tu es ce que tu es
ou sinon,
tu es ce que tu suis (comme idées, alimentation, occupations et distractions)
ou encore,
tu suis ce que tu suis
et aussi,
tu suis ce que tu es.

Le pronom initial, je ou tu, se rattache au « moi » du moment, le prédominant,
parmi les quelques autres « moi-je » apparaissant sur la scène de l’existence.

Je suis ce que je suis,
et suis ce que « Je » suis.
En m’adressant à toi, ça donne :
Tu es ce que tu es,
et suis ce que « Tu » suis,
ou ce que « Tu » es.

Le « Je » ou « Tu » désigne un « Moi » unifié, en conscience de soi et du monde,
qui maintient une continuité surfant sur la discontinuité du mouvement.

Je suis ce que « Je » est.

« Je » est la marche à suivre.

« Je » hait la production d’une culture dictant une marche à suivre.
« Je » hait la marche à suivre administrative pré-pensée par des poliptichiens politiciens.

« Je » est, chaque jour, sa propre culture, que « Moi » perfectionne.

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Problèmes et foot

Salut les e-potes, suis dans un bar, le problème persiste,
ne parviens pas à me connecter sur le Net depuis mon lieu habituel.

Voyons le bon côté des choses, au moins je puis me consacrer entièrement…
au Mondial de foot ! Yeah ! Youhou ! ♪ Je vais bien, tout va bien ♫.
Pas besoin ni de TV ni d’Internet pour savoir que la France…

C’est dingue comme les gens peuvent se mobiliser,
lorsqu’ils l’estiment nécessaire et important, par exemple :
500'000 participants à la Gay Pride et, hier soir, la fiesta,
saupoudrée d’une cacophonie de klaxons et de cris (je croyais les Beatles dans le coin).
Aux manifestations contre la loi du travail, contre les déchets nucléaires à Bure, etc.,
combien de gens se sont mobilisés ?

Vive la France-foot pour tous.

A +

mardi 3 juillet 2018

Et le sexe alors ? (G XXVIIII)

L’homme mécanique ne peut pas aimer – en lui « ça aime » ou « ça n’aime pas ».

Jusqu’à présent il a été question des trois principaux centres de l’être :
l’intellectuel, l’émotionnel et le moteur-instinctif.

À ce point des notes de P. D. Ouspensky,
G. I. Gurdjieff inclut un autre centre de l’être, le sexuel,
tout en considérant séparément le centre moteur et le centre instinctif,
qu'il va distinguer dorénavant. Il parlera donc de cinq centres de l'être.

La sexualité, est-elle instinctive ?
En partie, pour le moins ; je crois.
Au moment où G. I. Gurdjieff considère à part le centre instinctif,
le désignant soudain comme un quatrième centre, il intègre la sexualité.

Peut-on considérer que l’on a un centre sexuel ?
À en croire l’approche asiatique des chakras, oui, nous avons un centre sexuel.
Ce que je comprends : la sexualité est un centre énergétique secondaire de l’être,
je veux dire qu’il n’est pas vital,
néanmoins ce centre est très important puisqu’il produit beaucoup d’énergie.


Reprenons l’enseignement.
G. I. Gurdjieff introduit le sujet de la sexualité :
(…) le sexe joue dans le maintien de la mécanicité de la vie un rôle énorme.
Tout ce que font les gens est en liaison avec le sexe : la politique,
la religion, l’art, le théâtre, la musique, tout est "sexe".
Croyez-vous que les gens vont à l’église pour prier,
ou au théâtre pour voir quelque pièce nouvelle ?
Non, ce ne sont là que des prétextes.
Le principal, au théâtre aussi bien qu’à l’église,
c’est que l’on y peut trouver des femmes ou des hommes.
Voilà le centre de gravité de toutes les réunions. (…)
Voilà la principale source d’énergie de toute la mécanicité.
Tous les sommeils, toutes les hypnoses en découlent.
 
Essayez de comprendre ce que je veux dire.
La mécanicité est particulièrement dangereuse
lorsque les gens ne veulent pas la prendre pour ce qu’elle est
et tentent de l’expliquer par autre chose.
Lorsque le sexe est clairement conscient de lui-même,
lorsqu’il ne s’abrite pas derrière des prétextes,
il ne s’agit plus de la mécanicité dont je parle.
Au contraire, le sexe qui existe par lui-même
et ne dépend de rien d’autre est déjà un grand accomplissement.
 
Mais le mal gît dans ce mensonge perpétuel à soi-même ! (…) 
(…) vous demandez – devons-nous laisser les choses ainsi ou les changer ?
Allons ! Dieu lui-même n’y pourrait rien changer.
Vous souvenez-vous de ce qui a été dit sur les quarante-huit lois ?
Elles ne peuvent pas être changées,
mais on peut se libérer d’un grand nombre d’entre elles,
je veux dire qu’il y a une possibilité de changer l’état de choses « pour soi-même ».
 
On peut échapper à la loi générale.
Pas plus là qu’ailleurs, la loi générale ne peut être changée.
Mais l’homme peut changer sa propre situation par rapport à cette loi ;
il peut lui échapper. D’autant plus que la loi dont je parle,
c’est-à-dire le pouvoir du sexe sur les gens, offre des possibilités très diverses.
 
Le sexe est la principale raison de notre esclavage,
mais il est aussi notre principale possibilité de libération
.
 
La "nouvelle naissance" (…) ne dépend pas moins de l’énergie sexuelle
que la naissance physique et la propagation de l’espèce.

Association : ce que G. I. Gurdjieff définit par « nouvelle naissance »
renvoie à ce que C. G. Jung nommait « métanoïa » (renaissance par l’esprit),
c’est-à-dire à l’aboutissement du processus d’individuation.

Continuons. Un élève lui demande :
- La continence absolue est-elle nécessaire pour la transmutation,
et, d’une manière générale, l’abstinence sexuelle est-elle utile pour le travail sur soi ?
 
- (…) L’abstinence sexuelle est en effet nécessaire à la transmutation,
mais dans certains cas seulement, c’est-à-dire pour un certain type d’homme.
Pour d’autres types, elle n’est pas du tout nécessaire.
Et pour d’autres encore, elle vient d’elle-même dès que s’amorce la transmutation.
(…)
(L’abstinence sexuelle) est utile, s’il y a abstinence dans tous les centres.
S’il n’y a abstinence que dans un centre
et pleine liberté d’imagination dans les autres,
il ne saurait y avoir rien de pire.
En outre, l’abstinence peut être utile si l’homme sait
comment utiliser l’énergie qu’il épargne de cette façon.
S’il ne le sait pas, aucun avantage ne peut être retiré de l’abstinence.
(…)
(En matière de sexualité) toutes les sortes d’ "originalités",
tous les goûts étranges, les désirs bizarres,
la peur et l’action constante des "tampons"*,
tout cela doit être détruit dès le début.
 
L’éducation moderne et la vie moderne
créent un nombre incalculable de psychopathes sexuels
.

L’enseignement se complexifie :
Je voudrais vous faire comprendre où gît le plus grand mal
et le principal facteur de notre esclavage.
Ce n’est pas dans le sexe même, mais dans « l’abus du sexe ». (…)
Il ne s’agit pas ici des excès sexuels ou des perversions sexuelles.
Ce ne sont là que des formes relativement inoffensives de l’abus du sexe.
Non, il est indispensable de très bien connaître la machine humaine
pour comprendre ce qu’est l’abus du sexe, au sens vrai de cette expression.
Elle désigne le mauvais travail des centres dans leurs rapports avec le centre sexuel,
en d’autres termes, l’action du sexe s’exerçant à travers les autres centres,
et l’action des autres centres s’exerçant à travers le centre sexuel ;
ou, pour être encore plus précis, le fonctionnement du centre sexuel
à l’aide de l’énergie empruntée aux autres centres
et le fonctionnement des autres centres à l’aide de l’énergie empruntée au centre sexuel.
 
- Le sexe peut-il être regardé comme un centre indépendant ? demanda un des auditeurs. 
- Oui, répondit Gurdjieff. 

G. I. Gurdjieff nous apprend que la plupart des centres sont bipolaires, pas le sexuel :
En premier lieu, il doit être noté que, « normalement »,
dans le centre sexuel, aussi bien que dans le centre émotionnel supérieur
et dans le centre intellectuel supérieur, il n’y a pas de côté négatif.

Nos trois centres majeurs, les moteur-instinctif, émotionnel et intellectuel,
sont donc doubles, avec des oppositions d’attirances et d'élans générant des conflits.
Seul le centre sexuel n’est pas scindé en deux parts complémentaires.
(Pour le dire autrement, le sexe ne reconnaît ni le mauvais ni le bon,
étant pur élan, sauvage, de nature neutralisante).


Toutefois,
lorsqu’une personne parvient à développer ses centres émotionnel et intellectuel,
ces derniers s'unifient ; c’est pourquoi, à ce niveau de l’enseignement,
G. I. Gurdjieff précise que les centres émotionnel et intellectuel « supérieurs »
n’ont pas de côté négatif, leurs aspects positif et négatif se retrouvant comme fusionnés, unifiés.



G. I. Gurdjieff ajoute à ce sujet, et précise :
Dans tous les autres centres, à l’exception des centres supérieurs,
c’est-à-dire dans les centres intellectuel, émotionnel, moteur et instinctif,
il y a, pour ainsi dire, deux moitiés – l’une positive et l’autre négative
(forces + et -) ;
affirmation et négation, "oui" et "non", dans le centre intellectuel ;
sensations agréables et désagréables dans les centres instinctif et moteur.
 
Mais une telle division n’existe pas dans le centre sexuel.
Il n’y a pas de côtés positif et négatif en lui.
Il n’y a pas de sensations désagréables ni de sentiments désagréables en lui :
ou bien il y a sensation agréable, sentiment agréable,
ou bien il n’y a rien – absence de toute sensation, complète indifférence.

Voilà ce qu’il se passe le plus souvent :
Mais par suite du mauvais travail des centres,
il arrive souvent que le centre sexuel entre en contact
avec la partie négative du centre émotionnel ou du centre instinctif.
Dès lors, certaines stimulations particulières,
ou même n’importe quelles stimulations du centre sexuel,
peuvent évoquer des sentiment désagréables, des sensations désagréables.
Les personnes qui éprouvent de telles sensations ou de tels sentiments,
suscitées en elles par des idées ou des imaginations liées au sexe,
sont portées à les regarder comme des preuves de vertu
ou comme quelque chose d’original ;
en fait, elles sont simplement malades.
 
Tout ce qui est en rapport avec le sexe devrait être, soit agréable, soit indifférent.
Les sentiments et les sensations désagréables viennent tous du centre émotionnel
ou du centre instinctif.

Il était ressorti des tableaux de l’hydrogène que
« le centre sexuel travaille avec l’hydrogène 12 »,
c’est-à-dire avec une matière des plus raffinées que le corps produise.
G. I. Gurdjieff en explique la particularité
(veuillez accrocher votre ceinture de sécurité-tous-risques,
nous allons traverser une zone de fortes turbulences neuronales
autant que tripales, et même génitales !) :
Cela signifie qu’il (le centre sexuel) est plus fort
et plus rapide que tous les autres centres.
Le sexe, en fait, gouverne tous les autres centres.
 
La seule chose qui ait prise sur lui dans les circonstances ordinaires,
c’est-à-dire lorsque l’homme n’a ni conscience, ni volonté,
c’est ce que nous avons appelé les "tampons".
Ceux-ci peuvent le réduire littéralement à rien,
c’est-à-dire qu’ils peuvent empêcher ses manifestations normales.
Mais ils ne peuvent pas détruire son énergie.
L’énergie subsiste et passe aux autres centres, par lesquels elle s’exprime ;
autrement dit, les autres centres dérobent au centre sexuel
l’énergie qu’il n’emploie pas lui-même.
 
L’énergie du centre sexuel dans le travail des centres intellectuel, émotionnel et moteur,
se reconnaît à une "saveur" particulière, à une certaine ardeur,
une véhémence que rien ne nécessite.
Le centre intellectuel écrit des livres,
mais quand il exploite l’énergie du centre sexuel,
il ne s’occupe pas simplement de philosophie, de science ou de politique
– il est toujours en train de combattre quelque chose, de se disputer,
de critiquer, de créer de nouvelles théories subjectives.
 
Le centre émotionnel prêche le Christianisme, l’abstinence, l’ascétisme,
la crainte et l’horreur du péché, l’enfer, le supplice des damnés,
le feu éternel, et tout cela avec l’énergie du sexe…
Ou bien il fomente des révolutions, il pille, il brûle, il tue,
avec cette même énergie dérobée au sexe.
 
Et, toujours avec cette énergie, le centre moteur se passionne pour le sport,
il bat des records, il saute des haies, il escalade des montagnes, il lutte, il combat, etc.
 
Dans tous les cas où les centres intellectuel, émotionnel ou moteur
utilisent l’énergie du sexe, on retrouve cette véhémence caractéristique,
en même temps qu’apparaît « l’inutilité » du travail entrepris.
Ni le centre intellectuel, ni le centre émotionnel, ni le centre moteur
ne peuvent jamais créer quelque chose « d’utile » avec l’énergie du centre sexuel.
 
Voilà un exemple de l’abus du sexe.

G. I. Gurdjieff explique, ensuite, qu’à force de puiser dans l’énergie sexuelle,
le centre sexuel, quand mobilisé, se retrouve à puiser dans l’énergie des autres centres,
qui, eux, sont plus lents et produisent une matière plus dense (hydrogène plus élevé).
Bref, la machinerie humaine est détraquée, névrosée,
néanmoins elle trouve un semblant d’équilibre dans un dysfonctionnement général.
Nous sommes habitués à fonctionner comme ça, depuis Mathusalem.

Quelqu’un lui demande que « faire pour lutter contre l’abus du sexe ? »
(…) Le travail sur soi, correctement conduit,
commence par la création d’un « centre de gravité permanent ».
 
Lorsqu’un centre de gravité permanent a été créé,
tout le reste, en se subordonnant à lui, s’organise peu à peu.
 
La question se résume donc ainsi :
à partir de quoi et comment un centre de gravité peut-il être créé ?
(…) seules, la juste attitude d’un homme à l’égard du travail, (…),
son appréciation juste de la valeur du travail
et sa compréhension de la mécanicité ou de l’absurdité de tout le reste,
peuvent créer en lui un centre de gravité permanent.
 
Le rôle du centre sexuel dans la création d’un équilibre général
et d’un centre de gravité permanent peut être très grand.
De par son énergie, c’est-à-dire s’il emploie son énergie propre,
le centre sexuel se situe au niveau du centre émotionnel supérieur.
Et tous les autres centres lui sont subordonnés.
Par conséquent, ce serait une grande chose s’il travaillait avec sa propre énergie.
Cela seul suffirait à indiquer un degré d’être relativement élevé.
Et, dans ce cas, c’est-à-dire si le centre sexuel travaillait avec sa propre énergie
et à sa propre place, tous les autres centres pourraient travailler correctement,
à leur place et avec leur énergie propre.
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Liens (concernant les « tampons »)
* Défense psy contre les chocs
* Tampons et contrôle


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dimanche 1 juillet 2018

Au début

Au commencement étaient les Ténèbres.

En Elles, les parties et fonctions s’opposent en permanence,
entretenant un rapport de forces continuel,
dont l’enjeu consiste à déterminer quelle en est la part dominante.

Un jour de colère particulièrement véhémente,
ayant provoqué des frictions internes sans précédent,
jaillirent des Ténèbres des étincelles de feu.

L’une des étincelles éjecta une masse ténébreuse de concentré énergétique.

Et un Soleil naquit.

En grandissant, le Soleil éclaircit les Ténèbres.

Au fil du temps, l’Étoile grossit et devint immense.
Son essence s’épanouissait avec grâce,
prenant des formes improbables,
d’une beauté à couper le souffle.

Les Ténèbres, émerveillées par le spectacle,
restèrent coites devant l’Étoile,
ce qui eut le don de calmer ses angoisses, un peu.

L’esprit de l’Astre majestueux se développa.

Le Soleil Intelligent observa longuement et attentivement
le fonctionnement des Ténèbres.
Puis, Il se reposa.

Le Grand Esprit Solaire fit un Rêve de vie en perpétuelle reviviscence.
Les formes y changeaient continuellement,
aussi la beauté y était constamment renouvelée, différente, surprenante.
Dès lors, un désir chauffa les entrailles de l’Astre en tension.

Le Saint Soleil trouva le moyen de s’adresser aux méfiantes Ténèbres :
« Je prévois de créer, avec votre participation, d’autres espaces,
c’est-à-dire des lieux comme celui-ci
».

Les Ténèbres, gloutonnes, se réjouirent à cette idée.

L’intention de l’Éthique Étoile se diffusa partout.

Et l’amour commença à agir, à se répandre,
en rassemblant ténèbres et lumière.

Le Sage Soleil sacrifia, de Lui-même, une flamme animée.
Ensuite, Il expulsa cette parcelle de son âme dans le Grand Tout.

Soudain,
une gigantesque explosion terrifièrent les Ténèbres,
qui fuirent, toutes affolées, criant à la trahison.

Et d’autres cosmos naquirent.

Une fois le calme revenu,
Mère Ténèbres se réjouit, en gloussant de plaisir,
de découvrir de nouveaux espaces à grignoter.

Et d’autres étoiles naquirent.

Le Soleil d’Amour, affaiblit par tant d’efforts, récupéra des forces.

Après le repos, le Soleil Créateur observa l’ensemble, et médita.
Le sujet tracassant notre Âme Sensible portait sur l’indépendance de sa Création.
Elle cherchait le moyen de permettre une totale autonomie aux divers cosmos.
Tout y fonctionne par soi-même, de façon mécanique, automatique,
mais le Saint-Astre devait régulièrement y insuffler
sa volonté afin de redynamiser le mouvement.

Notre Âme Éprouvée se recueillit
et récapitula le processus ayant abouti à la Création.
Elle saisit que son sacrifice volontaire, l’ayant fragilisée un instant,
avait permis une fusion momentanée avec les Ténèbres,
ce qui a produit l’expansion de l’univers.

Soudain pris d’une intuition fulgurante,
Notre Soleil Génial provoqua une nouvelle explosion,
qui eut pour effet de fragiliser l’ensemble à certains endroits savamment étudiés.
Et il lui vint l’idée des stimuli accidentels pour provoquer, de temps en temps,
des ondes de chocs qui percuteraient notamment les zones fragiles du Grand Corps.
Ces chocs imprévisibles, dans le mouvement général de l’univers,
ont pour effets de redynamiser l’élan de la perpétuelle régénération.

Depuis lors, l’univers fonctionne de soi-même, de façon autonome, en toute liberté,
constamment revivifié grâce à des secousses causées par les événements cosmiques.


L’imperfection intentionnelle au sein de la perfection mécanique.


Un phénomène totalement imprévu surprit le Haut Soleil :
son amour lui revint en retour, enrichi de mille et un ressentis !
Ce qui Lui plut considérablement.


Notre Bienveillant Amoureux Père Soleil se contente, maintenant,
d’instruire son innombrable progéniture d’étoiles
afin qu’elles apprennent à créer elles-mêmes,
si elles le souhaitent, leurs propres univers.




Quelques milliards d’années plus tard, selon notre échelle du temps,
au sein d’un cosmos de troisième degré,
un soleil novice s’active à terminer sa création.
Encore jeune, maladroit, entêté, impatient et impulsif,
sa constellation se révèle, pour le moment, pleine d’erreurs et aussi, de fantaisies,
comme par exemple celle d’y avoir créé des poussières capables d’intelligence et d’amour.
Or, ces poussières virulentes, appelées « humains », disposent d’un temps de vie trop court
pour pouvoir s’autonomiser complètement.

Contrarié et honteux, mais persévérant et déterminé,
notre soleil apprenti insuffle régulièrement de son énergie
vers quelques rares germes d’âmes humaines particulièrement réceptives.
Il y croit, que ces poussières de conscience sont de potentiels soleils en devenir.

Le problème que notre soleil doit absolument résoudre se pose ainsi :
les humains, pourtant capables d’intelligence,
passent leur court temps d’existence à calculer,
à accumuler l’inutile, à encourager la compétitivité,
et, pire, à inventer des moyens de détruire leur environnement naturel !
Ces agissements sont contraires à l’intelligence et à l’amour.
Ils se laissent influencer par les ténèbres.
Alors le soleil se demande :
« comment inverser les choses ? »

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vendredi 29 juin 2018

Quid sur le pardon ?

Pardonner, excuser, est-ce sensé ?

Quand nous excusons les mauvais comportements de quelqu’un,
pour quelles raisons et à quelle fin le faisons-nous ?

Il est question dans ce propos de comportements
ayant un fort impact et des conséquences malsaines.

Est-ce que cela aide, se révèle constructif à long terme, d’excuser, de pardonner ?
Est-ce que cela permet à tous les concernés d’évoluer sainement ?

Est-ce que ça permet d’aller mieux et de rendre le monde meilleur ?
Par exemple : une personne à qui l’on a saccagé l’enfance,
maltraitance ou autres, ferait-elle bien de pardonner ? 
Cette personne, sûrement traumatisée, peut, tout au plus,
s’efforcer de comprendre ce qu’il s’est passé,
ainsi que les motifs des malveillants.
Mais comprendre n’est pas pardonner. 
Comprendre, dans cet exemple, permet de se sentir mieux avec le dommage subi,
voire même d’y puiser de la force (ce qui devient de la résilience).
Le pardon doit avoir du sens,
sinon il n’est qu’un coup de vent, du blabla,
de la politesse, un soi-disant devoir moral, une civilité ;
et alors, en ce cas,
le pardon n’a aucun pouvoir de guérison ni de réconciliation ni autre.

Excuser, pardonner, peut donc se révéler insensé et même contreproductif.


Savoir quand pardonner ou non, une affaire de discernement

Le pardon ne peut avoir du sens, et des effets,
qu’à la condition que l’agresseur ait pris conscience de son acte,
de la souffrance et des dégâts occasionnés.

C’est au "fauteur de troubles" de se pardonner à lui-même.
Et c’est à lui de demander pardon au lésé.
Le lésé, ensuite, lui accorde son pardon ou non.
Je veux dire qu’on ne peut excuser l’autre
que lorsque ce dernier le demande sincèrement,
en ayant déjà entrepris, concrètement (et non uniquement verbalement),
des démarches pour "rectifier le tir" et changer soit,
pour s’améliorer afin de ne plus reproduire le comportement inapproprié.

Il est vain de pardonner s’il n’y a pas un changement déjà amorcé, en cours.

Il est impossible de pardonner si la situation malsaine perdure.

Et il y a des événements, dégâts et blessures, irréversibles.


Le mécanisme vicieux d’un pardon insensé

Il s’agit d’être conscient qu’en excusant l’autre-qui-ne-change-pas,
on admet implicitement qu’il n’a pas besoin de se faire aider
ni de faire des efforts pour régler sa difficulté, sa déviance.
De la sorte, on le conforte dans ses attitude et comportements,
ainsi que dans sa relation avec lui-même et avec l’entourage.
C’est comme si on minimisait son problème,
ainsi que la dynamique sociale que son attitude génère.

Le risque, en excusant ou justifiant le comportement de l’autre
(il faut le comprendre… et il lui est arrivé ceci, le pauvre…),
ne consiste ni plus ni moins qu’à le déresponsabiliser
et à minimiser son impact néfaste sur la communauté comme sur la(es) personne lésée.

Il n’est pas forcément question (à chacun de voir) de lui en vouloir, au "fauteur",
ni de garder rancune ni de chercher à se venger,
ni à lui faire payer ou entendre raison, ni autre,
mais de lui signifier un désaccord, en lui retournant son ignominie,
et en maintenant une position ferme : « non, je n’accepte pas cela ».

Il n’est pas donc question de blâmer ni de punir,
mais il n’est pas non plus question d’excuser pour excuser,
par sentimentalité, pitié, sensiblerie,
par croyance que Dieu souhaiterait que…,
ou parce que « tout le monde dit qu’il faut pardonner ».

Pardonner dans le vide ne fait pas avancer le schmilblick.


Éviter la répétition et la part de responsabilité qui n’est point nôtre

D’excuser, à partir d’un juré-promis « ça ne recommencera pas »,
donne rarement des résultats probants et satisfaisants ;
au contraire, ce rapport laisse des sillons propices à la répétition,
et à une continuation de ce qui est insatisfaisant dans la relation.

Penser aux conséquences, en avoir conscience, car :
en excusant un mauvais comportement, on en prend une part de responsabilité,
du problème de l’excusé !
En effet, excuser autrui, lui pardonner,
c’est prendre sur soi une part de la responsabilité de l’évolution des choses :
si l’autre dérape à nouveau, la responsabilité sera alors partagée, commune.

Un sans-âme, ou un prédateur ou un salopard, tant qu’il trouvera bénéfice à nuire,
n’a aucune raison de cesser de le faire puisqu’il y puise ses forces et plaisirs ;
et ce, qu’autrui l’excuse ou non.


Avons-nous le pouvoir de pardonner ?

Le pardon est une affaire personnelle,
se déroulant entre soi et sa conscience.

Que le lésé se pardonne à lui-même (les victimes culpabilisent, souvent) ;
et que l’agresseur se démerde. C’est son problème, son affaire, son enfer.
C’est à lui de se prendre en charge et de cesser de dysfonctionner.

En poussant et approfondissant ce raisonnement, je me demande :
avons-nous vraiment le pouvoir de pardonner quelqu’un pour ses actes ?

Ne serait-ce pas une forme de prétention que de croire cela ?

Certains disent que seul Dieu peut pardonner.


En résumé

Nous n’avons ni à excuser ni à condamner le comportement d’autrui,
mais à s’en prévenir et à s’en protéger lorsque cela nous nuit.
Défendre son espace vital, son sentiment et ses idées.

Réagir c’est « prendre soin de soi »,
en veillant à son potentiel énergétique
et à sa santé tant physique que psychique.

Quant aux événements graves,
comme dans l’exemple d’une enfance saccagée,
c’est impardonnable puisque, une fois adulte,
le blessé devra composer avec le dommage durant le reste de son existence
(d’où l’importance de comprendre ce qu’il s’est passé).

Il y a des actes sans conséquence grave, que l’on peut pardonner,
et il y a des agissements irrémissibles.

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jeudi 28 juin 2018

En chacun, "ça" aime ou non (G XXVIII)

Rappel :
l'humain se construit une personnalité reposant, inconsciemment, sur plusieurs « moi » ;
et l’humain est constitué, également, d’une essence – d'un être, d'une âme.

D’incarner un répertoire de « moi », somme toute limité d'après G. I. Gurdjieff,
rend difficile l’identification de la nature d’un individu, c’est-à-dire qui il est vraiment.
Pour Gurdjieff, la nature d’une personne se détermine d’après son « type d’être ».




Un participant demande « combien de types fondamentaux en tout »,
c’est-à-dire combien de types d’humains existe-t-il ?
G. I. Gurdjieff de répondre :
Quelques-uns disent douze.
Selon la légende, les douze apôtres représentent les douze types.
Mais d’autres disent davantage.
(…)
Mais dans les conditions actuelles de votre vie, vous devez comprendre
que vous ne pouvez pas rencontrer plus de six ou sept types d’hommes (…)
 
(…) la difficulté est que les types et leurs différences
ne peuvent pas être définis dans le langage ordinaire, (…)
 
Vous ne comprenez pas encore,
et il se passera du temps avant que vous ne me compreniez.
Pensez à la différence entre savoir et être.
Pour comprendre certaines choses, un changement d’être est nécessaire.

Concernant la difficulté de se dire, de se raconter (auprès de personnes de confiance),
G. I. Gurdjieff expliquait :
La personnalité se cache derrière l’essence,
et l’essence se cache derrière la personnalité ;
ainsi, elles se masquent l’une l’autre.
 
- Comment peut-on séparer l’essence de la personnalité ? (demande un participant) 
- Comment sépareriez-vous ce qui est à vous de ce qui n’est pas à vous ?
Il faut y penser, il faut se demander d’où est venue telle ou telle de vos caractéristiques.
Et surtout, n’oubliez jamais que la plupart des gens, spécialement dans votre milieu,
ne possèdent presque rien en propre. Rien de ce qu’ils ont ne leur appartient ;
le plus souvent, ils l’ont volé. Ce qu’ils appellent leurs idées, leurs convictions,
leurs théories, leurs conceptions, tout a été pillé à des sources variées.
C’est cet ensemble qui constitue leur personnalité.
Et c’est cela qui doit être dépouillé, mis au rancart.
 
- Mais vous disiez vous-même que le travail commence par la personnalité. 
- Rien de plus vrai. (…)
Un homme, surtout s’il appartient à la classe "intellectuelle",
est presque exclusivement constitué de personnalité.
Dans la plupart des cas,
son essence a subi un arrêt de croissance dès l’âge le plus tendre.
Je connais des pères de famille respectés, des professeurs pleins d’idées,
des écrivains connus, des hommes d’État, chez qui
le développement de l’essence a été stoppé vers l’âge de douze ans.
Et ce n’est pas si mal.
Il arrive parfois que l’essence cesse définitivement de croître à cinq ou six ans.
Dès lors, tout ce qu’un homme pourra acquérir par la suite ne sera pas à lui :
ce ne sera qu’un répertoire de choses mortes, prises dans des livres ;
ce ne sera qu’une contrefaçon.

NB : l’homme en question, ne développant plus son essence,
ne devient, au fil du temps, qu’un « faux-moi », une « fausse personnalité ».
Il se contente de s’identifier, d’imiter et de se comparer à ses modèles et aux autres,
c’est-à-dire « qu’il n’a rien » de propre à lui-même (lié directement à son essence).
En fait, si je comprends le propos de Gurdjieff,
c’est l’essence qui permet le développement d’une véritable personnalité, d’un « Moi »,
d’où la nécessité de veiller à son épanouissement, en plus de développer une personnalité.
Notons que C. G. Jung a témoigné, en fin de carrière, qu’il avait deux personnalités :
l’une publique, rationnelle, soucieuse d’une démarche scientifique (en psychologie),
alors que l’autre personnalité était inspirée, créative, fantaisiste et irrationnelle.
Il explique que sa « personnalité2 », l’inspirée, lui insufflait sa voie,
et aussi des intuitions, ainsi que sa clairvoyance notamment en matière de psyché.
C. G. Jung parvenait ainsi à cultiver sa personnalité publique (il était père, docteur,
professeur et psychothérapeute) tout en restant à l’écoute de sa « personnalité2 ».
À la lumière du propos de Gurdjieff,
on peut penser que Jung est parvenu à développer son « essence ».

Poursuivons avec l’enseignement.
Ses élèves exposent leurs difficultés à parler d’eux-mêmes, de leur histoire.
G. I. Gurdjieff leur explique :
Vous ne comprenez pas ce que cela signifie : être sincère.
Vous êtes tellement habitués à mentir, aussi bien à vous-mêmes qu’aux autres,
que vous ne trouvez ni mots, ni pensées, lorsque vous voulez dire la vérité.
Dire toute la vérité sur soi-même est très difficile.
Avant de la dire, il faut la connaître.
Or vous ne savez même pas en quoi elle consiste.

Pour terminer sur ce sujet, et si j’ai bien compris,
G. I. Gurdjieff incitait à découvrir « son trait principal ou défaut principal »,
afin de parvenir à définir de quel type d’humain on est.
Il précise que « connaître son type se réfère à l’essence ».
G. I. Gurdjieff définissait une personne « vivant dans son essence »
par le « Moi ou Je » (avec majuscule), parfois il précisait « Moi objectif ».
À partir de l’identification du « trait principal », on découvre son type d’essence ;
puis, on commence à comprendre et à reconnaître les divers autres types d’humains…

Pour parvenir à distinguer la personnalité de l’essence (ou de l’être),
G. I. Gurdjieff a expliqué :
(…) les gens vivent dans leur personnalité qui a ses intérêts propres, ses goûts propres.
Ceux-ci n’ont rien de commun avec les intérêts et les goûts de l’essence.
La personnalité, dans un tel cas, est le résultat du mauvais travail des centres.
Pour cette raison, elle peut ne pas aimer ce que l’essence aime
– et aimer précisément ce que l’essence n’aime pas.

Commentaire : en saisissant la dynamique, on comprend la scission de l’être,
pourquoi on se sent déchiré, double, ambivalent, en conflit (à l’intérieur de soi-même), etc.

G.I. Gurdjieff poursuit (sur le même sujet) :
C’est ici que le conflit entre l’essence et la personnalité commence.
L’essence sait ce qu’elle veut, mais ne peut l’expliquer.
La personnalité ne veut même pas l’entendre et ne tient aucun compte de ses désirs.
Elle a ses désirs propres. Et elle agit à sa façon.

Concernant l’amour dont est capable un humain ordinaire, G. I. Gurdjieff dit :
(…) l’homme mécanique ne peut pas aimer
– en lui « ça aime » ou « ça n’aime pas ».
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mardi 26 juin 2018

Feuilles allant au gré des vents

Chaque humain adulte est telle une feuille morte
virevoltant selon les caprices des vents,
et autres phénomènes naturels,
et selon la volonté toute-puissante du Système, de l’État.

Chaque fois qu’un vent se lève, souffle,
les feuilles changent de mouvement,
sans s’en rendre compte.

Tantôt elles montent, tantôt descendent,
tantôt elles font un bond en avant, tantôt reviennent au point de départ,
tantôt elles sont contentes, tantôt contrariées, etc.

Durant leurs pérégrinations existentielles,
les feuilles peuvent se cogner contre un arbre,
passer sous un objet-non-naturel comme une voiture, etc.

Et aussi, constamment, quotidiennement,
elles frôlent d’autres feuilles (influence réciproque),
se bousculant les unes les autres, se faisant la bise sans envie,
parlant sans s’entendre, se disputant, s’injuriant parfois,
ou se frottant sensuellement, voire sexuellement,
avant que les vents ne les séparent,
ou non.


Le plus souvent, les feuilles s’agglutinent, par millions,
dans des villes, contre des murs de béton.

* * *

On s’identifie plus facilement à une feuille morte
– un support de projection acceptable et poétique –
qu’à un sac plastique, n’est-ce pas ?

Néanmoins le plastique nous correspond beaucoup mieux,
à voir l’état des océans et de l’eau potable.

À propos de plastique,
voici un court extrait (~3 minutes)
du film « American beauty »:





La liberté consiste à prendre conscience, un maximum,
de tout ce que nous faisons chaque jour, à chaque instant,
ainsi que du comment et du pourquoi nous le faisons ;
car, moins on est soumis aux divers vents et influences,
plus on se sent intègre et libre, allant en vibrant juste.

Apprendre à se connaître permet de contrer les diverses influences non souhaitables ;
et ce, afin de parvenir à garder le cap, l’orientation choisie, sa propre voie.

Plus on prend conscience de son fonctionnement en interaction avec le monde extérieur,
mieux on se désentrave notamment des mécanismes et automatismes qui nuisent.



lundi 25 juin 2018

Exister avec un répertoire de moi (G XXVII)

Intro et rappel

Chacun, nous sommes, au quotidien, multiples (personnalité double,
triple ou quadruple faces, se formant à partir de nombreux « moi » ;
avec, toutefois, une prédominance de 2 à 6 « moi »).
Cela sous-entend que, entre nous, en société, nous sommes,
"jouons", divers personnages ; toujours les mêmes.

D'incarner diverses personnalités ne représente pas un problème en soi,
néanmoins le problème provient du fait de ne pas en avoir conscience,
c'est pourquoi nous sommes contradictoires, par exemple.

Ensemble, en société, nos personnalités inconsciemment doubles (ou plus)
ainsi que le fait que nos niveaux de conscience diffèrent entre les uns et les autres
‒ allant du sommeil hypnotique complet à un Éveil total ‒,
tout cela génère des différences d’appréhension du monde,
et de compréhension réciproque,
ce qui ne peut produire que de nombreuses et incessantes interférences relationnelles,
notamment communicationnelles.

Plus avant (ci-dessous), on risque d'être surpris lorsque G. I. Gurdjieff explique
qu'en parvenant à mieux se connaître et à maintenir une continuité en soi-même,
on peut alors "jouer" davantage de personnages, cette fois consciemment.


L'enseignement continue

Lors d’une réunion avec l’un de ses groupes de travail, G. I. Gurdjieff leur dit :
Tout le malheur vient de votre certitude d’être toujours identiques à vous-mêmes. 
Mais j’ai de vous une vision bien différente. Par exemple, je vois qu’aujourd’hui
un Ouspensky est venu ici, tandis qu’hier c’était un autre Ouspensky.
Quant au docteur – avant votre arrivée, nous étions ensemble tous les deux,
et nous parlions ; c’était un certain docteur.
Puis vous êtes venus.
Et il m’est arrivé de jeter un regard sur lui : c’était déjà un tout autre docteur.
Celui que j’avais vu quand j’étais seul avec lui, vous le voyez très rarement.
 
Réalisez bien ceci : chaque homme a un répertoire défini de rôles
qu’il joue dans les circonstances ordinaires.
Il a un rôle pour chaque sorte de circonstances où il se trouve habituellement ;
mais placez-le dans des circonstances légèrement différentes,
« pour un bref instant, il deviendra lui-même ».
(…)
Le répertoire de chaque homme est extrêmement limité.
Si un homme dit simplement « moi » et « Ivan Ivanovitch »,
il ne se verra pas lui-même tout entier, parce que « Ivan Ivanovitch » non plus
n’est pas seul ; chacun en a au moins cinq ou six : un ou deux pour sa famille,
un ou deux pour son bureau (l’un pour ses supérieurs et l’autre pour ses subordonnés),
un pour ses amis au restaurant, et un autre aussi, peut-être,
pour les conversations intellectuelles sur des sujets sublimes.
(…)
Mais voici le plus important : l’homme, en dehors de son répertoire,
c’est-à-dire aussitôt que quelque chose le fait sortir de sa routine,
ne serait-ce que pour un moment, se sent terriblement mal à l’aise,
et il fait alors tous ses efforts pour revenir au plus vite
à l’un ou l’autre de ses rôles habituels. Il retombe dans ses ornières, (…)
 
Mais dans le travail (de connaissance de soi), pour s’observer soi-même,
il faut absolument admettre cette gêne et cette tension,
et ne plus redouter ces états de malaise et d’impuissance.
Ce n’est qu’à travers eux qu’un homme peut réellement apprendre à se voir.
(…)
Chaque fois qu’un homme n’est pas dans un de ses rôles habituels,
chaque fois qu’il ne peut pas trouver dans son répertoire le rôle qui convient
à une situation donnée, il se sent comme un homme dévêtu. Il a froid,
il a honte, il voudrait s’enfuir, afin que personne ne le voie. (…)
Dans ses rôles habituels, il se sent à son aise et en paix.
 
Mais s’il veut travailler sur lui-même, il lui faut détruire sa paix.
Car le travail et la paix sont incompatibles.
L’homme doit choisir.
Sans se duper lui-même.
C’est ce qui arrive le plus souvent.
En paroles, il dit choisir le « travail »,
alors qu’en réalité il ne veut pas perdre sa « paix ».
Le résultat est qu’il s’assied entre deux chaises.
(…)

Et pourquoi est-ce si difficile (de commencer vraiment un travail) ?
Avant tout parce que « sa vie est trop facile »
(du fait de rester dans le connu et la routine,
en n'ayant recours qu'aux rôles que nous tenons habituellement ;
pour le dire autrement, nous restons dans un répertoire de « moi » contrôlables,
et nous nous y confortons, « même dans le malheur » a précisé Gurdjieff).

* * *

Comment savoir si on est prêt ou non pour le « travail » ?
G. I. Gurdjieff nous informe à ce sujet :
Cet enseignement a une propriété merveilleuse : le moindre contact avec lui
fait surgir du fond de l’homme le pire et le meilleur.
Vous connaissez quelqu’un depuis des années,
et vous pensez qu’il est un brave homme, plutôt intelligent.
Mais essayez donc de lui parler de ces idées,
vous verrez qu’il est un fou complet.
Un autre, en revanche, vous semblait un personnage assez peu intéressant,
mais vous lui exposez les principes de cet enseignement
et vous voyez aussitôt que cet homme pense, et qu’il pense même très sérieusement.
 
- Comment reconnaître les personnes capables de venir au travail ?
demanda l’un (des participants).
 
- (…) Vous devez comprendre en premier lieu que l’on doit avoir
une certaine préparation, un certain bagage. (…)
En général, lorsqu’un homme ne sait presque rien, lorsqu’il a peu lu, peu pensé,
il est difficile de parler avec lui.
(…)
Pour approcher cet enseignement d’une manière sérieuse,
il faut avoir été préalablement « déçu »,
il faut avoir perdu toute confiance, avant tout en soi-même,
c’est-à-dire en ses propres possibilités,
et, d’autre part, en toutes les voies connues.
(…)
Mais comprenez bien, je dis par exemple qu’un dévot doit avoir été déçu par la religion.
Cela ne veut pas dire qu’il ait dû perdre la foi. Au contraire.
Cela signifie qu’il a dû être déçu « seulement par l’enseignement religieux ordinaire
et par ses méthodes ». Alors il comprend que la religion,
telle qu’elle nous est donnée d’ordinaire,
n’est pas suffisante pour alimenter sa foi, et ne peut le mener nulle part.
(…) : il ne suffit pas qu’un homme ait été déçu par les voies habituelles,
il faut encore qu’il soit capable de conserver ou d’accepter l’idée
qu’il puisse y avoir quelque chose – quelque part.
(…)
Cet enseignement est pour ceux qui ont déjà cherché et qui se sont « brûlés ».


À lire attentivement,
la suite concerne le changement d’état d’esprit durant le « travail » :
Lorsque vous ne compreniez rien, vous pensiez tout comprendre,
ou du moins vous étiez sûrs d’avoir la faculté de tout comprendre.
 
Maintenant que vous avez commencé à comprendre,
vous sentez que vous ne comprenez pas.
C’est parce que vous avez acquis le « goût de la compréhension ».
Il vous était entièrement inconnu auparavant.
 
Et aujourd’hui vous éprouvez le goût de la compréhension
comme un manque de compréhension.

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samedi 23 juin 2018

Le pouvoir des mots



« Liberté, Égalité, Fraternité »

Y a comme un « hic », une incongruité, dans cette devise.
Ma liberté commence là où s’arrête celle de l’autre.
Tenter par vous-mêmes, pour vous-mêmes, égoïstement :
en cherchant la liberté,
soit on se confronte aux autres et aussi, au Système,
soit on finit par s’isoler (seul ou en petit groupe, famille, clan) ;
ou encore, on trouve un semblant de liberté à s’enivrer, se droguer,
ou à passer son temps à voyager, ou à baiser, en quête d’aventures,
ou à échafauder des plans pour voler autrui afin de s’enrichir, etc.

Viser la liberté, en premier lieu,
ne mène qu’aux incessants rapports de force :
incompréhension réciproque, conflits, désenchantements, guerres.

Si nous ne parvenons pas à nous sentir libres en groupe, en société,
comment nous sentir égaux ?
Et ce, d’autant plus au sein d’un Système
où les plus riches ont tous les droits et privilèges,
alors que les pauvres fainéants sont traités comme un produit avarié de supermarché,
soumis à d’innombrables interdits, impôts, règlements, normes de sécurité et de civilité.

On ne naît pas tous égaux financièrement, c’est un fait, partout sur cette planète.
Ces écarts de biens ne font que générer la corruption, les inégalités et iniquités.

De commencer une devise sociale par « liberté » ne mène nulle part,
enfin si,
à la tyrannie de ceux voulant imposer leurs idées et conception de la liberté.

Cette devise nous encourage, inconsciemment,
à perpétuer la relation biblique de Caïn et d’Abel.

La liberté est une visée, un but à atteindre,
et non pas un moyen de vivre mieux ensemble, au contraire !
C’est pourquoi, il vaudrait mieux placer ce terme à la fin de la devise.

C’est important, car cette devise est écrite notamment dans les mairies et écoles.
Sans liberté, pas d’égalité.
Sans égalité, pas de fraternité.
Fin (pour moi) de l’histoire de cette devise insensée et hypocrite,
instituée du temps des Lumières, au début de l’industrialisation 1.0

* * *

On pourrait s’attaquer à l’égalité des droits, pour commencer,
notamment entre femmes et hommes, entre noirs et blancs, etc.,
et nous deviendrions, peut-être (ça vaudrait le coup d’essayer),
plus fraternels les uns avec les autres,
c’est-à-dire moins compétitifs, jaloux, envieux, etc.
Ce qui donnerait :
« Égalité, Fraternité, Liberté »

Ou alors :
« Égalité, Liberté, Fraternité »,
puisque si nous étions plus égaux, financièrement et pénalement,
nous pourrions, chacun, nous sentir plus responsables de notre existence
et donc, plus libres, ce qui encouragerait à des rapports plus fraternels.

* * * * *

À mon sens, ce qui pourrait permettre plus d’égalité (de droit),
consisterait à viser, en premier lieu, la fraternité.

Il n’y a qu’à constater avec les migrants :
nous en sommes loin, de la fraternité,
et donc de l’égalité.
Quant à la liberté…

De nos jours, un citoyen aide de pauvres hères en peine, affamés,
certains choqués par la guerre, les viols et violences de toutes sortes,
et notre citoyen-de-cœur finit au tribunal, puni d'être intervenu soit,
de s’être comporté fraternellement avec autrui !

La « Fraternité » amène à se sentir plus égaux et donc, à « l’Égalité ».
De se considérer comme égaux amène à se sentir plus libres.
« Fraternité, Égalité, Liberté »


En conclusion

Soit on change de devise,
soit on en modifie l’ordre.

* * * * * * *

J’ai parlé.

______________

vendredi 22 juin 2018

Énergie et accumulateurs (G XXVI)



Ce qui suit est important, puisqu’il s’agit d’une explication concernant
l'utilisation du potentiel énergétique en chacun de nous.

G. I. Gurdjieff revient sur le sujet des efforts personnels et volontaires.
S’engage un dialogue avec un participant :
Vous devez comprendre que les efforts ordinaires ne comptent pas.
« Seuls comptent les sur-efforts ». (…)
- Les sur-efforts ne risquent-ils pas d’être dangereux ? demanda l’un des auditeurs, (…)
- Naturellement ils peuvent l’être, dit Gurdjieff, mais il est préférable
de mourir en faisant des efforts pour s’éveiller que de vivre dans le sommeil.
(…)
Vous avez beaucoup plus de forces que vous ne pensez.
Mais vous n’en faites jamais usage.
(…)
Dans la machine humaine,
un rôle très important est joué par une certaine sorte d’accumulateur.
Il y a deux petits accumulateurs à côté de chaque centre (…)



Rappel : il est question des trois centres formant nos personnes soit,
les centres moteur-instinctif, émotionnel et intellectuel.
Chaque centre, ou cerveau, est donc doté de deux petits accumulateurs d’énergie.
On continue :
En outre, il y a dans l’organisme un grand accumulateur,
qui alimente les petits.
 
Les petits accumulateurs sont reliés les uns aux autres
et chacun d’eux est relié au centre le plus proche,
aussi bien qu’au grand accumulateur.



G. I. Gurdjieff explique :
Les accumulateurs travaillent de la façon suivante.
Imaginons un homme en train de travailler : il lit, par exemple,
un livre difficile et s’efforce de le comprendre ; en ce cas,
plusieurs rouleaux tournent dans l’appareil intellectuel localisé dans sa tête.
Ou bien supposons-le en train de faire l’ascension d’une montagne
et gagné peu à peu par la fatigue ; en ce cas,
ce sont les rouleaux du centre moteur qui tournent.
Le centre intellectuel, dans notre premier exemple,
et le centre moteur dans le second,
tirent l’énergie nécessaire à leur travail des petits accumulateurs.
Lorsqu’un accumulateur est presque vide, l’homme se sent fatigué.
Il voudrait s’arrêter, s’asseoir s’il est en train de marcher,
penser à autre chose s’il est en train de résoudre un problème difficile.
Mais d’une manière tout à fait inattendue, voici qu’il ressent en lui
un afflux de forces nouvelles, et de nouveau il est en état de marcher ou de travailler.
Cela signifie que le centre fatigué s’est mis en rapport avec le second accumulateur,
d’où il tire sa nouvelle énergie.
Pendant ce temps, le premier accumulateur est en train de se recharger d’énergie,
puisée au grand accumulateur.
(…)
Mais, au bout d’un certain temps, la réserve d’énergie du second accumulateur
s’épuise elle aussi. Alors l’homme se sent de nouveau fatigué.
Encore un choc extérieur, ou un instant de repos, ou une cigarette, ou un effort,
et le contact est rétabli avec le premier accumulateur.
Mais il peut facilement arriver que le centre ait épuisé l’énergie du second accumulateur
si rapidement que le premier n’ait pas eu le temps de se remplir
aux dépens du grand accumulateur,
et qu’il ait pris la moitié seulement de l’énergie qu’il pouvait contenir (…)
G. I. Gurdjieff détaille divers cas de figures.
Ensuite,
il ajoute qu’il y a moyen de relier les centres directement au grand accumulateur
(sans passer par les deux, petits, accumulateurs d’énergie) :
(…) Cela signifie que le centre est maintenant en liaison directe avec le grand accumulateur.
L’énergie contenue dans celui-ci est énorme.
Mis en liaison avec le grand accumulateur,
un homme est capable d’accomplir de véritables miracles.
Mais, naturellement, si les rouleaux continuent à tourner
et si l’énergie tirée des aliments, de l’air et des impressions
continue à se dépenser plus vite qu’elle n’est reconstituée,
alors vient un moment où le grand accumulateur lui-même est vidé de toute son énergie,
et l’organisme meurt. Mais cela arrive très rarement.
D’habitude, l’organisme réagit à l’avance, en cessant automatiquement de fonctionner.
(…) l’homme tombera endormi, ou s’évanouira, ou bien il se développera en lui
quelque complication interne qui mettra l’organisme hors d’état de continuer
à s’épuiser, longtemps avant le danger réel.
Il n’y a pas de raison, par conséquent, de se laisser effrayer par les efforts ;
le danger de mourir d’efforts n’existe pratiquement pas.
Il est beaucoup plus facile de mourir d’inaction, de paresse,
ou de peur de faire des efforts.
Notre but devra donc être d’apprendre à établir des liaisons
entre tel ou tel centre et le grand accumulateur.
(…)
Nous devons apprendre à puiser l’énergie directement au grand accumulateur.
Cela n’est possible, cependant, qu’avec l’aide du centre émotionnel.
Il est essentiel de le comprendre.
Le contact avec le grand accumulateur
ne peut se faire qu’à travers le centre émotionnel.
Les centres instinctif, moteur et intellectuel, par eux-mêmes,
ne peuvent s’alimenter qu’aux petits accumulateurs.
Le centre émotionnel est un appareil beaucoup plus subtil que le centre intellectuel,
(…)
Si un homme veut savoir et comprendre plus qu’il ne sait et comprend aujourd’hui,
il doit se souvenir que ce nouveau savoir et cette nouvelle compréhension
lui viendront à travers le centre émotionnel,
et non pas à travers le centre intellectuel.
(...)
Deux fonctions de notre organisme demeurent incompréhensibles et inexplicables
du point de vue scientifique (…) : ce sont le bâillement et le rire. (…)
Le bâillement a pour effet d’insuffler de l’énergie dans les petits accumulateurs.
(…)
Le rire est lui aussi en rapport direct avec les accumulateurs.
Mais le rire est la fonction opposée au bâillement.
Le rire n’insuffle pas d’énergie en nous, au contraire il en expulse,
il nous débarrasse de l’énergie superflue
qui se trouve emmagasinée dans les accumulateurs.

mercredi 20 juin 2018

Positif, quoi qu'il se passe

- Ô grand Maître Foudchoc, lors de la dernière réunion,
vous avez prétendu que la « positive attitude est contraire au bon sens ».
Pouvez-vous expliquer cela ?


- ♪ Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs ♫
Je disais qu’il s’agit de s’adapter,
non pas uniquement aux exigences, règles et normes,
d’un Système conçu par des humains (sans âme),
mais aussi au déroulement des événements naturels et sociaux.
Or, lorsque les événements prêtent à pleurer, à dégueuler,
et à s’inquiéter pour l’avenir,
à quoi et à qui peut bien bénéficier ce paradoxal et incongru positivisme ?


- N’est-ce pas une manière de garder le moral,
de ne pas succomber psychiquement ?


- C’est ce qu’il semble de prime abord. C’est ce que la plupart d’entre nous
choisissent sciemment de croire, pour, comme vous le dites, tenir le coup.
On se persuade que d’être positif aide à garder le moral et la santé.
Mais est-ce vraiment le cas, au quotidien, en vrai ?
Pourquoi tant de suicides professionnels, par exemple ?


- En prenant le temps d’y réfléchir, on se rend compte, effectivement,
que cette injonction profite à Ceux-qui-imposent-leur-rêve au monde.
En tout cas, on ne peut pas prétendre que ça va plutôt bien sur cette planète.
Au contraire, puisque même les officiels scientifiques tirent la sonnette d’alarme,
sans parler des divisions et de la montée de haine que cela génère, les guerres, etc.


- Exactement. Et, je vous le demande : que se passe-t-il, dans les faits,
lorsque la majorité s’efforce de rester positive, en continuant son train-train,
comme si de rien ?


- Euh… J’sais pas… Euh…
Cela favorise et même renforce la politique en cours ?
Qui ne dit rien consent.
Qui reste positif fait croire qu’il adhère à la marche du capitalisme.


- Oui, on peut le dire comme ça.
Est-ce que ça permet d’éviter quelque chose, de rester positif ?


- Sûrement, oui, par exemple d’éviter de mettre la main à la pâte ou pire,
dans la terre (sale, beurk). D’éviter de remettre en question nos croyances
et certitudes notamment que nous n’avions jamais atteint un tel "bon" niveau de vie
et que, de toute façon, on ne peut pas s’organiser autrement, etc.


- Nous fuyons nos irresponsabilités avérées et notre sentiment de culpabilité,
en se convainquant qu’on ne peut pas faire mieux.
Chacun peut constater qu’en restant positif, on laisse faire et, pire, on plie ;
on fait avec et donc, par conséquent, on accepte et valide ce fonctionnement social,
et les décisions des dirigeants, et les injustices, et la corruption, et les malveillances, etc.,
L’attitude positive est malsaine lorsque les événements,
ce qu’il se passe,
nous demandent de nous mobiliser, d’agir, de résister,
de remettre en question notre mode de vie,
notre façon d’être en relation les uns avec les autres, etc.
Il se trouve qu’actuellement nous devrions tous lutter
contre l’insensée politique inégalitaire et autodestructrice.
J’ajoute qu’on ne peut s’efforcer de voir un verre à moitié plein (d’alcool)
qu’à la condition de disposer de suffisamment de moyens financiers.


- Pourtant, les pauvres, certains, préoccupés par leur survie,
m’ont semblé plus heureux que les bourgeois occidentaux.


- Peut-être qu’on confond le positivisme avec la joie d’exister.
Quand on positive, on « veut » se rendre heureux,
ce qui est une construction mentale.
Quand on est joyeux, on est joyeux en résonance avec quelque chose,
c’est-à-dire qu’on « est » en phase avec « ce qu’il se passe » ;
c’est cette interaction entre soi et le monde qui rend joyeux,
ou triste, selon les événements.
La joie n’a rien à voir avec le positivisme.
La joie ne se commande pas, ne se programme pas,
ne s’apprend pas, ne se paye pas (zut !), ne se modélise pas.
En société, la tendance, c’est d’idéaliser et de fabriquer des plaisirs high-tech.
Nous construisons du tout-béton vendu comme « confortable »,
et on se voit imposer un " bonheur" pensé par certains,
un mode de vie qui détruit les âmes autant que l’environnement.
Ce sont des faits.
Le reste n’est que blablabla.
Quel sens de se réjouir, de positiver, alors que coule le navire ?
Lorsque nous trouverons le moyen d’empêcher le bateau de couler,
nous pourrons faire la fête et serons naturellement, spontanément, joyeux, heureux.


- Vous n’êtes donc pas contre la positive attitude, Maître Foudchoc,
mais plutôt vous constatez que les événements ne s’y prêtent pas,
si j’ai bien compris.


- On ne va pas se bronzer sur une plage lorsqu’il pleut et qu’il fait froid.

- La positive attitude, comme la non-violence et le pacifisme,
toutes ces idées ne paraissent, au final, que servir les intérêts des dominants,
et elles ne font que renforcer leurs pouvoirs,
à eux qui sont de plus en plus violents, exigeants, tyranniques,
égoïstes, inflexibles, et indifférents à tout.


- Voilà. C’est insensé. Pas compliqué à comprendre.
Il vaut mieux vivre et exprimer ce que l’on ressent,
plutôt que d’expérimenter ce que l’on attend de nous,
selon des idées et facteurs risques de probabilités.
Si ce que tu ressens à l’instant est cool, réjouis-toi.
Mais lorsque ce que tu ressens n’est pas cool ?
Il s’agit de chercher, constamment, la juste attitude,
ce qui implique de considérer la fluctuation incessante
nécessitant des rééquilibrage et adaptation,
qui doivent nécessairement s’accorder avec ce qu’il se passe autour de soi.
Iriez-vous recommander d’être positif aux enfants des migrants et à leurs parents,
alors qu’on se permet de les séparer, tout en sachant que c’est traumatisant pour l’enfant,
que c'est une déchirure hyper douloureuse et donc, violente intérieurement,
autant pour les parents que pour les enfants ?
Et nous, ici, dans notre confort, voiture au garage,
comment rester positifs alors qu’on nous informe de ces actes abominables ?
Il est temps d’inverser les choses,
et d’apprendre à vibrer juste, harmonieusement, ni plus ni moins.
Nous voulons davantage de positif : agissons en sorte, dès à présent,
pour que le Système change et s’adapte à nos besoins (et non pas l’inverse).
Le prix de cette civilisation-à-pensée-unique est la souffrance psychique
qui se répand dans le monde entier.
Plantons de nouvelles graines, pour cesser de craindre l’avenir,
au lieu de s’efforcer de positiver l’ignominie, l’inacceptable, l’inhumain.


- Je comprends de notre discussion que la joie est une émotion,
alors que le positivisme est une idée.


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* Anges et elfes ...

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mardi 19 juin 2018

Faire, magique ; et faux-moi (G XXV)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.
G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous).
 
     Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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G. I. Gurdjieff revient sur le sujet du « faire »,
en répondant à une question touchant à la pratique de la magie :
On m’a souvent demandé en quoi consistait la "magie noire",
et j’ai répondu qu’il n’y a pas de magie rouge, ni verte, ni jaune.
 
Il y a la mécanique, c’est-à-dire "ce qui arrive",
et il y a "faire".
 
"Faire" est magique,
et il n’y a qu’une sorte de "faire".
Il ne peut pas y en avoir deux.
Mais il peut y avoir une falsification,
une imitation extérieure des apparence du "faire",
qui ne saurait donner aucun résultat objectif,
mais peut tromper les personnes naïves et susciter en elles la foi,
l’infatuation, l’enthousiasme et même le fanatisme.
(…)
Ce que vous appelez magie noire est fondé sur l’infatuation
et sur la possibilité de jouer des faiblesses humaines.
(…)
Je vous ai déjà dit précédemment que
personne ne fait jamais rien pour l’amour du mal,
ou dans l’intérêt du mal.
Chacun fait toujours tout dans les intérêts du bien « tel qu’il le comprend ».
(…)
La magie noire agit par la peur.
(…)
(…) je dis qu’il y a bien pire que la "magie noire". Par exemple,
toutes les sortes de sociétés "spirites", "théosophiques", et autres groupes "occultistes".

M. Gurdjieff, comment identifier, reconnaître, un homme évolué
ou une école digne de ce nom ?
Au commencement (d’un travail sur soi ou d’une initiation dans une école),
il n’y a rien de plus difficile que de vérifier si le travail est juste ou faux,
si les directives reçues sont valables ou erronées.
A cet égard, la partie théorique du travail peut se montrer utile,
parce qu’elle permet à un homme de s’en faire juge plus aisément.

Travailler sur soi permet d’annihiler le « faux Moi ».
G. I. Gurdjieff explique :
La lutte contre le "faux Moi",
contre le trait ou le défaut principal,
est la partie la plus importante du travail,
mais cette lutte doit se traduire par des actes,
non par des paroles.

Un participant demande à G. I. Gurdjieff,
à propos d’un individu existant avec un faux Moi :
« Que lui arrive-t-il en châtiment ? »
Rien, que pourrait-il lui arriver ?
« Il est son propre châtiment ».
Et quel châtiment pourrait être pire ?

G. I. Gurdjieff continue en parlant de la relation de maître à élève(s)
et du « travail sur soi ». Première "exigence", la sincérité :
L’homme ordinaire a de quantités de peurs inutiles, imaginaires.
Les mensonges et leurs peurs – telle est l’atmosphère dans laquelle il vit.
(…)
Tout homme a ses peurs particulières, des peurs qui n’appartiennent qu’à lui.
Il faut qu’il les découvre ; puis qu’il les détruise.
 
Les peurs dont je parle sont habituellement liées aux mensonges
au milieu desquels l’homme vit.
(…)
La lutte contre les mensonges en soi-même et la lutte contre les peurs
constituent le premier travail positif qu’un homme ait à faire.
 
Il faut se convaincre en général que les efforts positifs
et même les sacrifices que l’on fait dans le travail
ne justifient ou n’excusent nullement les fautes qui peuvent suivre.
Au contraire, ce qui est pardonnable chez un homme qui n’a jamais fait d’efforts
et qui n’a jamais rien sacrifié est impardonnable chez un autre,
qui a déjà fait de grands sacrifices.
Cela semble injuste, mais il faut comprendre cette loi.
Ses efforts et ses sacrifices sont enregistrés sur une page du Grand Livre
et ses erreurs, ses méfaits, sur l’autre.
Ce qui est inscrit du côté positif ne peut jamais racheter ce qui est inscrit du côté négatif.
Ce qui est enregistré sur le côté négatif peut seulement être effacé par la vérité, (…)
 
Si un homme voit sa faute mais continue de se chercher des justifications,
cette faute, même petite, peut détruire le résultat d’années entières de travail et d’efforts.

Commentaire : plus on prend conscience, plus on devient responsable,
et moins on a droit à l’erreur (de ce dont on a conscience), d’où, probablement,
l’expression « bienheureux les innocents et simples d’esprits ».

G. I. Gurdjieff parle ensuite des groupes (d’écoles ésotériques) :
(…) dans un groupe tous sont responsables les uns pour les autres.
L’erreur d’un seul est considérée comme l’erreur de tous.
(…)
La règle de la responsabilité commune doit être toujours bien présente à l’esprit.
Elle a encore un autre aspect.
Les membres d’un groupe ne sont pas seulement responsables
pour les erreurs des autres, mais aussi pour leurs échecs.
Le succès de l’un d’eux est le succès de tous,
l’échec de l’un d’eux est l’échec de tous.
 
Une grande faute commise par l’un d’eux, la violation d’une règle fondamentale,
par exemple, entraîne inévitablement la dissolution du groupe tout entier.
Un groupe doit marcher comme une machine.
Mais les pièces de la machine doivent se connaître les unes les autres et s’entraider.
 
Dans un groupe il ne peut pas y avoir d’intérêts personnels
qui s’opposent aux intérêts des autres ou aux intérêts du travail, (...)
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dimanche 17 juin 2018

Détachement n'est pas indifférence

Merci à Zaza, pour cette réflexion.
En com, elle a mis l’accent sur l’évitement des passions de l’amour/haine,
ce qui est de la haute voltige.
  

Ce propos commence par un exemple de situation :
On se promène dans des ruelles où il y a peu de circulation de voitures.
On croise une famille. L’enfant d’~4 ans est sur un petit vélo.
Il roule, ivre de vitesse, l’air réjoui.
Au carrefour, il s’arrête après le « stop ».
Il n’y a pas de voiture qui passe, aucun danger.
Il se retourne, heureux, pour voir où sont ces parents.
Ces derniers sont en train de crier, paniqués et énervés :
« tu aurais dû t’arrêter ! ».
Le père s’approche, pose sa main sur l’épaule de l’enfant,
et commence à lui faire la morale :
« combien de fois il faut que je te le dise… stop… ligne blanche… voitures… danger…
tu ne m’écoutes pas… hôpital… regarder à gauche et à droite avant de passer… »
L’enfant tient la tête baissée, l’air soudain renfrogné,
attendant probablement que l’orage verbal cesse, en retenant son envie de pleurer.
Que peut-il comprendre de ce long et savant discours agressivement bien intentionné ?
Oh, il a parfaitement saisi que ses parents sont tout-à-coup fâchés…

Dans cet exemple,
si on est indifférent, on s’en fiche de cette scène et on poursuit son cheminement ;
alors que,
si l’on est émotionnellement sensible, quelque chose nous touche,
peut-être de juger la réaction des parents juste mais disproportionnée.
On peut même ressentir le trouble soudain dans lequel se retrouve l’enfant.

Le détachement consiste à ne pas se mêler des affaires de cette famille,
à « ne pas en faire une affaire personnelle ».
Toutefois, quelque chose remue dans nos tripes,
d’avoir vu l’enfant passer de la joie à la tristesse.
On n’est donc pas indifférent, dans cette situation,
mais pour X raisons, on décide de ne pas s’en mêler. Détachement.
En effet, peut-être qu’en intervenant, cela énerverait plus encore les parents,
ou peut-être qu’après-coup les parents en voudraient à l’enfant, etc.

Le détachement est donc un état d’esprit, une attitude, volontaire et consciente,
et cela implique une réflexion sur les conséquences d’une intervention (dans cet exemple).

On peut être dans le détachement sans être indifférent (à ce qu’il se passe autour de soi).

L’indifférence est une attitude froide, émotionnellement insensible
(dans l’exemple, insensible face au malaise de l’enfant
ou insensible au ton agressif et infatué du père).
Une personne indifférente développe, au fil du temps,
un cœur de fer, dur, impénétrable, intouchable.
Toute émotion, tout ressenti, se voit transformer en simple information cérébrale.
L’indifférent devient un corps-cerveau, sans émotion.


Le détachement permet de ne pas être affecté, outre mesure, par ce qu’il se passe,
et, s’il y a lieu, de supporter des situations horribles, comme durant une guerre par exemple.
Néanmoins, le centre émotionnel fonctionne et on ressent ce qu’il se passe.


Être sans désir ne signifie pas sans sentiment (au sens d’impression générale,
or ce qui impressionne l’intériorité sont les sensations, instincts et émotions).
Si on est vivant, c’est bien qu’on entretient ne serait-ce que le désir de vivre.
N’est pas Bouddha qui veut, pour parvenir à être sans désir.

Vivre, c’est ressentir et désirer…


Pour saisir la distinction, qui m’est propre, entre indifférence et détachement :
En état d’indifférence, on est blindé affectivement face à ce qu’il se passe à l’extérieur.
L'indifférent n'est pas réceptif.
En état de détachement, on ressent les choses, ce qu'il se passe
(on est donc moins blindé que l’indifférent).
Dans cet état, on reste réceptif.
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L'agressivité du désir sexuel

Aux êtres émotionnellement sensibles.
À ceux/celles ayant été malmenés durant leur enfance.


Enfances bridées, élans détournés ou corrompus,
nous sommes tous, soit à fleur de peau, écorchés vifs,
soit devenus insensibles et indifférents à l’amour (sauf romancé).

Combien de gens se soucient du monde intérieur des enfants,
de leurs souffrances informulées, de leurs craintes, de leur solitude ?

« Mais ce ne sont que des enfants, ils doivent obéir. »
Quel défaut de considération !

Mépris de la sensibilité.
Négation de l’âme.
Dédain du vivant.
Dérision de l’innocence et de la pureté.

Le premier cercle social, pour l’enfant, c’est sa famille.

Un enfant non-aimé grandit, se construit,
avec l’impression constante de déranger, de gêner.
Dans le regard de ses proches, il ne voit qu’une sentence :
« tu ne devrais pas être là, tu n’aurais pas dû naître ».

L’enfant grandit en se niant lui-même,
avec le souci de plaire et faire plaisir aux autres,
pour qu’on lui fiche la paix, n’espérant rien de plus,
puisque la tendresse et l’affection font défauts.

Certains de ses enfants, une fois adulte,
peinent à recevoir l’attention des autres.
Par réflexe, quelque chose en eux s’y oppose.
Il nous faut considérer qu’ils ont subis et n’ont obtenus,
constamment, durant leurs enfance et éducation,
que des coups et/ou remarques humiliantes,
par les personnes qu’ils aimaient.
Des personnes prétendant « vouloir leur bien ».

Relationnel malsain.
Interférences interactives.
Souffrances intérieures, psychiques,
beaucoup de souffrances parfois.

Une fois adulte, en interaction, confronté au désir direct d’autrui,
l’abandonnique réagit spontanément sur la défensive,
en pensant « qu’est-ce qu’il/elle me veut ? »
Comme si un tort allait lui être causé,
notre adulte se sent soudain mal à l’aise et en péril.

Ce réflexe du rejet d’autrui s’explique par le fait que
certains individus niés ont des pensées compulsives du type :
« non, on ne peut pas s’intéresser à moi, ce n’est pas possible ».
L’attention d’autrui se retrouve dès lors mal perçue,
interprétée de travers, comme dissimulant une intention retorse.

Le désir sexuel et la séduction peuvent être ressentis comme agressifs
par ceux/celles qui ont besoin, avant tout, de se sentir en confiance.

Ces élans bruts peuvent susciter un sentiment intérieur de danger,
et une envie de s’enfuir, loin, très loin, ou de se replier sur soi.

* * *

En société, pour tout le monde, pour chacun,
le respect, l’intérêt aimant, la confiance,
sont difficiles à donner, à laisser se diffuser.
Et il est tout autant difficile de prendre, de recevoir,
sans monétiser.

Pourtant, sans respect ni confiance ni attention,
le rapport sexuel se résume à un acte bestial, mécanique.
Il n’y a qu’avec de réels sentiments partagés
que la sexualité peut devenir extatique.