dimanche 17 juin 2018

Détachement n'est pas indifférence

Merci à Zaza, pour cette réflexion.
En com, elle a mis l’accent sur l’évitement des passions de l’amour/haine,
ce qui est de la haute voltige.
  

Ce propos commence par un exemple de situation :
On se promène dans des ruelles où il y a peu de circulation de voitures.
On croise une famille. L’enfant d’~4 ans est sur un petit vélo.
Il roule, ivre de vitesse, l’air réjoui.
Au carrefour, il s’arrête après le « stop ».
Il n’y a pas de voiture qui passe, aucun danger.
Il se retourne, heureux, pour voir où sont ces parents.
Ces derniers sont en train de crier, paniqués et énervés :
« tu aurais dû t’arrêter ! ».
Le père s’approche, pose sa main sur l’épaule de l’enfant,
et commence à lui faire la morale :
« combien de fois il faut que je te le dise… stop… ligne blanche… voitures… danger…
tu ne m’écoutes pas… hôpital… regarder à gauche et à droite avant de passer… »
L’enfant tient la tête baissée, l’air soudain renfrogné,
attendant probablement que l’orage verbal cesse, en retenant son envie de pleurer.
Que peut-il comprendre de ce long et savant discours agressivement bien intentionné ?
Oh, il a parfaitement saisi que ses parents sont tout-à-coup fâchés…

Dans cet exemple,
si on est indifférent, on s’en fiche de cette scène et on poursuit son cheminement ;
alors que,
si l’on est émotionnellement sensible, quelque chose nous touche,
peut-être de juger la réaction des parents juste mais disproportionnée.
On peut même ressentir le trouble soudain dans lequel se retrouve l’enfant.

Le détachement consiste à ne pas se mêler des affaires de cette famille,
à « ne pas en faire une affaire personnelle ».
Toutefois, quelque chose remue dans nos tripes,
d’avoir vu l’enfant passer de la joie à la tristesse.
On n’est donc pas indifférent, dans cette situation,
mais pour X raisons, on décide de ne pas s’en mêler. Détachement.
En effet, peut-être qu’en intervenant, cela énerverait plus encore les parents,
ou peut-être qu’après-coup les parents en voudraient à l’enfant, etc.

Le détachement est donc un état d’esprit, une attitude, volontaire et consciente,
et cela implique une réflexion sur les conséquences d’une intervention (dans cet exemple).

On peut être dans le détachement sans être indifférent (à ce qu’il se passe autour de soi).

L’indifférence est une attitude froide, émotionnellement insensible
(dans l’exemple, insensible face au malaise de l’enfant
ou insensible au ton agressif et infatué du père).
Une personne indifférente développe, au fil du temps,
un cœur de fer, dur, impénétrable, intouchable.
Toute émotion, tout ressenti, se voit transformer en simple information cérébrale.
L’indifférent devient un corps-cerveau, sans émotion.


Le détachement permet de ne pas être affecté, outre mesure, par ce qu’il se passe,
et, s’il y a lieu, de supporter des situations horribles, comme durant une guerre par exemple.
Néanmoins, le centre émotionnel fonctionne et on ressent ce qu’il se passe.


Être sans désir ne signifie pas sans sentiment (au sens d’impression générale,
or ce qui impressionne l’intériorité sont les sensations, instincts et émotions).
Si on est vivant, c’est bien qu’on entretient ne serait-ce que le désir de vivre.
N’est pas Bouddha qui veut, pour parvenir à être sans désir.

Vivre, c’est ressentir et désirer…


Pour saisir la distinction, qui m’est propre, entre indifférence et détachement :
En état d’indifférence, on est blindé affectivement face à ce qu’il se passe à l’extérieur.
L'indifférent n'est pas réceptif.
En état de détachement, on ressent les choses, ce qu'il se passe
(on est donc moins blindé que l’indifférent).
Dans cet état, on reste réceptif.
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L'agressivité du désir sexuel

Aux êtres émotionnellement sensibles.
À ceux/celles ayant été malmenés durant leur enfance.


Enfances bridées, élans détournés ou corrompus,
nous sommes tous, soit à fleur de peau, écorchés vifs,
soit devenus insensibles et indifférents à l’amour (sauf romancé).

Combien de gens se soucient du monde intérieur des enfants,
de leurs souffrances informulées, de leurs craintes, de leur solitude ?

« Mais ce ne sont que des enfants, ils doivent obéir. »
Quel défaut de considération !

Mépris de la sensibilité.
Négation de l’âme.
Dédain du vivant.
Dérision de l’innocence et de la pureté.

Le premier cercle social, pour l’enfant, c’est sa famille.

Un enfant non-aimé grandit, se construit,
avec l’impression constante de déranger, de gêner.
Dans le regard de ses proches, il ne voit qu’une sentence :
« tu ne devrais pas être là, tu n’aurais pas dû naître ».

L’enfant grandit en se niant lui-même,
avec le souci de plaire et faire plaisir aux autres,
pour qu’on lui fiche la paix, n’espérant rien de plus,
puisque la tendresse et l’affection font défauts.

Certains de ses enfants, une fois adulte,
peinent à recevoir l’attention des autres.
Par réflexe, quelque chose en eux s’y oppose.
Il nous faut considérer qu’ils ont subis et n’ont obtenus,
constamment, durant leurs enfance et éducation,
que des coups et/ou remarques humiliantes,
par les personnes qu’ils aimaient.
Des personnes prétendant « vouloir leur bien ».

Relationnel malsain.
Interférences interactives.
Souffrances intérieures, psychiques,
beaucoup de souffrances parfois.

Une fois adulte, en interaction, confronté au désir direct d’autrui,
l’abandonnique réagit spontanément sur la défensive,
en pensant « qu’est-ce qu’il/elle me veut ? »
Comme si un tort allait lui être causé,
notre adulte se sent soudain mal à l’aise et en péril.

Ce réflexe du rejet d’autrui s’explique par le fait que
certains individus niés ont des pensées compulsives du type :
« non, on ne peut pas s’intéresser à moi, ce n’est pas possible ».
L’attention d’autrui se retrouve dès lors mal perçue,
interprétée de travers, comme dissimulant une intention retorse.

Le désir sexuel et la séduction peuvent être ressentis comme agressifs
par ceux/celles qui ont besoin, avant tout, de se sentir en confiance.

Ces élans bruts peuvent susciter un sentiment intérieur de danger,
et une envie de s’enfuir, loin, très loin, ou de se replier sur soi.

* * *

En société, pour tout le monde, pour chacun,
le respect, l’intérêt aimant, la confiance,
sont difficiles à donner, à laisser se diffuser.
Et il est tout autant difficile de prendre, de recevoir,
sans monétiser.

Pourtant, sans respect ni confiance ni attention,
le rapport sexuel se résume à un acte bestial, mécanique.
Il n’y a qu’avec de réels sentiments partagés
que la sexualité peut devenir extatique.


jeudi 14 juin 2018

Jeu de reflets

- J’ai entendu quelque chose et, depuis, ça me trotte dans la tête.
Sais-tu ce qu’on exprime quand on dit « je t’aime » à quelqu’un ?

- Ben, que tu l’aimes quoi, que tu te sens bien avec,
qu’il ou elle te plaît.

- Oui, a priori, mais encore ?

- Ah, j’y suis, je vois où tu veux en venir :
on dit je t’aime pour exprimer une satisfaction,
qu’on a bien baisé, quoi.


- Le plus souvent ça doit être pour ça, ouais,
surtout nous les mecs, ha ha ha

- Bon, crache le morceau.

- On dit « je t’aime » pour ce que l’autre nous renvoie de nous-mêmes.
Tu vois ce que je veux dire ?

- Ouch, peut-être …
Attends…
On se projetterait dans l’autre, et selon,
si ce qu’on y voit nous plaît, on lui dit « je t’aime ».

- Oui. Et c’est pareil dans un groupe, religieux par exemple,
on aime en faire partie parce que l’idéologie de la communauté
sied à l’image de soi qu’on veut afficher et entretenir.

- Ça semble logique.
Souvent, les personnes qui ne s’aiment pas
se supportent mieux lorsqu’elles sont en couple
notamment grâce à l’attention que leur porte le conjoint.
Comme si ce que l’on aime en l’autre permettait de mieux s’accepter,
enfin, d’apprécier davantage l’image que l’on se fait de soi.

- Donc, dans les faits, cet élan "d’amour" est égocentrique.

- Ce que tu dis me fait penser à la situation de haïr quelqu’un :
il arrive que ce que tu détestes en cette personne touche
à quelque chose que tu détestes en toi-même mais que tu ne veux pas voir.
Ou encore,
le défaut que tu méprises en l’autre te renvoie à un défaut similaire en toi,
même si s’exprimant à l’opposé et donc, paraissant différent.

- Exactement, c’est ça, si j’ai bien compris le propos.
Ce serait le "mécanisme", la raison inconsciente poussant à dire « je t’aime »
ou, comme tu dis, « je te déteste ».
Et, à mon avis, ce mécanisme provient de l’idéal du moi,
c’est-à-dire que ce fonctionnement renvoie à « comment on aimerait être perçu par les autres ».
Le risque de cette manœuvre inconsciente consiste en la mise de côté, dans l’ombre,
des défauts et limites, les siennes comme celles de l’autre
(qu’on trouve « trop chou »… au début) ;
jusqu’au jour où le ravalé surgit, s’impose ; ensuite de quoi,
tu n’aimes plus ce que te réfléchis l’autre, voire tu commences à détester ça…

- Ok, j'crois comprendre.
D’où le taux élevé de divorce, de séparation et de mésententes.
Pff, c’est complexe.


On ferait mieux de ne pas penser, tu crois pas ?
Arrêter de tout analyser, décortiquer,
chercher midi à quatorze heures,
couper les cheveux en quatre…
On se sent bien avec quelqu’un, ou non.(<– point)

- T’as raison, mec.
J’en parle pour vérifier si c’est juste.
Pour faire simple, on peut dire que :
quand j’aime l’autre, je suis en paix avec moi-même.
Quand je n’aime pas l’autre, je suis en discorde intérieure.

- Ouaip, voilà.
Il faudrait constamment s’avoir à l’œil, s’observer,
et distinguer ce que l’on projette sur l’autre.

- Yep.

- J’t’aime pas, mec.



mardi 12 juin 2018

Un musicien dans un orchestre

L’unique chose que l’humain-en-conscience ait à faire
consiste à chercher sa propre note vibratoire : « ♪ »
(étape de l'individualisme ou, plus précisément,
d’un égoïsme conséquent, servant à aboutir le processus d’individuation).

C’est une fois qu’on apprend à se connaître qu’on vibre sa note,
et qu’on devient sensible à son lien avec les autres, avec la Nature, avec le Tout.

Le but commun :
entendre et s’accorder avec la vibration d’ensemble,
afin de former, ensemble, de beaux accords.


Dans un orchestre, chacun joue de son instrument,
mais chacun veille à jouer en harmonie avec les autres musiciens.


À force de vouloir tout cadrer, contrôler, étiqueter, calculer, manipuler à loisirs,
nous en sommes à ne pouvoir considérer qu’un fonctionnement individualiste,
ou un fonctionnement collectif.
On croit que c'est ou l’un ou l’autre.
Ou bien ou mal. Ou méchant ou gentil.
Ou de gauche, en politique, ou de droite.
Nous ne parvenons pas encore à considérer que ça peut être et l’un et l’autre.

On peut être à la fois individualiste et soucieux de la collectivité.

Savoir être indépendant et, en même temps, cultiver l’esprit d’équipe.

Les capitalistes nous poussent à l’individualisme égocentré.
Chacun enfermé dans sa souffrance intérieure, psychologique.

Des communistes nous est venue l’idée de réduire chacun à un numéro,
un travailleur à code barre produisant (des déchets toxiques) et consommant.


Tous, la société,
nous ne formons pas un orchestre harmonieux,
mais un groupe disparate et bruyant,
où chacun y est en compétition avec les autres,
craignant la sanction et espérant la récompense d’un abstrait Papa-État.

Nous apparaissons, les uns avec les autres,
tels des musiciens jouant sur une même scène mais chacun pour soi,
ce qui provoque une épouvantable cacophonie générale.

 🙉

Hips, me sens burk

Boum ! Badaboum !
Au son des bombes, pour nous calmer, de temps en temps.


Je pense que c’est pour cette raison que de nombreuses tribus d’une autre culture
se mettent en état de transe, tous, ensemble, pour un rappel à vibrer à l’unisson.

Les personnes de ces tribus nous perçoivent comme « morts »,
tiens ?

À méditer.

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lundi 11 juin 2018

L'amour, et des idées

Du moment où l’on pense à l’amour, qu’on le conceptualise,
on se retrouve aussitôt absorbé par le monde des idées,
où l’on y fabrique une image réfléchissant ce qu’on voudrait que soit l’amour.

Il se trouve que, de cette façon, sans s’en rendre compte,
on refoule l’élan d’amour et l’empêche, par conséquent,
de se diffuser de lui-même (en soi et autour de soi) !

Exister en intellectualisant la vie est devenu compulsif,
au point de trouver ça normal,
de vivre dans un monde d’idées.

Lorsque qu’une voiture passe,
c’est une idée (dangereuse) qui défile.

Le fait de penser, de réfléchir, de calculer,
nous extrait un moment de la Réalité qui,
Elle, continue de se dérouler, de se produire.
Lorsqu’on réfléchit pour avoir des idées,
on se retrouve comme dans une bulle
où le temps interromprait sa course en avant,
où l’on se tient à l’écart des phénomènes qui évoluent incessamment.

Ce que nous préférons, à cette heure, provient du monde abstrait des idéaux.
Pourtant, dans les faits, au quotidien, nous sommes confrontés à des inégalités et iniquités,
à un monde ravagé de produits toxiques, où l’on "vit" à travers des écrans,
et où l’on nous suggère ce qu’il faut percevoir, savoir et considérer,
alors que nous nous éloignons de la Réalité.

Ça craint !

Comment ressentir la vie, la vibration du vivant,
et comment éprouver l’amour, dans ces conditions ?

Apprendre à s’aimer soi-même*.

Aimer apprendre.
Aimer chercher à comprendre.
Aimer relier les choses et événements entre eux.

On ne peut ressentir l’amour qu’en respectant « ce qui est »,
qu’en respectant autrui et autres formes de vie, au préalable.
Et on respecte les autres lorsqu’on les tolère,
et qu’on s’intéresse aux différences.

Pour ressentir l’amour,
il faut être en contact direct avec ce qu’il se passe
– avec l’environnement naturel, avec les autres êtres –
et s’écouter, s’observer,
tout en écoutant et observant le monde interactif,
auquel nous sommes reliés, de façon consciente ou non.

De l’amour,
essence de l’interactivité,
se dégage quelque chose de sauvage,
d’indomptable, d’incontrôlable, d’irrationnel.
À peine on croit saisir ce qu’est l’amour que, paf,
on se retrouve à côté ou en arrière, largué, déçu,
en panne et assoiffé, désemparé, frustré.

L’amour ne supporte aucune pression
ni, surtout, tentative d’appropriation.

Telle une anguille, l’amour glisse entre les doigts crochus
des maladroits possessifs et des manipulateurs pervers.

Tel un matou, l’amour ronronne sous la caresse des doigts agiles et sensibles,
capables d’apprécier sans s’accaparer.

La vie, la joie, le bonheur, l’amour,
il s’agit simplement d’éprouver le monde
– l’environnement naturel, les autres –
et de vibrer à l’unisson.

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Note et liens
* S’aimer (texte d’un anonyme)
- Amour, qualité (dissertation sur l’amour)
- Pour aimer, être (rappel des quatre formes de l’amour)
- Accès par l’émotion (étude d’un poème Andin)


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dimanche 10 juin 2018

L'orchestre des légumes

J'ai découvert « The Vegetable Orchestra » sur le site Reporterre (en lien ci-contre).

C'est étonnant.

Voici un extrait de concert, ~20 min., avec quatre morceaux et ambiances particuliers :




samedi 9 juin 2018

La vie, et des idées

Les idées ne devraient servir qu’à agrémenter la Réalité (naturelle),
un peu comme les épices qui relèvent le goût d’un repas.

Nous sommes d’accords, je suppose, que
ce sont les aliments qui nourrissent,
et non pas les épices.

On peut manger sans épicer le repas, et l’apprécier,
de sentir le goût de chaque aliment.


Si le plat préparé contient trop d’épices, burk, ça arrache.

Aux amateurs, le repas semble fade s’il manque d’épices.

Que se passerait-il si le repas ne contenait que des épices ?

On peut manger un repas sans épice,
mais pas le contraire.


Vous saisissez la corrélation entre vie/repas et idées/épices ?

Les idées sont comme les épices pour un repas.
Or nous en sommes à préférer des idées à « ce qui est »
(pour des promesses d’un monde meilleur, par exemple,
ou pour une soi-disant « sécurité alimentaire » obtenue
avec des pesticides nocifs anéantissant non seulement la terre,
les petits animaux et insectes, mais aussi les nappes phréatiques, l’eau !)

C’est devenu plus fort que nous, un besoin frénétique et irrépressible
de toujours modifier la Réalité, car nous ne l’acceptons pas telle quelle.

Certains, et je l’ai entendu à de nombreuses reprises, disent par exemple :
« la terre, c’est sale » (heureusement que le goudron est propre et, surtout, sain).


Les idées ne nourrissent ni le corps physique ni l’appareil respiratoire,
et elles ne nous procurent aucune impression (naturelle, spontanée,
reliée à ce qu’il se passe soit, aux innombrables stimuli du monde extérieur).

Penser, imaginer, ruminer, calculer, inventer, établir des plans et stratégies, etc.,
les idées ne nous nourrissent pas, elles pompent notre énergie.

Nous dépensons notre énergie à penser.
Puis,
nous dépensons notre énergie à tenter de mouler la Réalité,
de la remodeler, de la modéliser selon nos fantasmatiques idéaux.

Chacun peut le constater : à l’extérieur c’est la catastrophe
(on croyait l’Antarctique préservé ; or, maintenant que ça fond,
et qu’ils vont y chercher du pétrole et autres,
ils découvrent que c’est pollué notamment de plastique, etc.)
Voilà où nous ont mené nos idées.
Certains préconisent un brainstorming de nouvelles idées,
pour trouver des solutions, pour que ça s’arrange !

... ?

Se demander : qu’est-ce qui me permet de me sentir en vie ?

Les idées ?
Style « je pense donc je suis ». 

Ou, peut-être, ce qu’on éprouve ?
Genre « je ressens donc je suis en vie ».

? … ?

Qu’est-ce qui permet de penser, d’avoir des idées ?

Notre troisième nourriture : les impressions.

L’intellect n'intervient que dans un second temps,
afin de traiter les impressions soit, les informations reçues.
C’est la fonction de l’intellect : traiter et calculer des données,
puis de les conceptualiser, de théoriser, etc.

Comment sont "captées" les impressions ?

Par les sens et l’écoute de soi, de son ressenti ;
c’est-à-dire par les sensations, par l’instinct aussi,
et par l’émotion, par le sentiment général qui nous imprègne.

Je vibre,
je suis vivant,
j’éprouve (quelque chose).


jeudi 7 juin 2018

Pouvoir et violence, inséparables.

De chaque chose, de chaque être, se dégage du pouvoir

Au sein de notre monde interactif,
on peut tout considérer sous forme de pouvoirs.
Ce n’est, bien-sûr, qu’une vision des choses, une lecture.

Chacun de nous a du pouvoir, son pouvoir personnel,
notamment son énergie propre, ses élans et volonté.
Par exemple,
dans toute relation il est question d’un échange de pouvoirs :
ainsi, si je suis plombier de métier et que je rencontre un électricien,
je puis profiter de ses connaissances en électricité et lui,
des miennes en plomberie ; ce qui représente un échange de pouvoirs
au travers d’une interaction que l’on peut qualifier de constructive, intelligente.
C’est ce que j’appelle une relation gagnant-gagnant.


Il ne faut pas perdre de vue, en conscience, que les humains,
nous sommes tous conditionnés à obéir à des figures d’autorité :
père et mère, Nation, Église, professeur, docteur, patron, etc.
De la sorte,
chacun de nous délègue de son pouvoir aux diverses autorités.
Pour le dire autrement, par ce biais chacun donne de son pouvoir personnel,
c’est-à-dire de son énergie propre.
On donne de notre énergie au Système, à l’État, par exemple.

Il se trouve qu’actuellement les autorités,
pour exercer leur important pouvoir,
tentent de nous modeler, modéliser, uniformiser,
en nous faisant rentrer dans des cases pré-étiquetées ;
un peu comme le font les médecins avec leur diagnostic,
servant à se référer à une théorie et à trouver le médicament préconisé,
parce que, au fond, ils ne savent pas comment soigner et aider.
Mais ils veulent garder, maintenir, un pouvoir sur leurs patients.


À chacun son pouvoir

Pour garder de son pouvoir personnel :
ne jamais accepter une assertion, de qui que ce soit,
sans l’avoir soupesée, évaluée, et même niée.
Écouter son ressenti,
et entreprendre des investigations si nécessaire,
afin de vérifier que l’assertion corresponde ou non ou partiellement à la réalité.
Il s’agit donc d’exercer son esprit critique, en toute situation,
et ce même devant un Jésus-Christ ou autre prophète.
Comment reconnaître une vérité sans remise en question,
sans avoir exercé son esprit critique ?


Inconsciemment ou sciemment,
chacun lutte pour disposer de davantage de pouvoir.
Et le Système tout-puissant encourage cette incessante compétition.

De cette dynamique sociale hiérarchisée, il faut comprendre que
en reprenant, récupérant, de son pouvoir personnel,
l’autorité perd du pouvoir accumulé, de sa puissance.
Si chacun de nous se réappropriait son pouvoir personnel,
les autorités se retrouveraient comme le roi esseulé sur sa planète,
dans l’histoire du Petit Prince de St-Exupéry.
Idem avec les multinationales : en cessant d'acheter leurs produits,
ils perdent de leur pouvoir,
pouvoir qui se répartira entre plusieurs petits producteurs.


Le côté obscur du pouvoir

En saisissant cette dynamique interactive, on peut constater que :
plus on affaiblit une personne, l’autre, plus on y gagne du pouvoir.
Mais ce pouvoir "volé" est une énergie noire, malsaine.

On prend ainsi conscience de l’importance de veiller sur son pouvoir personnel.

On comprend aussi les raisons et motivations
de ceux qui n’hésitent pas à agresser psychiquement les autres gens.
Toutes personnes obnubilées par le pouvoir deviennent des voleuses d’énergie,
des dépouilleuses d’âmes, des castratrices d’élans, des vampires.

La violence humaine résulte la plupart du temps d’une quête de pouvoir,
pour davantage de puissance et jouissances (mentales).

L’emprise sur quelqu’un stimule le sentiment de pouvoir, de puissance.
L’emprise sur tout un peuple doit procurer un sentiment vertigineux de puissance,
comme une star de musique se produisant devant 20'000 personnes en adoration
(cela a été mis en scène dans le film « the wall » des Pink Floyd,
où la star se transforme, au fur et à mesure du concert, en dictateur nazi).

Se rappeler que
nous sommes tout à la fois, plein de personnalités (ou « moi ») passionnées,
et non seulement un diagnostic ou une case étiquetée ou un profil type.

Anecdote (déjà racontée sur l'autre plateforme) :
dans le cadre d’une formation,
un matin les psychopathologies ont été abordées.
Plus le temps passait, plus je me sentais mal à l’aise...
de me reconnaître dans de nombreux symptômes !
Je me suis inquiété pour ma santé psychique.
À la pause repas, avec mes collègues-amis, en riant (décompression),
j’ai abordé le sujet de front : « je me suis reconnu dans plusieurs maux décrits, ce matin ».
Eh bien, figurez-vous que la plupart se sont confiés à leur tour : c’était pareil pour eux !
Vous avez compris ?

Nous sommes à la fois un peu névrosé, un peu parano, un peu maniaco-dépressif,
plus ou moins sensible, un peu schizo, plus ou moins blessé intérieurement, etc.
Tout cela ne devient problématique, pathologique, que du moment
où l’une (ou plusieurs) de ces caractéristiques s’exacerbe, s’exalte ou pire, se dérègle.


Nous avons chacun du pouvoir personnel.
Nous avons chacun des qualités et des défauts,
des aspects nébuleux et d’autres lumineux,
nos moments de courage, nos moments de lâcheté, etc.

Penser toujours au mouvement incessant et fluctuant,
car nous ne sommes jamais ceci pour la vie,
mais nous sommes tout cela à la fois,
et plus encore…


De la violence psychique, inconsidérée

Il nous faut considérer que, en plus de la violence physique, visible,
il existe une violence dite psychique.
L’abus de pouvoir, par exemple, est violence psychique (contre l’abusé).

La violence psychique blesse l’intériorité d’une personne, sa sensibilité,
pouvant aller jusqu’à la déstabiliser, malmener son estime de soi (amour propre),
ce qui, à force de répétition, aliène son esprit et fragilise son âme.

Lorsque quelqu’un ou l’État se sert de notre pouvoir personnel
sans notre consentement conscient, cela génère de la violence.

L’intruisme est une forme de violence psychique
puisqu’on impose à l’autre des valeurs, un comportement, etc. ;
et cette violence peut se produire de façon parfaitement civilisée, polie, souriante,
c’est-à-dire sans signe extérieur d’agressivité ni de brutalité.

Se méfier des pacifistes et autres non-violents autoproclamés.
Voyez ce qu’il se passe depuis deux mille ans avec les Églises prônant l’amour de Dieu…


L'or, l'argent, le système monétaire ne génère que déséquilibre et violence,
une violence psychique pensée, voulue, par l'humain et ses idées.
Exemple : un bébé naît dans une famille multimillionnaire,
donc dans un lit de pouvoirs (que procure l'argent),
et, au même instant,
un bébé naît dans un bidon-ville, sans aucun pouvoir (social).





Cause de la violence : un schisme
entre ce qui est et ce qu’on aimerait qui soit


Voici ce qu’est le mal : se faire des idées sur ce qui devrait être. Ne pas accepter « ce qui est ».

La "première" violence résulte du décalage entre la Réalité (naturelle) et les idées.

Avec nos idéaux, la plupart du temps, on se fait violence à soi-même.

D’insister et de se raccrocher à des idées rend violent (psychiquement),
même si de façon distinguée, civilisée et maniérée, en apparence.

La non-violence implique de cesser de se faire des idées sur ce qui devrait être.


En résumé

Il est important, vital, de prendre conscience et soin de son pouvoir personnel (devenir responsable).

Chercher à augmenter son pouvoir, si souhaité, mais sans porter préjudice à quiconque
afin que l’élan ‒ l’énergie, la force ‒ reste pur, sain.

S'efforcer d’utiliser son énergie eu rapport et en harmonie avec ce qu’il se passe,
en adéquation avec « ce qui est ».
Discernement et tempérance.

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mercredi 6 juin 2018

Le cinquième rêve



Au début, le Grand Esprit dormait dans le rien.
Son sommeil durait depuis l’éternité.

Et puis soudain, nul ne sait pourquoi,
dans la nuit, il fit un rêve.

En lui gonfla un immense désir…

Et il rêva la lumière.
Ce fut le premier rêve. La toute première route.

Longtemps, la lumière chercha son accomplissement, son extase.

Quand finalement elle trouva,
elle vit que c’était la transparence.

Et la transparence régna.

Mais voilà qu’à son tour,
ayant exploré tous les jeux de couleurs qu’elle pouvait imaginer,
la transparence s’emplit du désir d’autre chose.
À son tour elle fit un rêve.
Elle qui était si légère,
elle rêva d’être lourde.

Alors apparut le caillou.
Et ce fut le deuxième rêve. La deuxième route.

Longtemps, le caillou chercha son extase, son accomplissement.

Quand finalement il trouva, il vit que c’était le cristal.

Et le cristal régna.
Mais à son tour, ayant exploré tous les jeux lumineux de ses aiguilles de verre,
le cristal s’emplit du désir d’autre chose, qui le dépasserait.
À son tour, il se mit à rêver.
Lui qui était si solennel, si droit, si dur,
il rêva de tendresse, de souplesse et de fragilité.

Alors apparut la fleur.
Et ce fut le troisième rêve, la troisième route.

Longtemps, la fleur, ce sexe de parfum,
chercha son accomplissement, son extase.
Quand enfin elle trouva, elle vit que c’était l’arbre.

Et l’arbre régna sur le monde.

Mais vous connaissez les arbres.
On ne trouve pas plus rêveurs qu’eux
(ne vous amusez pas à pénétrer dans une forêt qui fait un cauchemar).
L’arbre, à son tour, fit un rêve.
Lui qui était si ancré à la terre,
il rêva de la parcourir librement,
follement, de vagabonder au travers d’elle.

Alors apparut le ver de terre.
Et ce fut le quatrième rêve. La quatrième route.

Longtemps, le ver de terre chercha son accomplissement, son extase.

Dans sa quête, il prit tour à tour la forme du porc-épic,
de l’aigle, du puma, du serpent à sonnette.
Longtemps, il tâtonna.

Et puis un beau jour, dans une immense éclaboussure…
au beau milieu de l’océan… un être très étrange surgit,
en qui toutes les bêtes de la terre trouvèrent leur accomplissement,
et ils virent que c’était la baleine !

Longtemps cette montagne de musique régna sur le monde.

Et tout aurait peut-être dû en rester là, car c’était très beau.

Seulement voilà…
Après avoir chanté pendant des lunes et des lunes,
la baleine, à son tour, ne put s’empêcher de s’emplir d’un désir fou.
Elle qui vivait fondue dans le monde, elle rêva de s’en détacher.

Alors, brusquement nous sommes apparus, nous les hommes.
Car nous sommes le cinquième rêve, la cinquième route,
en marche vers le cinquième accomplissement, la cinquième extase.

Et ici, je vous dis : faites très attention !
Car, voyez-vous :
Dans la moindre couleur, toute la lumière est enfouie.
Dans tout caillou du bord du chemin, il y a un cristal qui dort.
Dans le plus petit brin d’herbe, sommeille un baobab.
Et dans tout ver de terre, se cache une baleine.

Quant à nous,
nous ne sommes pas le « plus bel animal »,
nous sommes le rêve de l’animal !
Et ce rêve est encore inaccompli…

‒ Légende amérindienne






samedi 2 juin 2018

Handicap émotivo-sexuel

20 ans, célibataire, bien nourri, normalement constitué,
son corps de mâle fabrique sa sève,
qui attend d’être éjectée.

Besoin physiologique.
Besoin affectif.
Désir sexuel.
Fantasmes.

Émotionnellement aussi immature que la plupart, RAS, notre homme est normal.
Sexuellement, il est aussi avide que la plupart, mais coincé et maladroit.
Beaucoup d’images pornographiques variées se bousculent dans sa tête.
Besoin d’alcool pour se désinhiber et soulager son désir, de temps en temps.

Dans cet exemple de situation,
l’homme ne connaît rien de son corps,
mais il est étudiant et sait déjà tout sur à peu près tout.
Il a baisé quelque fois, alors il croit savoir ce qu'est le sexe.
Celle dont il était amoureux, à 17 ans, s’était barrée avec un autre.
Trop de déceptions. Marre, ça fait mal à l’intérieur,
et ça fait perdre de l’assurance.
Il n’a pas appris à maîtriser ses émotions mais à les contenir.
Il ressent de l'agressivité, souvent de la colère, alors il fait du sport.
Il ne sait pas comment s’épanouir sexuellement mais il baise dès que l’occasion se présente,
tout en hésitant à s’engager, voulant être libre de réaliser des fantasmes.


Bon sang, mais que faire du désir sexuel qui, pourtant,
s’enflamme en chaque personne normalement constituée,
à l’image de Dieu ?

Les religions préconisent de lutter contre le désir sexuel,
afin d’en juguler l’élan, l’énergie,
en craignant, méprisant et haïssant, ce qui a stimulé le désir soit,
les objets et sujets extérieurs ; les femmes par exemple.

Pourtant, le désir s’enflamme de l’intérieur des individus,
bien qu’effectivement le monde extérieur offre d’incessants stimuli,
de toutes sortes.
Faudrait tout interdire.

Il faut tenir compte, aussi, du fait que notre homme peut désirer un autre homme.
S’il faut craindre les femmes et les hommes…

Ne pas se masturber.
Ne pas courir les jupons.
L’homosexualité mène en enfer.

Boudu, mais que faire de sa sexualité ?

Le Dieu des hommes paraît être un satané farceur :
en effet, Il nous a créé avec un appareil génital,
mais Il aurait soufflé à l’oreille d’élus qu’il ne faut pas l’utiliser,
à part le samedi soir, si marié(e), par « devoir conjugal »,
et pour faire des enfants "bien éduqués" et dévoués à la Nation.
Il n’aurait pas laissé de mode d’emploi,
mais des commandements et interdits
notamment de ne pas toucher ni jouer avec son zizi.

À ce jour, l’énigme du génital-à-ne-pas-utiliser n’est pas résolue,
« ça » pose encore problèmes, misères, malheurs, douleurs, violences…

Proposition

Politiser le sujet de la sexualité et de l’émotion,
en commençant par nommer un ministre de l’Intérieur… des êtres.

C’est sûr, on grandira, évoluera, avancera,
avec un ministre Tantrique au côté de N. Hulot et du colon Collomb de Macron(d$).



jeudi 31 mai 2018

Hiérarchie vs relationnel sain

« Le monde est une équation » prétendent certains.

Il suffit donc, si j’ai bien compris, de savoir calculer,
de connaître les principes de l’algèbre et de la géométrie,
ainsi que les règles des jeux du monopoly et des échecs,
pour devenir préèèèèsident ou vice-préèèèsident.

« Au pays des aveugles, les moutons sont rois » (rappelé par Cres).

D’où la nécessité, devenue vitale, de l’ordinateur,
de machines à calculer "intelligentes", car rapides,
toujours plus rapides, vite, vite…,
des fois qu’on prendrait le temps de s’arrêter et, malheur, de s’écouter,
au lieu d’écouter les politicien$, les médecin$, les avocat$ et autres "expert$".


La vie est relations,
interactions entre soi et le monde, la Nature, les autres.

La première relation (en ce monde) se noue entre le fœtus et sa mère.

« Tout est politique » assurent certains.

Waouh ! Quel monde chaleureux, merveilleux et, surtout, égalitaire !
Bienvenue dans le Système !
Merde Zut ! Suis né dans une famille d’ouvriers. Mauvais choix.
Prochaine vie, peut-être ? Bien-sûr, cela ne tient qu’à moi.
… ?


« Égalité des chances » nous a-t-on bassiné.

Au sein d’un tel "ordre" social,
d’un fonctionnement normé et hyper hiérarchisé,
comment communiquer intelligemment et sincèrement ?

La voie de la hiérarchie exclut les relations directes et saines,
c’est-à-dire une communication intelligente et spontanée.

Une hiérarchie implique des niveaux d’obéissance et un code de conduite.
Dans une grande entreprise par exemple, en cas de souci,
un ouvrier doit s’adresser à son chef,
qui, lui, s’adresse au responsable,
qui, lui, s’adresse à la direction,
qui, elle, cède aux actionnaires…
Mais, si le souci provient de la relation entre l’ouvrier et son chef ?
Eh bien, il y a les syndicats ou, mieux,
le « ferme ta gueule et obéis si tu veux ton salaire ».

Un tel fonctionnement ne produit que de la frustration au plus grand nombre,
chefs et responsables compris ;
et tous d'obéir à "Ceux-qui-savent-et-qui-prennent"
selon le droit que leur donne l’État de droit.

Est-ce seulement possible de communiquer vraiment dans un tel contexte ?

En entretenant un esprit compétitif, capitaliste, insatiable de pouvoir,
la communication générale, mondiale, ne peut être que malsaine,
retorse, ne générant qu’interférences, malentendus et mésententes
(à cause des inégalités et de sentiments comme la jalousie, l’envie, etc.)

Corruption relationnelle - fausse communication - manipulation incessante.

"Grâce" à ce Système,
au sein d’un pays, mettons en France,
nous ne parlons pas le même langage les uns les autres,
ni celui des mots ni celui du corps émotif.
Nous ne vibrons pas sur les mêmes longueurs d’onde.
Nous pouvons dire que nous évoluons dans des mondes différents.
Par exemple, dans le monde des « supérieurs » l’argent coule à flot,
alors que dans l’autre frappent la crise, les restrictions budgétaires, etc.
Parce que les « inférieurs » sont « fainéants », dénoncent les « supérieurs ».

♫ « Les premiers sont les derniers » ♪, selon une comptine.

Dans ce jeu social à cases et échelons,
jeu truqué depuis des millénaires,
les plus dépourvus de conscience morale
ainsi que d’émotion (empathie, compassion, affection…)
deviennent les dirigeants du monde, les éternels gagnants,
les incessants tricheurs-menteurs déments, à qui on devrait obéir.


Ce que voient nos yeux est trompeur, les formes créant illusion et leurres.
Ce qu’écoutent nos oreilles est trompeur, les discours et théories pouvant mentir.
Discours et théories ont un temps de retard sur le déroulement des événements,
toujours.
Ce qu’expriment les bouches est trompeur, le plus souvent séduisant ou gentil.
Les actes s'avèrent le plus souvent décalés des mots,
voire carrément en contradiction, à l’instar des politichiens politiciens.

Ne pas promettre permet de ne pas trahir, frustrer (soi comme autrui).

« Marche ta parole ».


Tout humain, animal, a besoin de liberté d’être et de se mouvoir
(notamment pour pouvoir subvenir à ses besoins fondamentaux).

Dans cette société le parcours de l’existence se voit imposé
et ce, dès l’âge de trois ans :
devoir aller à l’école, obéir, au garde à vous, les mains propres.
Étudier, se diplômer, s’endetter, pour des promesses d'un salaire décent…

La Société impose et clame implicitement :
vous voulez être libres ?
Ayez ou gagnez beaucoup d’argent.


Devoir « gagner sa vie », belle philosophie.

Cette vision des choses – équation et rapports politiques – exclut la fraternité,
puisque cette voie échelonnée se révèle être compétitive.

Tant qu’un intérêt – soit financier, soit de pouvoir, soit d’ego – prime
durant une interaction, cela ne peut qu’interférer et se révéler malsain.


Nous le savons, hein ?
Je ne vous apprends rien, hein ?
Mais, euh…,
alors…, pourquoi ça continue ?

Pourquoi tant de gens ravalant leur mal de vivre ?

Pas le temps de s’en soucier,
le temps c’est de l’argent.

________________

mercredi 30 mai 2018

Mourir pour renaître (G XXIIII)

Pour donner suite au rayon de Création ou "théorie" des sept cosmos,
G. I. Gurdjieff interpelle P. D. Ouspensky (celui qui note l’enseignement) et lui demande
« de reprendre tout ce que je viens d’exposer du point de vue de vos dimensions ».

Il faut savoir que P. D. Ouspensky a déjà publié des ouvrages (en 1916),
dont l’un aborde le sujet des diverses dimensions dans le monde.

P. D. Ouspensky répond notamment en reprenant le rapport « de zéro à l’infini »
selon sa propre compréhension :
Il nous faut avant tout examiner ce que signifie le rapport de zéro à l’infini.
Si nous le comprenons, nous comprenons la relation d’un cosmos à un autre.
(…)
En géométrie, c’est la relation d’une unité d’un certain nombre de dimension
à une unité d’un plus grand nombre de dimensions.
La relation d’un point à une ligne,
d’une ligne à une surface,
d’une surface à un solide,
d’un solide, c’est-à-dire d’un corps tridimensionnel, à un corps quadridimensionnel,
et ainsi de suite.
(…)
Si nous considérons l’ "atome" – ou le "microbe", selon votre expression –
c’est-à-dire le Microcosme, comme un point,
alors par rapport à ce point, l’homme sera une « ligne »,
c’est-à-dire une figure à une dimension.
Le cosmos suivant, la terre, sera, par rapport à l’homme, une surface,
c’est-à-dire qu’il aura deux dimensions,
comme cela est réellement le cas pour notre perception directe. (Etc.)

Suite à cette explication, G. I. Gurdjieff renvoie à P. D. Ouspensky :
Il y a de nombreux éléments valables dans ce que vous venez de dire (…)
Notez, par exemple, que le temps est différent dans les différents cosmos.
Et il peut être calculé exactement ; en d’autres termes,
il est possible d’établir avec précision le rapport du temps d’un cosmos
avec le temps d’un autre cosmos.
Le temps est respiration – essayez de le comprendre.

* * *

Je glisse ici 3 schémas conçus à partir de ma compréhension. N'hésitez pas à intervenir,
des fois que je serais à côté de la plaque ou que j'oublie quelque chose ou autres...
La question (qui reste ouverte) : comment relier une dimension à l'autre ?





* * *

G. I. Gurdjieff poursuit en reprenant le sujet de l’éveil.
Il revient sur la dynamique de l’éveil/mort/naissance :
« Si le grain ne meurt après qu’on l’a jeté en terre, il demeure seul ;
mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Évangile de Jean, XII, 24)
(…)
À propos de ce dont nous parlons maintenant, ce livre (d’aphorismes) disait :
« L’homme peut naître, mais pour naître il doit d’abord mourir,
et pour mourir il doit d’abord s’éveiller. »
Ailleurs, ce même livre dit :
« Lorsque l’homme s’éveille, il peut mourir ;
lorsqu’il meurt, il peut naître. »
(…) Naître n’est qu’un autre mot pour désigner
le commencement d’une nouvelle croissance de l’essence,
le commencement de la formation de l’individualité,
le commencement de l’apparition d’un "Moi" indivisible.
Mais pour être capable d’y atteindre,
ou tout au moins de s’engager sur cette voie,
l’homme doit mourir ; cela veut dire qu’il doit se libérer
d’une multitude de petits attachements et d’identifications
qui le maintiennent dans la situation où il se trouve actuellement.
Dans sa vie il est attaché à tout,
attaché à son imagination, attaché à sa stupidité,
attaché même à ses souffrances
– et plus encore peut-être à ses souffrances qu’à toute autre chose.
Il doit se libérer de cet attachement.
L’attachement aux choses, l’identification aux choses,
maintiennent vivants dans l’homme un millier de "moi" inutiles.
Ces "moi" doivent mourir pour que le grand « Moi » puisse naître.
Mais comment peuvent-ils être amenés à mourir ?
Ils ne le veulent pas.
C’est ici que la possibilité de s’éveiller vient à notre aide.
S’éveiller signifie réaliser sa propre nullité,
c’est-à-dire réaliser sa propre mécanicité, complète et absolue,
et sa propre impuissance, non moins complète, non moins absolue.
(…)
Un homme a vu en lui-même quelque chose qui l’horrifie.
Il décide de s’en débarrasser, de s’en purger, d’en finir.
Quelques efforts qu’il fasse cependant, il sent qu’il ne le peut pas,
que tout demeure comme auparavant.
C’est là qu’il verra son impuissance, sa misère et sa nullité ;
ou encore, lorsqu’il commence à se connaître lui-même,
un homme voit qu’il ne possède rien,
c’est-à-dire que tout ce qu’il a regardé comme étant à lui,
ses idées, ses pensées, ses convictions, ses habitudes,
même ses fautes et ses vices, rien de tout cela n’est à lui :
tout a été pris n’importe où, tout a été copié tel quel.
(…)
Cette conscience continuelle de sa nullité et de sa misère
lui donnera finalement le courage de "mourir",
c’est-à-dire de mourir non pas simplement dans son mental, ou en théorie,
mais de mourir en fait, et de renoncer positivement et pour toujours
à tous ces aspects de lui-même qui ne présentent aucune utilité
du point de vue de sa croissance intérieure, ou qui s’y opposent.
Ces aspects sont avant tout son "faux Moi",
et ensuite toutes ses idées fantastiques sur son "individualité", sa "volonté",
sa "conscience", sa "capacité de faire", ses pouvoirs, son initiative,
ses qualités de décision, et ainsi de suite.
Mais pour devenir un jour capable de voir une chose « tout le temps »,
il faut d’abord l’avoir vue une fois, ne serait-ce que pour une seconde.
Tous les pouvoirs nouveaux, toutes les capacités de réalisation
viennent d’une seule et même façon. Au commencement,
il ne s’agit que de rares éclairs, qui ne durent pas plus d’un instant ;
ensuite, il peuvent se reproduire plus souvent
et durer chaque fois plus longtemps, jusqu’à ce qu’enfin,
après un très long travail, ils deviennent permanents.
La même loi s’applique à l’éveil.
Il est impossible de s’éveiller complètement, d’un seul coup.
Il faut d’abord commencer par s’éveiller pendant de très courts instants.
« Mais il faut mourir tout d’un coup et pour toujours »,
après avoir fait un certain effort, après avoir triomphé d’un certain obstacle,
après avoir pris une certaine décision sur laquelle on ne puisse pas revenir.
(…)
Mais il y a des milliers de choses qui empêchent l’homme de s’éveiller
et le maintiennent au pouvoir de ses rêves.
Pour agir consciemment dans l’intention de s’éveiller,
il faut connaître la nature des forces qui retiennent l’homme
dans le sommeil (…) hypnotique, qu’il maintient et renforce lui-même.

G. I. Gurdjieff continue en racontant un conte oriental (déjà publié).

Ensuite, G. I. Gurdjieff a insisté sur le besoin de rencontrer
un autre humain ou un groupe d’humains plus éveillés que soi :
notamment afin que l’autre (plus éveillé) aide à prendre conscience
de son « faux-Moi » ou de sa « fausse personnalité ».

G. I. Gurdjieff aborde le sens et le bienfait du silence (approprié) :
(…) il est très difficile pour un homme de garder le silence
sur les choses qui l’intéressent.
Il voudrait en parler à tous ceux à qui il a l’habitude de confier ses pensées,
comme il dit. C’est là le plus mécanique de tous les désirs, et, dans ce cas,
le silence est la forme de jeûne la plus difficile.
Par contre, si un homme le comprend, ou tout au moins s’il suit cette règle,
ce sera pour lui le meilleur exercice de rappel de soi
et de développement de la volonté.
Seul un homme capable de garder le silence quand cela est nécessaire
peut être son propre maître.


lundi 28 mai 2018

Capitaliser les âmes en peine

Que se passerait-il si nous (la majorité) écoutions, et mieux, entendions,
davantage les personnes sensibles, intuitives, ayant du bon sens ?

On peut toujours rêver.

Une particularité étrange, propre à l’humain, est décrite par le Dalaï Lama :
son irrépressible désir et besoin de posséder, d’avoir, d’empiler.
Une personne questionne le Dalaï Lama :
"Qu’est-ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ?" 
Le Dalaï Lama répondit : « Les hommes….
Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent,
ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé.
 
Et à penser anxieusement au futur, ils oublient le présent
de telle sorte qu’ils finissent par non vivre ni le présent ni le futur.
 
Ils vivent comme si ils n’allaient jamais mourir…
…et meurent comme si ils n’avaient jamais vécu. »

Comme l’avait remarqué Machiavel,
l’humain finit immanquablement (jusqu’ici) par choisir la peur
au détriment de l’amour !
Les hommes sont mus par deux principes fondamentaux : l’amour et la peur.
En conséquence,
ils se laisseront aussi bien commander par celui qui saura gagner leur affection
que par celui qui leur inspirera de la crainte.
Et à vrai dire, dans la plupart des cas,
c’est celui qui inspire la crainte qui est le plus suivi et le plus obéi des deux.

Venons-en au capitalisme.
Paul Lafargue a écrit en 1880 (!!) :
Le grand problème de la production capitaliste
n'est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces
mais de découvrir des consommateurs,
d’exciter leurs appétits et de leurs créer des besoins factices.


Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations
où règne la civilisation capitaliste.
Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui,
depuis deux siècles, torturent la triste humanité.
Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail,
poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture...

Travaillez, travaillez, prolétaires,
pour agrandir la fortune sociale
et vos misères individuelles,
travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres,
vous ayez plus de raisons de travailler et d'être misérables.
Telle est la loi inexorable de la production capitaliste.

La culture capitaliste propose des distractions creuses, ennuyeuses et lassantes,
qui abrutissent les consciences.
En étudiant des cas de sociopathes, Colin Wilson a écrit :
L’apparition des meurtriers en série est en effet inséparable
de la naissance de la civilisation des « loisirs ».
 
La civilisation des « loisirs » masque un sous-développement flagrant de l’esprit humain.

___________________________

samedi 26 mai 2018

Capital vs collectif

Premier Testament : respectez-vous les uns les autres.

Message de Jésus-Christ : aimez-vous les uns les autres.
(NB : aimer, et non pas baiser)

W. Reich : une peste émotionnelle se répand dans le monde.

Don M. Ruiz : émotionnellement, les uns avec les autres,
nous nous comportons comme si nous étions « écorchés vifs ».

Etc.

* * *

Il ressort un point commun entre toutes les religions,
ainsi qu’entre les pensées spirituelles des grands humains :
le changement doit s’exercer sur et à partir de l’émotion,
du "cerveau émotionnel".

* * *

Serait-il possible d’inventer un vaccin anti-peste émotionnelle ?




Capitalisme vs collectivité.

Capitalisme : ne plus rien éprouver afin de pouvoir écraser autrui
pour lui prendre son capital et annihiler son rêve, sa liberté d’être.

Collectivité : développer l’esprit d’équipe, d’un ensemble,
avec respect et considération des différences soit,
de la complémentarité entre les uns et les autres.

Voilà ce qui nous distingue absolument des cétacés,
cétacés plus intelligents que les humains :
eux vivent en collectivité, en tribu,
et chacun, tous, de bien s’amuser.


C’est dingue ça,
plus on est riche, bourgeois, aristocrate et ploutocrate,
plus on devient individualiste, névrosé, atteint de la peste émotionnelle.
« La bonté et la gentillesse sont faiblesses ».
« Le sentiment est fragilité ».
« L’amour est chose puérile, romantique ».
« L’émotion se doit d’être bridée. C’est négatif d’être en colère.
Ne jamais être spontané. Toujours préparer la réponse, une stratégie.
Il ne faut pas montrer, sur son visage et par sa gestuelle, ce que l’on ressent ».
« La sensibilité ainsi que la vie intérieure ne doivent pas être considérées. »
« Le respect consiste à obéir aveuglément aux supérieurs hiérarchiques ».
Etc.

Ce seraient donc des malades mentaux, à l’émotion malmenée,
qui rêvent et dirigent notre monde ?
Ce qui expliquerait notamment le commerce des armes (écorchés vifs,
"ils" ont besoin de se protéger et de se défendre, après avoir tout pris aux autres),
le commerce des pesticides, des voitures et avions toujours plus rapides et polluants,
ainsi que l’indifférence et l’insensibilité face à l’état (tiens ?) de notre planète à tous,
face aux humains « sans dent », faibles, démunis, affamés, sans domicile, etc.

"Ils" agissent tels des non-êtres blindés derrière leurs civilités maniérées,
qui réduisent leurs existences à un corps plastique
et à un cerveau calculateur de capitaux.
Deux dimensions dans une équation.




Qui dit malade, dit guérison possible.

Tant que nous ne soignerons pas la sphère du sentiment,
notamment en nous purifiant d’environ dix mille ans de maltraitance émotionnelle,
nous n’avancerons pas, et continuerons de ravager Mère-Terre,
en voulant contenir et anéantir les élans du vivant.

En débattre, d’urgence.
Faut en parler, de notre maladie mentale.
Chaque opinion est importante. Égalité.
La politique nous sauvera.
Mais, euh…,
la politique découle d’un gouvernement, d’un État de droit,
c’est-à-dire que la politique implique l’acceptation d’une hiérarchie
érigée sur des concepts abstraits et des inégalités tout à fait concrètes.

En politique, certains humains sont étiquetés inférieurs, « petits ou moyens »,
c’est pourquoi, et on le comprend, leurs paroles ne vaut kopeck ;
alors que d’autres individus s’autoproclament « $upérieurs »,
c’est pourquoi leurs paroles décident et prennent, c’est évident.
La boucle se mord la queue et ça continuera ainsi durant encore… ?

Je propose d’en parler et organise pour les dix prochaines années :
une réunion hebdomadaire + des débats réguliers + des AG mensuelles,
des assemblées constitutionnelles, et nationales, et internationales, ♫ ♪,
ainsi que des colloques, des salons d’abus d’autorité, des conférences, etc.




Le blablabla n’est que du vent.

Genèse de l’État
Au début fut le Verbe.
Et le Verbe méprisa l’émotion et la sensibilité.
Aussi, les humains ne firent plus attention aux arbres.
Leurs cœurs oublièrent leur joie de vivre dans le paradis naturel.
Ensuite, par mesure de $écurité psychologique, après avoir tout muré et bétonné,
les humains se retrouvèrent entravés dans le paradis financier des créateurs de l’État.
Et Caïn fut jaloux de son frère…
La peste émotionnelle se déclara partout dans les royaumes, pour le bien de l’État.

* * *
Lecteur(trice), que ressens-tu en lisant cela ?

Ce que tu ressens est l’unique chose importante.


vendredi 25 mai 2018

En trop en scène

Ne cessant de gerber depuis plusieurs jours,
de lire les gros titres des infos,
cherche anti-vomitif-bio-sans OGM ni nanoparticule
.
Urgent !

Aujourd’hui à l’hôpital,
heureux élu pour une prothèse dernier cri@positive attitude,
je me demande si « Maxime », résistant à NDDL,
va militer pour la non-violence, quand il ira mieux ?


Pub-conseil :
après avoir vacciné votre enfant,
retourner le faire vacciner.

Deux fois plus rassuré !

Pas con, hein ?

 
- Pour la croissance du PIB -


Le président, n’est-il pas la figure-autorité des institutions, de ces lois et règles à respecter ?

Que se passerait-il si le président himself encourageait à ne pas respecter les règles ?



« État de droit », de ne rien faire d’autre que de travailler pour une entreprise
et de consommer de la merde joliment présentée et super emballée.

« État de droit » de ne pas s’opposer à la toute-bétonisation,
à la toute-destruction rentable pour certains.

« État de droit » de ne pas aimer et de mépriser l’émotion.

« État de droit » de ne pas penser par soi-même.

« État de droit » des richissimes.

« État de droit ».
Très jolie dénomination, je trouve,
ça sonne bien à l’oreille.

Euhhh…,
mais ça veut dire quoi, au juste, « État de droit » ?

Buuurp !

En trop obscène tout ça.

Oups pardon, ça recommence,
vite, faut qu’j’aille…



lundi 21 mai 2018

Misère affectivo-sexuelle (+18 ans)

Un médecin, psychiatre, psychanalyste, nommé Wilhelm Reich
a poussé un coup d’gueule en été 1945.

Pour l’histoire,
ce scientifique créatif s’est fait expulser de l’ordre des psychanalystes,
puis, plus tard, s’est fait huer pour sa découverte de l’orgone.
(Il est question de l’énergie vitale. Certains relient « orgone » à l’éther, au prana, au Ki).
Poursuivant tout de même ses recherches, malgré un interdit gouvernemental,
il a été emprisonné en 1956. Quelques mois plus tard, il meurt en prison
suite à une crise cardiaque, dit-on (il n’y a pas eu d’autopsie).

En mai 1957, depuis la bibliothèque de la prison, peu avant son décès,
W. Reich écrivait ces mots à son fils :
« Je suis fier de me retrouver en si bonne compagnie avec les Socrate, Christ,
Giordano Bruno, Galilée, Moïse, Savonarole, Dostoïevski, Gandhi, Nehru,
Mindszenty, Luther et tous les autres qui combattirent contre le démon de l'ignorance,
les décrets illégitimes et les plaies sociales… »

NB : la « libération sexuelle » ne signifie pas « baiser à tous vents »,
n’importe comment et avec n’importe qui(s).
W. Reich encourageait à aimer l’amour et les rapports sexuels qui font du bien.
Mais nous confondons qualité avec quantité…
Et l’émancipation des êtres dérangent, encore aujourd’hui.


C’est un miroir qu’il nous tend,
prévoir quelques anxiolytiques et somnifères car ça fait mal, très mal…

W. Reich commence par introduire son propos intitulé « Écoute, petit homme ! » :

« Écoute, petit homme ! » n’est pas un document scientifique mais un document humain.
(…) Il est l’aboutissement de tempêtes et luttes intérieures d’un homme de science
et d’un médecin qui a observé pendant des décennies,
d’abord en spectateur naïf, puis avec étonnement et enfin avec horreur,
ce que l’homme de la rue « s’inflige à lui-même », comment il souffre et se révolte,
comment il admire ses ennemis et assassine ses amis ;
comment – au moment même où il accède au pouvoir
en assumant la fonction de « représentant du peuple » –
il abuse de sa puissance
et la rend pire que celle dont auparavant il avait à souffrir
de la part de certains sadiques des classes supérieures.
(…)
Or, c’est la recherche sur l’orgone
que dépendent pour une large part la vie et la santé de l’homme.



Il a semblé nécessaire que l’homme de la rue apprenne ce qui se passe
dans un laboratoire de recherche, qu’il sache ce qu’il représente
aux yeux d’un psychiatre expérimenté.


L’homme de la rue doit prendre contact avec la réalité
qui est seule capable de contrecarrer sa nostalgie pernicieuse de l’autorité.


Il faut lui faire savoir quelle « responsabilité » il assume,
qu’il travaille, qu’il aime, qu’il haïsse ou qu’il se livre aux commérages.


(…) quiconque lutte pour la sauvegarde de la vie (…)
doit être un adversaire du fascisme (…)
parce qu’il fait d’enfants pleins de vie et bien portants des infirmes,
des robots, des idiots moraux ;
parce que pour lui l’État passe avant le droit, le mensonge avant la vérité,
la guerre avant la vie ; (…)


Ces propos (…) s’insurgent contre la prétention cachée et méconnue
de la peste émotionnelle (…)
Ils dévoilent la nature de la peste émotionnelle,
ses manières d’agir et de retarder tout progrès.
Ils proclament la confiance dans les immenses trésors inexploités
qui se cachent au fond de la « nature humaine »
et qui ne demandent qu’à combler les espoirs des hommes.
(…)
Car l’individu pestiféré
(émotionnellement) attribue à ses semblables également
les traits de sa propre manière de penser et d’agir.
L’individu aimable s’imagine que tout le monde est aimable et agit en conséquence.
Le pestiféré croit que tous les hommes mentent, trompent,
trahissent et convoitent le pouvoir.
Il va sans dire que, dans ces conditions, la vie est désavantagée et menacée.
Quand elle se montre généreuse pour le pestiféré, elle est vidée de tout son sang,
puis tournée en dérision ou trahie ;
quand elle fait confiance, elle est dupée.




Il en a toujours été ainsi.
Il est grand temps que la vie se durcisse
là où la dureté est indispensable à la lutte pour sa sauvegarde et son développement ;
en agissant ainsi, elle ne perdra pas sa bonté,
à condition de s’en tenir courageusement à la vérité.


Ce qui nourrit notre espoir c’est le fait qu’on trouve,
parmi des millions d’individus actifs et honnêtes,
seulement « une poignée » de pestiférés qui provoquent des malheurs sans nom
en faisant appel aux impulsions ténébreuses et dangereuses de l’individu cuirassé,
nivelé dans la masse, et en le poussant à l’assassinat politique organisé.


Il n’y a qu’un seul remède contre les germes de la peste émotionnelle
dans l’individu nivelé dans la masse : sa propre perception de la vie agissante.


La vie ne réclame pas le pouvoir,
mais le droit de « remplir » la tâche qui lui est dévolue dans l’existence humaine.
Elle se fonde sur trois piliers qui ont pour nom amour, travail, connaissance.




W. Reich commence son propos en expliquant le titre de l’ouvrage :

Ils t’appellent « petit homme », « homme moyen », « homme commun » ;
ils annoncent qu’une ère nouvelle s’est levée, l’« ère de l’homme moyen ».


Cela, ce n’est pas « toi » qui le dis, petit homme !
Ce sont « eux » qui le disent, les vice-présidents des grandes nations,
les leaders ouvriers ayant fait carrière,
les fils repentis des bourgeois,
les hommes d’État
et les philosophes.
Ils te donnent ton avenir mais ne se soucient pas de ton passé.
(…)
Jamais je n’ai entendu dans ta bouche cette plainte :
« Vous prétendez faire de moi mon propre maître et le maître du monde,
mais vous ne me dites pas comment on peut se maîtriser,
vous ne me révélez pas mes erreurs dans ma façon de faire, de penser et d’agir ! »




Tu t’en remets au puissant pour qu’il exerce son autorité sur le « petit homme ».
Mais tu ne dis rien.
Tu confies aux puissants ou aux impuissants animés des pires intentions
le pouvoir de parler en ton nom.
Et trop tard tu t’aperçois qu’une fois de plus on t’a trompé.
(…)
Ne te sauve pas. Aie le courage de te regarder toi-même !
(…)
Tu as peur de te regarder,
tu as peur de la critique, petit homme,
tout comme tu as peur de la puissance qu’on te promet.
Tu n’as aucune envie d’apprendre comment utiliser cette puissance.


Tu n’oses pas t’imaginer que tu pourrais un jour ressentir autrement ton Moi ;
que tu puisses être libre et non plus comme un chien battu,
franc et non plus tacticien ; (…)
Tu te méprises toi-même, petit homme.
Tu dis : « Qui suis-je pour avoir une opinion personnelle,
pour décider de ma vie, pour déclarer que le monde m’appartient ? »




La différence entre un petit homme et un grand homme :
Le grand homme sait quand et en quoi il est un petit homme.
Le petit homme ignore qu’il est petit et il a peur d’en prendre conscience.



W. Reich poursuit en définissant le petit humain :

Il dissimule sa petitesse et son étroitesse d’esprit derrière des rêves de force et de grandeur,
derrière la force et la grandeur « d’autres hommes ».
Il est fier des grands chefs de guerre, mais il n’est pas fier de lui.
Il admire la pensée qu’il n’a pas conçue, au lieu d’admirer celle qu’il a conçue.
Il croit d’autant plus aux choses qu’il ne les comprend pas,
et il ne croit pas à la justesse des idées dont il saisit facilement le sens.



Face aux petits humains, craindre de dire la vérité.

Craindre également le petit homme(femme) en soi-même :

Mon esprit me dit : dis la vérité quoi qu’il t’en coûte.

Le petit homme en moi-même me dit :
c’est stupide d’encourir le courroux du petit homme, de se mettre à sa merci.


Le petit homme ne tient pas à apprendre la vérité sur lui-même.
Il ne tient pas à assumer la grande responsabilité qui est la sienne.
Il tient à rester un petit homme ou à devenir un petit grand homme.
(…)
Moins tu comprends, plus tu es disposé à admirer.
Tu connais mieux Hitler que Nietzsche, Napoléon que Pestalozzi.
(…)
Dans quelques pays lointains, de petits hommes ont soigneusement étudié
ton désir d’être l’esclave de n’importe qui et ont appris à devenir
sans grands efforts intellectuels de grands petits hommes.
Ces grands petits hommes sont issus de « ton » milieu,
ils n’ont pas grandi dans des palais ou des châteaux.
(…)
Tes maîtres (…) t’ont dit de mille manières :
Tu es un être inférieur sans responsabilité, et tu le demeureras.
Et tu les appelles « Sauveurs », « Nouveaux libérateurs »,
et tu t’égosilles en hurlant « heil, heil », et « viva, viva ».




C’est pourquoi j’ai peur de toi, petit homme, une peur mortelle !
Car c’est de toi que dépend le sort de l’humanité.


Et j’ai peur parce que tu ne fuis rien autant que toi-même.
Ce n’est pas ta faute.
Mais il ne tient qu’à toi de te débarrasser de ton mal.
(…)
Aucune force de police au monde ne serait assez puissante pour te supprimer
s’il y avait, dans ta vie quotidienne, seulement une étincelle de respect de toi-même,
si tu avais la conviction intime que sans toi, la vie ne continuerait pas un seul jour.
(…)
Il faut que tu comprennes que tu as fait de tes petits hommes tes oppresseurs,
que tu as martyrisé les grands hommes authentiques ;
que tu les as crucifiés, assassinés et laissé mourir de faim ;
que tu n’as pas accordé une seule pensée à leur personne
et à la peine qu’ils se sont donnée pour toi ;
que tu n’as pas la moindre idée à qui tu dois les réalisations de ta vie.




Névrosés, nous sommes malades émotionnellement :

J’ai appris que c’est ta maladie émotionnelle
et non une puissance externe
qui t’opprime à toute heure de la journée, (…)


Tes oppresseurs se recrutent dans tes « propres rangs »,
alors qu’ils provenaient naguère des couches supérieures de la société.
Ils sont même plus petits que toi, petit homme.
Car il faut une bonne dose de bassesse pour connaître d’expérience ta misère
et pour s’en servir ensuite pour « mieux t’exploiter et mieux t’opprimer ».




Si, petit homme, tu étais par hasard psychiatre, (…),
tu ferais de tous les grands hommes des sortes de criminels
ou des quasi-criminels ayant mal tourné, ou des psychopathes.


Car le grand homme se distingue en ceci de toi
qu’il ne considère pas comme le but suprême de la vie d’amasser de l’argent,
de marier ses filles à des hommes d’un haut rang social,
de faire carrière dans la politique ou d’obtenir des titres universitaires.
(…)
Tu te permets, petit homme, aveuglé par ta dégénérescence incommensurable,
d’appeler « anormal » un homme franc et simple,
parce que tu te prends pour le prototype de l’homme normal,
pour l’« homo normalis ». Tu lui appliques les critères
de tes misérables « normes » et tu conclus qu’il en dévie.


Qui a fait de lui (le grand homme « peu sociable ») ce qu’il semble être
après des décennies de souffrances indicibles ?
« Toi », ta légèreté, ton étroitesse d’esprit, tes faux raisonnements,
tes « axiomes inébranlables » qui ne résistent pas à dix années d’évolution sociale.


(…) c’est toi le « peuple », l’« opinion publique », la « conscience sociale ».
(…)
Est-ce que tu t’es jamais demandé si ton raisonnement tient debout,
s’il résiste à une étude sérieuse, fondée sur des faits sociaux permanents,
sur la nature, (…) ?
Non, tu ne t’es jamais posé la question de savoir si tes idées sont vraiment fondées.
Tu as préféré écouter l’avis de ton voisin,
ou te demander si ton honnêteté allait te coûter de l’argent.
Voilà, petit homme, le genre de questions que tu t’es posées.



Tu as tout oublié (de tes vilenies).
Mais c’est le propre du grand homme de ne pas oublier (…)
Mais crois-moi : si tu fais souffrir cent, mille, un million de fois,
si tu infliges des blessures inguérissables – même si l’instant d’après tu n’y songes plus –
le grand homme souffre à ta place, (…)


Il aimerait savoir ce qui te pousse à faire certaines choses ;
à salir un conjoint qui t’a déçu,
à tourmenter un enfant qui déplaît à un méchant voisin,
à railler ou à exploiter une personne aimable,
à prendre où l’on donne,
à donner où l’on exige,
mais à ne jamais donner là où l’on te donne avec amour ;
à donner le coup de pied de l’âne à l’homme qui tombe ou qui est sur le point de tomber ;
à mentir quand il faudrait dire la vérité,
à persécuter toujours la vérité et non le mensonge.
Tu es toujours du côté des persécuteurs, petit homme !



Dans le secret de ton âme, tu te méprises,
même – et surtout – quand tu te drapes dans ta dignité ;
et comme tu te méprises tu es incapable de respecter ton ami.
Tu ne peux pas croire que quelqu’un qui s’est assis à la même table que toi,
qui a a habité la même maison, soit capable d’accomplir de grandes choses.
(…)
Près de toi, petit homme, il n’est pas facile de penser.
Il est possible de réfléchir « sur toi », mais non de réfléchir « avec toi ».
Car tu étrangles toute pensée vraiment novatrice.
Comme mère tu dis à ton fils qui explore le monde : « Ce n’est pas pour les enfants ! »
Comme professeur de biologie, tu dis : « Les étudiants sérieux
ne se préoccupent pas de telles choses ! » (…)
Comme maître d’école tu dis : « Les enfants doivent se tenir tranquilles,
ils n’ont pas d’avis à donner ! »
Comme épouse tu dis : « Une découverte ? Tu as fait une découverte ?
Pourquoi ne vas-tu pas gagner ta vie honnêtement dans un bureau, comme les autres ? »



Je vais te dire quelque chose, petit homme : tu as perdu le sens
de ce qu’il y a de meilleur en toi. Tu l’as étranglé.
Tu l’assassines partout où tu le trouves dans les autres,
dans tes enfants, dans ta femme, dans ton mari,(…)
Tu es petit et tu veux rester petit.
(…)
Je sais combien la droiture te répugne,
je connais la terreur qui te frappe
quand on te demande de suivre ta vraie et authentique nature.
 

Il ressort de ce propos le défaut d’identification :

Je voudrais que tu cesses d’être un Untermensch et que tu deviennes toi-même.
Que tu ne t’identifies plus au journal que tu lis, aux opinons de ton méchant voisin.
(…)
Si on te place devant le choix d’aller dans une bibliothèque
ou d’assister à une rixe, tu choisiras infailliblement la rixe.


Tu cherches le bonheur, mais tu préfères ta sécurité,
même au prix de ta colonne vertébrale, même au prix de ta vie.




Concernant les publicités et les propagandes :

Tu ne te rends pas compte de la stupidité incommensurable
et du goût détestable de ces choses destinées à capter « ton » attention.

As-tu jamais prêté l’oreille aux plaisanteries que l’animateur
d’un club de nuit fait sur ton compte, sur lui-même, sur le monde rétréci et misérable ?

Écoute la publicité sur un laxatif et tu sauras qui tu es et comment tu es.

Pourquoi se moque-t-on de toi, petit homme, depuis des siècles (…) ?
Avec une grande précision, ta pensée passe toujours à côté de la vérité
comme un tireur facétieux manque toujours d’un cheveu le centre de la cible. (…)
Ton raisonnement ressemble à celui-ci : « C’est la faute des Juifs ! »
(…)
Ainsi, tu radotes, petit homme.
Par ton radotage, tu mets sur pied des unités armées qui exterminent
dix millions de Juifs alors que tu ne sais même pas ce que c’est qu’un « Juif ».
Voilà pourquoi on se moque de toi, (…)
Quand tu parles du « Juif » tu te sens un être « supérieur ».
Et tu recours à ce subterfuge parce qu’en réalité tu te sens minable.
Et tu te sens si minable,
parce que tu es toi-même ce que tu tues dans le prétendu « Juif ».
Voilà une petite parcelle de la vérité sur toi, petit homme !



Du pouvoir de l’émotion et de l’enrichissement mutuel au travers des interactions :

Tu ignores l’amour.
(…)
Tu ne sens pas l’enfant dans tes bras
et tu le traites comme un chiot qu’on peut frapper à loisir.

Tu as confondu les « conditions économiques » de la joie de vivre et d’aimer
avec une « machinerie »,
la libération des êtres humains avec la grandeur de l’État ;
le désir de sacrifice avec la « discipline » stupide du parti ;
la montée des masses avec une parade militaire ;
l’émancipation de l’amour avec le viol de chaque femme (…) ;
l’élimination de la pauvreté avec l’extermination des pauvres,
des faibles, des êtres désarmés ;
l’éducation avec la « pépinière de patriotes » ; (…)

« Tu dévores ton bonheur ! »
Tu n’as jamais connu le bonheur en toute liberté.
(…)
On t’empêche d’apprendre comment on préserve son bonheur,
comment on le soigne, comme le jardinier soigne les fleurs, le paysan la moisson.
(…)
Tu ne viens jamais prêter main forte à ton sauveur. Sais-tu pourquoi ?
D’abord parce que le chercheur n’a rien d’autre à offrir que des « idées ».
Pas de bénéfices, pas d’augmentations de salaire, pas de convention salariale,
pas de prime de fin d’année, pas de vie confortable.
Tout ce qu’il sait donner, c’est des soucis,
or, tu ne te soucies pas des soucis, tu as assez de soucis !
(…)
S’il (le chercheur-sauveur) fait tout cela c’est parce que ses fonctions vitales l’y poussent.
Il laisse aux leaders politiques et aux hommes d’Église le soin de s’occuper de toi
et de te plaindre. Son seul souci est de te rendre capable « de te tirer d’affaire toi-même ».
Mais tu ne te borne pas à une attitude passive ; tu le molestes et tu craches. (…)
Pour toi, ton prestige professionnel, ton compte en banque,
tes intérêts dans l’industrie du radium sont plus importants
que la vérité et la recherche. Voilà pourquoi tu es petit et misérable, petit homme.


« Pour posséder le bonheur, il faut travailler, il faut le mériter. »
Toi, tu ne songes qu’à dévorer ton bonheur ;
c’est pourquoi il t’échappe ; il ne tient pas à être dévoré par toi.
(…)

Il est vrai que tu tiens à avoir des « génies » et à les honorer.
Mais tes génies doivent être de « bons » génies, des génies pondérés et officiels,
sans idées démesurées – bref des génies « convenables, braves, conciliants » –
et non des génies fougueux et indomptables qui renversent toutes les barrières,
tous les obstacles. Tu rêves de génies bornés, aux ailes rognées, à l’allure civilisée,
que tu puisses promener sans rougir en triomphe par les rues de ta ville.


Tu es incapable d’évoluer, de concevoir une pensée nouvelle,
car tu n’as jamais rien donné,
mais fait que prendre ce que d’autres t’ont présenté sur un plateau d’argent.
(…)
(…) tu es saisi de panique quand tu sens le mouvement originel de l’AMOUR
ou du DON de toi. C’est pourquoi tu as « peur de donner ».

Ton geste d’accaparer n’a qu’une seule signification fondamentale :
tu es forcé de te gorger de nourriture, d’argent, (…), car tu te sens vide,
affamé, malheureux, sans connaissances authentiques
et sans le vrais désir de savoir.
C’est pourquoi tu prends la fuite devant la vérité, petit homme.
Car tu as peur qu’elle ne déclenche en toi un réflexe d’amour.
Elle te montrerait inévitablement ce que je suis en train de te démontrer.
C’est cela que tu veux éviter, petit homme.
Tu ne désires être qu’un consommateur et un patriote.


(…) la démonstration de ta constipation psychique.

Regarde un peu tes patriotes !
Ils n’avancent pas, ils marchent au pas.
Ils ne détestent pas l’ennemi mais ils ont des « ennemis héréditaires »
qu’ils remplacent tous les dix ou douze ans par d’autres ;
ils en font leurs « amis héréditaires » et puis, après un certain temps,
de nouveau leurs « ennemis héréditaires ».
Ils ne chantent pas des chansons mais des hymnes de guerre.
Ils n’étreignent pas leurs femmes, ils les « baisent » (…)

L’amour, le travail, la connaissance n’ont pas de patrie,
pas de tarifs douaniers, pas d’uniformes.
Ils sont internationaux, universels, et tout le monde les comprend.
(…)
Tu voles le bonheur comme un cambrioleur, la nuit ;
tu ne peux voir sans jalousie le bonheur des autres.


Si tu es par hasard un représentant du Ministère public,
c’est ton dernier souci de protéger la loi ou le citoyen ;
ce que tu cherches c’est un « cas » te permettant de prendre de l’avancement.
Voilà à quoi rêve un petit procureur de la République !


Mettez un casque, Mesdames, j'espère que vous êtes assurées tous risques,
on ne sait jamais avec cet empêcheur de tourner en rond :

Et toi, petite femme, (…)
Je te reproche de faire une vertu de ta laideur et de ton inaptitude à l’amour,
d’étouffer, poussée par ton amertume et par ta haine, tout amour dans les enfants,
si par hasard tu travailles dans une « école moderne » ;
c’est là ton crime, vilaine petite femme !

Ton existence est nuisible, parce que tu aliènes des enfants bien portants
à leurs pères bien portants,
parce que tu considères comme un symptôme pathologique l’amour enfantin.



Et toi, petit homme, tu es ce que tu es, tu vis comme tu vis,
tu penses comme tu penses, tu habites un monde comme le tien,
parce que tu permets à une telle femme de s’occuper de tes enfants bien portants,
de baver son amertume et son poison sur leurs âmes bien portantes.




Une histoire, une métaphore :

Sais-tu, petit homme, ce que ressent un aigle qui a couvé des œufs de poule ?
Tout d’abord, il pense qu’il va faire éclore de petits aigles qu’il élèvera
et dont il fera de grands aigles.
Mais les petits aigles se révèlent bientôt de petits poussins.
L’aigle, désespéré, veut néanmoins en faire des aigles.
Mais il ne voit autour de lui que des poules qui caquettent.
Alors, l’aigle a beaucoup de peine à réprimer son désir de dévorer tous ces poussins,
toutes ces poules. Ce qui le retient, c’est le faible espoir que parmi tous ces poussins
se trouvera peut-être un petit aigle qui, en grandissant,
deviendra un grand aigle comme lui-même, explorant à partir de son aire
de nouveaux mondes, de nouvelles idées, de nouvelles formes de vie.
C’est ce faible espoir qui empêche l’aigle triste et solitaire
de dévorer les poussins et les poules.
Mais ces derniers ne se rendent même pas compte que c’est un aigle qui les élève.
Ils ne remarquent même pas qu’il vit sur une aiguille de rocher,
au-dessus des vallées brumeuses et sombres.
Ils se contentent de manger ce que l’aigle leur apporte au nid.
Ils se réchauffent et se mettent à l’abri sous ses ailes chaudes
quand sévissent l’orage et la tempête qu’il brave sans la moindre protection.
Quand l’ouragan souffle trop fort, ils se sauvent
et lui lancent de loin de petits cailloux aigus pour le blesser.
Quand l’aigle voit cette méchanceté, son premier réflexe est de les anéantir.
Mais en réfléchissant il finit par les prendre en pitié.
Il ne perd pas l’espoir que parmi les poussins caquetants,
picotants et myopes, il se trouvera un petit aigle capable
de devenir un jour un grand aigle comme lui.
L’aigle solitaire n’a jamais abandonné cet espoir.
Et il continue de couver de petits poussins.

Tu refuses d’être un aigle, petit homme,
c’est pourquoi tu es la proie des vautours.
Tu as peur des aigles, tu préfères le grand troupeau ;
c’est pourquoi tu te fais manger avec le grand troupeau.
Car quelques-unes de tes poules ont couvé des œufs de vautour.
Les vautours deviennent tes Führer s’acharnant contre les aigles
qui voulaient te conduire vers un avenir meilleur.
Les vautours t’apprennent à te contenter de charognes
et de quelques rares grains de blé.
(…)

Tu as construit ta maison sur le sable
et tu agis ainsi parce que tu es incapable de sentir la vie en toi,
parce que tu tues l’amour dans chaque enfant avant même qu’il naisse ;
parce que tu ne supportes aucune manifestation de la vie,
aucun mouvement libre et naturel.
Tu t’effraies et tu demandes : « Que dira Madame Jones, qui dira Monsieur Meier ?


On respire, plusieurs fois...

Lire attentivement ce qui suit :

Tu n’as pas le courage de penser, petit homme,
parce que toute pensée réelle s’accompagne de sensations somatiques
et que tu as peur de ton corps.

Beaucoup de grands hommes t’ont dit :
Retourne à tes origines,

écoute la voix qui parle au fond de toi-même,
suis tes sensations authentiques, aime l’amour !
(…)
C’est parce que tu rejettes ta responsabilité
que ta maison est construite sur du sable.
Le plafond s’écroule, mais tu as ton « honneur de prolétaire »
ou ton « honneur national ».
(…) ton enfant est sur le point de se noyer,
mais tu continues à préconiser la manière forte en matière d’éducation.



Pendant des siècles, tu verseras du sang là où il faudrait protéger la vie,
et tu t’imagineras que tu instaures la liberté en te faisant aider par tes bourreaux ;
par conséquent, tu ne sortiras jamais du bourbier.
(…)

Car tu as peur de la vie, petit homme, très peur.
Tu l’assassineras au nom du « socialisme, de l’État, (…), de la « gloire de Dieu ».


Mais il y a une chose que tu ne sauras pas, que tu ne voudras pas savoir :
« que tu es le propre artisan de ton malheur, que tu le produis tous les jours,
que tu ne comprends pas tes enfants, que tu leur brises les reins
avant même qu’ils aient la force de se tenir debout ;
que tu voles l’amour ;
que tu prends un chien pour être toi aussi le « maître » de quelqu’un ».
(…)
Tu es d’avis que la fin justifie les moyens, même les moyens les plus infâmes.
Tu as tort : « la fin est contenue dans la route qui y mène.
Chacun de tes pas d’aujourd’hui est ta vie de demain. »
(…)
« Tu voles là où l’on donne,
tu donnes là où l’on vole. »
(…)
Tu veux attaquer sans t’exposer toi-même aux attaques des autres.
C’est pourquoi tu te tiens toujours en embuscade.
(…)
« La culture humaine n’a pas encore vu le jour, petit homme ! »
(…)
Tes perspectives sont infiniment trop petites, petit homme,
tu ne vois pas plus loin que du petit déjeuner au déjeuner.
(…)
Tu devras apprendre à penser en fonction de la vie (…)

Tu n’as même pas gardé le souvenir d’événements qui se sont passés il y a dix ou vingt ans,
et tu répètes les mêmes âneries que les hommes ont débitées il y a deux mille ans et davantage.
Pis, tu t’accroches à des insanités telles que « race », « classe », « nation »,
« contrainte religieuse », « interdiction d’aimer », comme un pou s’accroche à une fourrure.


Tu n’oses pas mesurer du regard la profondeur de ta misère.
(…)
Comme tu menaces toute vie,
comme il est impossible de s’en tenir en ta présence à la vérité
sans recevoir un couteau dans le dos ou de la merde dans la figure, j’ai pris mes distances.



Les méthodes pour diffuser la peste émotionnelle (il est important de comprendre,
afin de déjouer cette maladie, de déraciner ce mal) :


(…) nous avons fini par démasquer les méthodes de la peste émotionnelle.
Elle accuse la Pologne de faire des préparatifs de guerre
quand elle est sur le point de l’attaquer.
Elle attribue au rival des intentions meurtrières quand elle s’apprête à l’assassiner.
Elle reproche à la vie saine des perversions sexuelles
quand elle a l’intention de se livrer à quelque projet pornographique.
(…)
Tu te souviens sans doute du jour, petite femme,
où tu te tenais dans mon cabinet de consultation,
pleine de haine pour l’homme qui t’avait quittée.
Pendant des années, tu l’avais écrasé sous ton talon,
avec ta mère, tes tantes, tes petits-neveux, tes cousins,
mais il avait commencé à se rétrécir, car il t’entretenait, toi et toute ta parentaille. (…)
Tout ce que tu voulais c’était être entretenue par l’homme que tu détestais,
bien que tu aies un métier (…)
Tu ne sais pas que tu représentes un « certain type »,
qu’il existe des millions de femmes de ton espèce qui ruinent le monde.
Oui, oui, je sais : tu es « faible », « esseulée », trop liée à ta mère,
« désarmée devant la vie »,
tu détestes même ta haine,
tu vis en conflit avec toi-même,
tu es désespérée.
C’est pourquoi tu ruines la vie de ton mari, petite femme !
Tu te laisses emporter par le courant de la vie, telle qu’elle est aujourd’hui.



« Si vous aviez été capables de donner une seule fois votre amour à un homme »,
vous auriez sauvé la vie à plus d’un Nègre, à plus d’un Juif, (…)
(…)
Tu es malheureuse, pauvre petite femme,
parce que tes fils vont au-devant du désastre, tes filles se débauchent,
tes maris se dessèchent, ta vie pourrit avec tes tissus.
(…)

Tu veux continuer de jouer ton rôle de délateur et de dénonciateur,
de faire jeter en prison ton voisin innocent parce qu’il ne vit pas comme toi,
parce qu’il ne te salue pas assez bas.
(…)
Et la brave ménagère qui paie aussi ses impôts lance une pétition
contre le maître de la vérité (…)
Tu es plus puissante que quatre mille années de philosophie de la nature,
petite ménagère honnête, génitrice de patriotes !
Mais on commence à percer tes agissements, et ton règne prendra bientôt fin.



Faire tourner le monde dans le bon sens :

Est-ce que tu as déjà vu une punaise, petit homme,
à la lumière d’une aurore boréale ? (…)
Un jour, il y aura des lois sévères contre les punaises humaines,
« des lois protégeant la vérité et l’amour ».
Tout comme tu envoies aujourd’hui les jeunes gens amoureux dans une maison de redressement,
on t’enverra dans une maison spécialisée si tu salis la réputation d’un honnête homme.

Il y aura des juges et un Ministère public
qui ne se contenteront pas d’un simulacre de justice,
mais qui administreront une justice authentique et humaine.
« Il y aura des lois sévères pour la protection de la vie »
auxquelles tu devras te conformer même si tu les détestes.

Je sais que pendant les trois, cinq ou dix siècles à venir,
tu continueras à répandre la peste émotionnelle,
la calomnie, l’intrigue, la diplomatie, l’inquisition.
Mais un jour, tu seras vaincu par ton propre sens de l’honnêteté qui,
actuellement, est si profondément enfoui dans ton être que tu ne peux y accéder.

Je te le dis : aucun empereur, aucun tsar, aucun Père de tous les prolétaires
n’a pu te vaincre. Tout ce qu’ils ont pu faire, c’est te réduire en esclavage ;
ils n’ont pu te libérer de ta mesquinerie.
« Mais c’est ton sens de la propreté, ta nostalgie de la vie, qui auront raison de toi ».
(…)
Débarrassé de ta petitesse et de ta mesquinerie, tu te mettras à « penser ».
(…)
Tu as une peur mortelle de ta profondeur, c’est pourquoi tu ne la sens ni ne la vois.
C’est pourquoi tu es pris de vertige et tu chancelles comme au bord d’un abîme,
quand tu aperçois ta propre profondeur.
Tu as peur de tomber et de perdre ainsi ton « individualité »
si jamais tu obéis aux pulsions de ta nature.
Quand, avec la meilleure bonne foi, tu tentes de parvenir à toi-même,
tu ne trouves jamais que le petit homme cruel, envieux, goulu, voleur.
(…)
C’est cette profondeur en toi qui est ton avenir.
(…)
Tu es grand, petit homme, quand tu exerces amoureusement ton métier,
quand tu t’adonnes avec joie à la sculpture, à l’architecture, (…) ;
tu es grand quand tu trouves ton plaisir dans le ciel bleu,
dans le chevreuil, dans la rosée, dans la musique, dans la danse,
quand  tu admires tes enfants qui grandissent,
la beauté du corps de ta femme ou de ton mari ; (…) ;
quand tu lis ce que d’autres hommes et femmes ont écrit sur la vie.
Tu es grand quand, grand-père, tu berces ton petit-enfant sur tes genoux
et lui parles des temps passés, quand tu regardes l’avenir incertain
avec une confiance et une curiosité enfantines.
Tu es grande, petite femme, quand, jeune mère,
tu chantes une berceuse à ton nouveau-né, quand, les larmes aux yeux,
tu formules au fond de ton cœur des vœux pour son avenir,
quand tu édifies cet avenir, jour après jour, (…)



W. Reich parle de ses recherches, celles qui lui ont valu la prison (!) :

J’ai découvert que ton esprit est une fonction de ton énergie vitale,
en d’autres termes qu’il y a unité entre le corps et l’âme.

Je me suis rué dans cette brèche, et j’ai pu montrer que
tu projettes ton énergie vitale quand tu te sens bien et quand tu aimes,
que tu la rétractes vers le centre de ton corps quand tu as peur.

Pendant quinze ans tu as jeté le voile du silence sur ces découvertes.
Mais j’ai poursuivi mon travail dans la même direction
et j’ai découvert que l’énergie vitale,
à laquelle j’ai donné le nom d’« orgone »,

existe aussi dans l’atmosphère.
J’ai réussi à la voir

et j’ai inventé des appareils pour l’agrandir et la rendre visible.


"Ils" ont cru te tuer en espérant que tes découvertes disparaîtraient ;
ils ont détruit ton corps, ce qui est l’unique chose qu’ils savent bien faire,
ces salopards prétentieux qui n’osent pas se regarder dans le miroir.

Ce que tu as donné au monde, Wilhelm Reich, jamais ils ne pourront l’anéantir.
Ils ne l’ont pas encore compris, alors ils continuent de tuer, brider, malmener,
emprisonner, corrompre le vivant et les véritables innovations bienfaisantes…

Peut-on assassiner le lumineux et le vivant ?