lundi 12 novembre 2018

Virginité et souillures

Un couple de parents, à son insu,
étant pris lui-même dans et par les exigences du Système,
favorise à la fois le développement de leur(s) enfant, de sa personnalité,
et à la fois participe activement à sa dissociation intérieure, psychique, soit :
à la division de son âme en deux parts opposées (c'est une façon de dire).

Il est question d'une dissociation entre ce à quoi aspire la nature de son essence (à l'enfant)
et entre l'exigence de devoir devenir un gentil enfant obéissant et doué à l'école,
qui apprend à façonner et diriger son élan selon les attentes de ses parents
et de la grande Famille sociale.

Notons que, à ce niveau-là, les enfants nés dans une famille riche, de renom,
ne sont pas mieux lotis que les enfants de pauvres et d'ouvriers, au contraire,
puisque la pression de devoir devenir conforme à un prestigieux modèle
divise d'autant plus leur âme.




Je rappelle une métaphore évoquant la pureté du nouveau-né
confrontée au fonctionnement des humains adultes
et à leur éducation partielle, voire douteuse :
L’homme apparaît au monde tel une feuille de papier vierge,
et tous de salir aussitôt cette feuille en la couvrant à l’envi d’inscriptions de toutes sortes :
éducation, leçons de morale, informations dites scientifiques,
notions diverses de devoir, d’honneur, de conscience et ainsi de suite.
Et tous proclament le caractère immuable et infaillible des méthodes
dont ils se servent pour greffer ces branches à l’arbre de la personnalité de l’homme.
La feuille peu à peu se salit
et plus elle a été salie,

c’est-à-dire plus un homme est farci d’informations éphémères
et de toutes ces notions de devoir, d’honneur, et autres,
qui lui ont été inculquées ou suggérées,
plus il passe pour « intelligent » et méritant aux yeux de son entourage.
Et la feuille salie, voyant que les gens prennent sa saleté pour un mérite,
finit par se considérer elle aussi de la même façon.
Voilà le modèle de ce que nous désignons du nom d’« homme »,
en le faisant suivre bien souvent de mots tels que « talent » ou « génie ».
Et notre « talent », s’il ne trouve pas à son réveil ses pantoufles au pied du lit,
est d’une humeur exécrable pour toute la journée.
– G. I. Gurdjieff

Il semble utopiste de penser que l’on puisse redevenir « une feuille de papier vierge » ;
néanmoins, en reconnaissant nos diverses influences et identifications,
en se déconditionnant des « salissures » notamment idéelles,
et en se purifiant le sentiment,
il est tout à fait possible de se rapprocher de Soi, de son élan profond, de son être.

"Nettoyer" notre feuille de papier permet d’y laisser inscrit ce que l’on veut,
et cela permet d’y noter nos propres valeurs, désirs, Rêve…
Cela permet de se défaire des influences qui nous desservent, limitent,
ou qui ne nous correspondent pas, plus. Dès lors et si souhaité,
on peut se choisir de nouvelles influences.
Comprendre que c’est ainsi qu’on devient réalisateur et acteur de son existence,
comme le suggère la méthode Ho’oponopono (merci Vi) : qu'on devient « créateur de sa vie ».

Beaucoup de gens se trompent :
on n’obtient rien par la contrainte, ni par la souffrance,
rien de bon ni de durable ni de sain ni de satisfaisant.
Non seulement la souffrance est désagréable, énervante,
mais, en plus, elle limite nos diverses capacités, dont les cognitives,
et elle provoque une déperdition énergétique,
en plus de nous faire agir à l’encontre de soi-même et du bon sens.

Au quotidien, la souffrance n’endurcit pas.
Elle fragilise. Affaiblit.
L’âme humaine n’est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves.
C’est une membrane sensible, vibrante, délicate.
En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée
.

– J.-C. Grangé

Se sentir divisé intérieurement, ou l’âme excisée, blessée, etc.,
est source d’une incessante et fluctuante souffrance dite psychique.

Revenir à soi, au Soi en soi, et la souffrance intérieure diminue, cesse.



Liens
* Être et persona (enseignement de Gurdjieff traitant de la division en l'intériorité de chacun)

* Aller au-devant de soi 

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samedi 10 novembre 2018

Aller au-devant de soi

Quelle est la pire violence, selon vous ?

À mon avis,
celle d’agir, d’aller, à l’encontre de soi-même.




Je me demande, en écrivant ce propos :
comment est-ce que chacun comprend cela ?

Chacun l’entend à sa façon.
Par exemple, un facho peut croire agir pour son bien en cassant du migrant.


L’accusation de l’autre (d’être la cause de son malheur),
comme la peur de l’autre, de la différence qu’il incarne,
provoque le rejet, le mouvement de refuser, de n’en pas vouloir.
Mais que ne veut-on pas, au juste ?
Sait-on seulement ce qu’on rejette ?
Mesure-t-on la conséquence de cette attitude ?

Se rend-on compte que ce que l’on rejette de l’autre
– quelles que soient ses race, idée politique et religion –
correspond à des aspects de soi-même
qu’on nie, dénie, refoule, méprise ?

Il se trouve que, à l’extérieur, dans le monde, on rejette la même chose
que ce qui a été rejeté à l’intérieur de soi-même.
Et vice-versa, on rejette de soi-même ce qui est mal-jugé à l’extérieur.
Première violence, auto-infligée.

La haine de l’autre est violence contre soi-même, avant tout.

Un moyen de ne pas agir à l’encontre de soi
consiste à se (re)connecter avec les tréfonds de son être,
certains diraient avec l’enfant intérieur,
soit : avec le pur en soi-même,
ce qui a été innocent durant quelques années.
De là,
quelque chose juge (notion de justice immanente) l’adulte que l’on est devenu ;
en effet, chaque fois que l’on agit à l’encontre de soi
l’enfant intérieur s’en retrouve blessé et il en souffre,
que l’adulte le perçoive, le ressente, ou non.
Culpabilité à considérer
car sinon, culpabilité refoulée.

Certains adultes pensent que c’est l’attitude correcte,
celle de dresser son enfant intérieur (vouloir contrôler l’élan de vie, par exemple),
en l’obligeant à supporter la douleur intérieure due au mépris du sentiment
et ce, afin d’adhérer à l’indifférence extérieure générale
et pouvoir contribuer ainsi aux actes ignominieux en cours ;
c’est pourquoi ils deviennent sadiques et prennent plaisir à faire souffrir autrui.

Agir contre soi-même, c’est porter atteinte à l’âme, à l’élan de vie.
Violence.

Dans l’exemple, le facho non seulement agit contre lui-même
mais, en plus, il détruit ou pourrit la vie d’autrui.
Double atteintes au vivant,
à quoi il faut ajouter une atteinte à ce qui nous relie les uns aux autres ;
en effet, le facho, dressé à maltraiter son propre enfant intérieur,
brise tous liens : ceux qui relient les parties de l’ensemble constituant sa personne,
comme ceux qui relient les divers aspects du monde, formes de vie, etc.


Se prendre pour Dieu en décidant de ce qui est « nuisible »
au sein des règnes végétal, animal et même, humain !

Voyez : on détruit la Nature parce qu’on lutte contre la nature humaine,
dans le but de la rendre civilement obéissante et conforme à des idée$.


Comprendre le mécanisme et la dynamique interactive
permet de mieux comprendre ce qui rend violent, dément, démon.


Distinguer les deux mouvements se déroulant en sens contraire :
avec d’un côté (du mouvement) la dynamique de l’anéantissement
avec la visée, paradoxale, de se vouloir et croire "puissant" ;
et, dans l’autre sens du mouvement, la dynamique du vivant,
à quoi notre être – notre essence – est connecté.



Comprendre la violence d’agir contre soi-même
afin d’aller au-devant de soi-même,
à sa propre rencontre.

Toutes les facettes de soi-même sont inspirées et se sont identifiées
aux diverses formes et stades de vie minérale, végétale et animale,
c’est pourquoi il vaut mieux composer avec le tout,
plutôt que de s’efforcer à rejeter des parties de ce tout.
 

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jeudi 8 novembre 2018

Système hors relation

Certaines choses sont bonnes à répéter
afin de ne pas perdre de vue le fond,
et de rester centré sur l’essentiel.


Tout est relation.
Tout est en relation.
Interactivité entre tout.
 
L’ensemble interagit avec chaque partie, même infime.

Si tout est relation,
la première chose à entreprendre
consisterait à assainir notre mode d’être en relation ; non ?

Remettre en question notre façon de communiquer.

Mieux communiquer, interagir les uns avec les autres.
 Évidence. Bon sens.
C’est le b. a. b-a.
Simplicité.
Un enfant peut comprendre cela.




À la base, dès le commencement du jeu interactif de la vie des humains,
chacun se confronte à un obstacle majeur, un mur insurmontable :
le fonctionnement du Système avec son modèle hiérarchique
ne permet pas d’entretenir des relations saines les uns avec les autres !
Au contraire…

Le relationnel, entre humains, est fonction du titre et de la fortune ;
ce qui engendre, dans l’abstraction de notre rapport au monde,
des "supérieurs" et des inférieurs,
des sachant-tout et des ignares fainéants,
des sur-payés au travail et des sous-payés,
la ploutocratie et les sans-dents, etc.

Une poignée d’humains ordonnent
et tous les autres obéissent.

En ce moment, s’intéresser à ce qu’il se passe à Marseille (comme dans les autres villes),
au quartier de la Plaine et ce que révèle l’accident des bâtiments effondrés.
Les faits parlent d’eux-mêmes,
alors que les mots ne cessent de mentir, tricher, enjoliver,
dissimuler la vérité pour exalter le mensonge argumenté,
justificateur, et rémunérateur.



Le poison relationnel, au sein du Système, soi-disant social,
se propage grâce à l’encouragement à une compétition incessante et effrénée,
en opérant depuis les coulisses, incognito, secret des affaires,
ce qui imprègne et influence nos relations du quotidien ;
relations rendues fausses et hypocrites puisque,
sur la scène filmée socio-politique, chacun de s’afficher civil « de marque »,
en palabrant sérieusement sur l’amour, la paix, la justice, le droit et la liberté.

La compétition à outrance, encouragée par la mode du management,
ne permet pas d’entretenir des relations saines les uns avec les autres ;
ni avec soi-même,
puisque chacun se retrouve constamment tiraillé, déchiré,
entre un « moi » exigent, obnubilé par son idéal ambitieux,
soucieux de convenir aux "supérieurs" et de réussites sociales,
alors qu'au moins un autre « moi » plus relax n’aspire qu’à la tranquillité,
à ce qu’on lui fiche la paix.


Exemples :

- L’argent, le système monétaire, n’est pas Le problème,
c’est notre relation à l’argent qui pose problème.
Nous cesserions avec le système monétaire
que d’autres moyens de pression et d’oppression verraient le jour.

- Avoir un chef n’est pas un problème,
il peut favoriser la coordination de l’ensemble,
c’est notre relation à l’autorité, et notre acceptation
notamment des privilèges de certains, qui posent problème.

Par ces deux exemples, je fais ressortir que notre relationnel est pathogène :
notre relation aux choses naturelles et aux autres (toutes formes de vie)
ainsi qu’aux idées, concepts, lois, etc., comme aux applications des idées, lois, etc.


L’humain saccage tout,
corrompt toute relation,
brise tout lien,
pour des idées
ne convenant qu’à une minorité.

Et la majorité ?
Hypnotisée, envoûtée,
abrutie de superstitions, croyances, discours et promesses,
les individus sont devenus incapables de réfléchir par eux-mêmes,
obnubilés qu’ils sont par la conformité au modèle chic de référence.
De la sorte la majorité d’entre nous est impliquée, tout en étant rendue irresponsable
de ses choix et actes (devenir un collaborateur du mal à son insu, par exemple),
tout en devenant responsable à part égale des dégâts planétaires !


Relation malsaine, monde malsain.

Relation biaisée, sentiments troublés.

Relation retorse, entorse à l’âme.

Relation bourrée d’interférences, monde perdant toute référence naturelle et saine.

Névrose et démence.

Et le mal devint la norme.

Perdition.


Tout est relation.
Tout est en relation avec tout.

Sauf pour l’humain,
qui vit pour des idées
de supériorité, de domination
et, dans les faits, qui anéantit le vivant.


Tout se nourrit de tout.
Dans la nature, aucun déchet,
tout est mangé et recyclé,
rien ne se perd,
rien ne pollue,
tout sert à tout.
Tout est relié à tout.

Tout vit de tout, grâce à l’ensemble.

Qu’on le veuille ou non,
tout est solidaire de tout
puisque tout dépend de tout.





lundi 5 novembre 2018

Non-violence, tant que possible

Sans chercher ni vouloir le conflit, pouvant aboutir à un combat,
il s’agit également de ne pas l’éviter ni de le nier.

L’esprit, l’élan à saisir dans ce propos,
est le même que lorsque l’on se confronte à un problème :
il faut chercher à le résoudre au plus vite,
et non pas l’enfouir sous le tapis.

Se vouloir toujours conciliant avec autrui a pour conséquence l’évitement du conflit
et donc, la non-résolution de ce qui divise ou bloque entre deux parties adverses ;
et le motif de divergence se retrouve balayé sous le tapis.
Ce type d’attitude, excessivement conciliante, a pour conséquence que
l’une des parties (ou l’un des camps), la conciliante, ravale sa frustration,
alors que l’autre partie (ou ceux du camp adverse) impose ses point de vue,
choix, décision, actions et ce, sans avoir à lutter !

Il s’agit ici de saisir la dynamique d’une relation entre opposés,
d’en saisir le mouvement, l’interaction (entre un opposé et l’autre).

Une opposition – obstacle, problème, résistance, avis contraire d’autrui, etc. – :
- soit débouche sur un conflit larvé ou déclaré ;
- soit une partie (ou camp) devient dominante et l’autre soumise ;
- soit les opposés sont réunis en une complémentarité fonctionnelle.

Y réfléchir, afin de vérifier cela par soi-même.

Une situation avec des opposés qui ne trouvent pas, ne parviennent pas,
à une complémentarité permettant un fonctionnement d’ensemble
ne peut produire que des conflits.
C’est le principe de la relation gagnant-perdant (dominant-dominé,
autorité-obéissance, maître-esclave, sado-masochisme, etc.)

Une opposition parvenant à une complémentarité de fonctionnement
génère une ambiance apaisée, un climat sain pour tous,
en favorisant des relations gagnant-gagnant.


Étudions cet état d’esprit avec une parabole :


Les plus âgés ont peut-être vus une vieille série TV
qui s’intitulait « Kung Fu », avec David Carradine.
Dans cette histoire, le protagoniste est l’équivalent d’un saint homme.
Il incarne un guerrier sage. En fait, il est un moine Shaolin.
Son parcours l’a amené à pratiquer, enfant, les arts martiaux.
Il est donc très fort, très habile au combat, imbattable quoi.
Le gars chemine, léger, curieux, naïf-innocent et le cœur en paix.
Jamais il ne cherche noise à qui que ce soit. Il est Bon et doux.
Néanmoins,
sensible au juste mais réactif à l’injuste,
il vaut mieux ne pas lui barrer la route
ni s’en prendre physiquement à lui ou à ceux qui sont avec lui.
Il ne tuait pas ses adverses, ni ne s'acharnait sur eux,
n’entretenant pas d'intention de nuire ni d’anéantir,
mais il leur faisait passer l’envie de recommencer. Sans hésitation.
On peut dire que c’était un pacifiste non-violent zen
qui, si confronté à l’ignominie ou si on l’attaquait,
devenait un Bruce Lee déchaîné.

Voilà l’attitude qui me semble juste, celle narrée dans cette série TV :
viser la sagesse (comportementale)
mais sans fléchir ni accepter ce qui peut corrompre, avilir,
souiller, asservir, faire de soi un « collaborateur du mal », etc.

Face à l’ennemi ‒ contre ce qui impose, contre l’ignominie ‒
ou confronté aux problèmes et obstacles qui se présentent,
il faut se battre, pour le moins résister.
C’est une loi naturelle, qui va de soi.
Observer dans les restes de Nature, en forêt par exemple :
que ce soit les plantes et arbres comme les autres animaux,
chaque être vivant se bat pour une place au soleil
et, quand nécessaire, contre un adversaire.
Dans la Nature les combats se font à la loyale, c’est la loi du plus fort et du plus rusé ;
sauf en ce qui concerne l’animal humain devenu une bête malfaisante,
égocentrique, susceptible, lâche, injuste, démente, mégalomaniaque et retorse,
dissimulant sa noirceur derrière un masque et des manières soi-disant civilisées,
caquetant des paroles de paix tout en préparant dans sa tête des stratégies d’anéantissement.

Lorsqu’un moustique approche et qu’on le voit :
quelle est la réaction spontanée, automatique, animale ?
Le combattre, le tuer ou pour le moins l’éloigner, non ?

Du bon sens :
être sage n’implique pas de ne jamais se battre,
mais de ne se battre qu’en dernier recours,
une fois les tentatives d’accord et d’entente épuisées.
Lorsqu’on essaye la conciliation, une négociation pour du gagnant-gagnant,
et qu’elle échoue, il ne reste plus qu’à se battre, parfois physiquement.

Quand les événements nous confronte à un obstacle,
d’une façon ou d’une autre, il faut en venir à bout,
cela est sagesse ;
car, autrement,
l’obstacle (quel qu’il soit, matériel, idéel ou humain)
finit par nous pourrir la vie depuis l’intérieur de soi-même.
Pour le dire autrement,
c’est le fait de laisser un problème sous le tapis
(de le ravaler, de le nier ou de se soumettre contre son gré)
et l’évitement du conflit
qui causent des cristallisations négatives dans le sentiment ;
ce qui provoque les ruminations, les idées de vengeance,
des mauvaises nuits de sommeil, la haine, la rancœur,
l’accusation de l’autre (d’être la cause de son malheur), etc.

Pour rester le plus pur possible,
il faut régler les problèmes à mesure qu’ils se présentent
(et avoir dénoué ceux du passé).

Sagement, face à autrui, on tente la manière douce,
mais si ça ne marche pas, il reste le combat. C’est comme ça.

C’est un devoir d’empêcher l’autre de nous nuire :
respect de soi, de son corps, de sa santé, de son éthique, de son élan de vie.

Vouloir une non-violence en toute circonstance est une idéologie, une abstraction.

La vie interactive ne se déroule pas le long d’une ligne plate, uniforme et sécurisée.


S’écouter ne se limite pas à n’écouter que la voix de notre moi-je idéal,
c’est aussi écouter nos tripes (notre animalité) ainsi que notre conscience.


Pour poursuivre sur le texte précédent « solidarité mondiale » :
une fois que l’on a choisi son camp, sa bataille, forcément,
tous ceux agissant à l’encontre ou faisant obstacle sont des ennemis.

À l’heure actuelle, il serait important, pensé-je,
que tous ceux du même camp identifient clairement l’adversité ;
ainsi le camp ennemi ne pourra plus, par exemple,
semer des graines de discordes dans le camp opposé.
Ne pas perdre de vue l’ennemi commun, afin de parer à ses manœuvres stratégiques.
Voilà pourquoi il me semble important d’avoir au moins une visée commune,
même si chacun et chaque groupe agissent à leurs manières.

But commun et ennemi commun.
Même camp. Solidarité.

Penser à un fait : "ils" ont près de 12'000 ans de pratique de domination et d’oppression,
combien ont essayé de les déstabiliser, voire d’anéantir cette politique ?
Au fil du temps, "ils" sont devenus des experts.
Sur ce terrain, le leur, nous n’avons aucune chance.
C’est pourquoi il nous faut être davantage solidaires,
en laissant  nos différents de côté, durant une période,
et agir, ensemble, de façon créative (au sens plein du terme), soit : imprévisible.

Pour certaines choses, dans certaines situations et à certains moments,
la demi-mesure n’existe pas, il n’y a pas d’entre-deux possible :
c’est soit l’un, soit l’autre.

Le seul moyen de ne pas être responsable, par exemple de la destruction des forêts,
ni de devenir un "collaborateur du mal",
c’est de lutter (ou d’être innocent, comme déjà relevé précédemment).
Voilà pourquoi il faut maintenant se lever... 




Liens
* Solidarité mondiale
* Limites du pacifisme

* Contenir les résistants par la non-violence
(avec une vidéo-reportage traitant des mythes et réalité de la non-violence)

* Le mal, c'est viril (où il est expliqué ce qu'est un "collaborateur du mal")

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vendredi 2 novembre 2018

Solidarité mondiale

Essai

Postulat :
l’humain ne se mobilise vraiment et complètement – il ne se dépasse lui-même –
que lorsqu’il est acculé, coincé dans une impasse contre un mur, par exemple.

"Bonne" nouvelle :
en ce moment, le monde des humains
– ne se voulant que rationnel et contrôlable –
se fracasse contre des murs affichant des excès en tous genres.

L’un des effets stimulants, dans cette situation inquiétante,
c’est que de plus en plus de personnes
– au sein de l’infime minorité, grossissante, de la masse –
se mobilisent et réfléchissent à une autre société, un autre vivre ensemble,
une économie plus juste et sensée, etc.
Avec le souci de l’environnement naturel.
Indiscutablement, ce sont des démarches bienfaisantes, vivifiantes et stimulantes,
pouvant donner quelques espoirs à ceux qui en ont besoin en cette sombre période.

Ces groupes
– communautés, collectivités, coopératives, clans, mouvements, rassemblements –
agissent chacun dans son coin, à leur manière, depuis leurs angles de vue et d’intérêt.
Ce qui est tout à fait normal.
Cependant, à notre époque, en ce moment,
face à "ceux-qui-ont-tout" – armées et armes démoniaques, richesses et influences –
le peuple, la masse, ne peut faire face que grâce à la solidarité.

Nous sommes la force du nombre. Nous sommes tant et tant.
Nous sommes la force concrète, pratique, celle des bras.

À force de nous diviser et de se disputer au sein de cette multitude,
de nous laisser diviser sciemment pour tout et rien – croyances religieuses,
couleur de peau différente, qui a la plus grosse… voiture et autres fadaises –
la masse perd son énergie en luttant les uns contre les autres (à l’intérieur de la masse),
ce qui a pour conséquence la dispersion de ses forces ainsi que de sa cohésion d’ensemble.

L’humain social a la fâcheuse tendance de ne défendre que sa chapelle ;
or, ce que nous vivons en ce moment nécessiterait un mouvement de solidarité mondial.

Les groupes de penseurs pour un monde autre paraissent tomber dans un piège, historique,
celui de se convaincre qu’ils ont les bonnes idées, les bons projets : « y a qu’à faire comme ça ».
Par exemple : « il suffit de sortir du système monétaire ».

Autour des idées ne peuvent se produire que des différents et des conflits.

En approfondissant : peut-on « penser » un monde nouveau ?

On ne peut penser que ce que l’on connaît.

Un autre monde ne pourra pas émerger de nos pensées rationnelles,
uniquement capables de réaménager du connu, et de construire.

Cesser de faire et de théoriser.
Se taire un moment.

Plutôt que de chercher des moyens, de nouvelles méthodes,
et d’élaborer de savants néo plans économico-politiques,
peut-être ferions-nous mieux de nous rassembler,
et de tout mettre à plat, sur la table,
en constatant, ensemble, la situation globale du monde,
dans un premier temps ;
et ce, avant de penser aux moyens du changement.
Moyens qui pourraient ressortir d'un brainstorming, par exemple,
(exprimer tout de go, en vrac, des sentiments et idées).

Ensuite, dans un second temps, recenser les moyens ;
et pourquoi pas former divers groupes agissant chacun à leur façon,
mais tous motivés par une même visée, un objectif commun.

Il me semble, pour parler simplement, qu’une guerre est maintenant déclarée
entre ceux qui s’accrochent à ce Système ravageur
et ceux qui n’en veulent plus, qui n’y croient plus, à ce mode de vie vorace.

L’un des intérêts communs consiste à réunir nos forces
afin de lutter, tous ensemble, contre l’ennemi commun.
Dans « ennemi » sont comprises autant les idées que les entreprises que des personnes.

Il nous faut agir ensemble,
et non pas chacun dans son coin et à chaque groupe son combat,
pas en ce moment, pas sans un objectif commun.
Pas à l’heure du « nouvel ordre mondial ».

Rappel de la définition du dictionnaire :
Solidaire : se dit de personnes liées entre elles par une dépendance mutuelle d’intérêts.
Solidarité : sentiment de responsabilité mutuelle entre plusieurs personnes,
plusieurs groupes,
lien fraternel qui oblige tous les êtres humains les uns envers les autres.

Forte la définition, et engageante, n’est-ce pas ?

Qu’est-ce qui pourrait permettre ce lien de solidarité ?


Mon questionnement :
un rassemblement, ne serait-il possible qu’à la condition qu’il y ait un meneur,
une personnalité capable d’entraîner la masse, une sorte de Che Guevara faisant le buzz ?

« Sentiment de responsabilité mutuelle » est-il écrit dans la définition de « solidarité ».

L’humain doit maintenant sortir de la cour de récréation de l’école du Monopoly,
afin de grandir, ensemble, de continuer à croître, à se développer,
en devenant, chacun, davantage responsable et moins égocentrique ;
ce qui ne sera possible, à mon avis,
que lorsqu’on apprendra à mieux communiquer,
afin d’entretenir des relations saines
avec soi-même comme avec les autres
ainsi qu’avec l’environnement naturel et nourricier.

Nous avons besoin de vibrer ensemble,
de faire le vide, de respirer ensemble,
de se voir, de s’entendre les uns les autres.

Il ne sert à rien de penser le futur, de vouloir planifier un avenir à l'avance,
de proposer des méthodes, recettes et solutions « sûr que ça marcherait »,
puisqu’on ne peut pas prévoir les événements à l’avance,
ni comment réagira et agira le camp adverse.

Limites de la pensée.

Force de l’action sensée, qui ouvre des horizons.

Puissance foudroyante de l’imprévisible.

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mardi 30 octobre 2018

Un souffle en songe

Avec l’amicale, spontanée et inattendue participation de M V Lucette.
Merci à elle.


Tsssssssss…

Étouffer
Se sentir contraint
Pressurisé de toute part
Empêché de respirer,
de donner.

Partager
Recevoir
Inspirer
Empêché d’être.
Apprendre à être ensemble
Expirer ensemble, inspirer ensemble…




Songe d’Amour
Souffle relationnel

L’humain n’avance pas
Il maintient et enfonce
Sa psyché dans un lac sans souvenir.

Le ciel s’obscurcit

Interférences communicationnelles

Comme confronté au souffle du dragon,
l’humain n’a pas le temps, qu’il a mécanisé.
Il faut davantage d’argent, bien gagner sa vie,
pour se prétendre en marche sport-management $tart-up.

Mais rien n’échappe au ssssssssss…

L'humain tourne en rond dans un gouffre
Labyrinthe mental, conceptualisé, politisé
Enfer de nos passions et pulsions dévitalisées.

Croissssssssssssssssssssssss…

Perdre pied, en étant entravé,
endetté, entubé, endoctriné.
Terrain qui s’effrite,
se disloque.

Morcellement

Voir la lune à ses pieds !

Une bulle

Une autre bulle

Des milliards de bulles

Sans autorité.
Sans se disputer,
chaque bulle côte-à-côte,
de profiter de l’élan d’Amour

Y en a pour tous !

En soi, s’écrier
« NON » à l’illusion sécuritaire
« Oui » au vivant palpitant.

Souffle de songe
Amour de vie

Fluidité interactive

L’Amour ne produit pas d’opposé
Féminin-masculin
Lumière en obscurité
Pluie fraîche un soir d’été
Vent chaud une nuit d’hiver

Tel un courant, flux et reflux,
apprendre à surfer sur Sa vague,
qui submerge pour apaiser, sans s’imposer,
qui prend sans s’approprier, pour laisser purifié

On ne peut qu’éprouver "Cela"

Se sentir emporté par la vive légèreté
D’un naturel d’innocence
Évidence déconcertante

Mouvement de moindre résistance

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lundi 29 octobre 2018

Tour de manège désenchanté

Et l’histoire se répète, inlassablement.
Et les erreurs se répètent, inexorablement.
Et le sang coule et coulera, inéluctablement.

Et les gens veulent de l’autorité, de la discipline et de la sécurité,
alors ils choisissent les pires figures politiques : ceux-qui-prennent,
ceux-qui-obtiennent-sous-la-menace-des-armes-et-de-la-corruption,
ceux-qui-ne-défendent-que-leurs-propres-intérêts,
ceux-qui-ont-trop-et-qui-en-veulent-davantage,
quitte à anéantir la planète.

samedi 27 octobre 2018

Tout se résout en soi-même

À Jean-Marc, qui me tue tant de fois.

Dans une démarche de compréhension,
lorsqu’on étudie un rêve ou un mythe par exemple,
on peut tout ramener à soi, notamment les divers personnages ;
de la sorte, chaque personnage illustre une facette de soi, un des « moi »,
c’est-à-dire un trait de caractère, un désir, une ambition, une envie frustrée, etc.

Par exemple (déjà traité, mais différemment ; comme quoi,
on peut interpréter une parabole de mille et une façons) :
dans l’histoire biblique de Caïn (l’aîné) et d’Abel (le cadet),
nous avons en fait trois personnages sur scène,
puisque les deux frères travaillent pour plaire à Dieu, comme nous allons le voir
(sans compter les parents, Eve et Adam, qui souffrent ailleurs à ce moment-là).

vendredi 26 octobre 2018

Limites de la pensée

De l’ouvrage Cette lumière en nous, réunissant des propos de Jiddu Krishnamurti,
j’ai recopié des extraits portant sur le méfait des excès d’intellectualisation,
et de rationalisation.

Krishnamurti y parle pareillement de la pensée, de l’intellect,
du cerveau, de l’esprit et de la conscience.

On ne peut avoir conscience que de ce que l’on connaît
et on ne peut penser qu'à partir de ce que l’on sait et connaît ;
le cerveau étant l’organe rattaché à l’intellect,
et l’intellect étant ce qui permet de raisonner.

mercredi 24 octobre 2018

Interférences en soi

Influences

Être influencé par…
Se laisser influencer :
par autrui, son titre, sa fortune, son bagou,
par des idées, sentiments, croyances, peurs, promesses, etc.

Nous, chacun de nous, vivons, évoluons, sous l’influence de quelque(s) chose(s).

dimanche 21 octobre 2018

Regrets, sens, gâchis, et recadrage

Soins palliatifs : derniers soins administrés à une personne mourante,
c’est-à-dire lorsque les médecins cessent de s’acharner sur son cas,
lorsque autant le patient que son entourage et que l’équipe de soins
reconnaissent et acceptent la fin, de laisser partir : le patient va mourir.

Bronnie Ware a travaillé dans ce milieu de fin de vie, en soins palliatifs.
Elle a écrit un livre, que je n’ai pas lu, afin de témoigner et de diffuser
les dernières conversations échangées avec des personnes mourantes.

samedi 20 octobre 2018

Sans espace, pas de sens

Chercher à donner du sens à nos existences…
Donner du sens : ben, faudrait déjà apprendre à donner.

‒ En ce moment, offre à prendre : un don à prix imbattable ! ‒

Nos existences, ont-elles du sens ?

Aucun sens, me semble-t-il,
puisque nous évoluons en plein non-sens.
Plein comme les cave et grenier d’une demeure millénaire.

mardi 16 octobre 2018

Litanie d'humilité

Rien,
on n’est rien.

C’est fou, dingue, renversant :
plus on est rien, plus on est tout !

Vouloir tout laisse une impression de vertige.

Tenu fermement en laisse, en haut d’un gratte-ciel.

Vertige de constater à quel point, au final, on n’est rien,
insignifiant derrière les voile et paravent du prestige,
au-delà d’un titre d’autorité et des avoirs bancaires.

samedi 13 octobre 2018

Fonctionnement de l'ego (J K)

Lumière apocalyptique en soi-même.
Une révélation peut induire un nouveau mouvement…

Lors d’une causerie publique, en 1973,
Jiddu Krishnamurti explique le fonctionnement de l’ego
en débattant sur le sujet de la méditation, de ce qu’est la méditation.

Au fil des ans, ce sont plusieurs ouvrages que j’ai lu de Krishnamurti,
mais un chapitre autant technique, il me semble que c’est une première.
En à peu près quatre pages, il présente une initiation, un enseignement complet !

jeudi 11 octobre 2018

Intuition

Intuition : comme un canal direct entre ce qu’il se passe et soi.
Fusion soi-monde durant un infime instant.
Compréhension spontanée, immédiate.

Intuition permet de connaître directement,
c’est-à-dire sans passer par la réflexion ni par les savoirs

mardi 9 octobre 2018

dimanche 7 octobre 2018

Oh non, pas de conflit

Introduction

Nous sommes entre 7 et 8 milliards d’humains.
Peu importe la couleur de peau, la religion, le genre,
les idées politiques, les inclinations sexuelles et autres :
nous sommes tous à la fois semblables, mêmes,
et, à la fois, chacun est différent, unique !

Chacun de nous est, porte, son histoire, ses blessures intérieures,
son éducation familiale et sociale, ses caractère, sensibilité et susceptibilité, etc.
Chacun a son rythme propre, ses désirs, rêves, idées, valeurs, forces et lâchetés, etc.,
et, là, en ce moment-même, à chacun son humeur liée au récent survenu le concernant,
ainsi que s’il(elle) a bien dormi, s’il est satisfait affectivement et sexuellement,
avec ses sentiments d’échec et de réussite, ses avoirs en banque,
s’il apprécie son travail, ses loisirs, son entourage, son lieu de vie, etc.

Un nombre invraisemblable de facteurs rend chacun de nous unique.

vendredi 5 octobre 2018

Communiquer pour Être ensemble

Mise à part de devoir boire et manger (besoins fondamentaux),
qu’est-ce qui est le plus important durant notre existence ?

Qu’est-ce qui nous est vital, essentiel ?

C’est Françoise Dolto qui l’a démontré, scientifiquement,
alors que même les animaux dits inférieurs le sentent-savent,
puisqu’il suffit de s’écouter, de rester connecter à l’instinct,
sans besoin de mot ni de théorie savante ni de consigne :
un nouveau-né a besoin de lait maternel (boire et manger) et…
de…
d’affection.

jeudi 4 octobre 2018

Rhétorique de l'espoir TTC

Aujourd’hui, c’est décidé : j’opte pour la positive attitude
et laisse-poisse  laissepoire  l’espoir.

Espoir, comme esprix es-tu là.




mardi 2 octobre 2018

Des mots et images, pour dissimuler


Encore une vieillerie (1966 !),
cette fois avec une chanson de Jacques Dutronc.
Je ne connaissais pas cette chanson, entendue récemment à la radio.






dimanche 30 septembre 2018

Fonction centrale du sentiment

Essai
(Pour se comprendre les uns les autres)

Rappel

Sur le plan psychique, l’humain a quatre fonctions principales :
la sensation, l'instinct, l'émotion, l'intellect.


Formation du sentiment

Ce qui, en l’humain, en chacun de nous, est le plus animal, naturel,
sont la sensation, l’instinct et l’émotion.

vendredi 28 septembre 2018

Colère, émotion ou sentiment ?

La colère est une émotion comme une autre.
Il est donc normal, naturel, d’en éprouver.
Ce n’est ni bien ni mal ni négatif ni positif.

Ne pas éprouver d’émotion me semble anormal, inhumain.

jeudi 27 septembre 2018

Herbert et IA

Des visionnaires, il y en a eu quelques-uns durant le siècle passé.
Par exemple, en littérature de science-fiction,
il y a eu I. Asimov, A. C. Clark, A. Huxley, etc.
Ces auteurs se sont projetés sur une cinquantaine d’années,
quelques-uns davantage.
On peut constater aujourd’hui, et c’est troublant,
qu’ils voyaient les conséquences de nos entreprises,
comme Huxley avec son « meilleur des mondes » dépourvu de sentiment
et Asimov avec ses lois pour les robots.

mardi 25 septembre 2018

Ça m'saule !

Un palétuvier,
avec peu de racines,
parvient à croître dans la vase,
la boue, les marécages soit,
les terrains peu stables
où il s’accroche néanmoins
et pousse, grandit, se déploie,
s’épanouit, vit sa vie.

samedi 22 septembre 2018

Féminin et masculin

Étrange, je trouve, qu’il y ait si peu d’informations, d’études effectuées,
au sujet du féminin et du masculin.

Connaissance perdue ou délaissée ?
Ou, peut-être, cachée au Vatican ?

jeudi 20 septembre 2018

Féminin en friche

Je reviens sur le livre de Jean-Yves Leloup intitulé : Un art de l’attention.

Un chapitre est consacré à la souffrance.
L’auteur y distingue deux sortes de plaies :
- les souffrances venant de l’extérieur (à soi) ;
- les plaies venant du dedans, les souffrances causées par les coups de « l’ombre » en nous
.

mercredi 19 septembre 2018

Vie impossible

Est-il encore possible de vivre une existence d’humain
au sein de cette société, de ce Système ?

Pour ma part, plus j’avance en âge, pire je me sens dans ce monde.
Pourtant, j’ai fait des efforts (après mes 22 ans), j’ai pris sur moi,
j’ai aimé, je me suis formé à deux métiers qui m’ont passionnés,
financièrement j’ai fini par bien m’en sortir, j’ai voyagé, etc. ;
bref, je considère avoir mené une aussi belle existence que possible,
au point que, si si, j’en suis fier et satisfait.
Mais alors, comment se fait-il que, passé 50 ans,
je ne supporte plus ce monde (des humains) ?

Bilan 2018

Faire le point après une semaine de recul.

Sur EB (ancienne plateforme où Souffle de songe a "éclos"),
j’avais effectué un bilan suite à une vingtaine d’années d’utilisation d’Internet ;
il en ressortait que seule la blogosphère me plaît et me stimule à l'utiliser.
Pour le reste, grosse déception concernant ce que devient le Net.

vendredi 7 septembre 2018

Gentil, à quelle fin ?

Le propos qui suit n’engage que son auteur.
Le lecteur peut l’aborder comme étant une introspection de l’auteur.

Ce que tu trouves gentil,
est-ce pareil que ce que je trouve gentil ?

Qui décide de ce qui est gentil, des critères de la gentillesse ?

jeudi 6 septembre 2018

Regret du gentil

Patient, j’attends
Les obstacles surgissant d’eux-mêmes
Où se fracassent
Les sans-âmes incompétentes
À l’esprit embrouillé de chiffres
Idéalisant une éternité dorée
En maltraitant le vivant.

mercredi 5 septembre 2018

Émotion pure, Bonté


À celui qui veut vivre
attentivement
il sera donné en plus
de ses mille et une raisons de rire
de ses mille et une raisons de pleurer
l'émotion pure et permanente
d'exister...


Puis le sentiment étrange
de l'Incompréhensible Bonté
qui sans cesse nous annihile
afin que dans cette trouée
l'Espace
nous devine.



‒ Jean-Yves Leloup


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mardi 4 septembre 2018

La saveur de l'attention


Ce que nous appelons « terre d’exil »*
est souvent « terre promise »
à laquelle manque notre attention.


S’il faut revenir quelque part,
revenir à ce qui est,
il n’y a pas d’autre chemin
que l’attention,
que celle-ci soit sensible,
affective, intellectuelle ou spirituelle…


« Les biens les plus précieux
ne doivent pas être cherchés mais attendus » :
c’est de la qualité de notre attente
ou encore de notre désir
que naît la qualité de notre attention.


L’attention est alors
un autre nom pour l’Amour,
quand celui-ci ne se contente pas
d’émotions ou de bonnes volontés
mais devient l’exercice quotidien
d’une rencontre avec ce qui est,
avec ce que nous sommes.


À travers les labyrinthes de nos préoccupations,
il faudra garder un fil d’heureuse vigilance.
Sans cette vigilance
comment pourrions-nous reconnaître
la présence Une
sous ses formes multiples
et goûter la Saveur (Sapienza) ?
Comment pourrions-nous
« prendre soin de l’Être » ?

– Jean-Yves Leloup

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Note

* Plus avant dans le livre de cet auteur, il est expliqué ce qu'il entend par « terre d’exil » :
Elle
(l'attention) nous fait revenir de cet exil qui est l'oubli de l'Être... 

On peut en déduire que la « terre promise » se trouve proche de l'Être (ou Soi).


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lundi 3 septembre 2018

Lâches à poches pleines

Plus on est riche, plus on est lâche.

La lâcheté des hommes se croyant supérieurs
ressort explicitement par exemple avec l’emploi des armes.

samedi 1 septembre 2018

Omnipotent Ordre des médecins

La médecine occidentale contemporaine ?
Un moyen de nier le corps
et d’évoluer dans le déni de son expression.

vendredi 31 août 2018

Bleu de nuit


Pourquoi tu ne te laisses pas aimer ?

Pourquoi tu reprends ce qu'on te donne ?





jeudi 30 août 2018

Dæmenzia vs Essenzia

Dæmenzia s’épanouit lorsqu’on agit à l’encontre de sa propre conscience,
en se convaincant que c’est le bon choix, qu’il n’y a pas d’autre possible
que de souffrir en faisant ce qu’une part de soi déteste et répudie.

Justification, rationalisation, banalisation, normalisation.

mercredi 29 août 2018

S'adresser au docteur

Hiérarchie

Politique

Vouloir être vénéré

Sentiment de puissance


Toute relation est politique, prétendent certains.

Un médecin, est-il mon supérieur hiérarchique ?

dimanche 26 août 2018

Caravane passe

Aux migrants et réfugiés climatiques, politiques et autres.
Aux gens de la route, aux âmes bohèmes, aux esprits curieux de la différence
.

Par solidarité et souci d'entraide, devenons tous zinzins.
Des zinzins, oui,
mais Moretto :



Un cauchemar, heureusement !

My holy Gun, quel cauchemar.

Y a des matins, on est content de se réveiller,
dans ce monde où règnent les justes et sages.

samedi 25 août 2018

Normes et petits métiers

Dès les débuts de l’industrialisation,
des personnalités se sont insurgées à cause…
de la disparition des petits métiers.
Par exemple : ceux qui tissaient mains les habits, les tapis, etc.,
qui, d’un coup, se sont vus remplacés par des ouvriers à la chaîne,
produisant des habits et tapis à la chaîne, identiques et sans "saveur".

vendredi 24 août 2018

De l'Italie

A nonna Laurina,
che tiene il sano nel mio cuore.


Un bâtard, né en ceinte terre de France,
est apparu tout blond aux yeux bleus,
alors que, pourtant, pour le sûr,
son sang est italien à 50%, par sa mère.

jeudi 23 août 2018

Bénédiction de Là-Haut

Les occidentaux, suffisants, prétendent ne croire qu’en un seul Dieu,
un fainéant anti-rasoir aimant excessivement les petits angelots.

mercredi 22 août 2018

De la sécurité

Quand on parle de « sécurité »,
de quoi s’agit-il exactement, de quoi parle-t-on au juste ?




Ce que nous appelons « sécurité » est un sentiment,
plus précisément un ressenti, soit : un sentiment intérieur.

lundi 20 août 2018

Esprit guerrier

Le changement en lui-même n’est pas douloureux.
C’est la résistance au changement qui est cause de douleur.

L’aspect global de l’être n’est pas une qualité du mental
mais un aspect de l’Esprit.

dimanche 19 août 2018

Masse à la masse

Selon ma compréhension,
à cette heure,
en simplifiant un maximum,
la situation mondiale se présente de la sorte :
•    Un très faible pourcentage de l’humanité, une poignée d’entre nous,
luttent, résistent, s’opposent, se révoltent, se marginalisent, etc.,
afin de contrer le mal émotivo-cérébral qui se diffuse inexorablement.

vendredi 17 août 2018

Sacré Belzébuth

Anecdote (déjà racontée sur l’autre plateforme)

Vers 1997, j’ai testé une approche thérapeutique nommée « méthode Grinberg ».
J’ai consulté durant ~7 mois, une fois par semaine.
Dans un premier temps, je restais simplement couché sur le dos,
habillé, les pieds nus (même en hiver).
La séance se déroulait en deux temps :
- d’abord, le thérapeute me regardait-touchait les pieds, tirait les doigts,
massait, appuyait à certains endroits (méthode inspirée, en partie, de la réflexologie) ;
et, pendant ce temps, il me disait ce qu’il voyait dans mes pieds,
de mes humeurs et autres de la semaine écoulée.
Il lisait mes pieds !
C’est le moment de la séance que je préférais.

- Durant la seconde partie, le thérapeute me tournait autour et appuyait ou touchait
ou effleurait certains endroits de mon corps. Cette partie m’a moins convaincu.

Un jour, cela faisait ~4 mois que j’y allais,
je me suis couché et la personne s’activait sur mes pieds.
Soudain, j’entendis : « vous êtes amoureux ? »
Moi : « euh, ben non, pas du tout, non »
Le thérapeute, étonné, de poursuivre : « vous avez fait une rencontre ? »
Moi : « non, rien de spécial cette semaine. »
Lui : « au travail, un nouveau collègue ? »
Moi : « non »
La personne d’insister, essayant plusieurs pistes.
Et, tout à coup, j’ai entendu « vous lisez quoi en ce moment ? »
Moi, d’un coup illuminé,
tilt, ça y est, voilà ce qu’il voit de changé :
« à la bibliothèque, j’ai trouvé cette semaine un livre incroyable
qui me remue profondément, qui me bouleverse ».
C’était ça.
Le thérapeute voyait mon chamboulement dans mes pieds !

Quel était donc ce livre ?

Récits de Belzébuth à son petit-fils, de G. I. Gurdjieff.




En ce temps-là, j’avais un horaire de travail décalé,
je commençais à 16h30 et avais souvent congé la semaine (travaillant le week-end).
Durant une dizaine d’années, j’ai passé beaucoup de temps
à la bibliothèque bien fournie de la ville où je vivais alors.
Je m’y rendais mû par deux motivations :
- pour me distraire, découvrant le monde de la BD dite adulte ;
- et pour y rechercher des livres intelligents, que j’aurais qualifié alors
de spirituel et aussi, mystique, transcendant, permettant de progresser.
Je me suis intéressé également à la psychologie, un peu de philosophie, etc.
J’en ai consulté et emprunté beaucoup, de toutes sortes et de divers auteurs.
Dans la plupart des livres se trouvent des informations intéressantes,
et même des enseignements partiels, mais il faut trier (esprit critique)
car, comme dans la Bible, il y a beaucoup de superflu, d’égocentrisme,
de vanité et aussi, de "mystères" fabriqués autour de quelque chose
qui n’est mystérieux que pour l’auteur…

Avec G. I. Gurdjieff, il n’y a rien à jeter.
Aucun déchet, pas de superflu ni d’inutile.
Tout ce qu’il a écrit, ainsi que l’enseignement qu’il a transmis,
peut être vérifié in vivo, par soi-même, durant le quotidien, au fil du temps.

« Vous êtes amoureux ? »


Infos sur l’utilisation de cette rubrique initiation

Sur Blogger,
il n’est pas possible de faire une opération basique comme changer l’ordre de parution !

Pour découvrir et s’imprégner de l’enseignement de Gurdjieff, procéder :
soit dans l’ordre de publication,
soit au pif, à l’intuition ou à l'envie du moment,
non sans avoir lu et relu « le maître et son cocher ».

Se rappeler que ce n’est ni la destination ni la réussite qui comptent,
c’est le cheminement qui importe, ce qu’il se passe (ou non) en route…

Voici la liste, liée, des publications :
1. Dépasser la mécanicité
2. Connaître, nos fonctions
3. Intériorité, solidifier
4. Être et persona
5. 3 forces et des lois mécaniques
6. Matière et énergie
7. Le maître et son cocher
8. But, devenir, altruisme
9. Connais-toi toi-même
10. Récapitulatif et rappel de soi
11. Étude de la loi de sept
12. Loi de sept et impulsions volontaires
13. Mouvements extérieurs et intérieurs
14. Faux-moi et niveaux de conscience
15. Pas de vrai moi sans "l’autre"
16. S’identifier et s’oublier
17. Se considérer, et considérer que…
18. Défense psy contre les chocs
19. Tampons et contrôle
20. Paraître et être, un juste dosage
21. Gérer son potentiel énergétique
22. Influences et centre magnétique
23. Des cosmos, 3 dimensions accessibles
24. Mourir pour renaître
25. Faire, magique ; et faux-moi
26. Énergie et accumulateurs
27. Exister avec un répertoire de moi
28. En chacun, "ça" aime ou non
29. Et le sexe alors ?
30. Le mage révèle quelques dons
31. Objectivité : au-delà de la dualité
32. Le langage des oiseaux
33. Être aligné en soi, simultanéité
34. Idéaliser, est-ce sérieux ?
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Autres liens (textes autour de Gurdjieff)

* Pudeur
* Leurre d’art
* Germe d’âme
* Âme, efforts et souffrance volontaires
* Fonctionnement humain
* Un fleuve, deux courants
* Histoire de Ge


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Idéaliser, est-ce sérieux ? (G XXXIIII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.
G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous).
 
     Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Qu’entend G. I. Gurdjieff, au juste, par « être sérieux » ?
Beaucoup de choses vous restent incompréhensibles
parce que vous ne tenez pas compte de la signification
de quelques-uns des mots les plus simples ; par exemple,
vous n’avez jamais pensé à ce que veut dire « être sérieux ».
Essayez de répondre vous-mêmes à cette question.
Que signifie : « être sérieux ? »
- Avoir une attitude sérieuse envers les choses, dit quelqu’un.
- C’est bien là ce que chacun pense, dit Gurdjieff ;
en réalité, c’est exactement l’inverse.
Avoir une attitude sérieuse envers les choses ne signifie pas du tout être sérieux,
étant donné que toute la question est de savoir « envers quelles choses ».
Un très grand nombre de gens ont une attitude sérieuse envers des choses insignifiantes.
Peut-on dire qu’ils soient sérieux ? Bien sûr que non.
L’erreur vient de ce que le concept "sérieux" est pris dans un sens très relatif.
Ce qui est sérieux pour l’un ne l’est pas pour l’autre, et inversement.
(…)
Une seule chose est sérieuse pour tout le monde et en tous temps.
L’homme peut plus ou moins s’en rendre compte,
mais le sérieux des choses n’en sera point altéré pour autant.
Si l’homme pouvait comprendre toute l’horreur de la vie des gens ordinaires
qui tournent en rond dans un cercle d’intérêts et de buts insignifiants,
s’il pouvait comprendre ce qu’ils perdent,
il comprendrait qu’il ne peut y avoir qu’une chose sérieuse pour lui :
échapper à la loi générale, être libre.
Pour un homme en prison et condamné à mort, que peut-il y avoir de sérieux ?
Une seule chose : comment se sauver, comment échapper.
Rien d’autre n’est sérieux.

Concernant l’engagement de quelqu’un dans un travail sur soi,
G. I. Gurdjieff précise :
Avant tout, il doit savoir jusqu’où il veut aller,
et ce qu’il est prêt à sacrifier.
Rien n’est plus facile, ni plus vain, que de répondre : « tout ».
L’homme ne peut jamais tout sacrifier
et cela ne peut jamais lui être demandé.
Mais il doit définir exactement ce qu’il est prêt à sacrifier,
et ne plus marchander à ce sujet par la suite.
Ou bien il en sera de lui comme du loup du conte arménien.
Vous connaissez le conte arménien du loup et des moutons ?
Il y avait une fois un loup qui faisait de grands massacres de moutons
et semait la désolation dans les villages.
A la longue, je ne sais trop pourquoi,
il fut soudain pris de remords et se repentit ;

aussi décida-t-il de se réformer et de ne plus égorger de moutons.
Afin de tenir sérieusement sa promesse, il alla trouver le curé
et lui demanda de célébrer pour lui une messe d’actions de grâces.
Le curé commença la cérémonie ;
le loup y assistait, sanglotant et priant.

La messe dura longtemps.
Le loup avait exterminé pas mal de moutons du curé
et celui-ci priait donc avec ardeur afin que le loup s’amendât réellement.
Soudain le loup, ayant jeté un regard par la fenêtre,
vit les moutons qui rentraient au bercail.
Il ne pouvait plus tenir en place ;
mais le curé s’éternisait dans ses prières.
A la fin, le loup ne put se contenir davantage et cria :
« Finissons-en, curé ! ou tous les moutons seront rentrés,
et je n’aurai plus rien pour dîner ! »
C’est un conte très savoureux, parce qu’il dépeint admirablement l’homme :
l’homme est prêt à tout sacrifier, mais quant à son diner d’aujourd’hui,
c’est une autre histoire…
L’homme veut toujours commencer par quelque chose de grand.
Mais c’est impossible ; nous n’avons pas le choix :
il nous faut commencer par les choses d’aujourd’hui.

* * *

Ensuite, G. I. Gurdjieff a expliqué des méthodes par rapport à la respiration
que je ne recopie pas ici car il est dangereux d’intervenir sur la respiration.
Il faut savoir que nos mouvements ainsi que nos postures
sont directement reliés à notre façon de respirer.
Par exemple, si vous respirez mal ou que vous vous sentez anxieux, angoissé(e),
commencer par changer de posture (si vos bras sont croisés, décroisez-les
et levez-en un pour le poser sur l’accoudoir, par exemple,
ou si vous êtes prostrés, redressez-vous ; etc.)


Un résumé 

Le travail sur soi doit commencer par le corps et ses habitudes,
ainsi que par l'attention à la respiration 
(respirer profondément durant des moments de détente physique,
ou si vous faites du yoga, etc., en se rappelant soi-même). 

Le but, disait Gurdjieff, est la maîtrise de l’organisme,
et l’assujettissement de ses fonctions conscientes et inconscientes à la volonté.

La visée du travail sur soi consiste en le sacrifice de la fausse-personnalité
et de sa souffrance, ce qui permet la croissance de l’être.
Plus précisément,
il s’agit de parvenir à sacrifier l’illusion du moi-je et de ses savoirs,
ainsi que l’illusion de liberté que l’on croit disposer.
Se rappeler que :
fausse-personnalité = faux-moi = faux-désir = fausse-volonté = fausses motivations.

Apprendre à distinguer la volonté automatique, conditionnée par Mère Culture,
d’une volonté propre et consciente nous poussant à avancer, évoluer, croître…
Se rappeler, comme vu avec D. Quinn et défis de l'humain, que :
la culture et l’activité psychique sont interdépendantes.
Si la culture s’appauvrit, le psychisme s’appauvrit ;
et vice-versa, si le psychisme s’appauvrit, la culture s’appauvrit.
On comprend l’indignation de certains du niveau des TVréalitéshow, par exemple.
Si la culture s’enrichit, l’activité psychique s’enrichit (et vice-versa)…

* * * * * * * * *

Nous voilà au bout du livre d’Ouspensky.
Bien que ce ne soient que des extraits, vous profitez d’un tour complet.

___________________________________

Être aligné en soi, simultanéité (G XXXIII)

Concernant le travail sur soi-même, G. I. Gurdjieff a expliqué :
Si l’homme était capable de travailler sur lui-même,
tout serait très simple et les écoles seraient inutiles.
Mais il ne le peut pas,
et il faut en chercher les raisons dans les profondeurs mêmes de sa nature.
 
Je laisserai de côté pour le moment son manque de sincérité envers lui-même,
les perpétuels mensonges qu’il se fait, et ainsi de suite –
et je rappellerai seulement la division des centres (
positif et négatif soit, en conflit).
Cela suffit à rendre impossible à l’homme un travail sur soi indépendant.
 
Vous devez comprendre que les trois principaux centres
– intellectuel, émotionnel et moteur – sont interdépendants,
et que, chez un homme normal, ils travaillent toujours simultanément.
C’est précisément ce qui constitue la difficulté majeure dans le travail sur soi.
Que signifie cette simultanéité ?
Cela signifie que tel travail du centre intellectuel est lié
à tel autre travail des centres émotionnel et moteur – c’est-à-dire qu’une certaine sorte
de pensée est « inévitablement » liée à une certaine sorte d’émotion,
et à une certaine sorte de mouvement (ou de posture),
et que l’une déclenche l’autre ;
autrement dit, que telle sorte d’émotion déclenche tels mouvements ou attitudes,
et telles pensées, de même qu’une certaine sorte de mouvements ou de postures
déclenche certaines émotions, ou états d’esprit, etc.
Toutes les choses se tiennent,
et il n’en est pas une qui puisse exister sans une autre.
 
Maintenant, imaginez qu’un homme décide de « penser » d’une façon nouvelle.
Il n’en continue pas moins à sentir de la vieille façon. (…)
Ou bien,
imaginez qu’il ait coutume de fumer des cigarettes chaque fois qu’il veut penser.
C’est là une habitude motrice.
Il décide de penser d’une façon nouvelle.
Il commence par fumer une cigarette – et retombe aussitôt dans sa pensée routinière,
sans même s’en rendre compte.
Le geste habituel d’allumer une cigarette
a déjà ramené ses pensées à leur ancien diapason.
(…)
L’unique possibilité de les faire travailler (
les trois principaux centres de l’être)
d’une manière nouvelle est donc le plus souvent de commencer par le centre moteur,
c’est-à-dire par le corps.
Un corps paresseux, automatique, et plein de stupides habitudes,
stoppe toute espèce de travail.

Précision : lorsque Gurdfieff parle d’un « paresseux »,
il fait allusion à la paresse de travailler sur soi-même,
de produire des efforts et même des sur-efforts pour avancer, évoluer,
ce qui n’est possible qu’en contrant certaines habitudes et automatismes.


Un participant demande à G. I. Gurdjieff :
- Mais certaines théories affirment que l’on doit développer
le côté moral et spirituel de sa nature,
et que si l’on obtient des résultats dans cette direction,
il n’y aura pas d’obstacles de la part du corps.
Est-ce possible ou non ?
 
- A la fois oui et non, dit Gurdjieff. Tout est dans le "si".
« Si » un homme atteint la perfection de la nature morale et spirituelle
sans empêchements de la part du corps,
le corps ne s’opposera pas aux accomplissements ultérieurs.
Mais par malheur cela n’arrive jamais,
parce que le corps intervient dès les premiers pas,
intervient par son automatisme,
par son attachement aux habitudes,
et avant tout par son mauvais fonctionnement.
 
Le développement de la nature morale et spirituelle
sans opposition de la part du corps est théoriquement possible,
mais dans le seul cas d’un fonctionnement idéal du corps.
Et qui est en mesure de dire que son corps fonctionne idéalement ?

Rappel : l’humain, étudié façon Gurdjieff, se construit sur trois étages (c’est une image).
Le premier étage de l'usine regroupe trois centres,
dont les centres principaux moteur et instinctif, à quoi on ajoute le centre sexuel.

Gurdjieff a précisé qu’un humain peut parfaitement vivre
en n’utilisant que l’étage du bas de ce qui constitue sa personne.

Au niveau du second étage de la personne se trouve le centre émotionnel.
Au niveau du troisième étage de cette usine humaine se trouve le centre intellectuel.

NB (et répétition) : on peut vivre, ce qui est le cas pour la plupart d’entre nous,
qu’en utilisant l’étage du bas (centres moteur-instinctif et sexuel),
les centres émotionnel et intellectuel fonctionnant au service du premier étage de l'usine.
Dans ce cas,
les centres émotionnel et intellectuel ne fonctionnent que de façon mécanique,
par automatismes, selon les culture et éducation reçues, et ils sont, chacun, bipolaires (conflit),
par exemple « j'aime/j'aime pas » et « je veux/je ne veux pas ».
C’est pourquoi, pense-je, Gurdjieff les distingue des centres supérieurs,
soit : des centres émotionnel supérieur et intellectuel supérieur,
centres dont le fonctionnement est conscientisé, en voie d’être maîtrisé.

Donc, en résumé, pour changer vraiment (avancer, évoluer, croître),
il est important de travailler sur les trois étages de la personne « simultanément »,
en commençant par le centre moteur.


G. I. Gurdjieff poursuit :
De plus, il y a erreur sur le sens des mots "moral" et "spirituel".
J’ai assez souvent expliqué auparavant que l’étude des « machines »
commence non par celle de leur "moralité" ou de leur "spiritualité",
mais par celle de leur mécanicité et des lois qui régissent cette mécanicité.
 
L’être des hommes n° 1, 2 et 3 est l’être de machines
qui ont la possibilité de cesser d’être des machines,
mais qui n’ont pas encore cessé d’être des machines.
 
- Mais n’est-il pas possible pour l’homme d’être immédiatement transporté
à un autre niveau d’être par une vague d’émotion ? demanda quelqu’un.
 
- Je ne sais pas, dit Gurdjieff.
De nouveau nous parlons des langages différents.
Une vague d’émotion est indispensable,
mais elle ne peut pas changer les habitudes motrices ;
par elle-même, elle ne peut pas faire travailler correctement
des centres qui toute leur vie ont fonctionné de travers.
(…)
Il n’y a pas de miracle possible pour une machine.
Il est déjà assez miraculeux qu’une machine soit en mesure de changer.
(…)
Aucune vague d’émotion ne peut durer dans la vie,
aucune vague d’émotion ne peut donc provoquer le moindre changement d’être.
(…)
Je vous parlerai maintenant d’un certain défaut de fonctionnement du corps
qu’il est en tout cas indispensable de corriger.
Tant qu’il persiste, aucune sorte de travail, serait-il moral ou spirituel,
ne peut se faire de manière correcte.
 
Vous vous rappellerez que lorsque nous avons parlé du travail
de "l’usine à trois étages",
je vous ai expliqué que la plus grande part de l’énergie élaborée par l’usine
est gaspillée en pure perte, notamment en tension musculaire inutile.
Cette tension musculaire inutile absorbe une énorme quantité d’énergie.
Et dans le travail sur soi, l’attention doit d’abord se porter là.
(…)
L’homme doit donc, préalablement à tout travail physique sur lui-même,
apprendre à observer et à sentir sa tension musculaire ;
il doit être capable de relâcher les muscles quand cela est nécessaire,
c’est-à-dire avant tout de faire céder la tension inutile des muscles.
(…)
Et le travail consiste à se soumettre volontairement
à une souffrance temporaire
pour se rendre libre de la souffrance éternelle.

Il s’agit de la souffrance inhérente au fait de contrer sa personnalité publique,
la fausse, celle construite par « Mère Culture », la mécanique,
qui s’accroche au connu et à la routine, et à sa souffrance.

NB : faire des efforts pour changer soi-même (travail sur soi)
est un exemple de souffrance volontaire.

* * *

Voici un exercice à pratiquer le plus souvent possible
permettant notamment d’apprendre à déplacer son attention,
tout en se rappelant soi-même :
Un jour, à propos de la description d’un exercice de concentration,
où il s’agissait de reporter l’attention d’une partie du corps vers une autre,
Gurdjieff demanda :
- Lorsque vous prononcez le mot « Moi » à haute voix,
pouvez-vous remarquer « où ce mot résonne en vous ? »
 
Nous ne comprîmes pas tout de suite ce qu’il voulait dire.
Mais certains d’entre nous commencèrent très vite à remarquer
que lorsqu’ils prononçaient le mot « Moi »,
ils avaient l’impression que ce mot « résonnait » dans leur tête,
d’autres le sentaient dans leur poitrine,
d’autres encore au-dessus de leur tête – en dehors du corps.
(…)
Gurdjieff dit qu’un exercice de ce genre s’était conservé jusqu’à nos jours
dans les monastères du mont Athos.
Un moine se tient dans une certaine position, soit à genoux, soit debout,
les bras levés pliés aux coudes, et dit – Ego – d’une voix haute et soutenue,
tout en écoutant où ce mot résonne.
 
Le but de cet exercice est de lui faire sentir son « Moi »,
chaque fois qu’il pense à lui-même,
et de faire passer son « Moi » d’une centre dans un autre.
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