samedi 30 décembre 2017

La sagesse de l'instant

La sagesse n’est pas un point fixe.
Il n’y a pas d’endroit, un lieu, où chercher la sagesse.

On n’est pas sage une fois pour toute.
Voilà, je suis sage et mourrai sage
(sauf si les transhumanistes m’en empêchent)
.

On ne peut évaluer s’il y a sagesse qu’au fur et à mesure des événements.

vendredi 29 décembre 2017

À propos de la sexualité

De mon vécu (je m’adresse aux éventuels jeunes gens),
les rapports sexuels ne sont bons, épanouissants,
que lorsque les personnes échangent vraiment des sentiments,
ou qu’elles partagent leurs désirs avec attention et écoute de l’autre.
Je parle d’un réel désir de partager, de donner de soi en quelque sorte,
et de savoir apprécier le don de l’autre, même dans le cadre d’un unique rapport.

mercredi 27 décembre 2017

Pour bientôt le divorce ?

Dans une relation de couple,
le pire consiste à ne plus avoir confiance en son conjoint.
Tromperie, trahison, mensonges, non-dits et secret(s),
fuir la confrontation, un dialogue constructif,
manque de négociation, disputes,
tensions et brutalités, etc.
Déception, désillusion,
envie de divorce,
souffrance.

mardi 26 décembre 2017

Récapitulatif et rappel de soi (G X)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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À ce moment du livre, P. D. Ouspensky fait le point
concernant ce qu’il apprend auprès de G. I. Gurdjieff :
Le premier (point) était la possibilité d’un changement de soi,
à savoir que l’homme, dès qu’il se met à s’observer « de la bonne manière »,
commence par là même à changer

(…)
J’étais très intéressé par sa description des rapports
entre les fonctions motrices et instinctives (…)
Il ressortait de ce qu’il disait que ces termes ne pouvaient s’appliquer de droit
qu’aux fonctions « internes » de l’organisme.
Respiration, circulation du sang, digestion – telles étaient « les fonctions instinctives ».
 
Les seules fonctions externes appartenant à cette catégorie étaient les « réflexes ». 
La différence entre les fonctions instinctives et motrices était la suivante :
les fonctions motrices de l’homme, (…), « doivent être apprises » ;
mais les fonctions instinctives sont innées.
(…)
L’une des principales propriétés du centre moteur, c’est sa capacité d’imiter.
Le centre moteur imite ce qu’il voit sans raisonner.
(…)
Ainsi, bien des choses s’étaient éclairées pour moi
à l’idée que chaque centre n’est pas seulement une force d’impulsion,
mais aussi un "appareil récepteur" travaillant à capter des influences différentes
et quelquefois très éloignées. (…)

Dialogue entre P. D. Ouspensky et G. I. Gurdjieff,
d’abord sur ce que Ouspensky vient de récapituler (ci-dessus) :
- Les fonctions instinctives et motrices peuvent-elles être gouvernées
par deux centres distincts ? demandai-je un jour à G.
- Oui, dit-il (Gurdjieff), et il faut leur ajouter le centre sexuel.
Ce sont les trois centres de l’étage inférieur.
Le centre sexuel joue le rôle de centre neutralisant
par rapport aux centres instinctif et moteur.
L’étage inférieur peut exister par lui-même,
parce qu’en lui les trois centres sont les conducteurs des trois forces.
 
Les centres intellectuel et émotionnel ne sont pas indispensables à la vie.
(…)
(...) pour plus de commodités dans le raisonnement, et surtout au début,
lorsque c’est l’explication des principes qui compte le plus,
nous les considérons comme un seul centre,
comportant différentes fonctions qui travaillent sur le même niveau.
 
Les centres intellectuel, émotionnel et moteur, travaillent sur différents niveaux.
Les centres moteur et instinctif – sur un même niveau.

Précisions concernant la conscience (de soi et du monde), par G. I. Gurdjieff :
(…) vous ne « pouvez connaître » la conscience qu’en vous-même.
Mais notez-le bien, vous ne pouvez la connaître que lorsque vous l’avez.
Et quand vous ne l’avez pas, vous ne pouvez pas reconnaître, au moment même,
que vous ne l’avez pas – c’est seulement plus tard que vous pourrez le faire.
Je veux dire que, lorsqu’elle reviendra,
vous pourrez voir qu’elle a été absente pendant longtemps,
et vous rappeler le moment où elle a disparu et celui où elle est réapparue.
Vous pourrez aussi déterminer les moments
où vous êtes plus près ou plus loin de la conscience.
Mais en observant en vous-même les apparitions et les disparitions de la conscience,
vous verrez inévitablement un fait que vous ne voyez jamais,
dont vous ne vous étiez jamais rendu compte,
c’est que les moments de conscience sont très courts,
et séparés les uns des autres par de longs intervalles de complète inconscience,
pendant lesquels votre machine travaille automatiquement.
 
Vous verrez que vous pouvez penser, sentir, agir, parler, travailler,
« sans en être conscient ».
 
Et si vous apprenez à « voir » en vous-même les moments de conscience
et les longues périodes de mécanicité,
vous verrez avec la même certitude chez les autres à quels moment
ils sont conscients de ce qu’ils font et à quels moments ils ne le sont pas.
 
Votre erreur principale est de croire que « vous avez toujours la conscience »,
de croire, en général, que la conscience est « toujours présente »,
ou qu’elle n’est « jamais présente ».
(…)
Et il y a différents degrés, différents niveaux de conscience.

Important, pour apprendre à se connaître G. I. Gurdjieff ajoute et résume :
(…) vous vous oubliez toujours,
vous ne « vous souvenez jamais de vous-mêmes ».
 
Vous ne vous sentez pas « vous-mêmes » :
vous n’êtes pas conscients de « vous-mêmes ».
 
En vous, "ça parle", "ça pense", "ça rit" ;
vous ne sentez pas : "c’est « moi » qui observe,
« j »’observe, « je » remarque, « je » vois.
 
Tout « se » remarque tout seul, « se » voit tout seul… 
Pour arriver à vraiment s’observer,
il faut tout d’abord « se rappeler soi-même ».
Essayez de vous rappeler vous-mêmes lorsque vous vous observez,
et plus tard vous me direz ce qui s’est passé, quel en a été le résultat.
 
Seuls les résultats obtenus pendant le rappel de soi ont une valeur.
Autrement, vous n’« êtes » pas dans vos observations.
Et en ce cas-là, quelle peut être leur valeur ?


samedi 23 décembre 2017

Intelligence, à quoi ça sert ?

Je rebondis sur l’entretien de Hubert Reeves avec Reporterre.
En bref, il dit que l’animal humain n’a pas de prédateur, plus de menace ;
que dorénavant ce qui le met en danger sont ses inventions et excès.
« Money, money », cupidité, etc.

Il constate que l’animal humain est puissant car intelligent.

Pour survivre
(vivre en répondant aux besoins fondamentaux comme
boire, manger, dormir en sécurité et au chaud en hiver),
il n’est pas nécessaire de connaître « la loi de la relativité ».

jeudi 21 décembre 2017

Rave, rêve de transe


Rave-party,
danser jusqu’à plonger dans un état de transe,
stimulé par une musique électro hyper répétitive.

mercredi 20 décembre 2017

La contrariété du civilisé

On aimerait tant n’être qu’entre civilisés,
surtout à cette époque de l’année.

Ça fout mauvaise conscience de fêter la consommation
en pensant aux enfants des pays en guerre,
et aux affamés, aux exploités, etc.

On aimerait tellement n’être, et naître, que gentil.
Mais…,
il y a plusieurs mais.

lundi 18 décembre 2017

Santa Claus never dies



Cette année, un spécial Noël américain,
parce que les européens le valent bien.

Sponsorisés par Starboost,
Memphis reste au rang,
Mac Dominant,
and more.


Noël,
fête du mensonge,
des déments songes.





dimanche 17 décembre 2017

1945, fini ?

Plusieurs chanteurs parlent de « fascisme »,
de démocratie fasciste par exemple.

Concernant notre soi-disant démocratie,
cela fait des années que j’en suis venu à penser que c’est un leurre
derrière lequel se dissimule une volonté de contrôle inquiétante.
Démocratie, tant qu’on est d’accord et qu’on suit le mouvement ;
car autrement…

vendredi 15 décembre 2017

Anges et elfes, positifs et courtois

Lorsque cet article est paru, en 2014,
je me suis attiré quelques inimitiés…


Dis ce que tu penses, bouscules les croyances,
tes détracteurs et ennemis se révéleront.

Dis ta vérité, et tombent les masques.

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Rêves d’adultes ?

À quoi rêvent les adultes en ce début du XXIème siècle ?

jeudi 14 décembre 2017

Tarot, Gurdjieff et Nietzsche

Introduction

Rappel⁹, pour apprendre à se connaître, à se comprendre soi-même :
(…) il est nécessaire de commencer par le commencement, c’est-à-dire de
s’observer soi-même comme si l’on ne se connaissait pas du tout,
comme si l’on ne s’était encore jamais observé.
– G. I. Gurdjieff

mercredi 13 décembre 2017

Connais-toi toi-même (G VIIII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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– Les trois préceptes du Temple d’Apollon de Delphes : 
Connais-toi toi-même.
Car alors tu connaîtras l’Univers et tu seras un des dieux.
Tout en égale modération et rien en excès déséquilibré.

Voici ce que disait G. I. Gurdjieff concernant la connaissance de soi,
ainsi que le moyen, la façon de procéder, pour apprendre à se comprendre :
L’homme ordinaire de notre temps,
même s’il s’intéresse à la philosophie ou aux sciences,
ne comprend pas que le principe "Connais-toi toi-même" se réfère
à la nécessité de connaître sa propre machine, la "machine humaine".
La structure de la machine est plus ou moins la même chez tous les hommes ;
c’est donc cette structure que l’homme doit étudier d’abord,
c’est-à-dire les fonctions et les lois de son organisme.
Dans la machine humaine tout est lié,
une chose dépend à ce point d’une autre,
qu’il est tout à fait impossible d’étudier une fonction quelconque,
sans étudier toutes les autres.
La connaissance d’une partie requiert la connaissance de l’ensemble.
(…)
L’étude de soi est le travail, ou la voie, qui conduit à la connaissance de soi.
(…)
La méthode fondamentale pour l’étude de soi est l’observation de soi.
Sans une observation de soi correctement conduite,
un homme ne comprendra jamais les connexions
et les correspondances des diverses fonctions de sa machine,
il ne comprendra jamais comment ni pourquoi, en lui, "tout arrive".
(…)
Ainsi pour observer les fonctions de la machine humaine,
il est nécessaire de les comprendre dans leurs divisions correctes,
et de pouvoir les définir exactement et aussitôt ;
de plus, la définition ne doit pas être verbale,
mais intérieure : par le goût, par la sensation, (…)
L’observation de soi, au commencement surtout,
ne doit sous aucun prétexte devenir analyse, ou tentatives d’analyse.
L’analyse n’est possible que beaucoup plus tard,
lorsqu’on connaît déjà toutes les fonctions de sa machine
et toutes les lois qui la gouvernent.
(…)
L’activité entière de la machine humaine est divisée
en quatre groupes de fonctions nettement définis.
Chacun est régi par son propre "cerveau" ou "centre".
En s’observant lui-même,
un homme doit différencier les quatre fonctions fondamentales de sa machine :
les fonctions intellectuelle, émotionnelle, motrice et instinctive.
Chaque phénomène qu’un homme observe en lui-même
se rapporte à l’une ou l’autre de ces fonctions.
C’est pourquoi, avant de commencer à observer,
un homme doit comprendre en quoi diffèrent les fonctions ;
ce que signifie l’activité intellectuelle,
ce que signifient l’activité émotionnelle,
l’activité motrice et l’activité instinctive.
(…) il est nécessaire de commencer par le commencement,
c’est-à-dire de s’observer soi-même comme si l’on ne se connaissait pas du tout,
comme si l’on ne s’était encore jamais observé.
Lorsqu’on commence à s’observer, on doit essayer aussitôt de déterminer
à quel centre appartiennent les phénomènes que l’on est en train d’observer.
(…)
On peut dire, en gros,
que la fonction du penser travaille toujours par comparaison.
Les conclusions intellectuelles sont toujours le résultat
de la comparaison de deux ou de plusieurs impressions.
La sensation et l’émotion ne raisonnent pas, elles ne comparent pas,
elles définissent seulement une impression donnée par son aspect,
son caractère plaisant ou déplaisant dans un sens ou dans un autre,
sa couleur, son goût ou son odeur.
En outre, les « sensations » peuvent être indifférentes :
ni chaud ni froid, ni plaisant ni déplaisant (…)
Dans la sensation du blanc et du rouge,
il n’y a rien de plaisant ni de déplaisant.
Du moins, rien de tel n’est nécessairement lié
à la sensation de l’une ou de l’autre de ces deux couleurs.
Ces sensations, qui procèdent de ce que l’on nomme les "cinq sens",
et les autres, comme la sensation du chaud, du froid, etc., sont instinctives.
(…)
Pour trouver la méthode discriminative,
nous devons comprendre que chaque fonction psychique normale
est un moyen ou un instrument de connaissance.
Avec l’aide du penser, nous voyons un aspect des choses et des événements,
avec l’aide des émotions un autre aspect,
avec l’aide des sensations un troisième aspect.
La connaissance la plus complète que nous puissions avoir d’un sujet donné
ne peut être obtenue que si nous l’examinons simultanément
à travers nos pensées, nos sentiments et nos sensations.
Tout homme qui s’efforce d’atteindre à la véritable connaissance
doit tendre vers la possibilité d’une telle perception.
Dans les conditions ordinaires,
l’homme voit le monde à travers une vitre déformée, inégale.
(…)
Toutes les fonctions sont interdépendantes et s’équilibrent l’une l’autre,
toutes les fonctions tendent à se maintenir l’une l’autre dans l’état où elles sont.
(…)
Chaque centre a sa mémoire propre, ses associations propres et son propre penser.
(…)
Chez un homme normal, bien portant, chaque centre fait son propre travail,
c’est-à-dire le travail auquel il est spécialement destiné
et qu’il est qualifié pour accomplir au mieux.
Il y a des situations dans la vie dont nous ne pouvons
nous tirer qu’avec l’aide de la pensée et d’elle seule.
Si, dans un tel moment,
le centre émotionnel commence à fonctionner à la place du centre intellectuel,
il n’en résultera qu’un embrouillamini général
et les conséquences d’une telle intervention seront des plus fâcheuses.
Chez un homme non équilibré, la substitution continuelle d’un centre à un autre
est précisément ce que l’on nomme "déséquilibre" ou "névrose".
Chaque centre tâche en quelque sorte de passer son travail à un autre et,
en même temps, il essaie de faire le travail d’un autre centre,
travail pour lequel il n’est pas fait.
Le centre émotionnel, lorsqu’il travaille pour le centre intellectuel,
apporte avec lui une nervosité, une fièvre et une hâte inutiles,
dans les situations où il faudrait au contraire un jugement
et une délibération calmes.
Le centre intellectuel, de son côté, lorsqu’il travaille pour le centre émotionnel,
se met à délibérer dans des situation qui exigent des décisions rapides
et il rend impossible de discerner les particularités
et les points délicats de la situation.
La pensée est trop lente.
Elle élabore un certain plan d’action et continue de le suivre
même lorsque les circonstances ont changé,
et qu’une tout autre sorte d’action est devenue nécessaire.
En certains cas, par ailleurs,
l’intervention du centre intellectuel donne naissance
à des réactions tout à fait fausses,
parce que le centre intellectuel est simplement incapable de comprendre
les nuances et les subtilités de nombreux événements.
Des situations qui sont entièrement différentes pour le centre moteur
et pour le centre émotionnel lui apparaissent identiques.
Ses décisions sont beaucoup trop générales et ne correspondent pas
à celles que le centre émotionnel aurait prises.
Cela devient parfaitement clair
lorsque nous nous représentons l’intervention de la pensée,
c’est-à-dire de l’esprit théorique,
dans les domaines du sentiment, ou de la sensation, ou du mouvement ;
en chacun de ces trois cas l’intervention de la pensée
conduit à des résultats tout à fait indésirables.
La pensée ne peut pas comprendre les nuances du sentiment.
Nous le saisirons parfaitement si nous imaginons un homme
raisonnant sur les émotions d’un autre. Comme il n’éprouve rien lui-même,
ce qu’éprouve l’autre n’existe pas pour lui.
« Un homme rassasié ne comprend pas un homme qui a faim ».
Mais pour celui-ci, sa faim « est bien réelle ».
Et les décisions du premier,
c’est-à-dire de la pensée, ne peuvent en aucun cas le satisfaire.
De même, la pensée ne peut pas apprécier les sensations.
Pour elle, ce sont choses mortes.
Quant aux mouvements, elle n’est pas davantage capable de les contrôler.
(…)
Quel que soit le travail qu’un homme ait à faire,
qu’il essaie donc de faire chacun de ses geste délibérément, avec sa pensée,
en suivant chaque mouvement,
et il verra que la qualité de son travail changera immédiatement.
S’il tape à la machine, ses doigts, commandés par son centre moteur,
trouvent d’eux-mêmes les lettres nécessaires,
mais s’il essaie de se demander avant chaque lettre : "Où est le C ?
Où est la virgule ? Comment épelle-t-on de ce mot ?",
il fait aussitôt des fautes ou se met à taper très lentement.
(…)
Le centre moteur, lorsqu’il fait le travail du centre intellectuel,
donne, comme résultat, la lecture mécanique ou l’audition mécanique,
celle d’un lecteur ou d’un auditeur qui ne perçoit que des mots,
et demeure entièrement inconscient de ce qu’il lit ou entend.
Cela arrive généralement lorsque l’attention,
c’est-à-dire la direction de l’activité du centre intellectuel,
est occupée par quelque chose d’autre,
et lorsque le centre moteur essaie de suppléer le centre intellectuel absent ;
mais cela devient très facilement une habitude,
parce que le centre intellectuel est généralement distrait
non par un travail utile, pensée ou contemplation,
mais simplement par la rêverie ou l’imagination.
(…)
L’observation de l’activité de l’imagination et de la rêverie
constitue une partie très importante de l’étude de soi.
Puis l’observation devra porter sur les habitudes en général.
Tout homme adulte est un tissu d’habitudes (…)
Aussi longtemps qu’un homme est gouverné par une habitude particulière,
il ne peut pas l’observer ; mais dès sa première tentative, si faible soit-elle,
de la combattre, il la sent et il la remarque.
C’est pourquoi, pour observer et étudier les habitudes,
il faut essayer de lutter contre elles.
Cela nous ouvre une voie pratique d’observation de soi.
(…)
La lutte contre l’expression des émotions désagréables n’est pas seulement
une excellente méthode pour l’observation de soi, elle a une autre signification.
C’est là une des rares directions dans lesquelles un homme peut se changer
ou changer ses habitudes sans en créer d’indésirables.
C’est pourquoi l’observation de soi et l’étude de soi doivent dès le début
s’accompagner d’un combat contre « l’expression des émotions désagréables ».
S’il suit toutes ces règles en s’observant lui-même (…)
il ressentira sa complète mécanicité.
Tout arrive, l’homme ne peut rien "faire".
Il est une machine commandée de l’extérieur par des chocs accidentels.
Chaque choc appelle à la surface un de ses "moi".
Un nouveau choc, et ce "moi" disparaît, un autre prend sa place.
Un autre petit changement dans le monde environnant,
et voilà encore un "moi" nouveau.
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Lien
* Tarot, Gurdjieff et Nietzsche
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dimanche 10 décembre 2017

Satana Sativa

(Etait paru sur l’ancienne plateforme)



Avec la boisson énergisante Cervofeucq
laissez vos collègues de travail sur le carreau,
et épatez vos chefs,
qui n’en reviendront pas de vos dynamisme et détermination.
Prime de fin d’année assurée. Soirées de folie à n’en plus finir.
Cervofeucq, les autres vont vous envier.



Je viens traiter un sujet très peu abordé : les méfaits du cannabis, chanvre, beuh.
(Je veux que mon blog fasse le buzz, or ce sujet semble une véritable mine d’or !)

samedi 9 décembre 2017

Dimension ésotérique

Concernant les connaissances, apprendre, il existe deux approches :
- l’exotérisme, l’enseignement public, les savoirs accessibles à tout le monde ;
- et l’ésotérisme, un enseignement ayant mauvaise presse,
servant à s’étudier soi-même et à mieux comprendre le monde.
Un exemple religieux pour bien comprendre ces deux approches complémentaires :
l’exotérique cherche à l’extérieur des démonstrations, preuves, manifestations, de Dieu,
alors que l’ésotérique les recherche à l’intérieur de lui-même.

jeudi 7 décembre 2017

But, devenir, altruisme (G VIII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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G. I. Gurdjieff répond aux questions de ses élèves.
Genre de question posée : « peut-on devenir immortel ? »

Remarque : un maître ne peut donner (de lui, de sa connaissance)
qu’en fonction de ce que peut recevoir son(es) élève,
ainsi que de la capacité à comprendre
et de la motivation de ce(s) dernier.

L’un des élèves a demandé à G. I. Gurdjieff « quel était le but de son enseignement » ?
(…) « l’enseignement même, il ne saurait avoir de but ».
Il ne fait qu’indiquer aux hommes le meilleur moyen d’atteindre leurs buts,
quels qu’ils soient.
 
La question des buts est primordiale.
Aussi longtemps qu’un homme n’a pas défini son propre but,
il n’est même pas capable de commencer à "faire". (…)
Avant toute chose, "faire" présuppose un but.
(…)
Je ne parlais pas du but de l’existence, dans un sens philosophique.
L’homme ne le connaît pas et ne peut pas le connaître,
aussi longtemps qu’il reste ce qu’il est.
Et d’abord parce que l’existence n’a pas un seul, mais de nombreux buts.
(…)
Je vous interrogeais sur votre but « personnel »,
sur ce que vous voulez atteindre (…)
P. D. Ouspensky formule son but : « vouloir connaître l’avenir ».
G. I. Gurdjieff de répondre :
Pour connaître l’avenir, il faut d’abord connaître dans tous leurs détails
le présent aussi bien que le passé.
Aujourd’hui est ce qu’il est parce qu’hier fut ce qu’il fut.
Et aujourd’hui est comme hier,
demain sera comme aujourd’hui.
 
Si vous voulez que demain soit différent,
vous devez rendre aujourd’hui différent.
 
Si aujourd’hui n’est qu’une conséquence d’hier,
demain à son tour ne sera qu’une conséquence d’aujourd’hui.
(…)
Ce qui arrive ou ce qui peut nous arriver
dépend de l’une ou l’autre de ces trois causes :
l’accident, le destin, ou notre propre volonté.
 
Tels que nous sommes,
nous nous trouvons presque entièrement sous la dépendance de l’accident.
Nous ne pouvons pas avoir de destin au sens vrai de ce mot,
pas plus que nous ne pouvons avoir de volonté.
Si nous avions la volonté, nous serions par cela seul capables de connaître l’avenir,
parce qu’il nous serait possible de construire notre avenir,
de le rendre tel que nous le voulons.
(…)
L’avenir ne peut être prédit que pour des « hommes ».
L’avenir ne peut pas être prédit pour des « machines folles ».
Leur direction change à tout moment.
À un moment donné, une machine de ce genre va dans une direction
et vous pouvez calculer l’endroit qu’elle peut atteindre,
mais cinq minutes plus tard elle se précipite
dans une direction complètement différente
et tous vos calculs s’avèrent faux.
(…)
Si un homme veut prévoir son propre avenir,
il doit avant tout se connaître lui-même.
 
Ensuite il verra si cela vaut la peine pour lui de connaître son avenir.
Parfois, peut-être, sera-t-il préférable pour lui de ne pas le connaître.
(…)
(…), il est indispensable d’"être".
Si un homme change à chaque minute,
s’il n’y a rien en lui qui puisse résister aux influences extérieures,
cela veut dire que rien en lui ne peut résister à la mort.
Mais s’il devient indépendant des influences extérieures,
s’il apparaît en lui "quelque chose" qui puisse vivre « par soi-même »,
ce "quelque chose" peut ne pas mourir.
 
Dans les circonstances ordinaires, nous mourons à chaque instant.
Les influences extérieures changent, et nous changeons avec elles ;
cela veut dire que beaucoup de nos "moi" meurent.
(…)
S’il devient le maître de sa vie, il peut devenir le maître de sa mort.


Un autre élève lui demande : « comment devenir un Chrétien ? »
(…) Pour être Chrétiens, nous devons être capables de "faire".
Nous ne pouvons pas "faire" ; avec nous, tout "arrive".
 
Le Christ dit : « Aimez vos ennemis », mais comment aimer nos ennemis,
quand nous ne pouvons même pas aimer nos amis ?
(…)
Et un homme ne peut pas désirer longtemps cette seule et même chose,
parce que soudain, au lieu de désirer être Chrétien,
il se souvient d’un tapis très beau mais très cher qu’il a vu dans un magasin.
Et au lieu de désirer être Chrétien,
il commence à penser au moyen d’acheter ce tapis,
en oubliant tout ce qui concerne le Christianisme.
Ou si quelqu’un d’autre se refuse à croire qu’il est un excellent Chrétien,
il sera prêt à le manger ou à le faire rôtir sur des charbons ardents.
 
Pour être Chrétien, il faut "être".
Être signifie : être maître de soi.


Concernant le but personnel, un autre élève suggéra :
« l’altruisme, aider les autres ».
G. I. Gurdjieff de prendre la parole :
L’amour de l’humanité, l’altruisme, ce sont de très jolis mots,
mais ils n’ont de sens que lorsqu’un homme est capable,
suivant son propre choix et sa propre décision,
d’aimer ou de ne pas aimer,
d’être un altruiste ou un égoïste.
Alors son choix a une valeur.
 
Mais s’il n’y a aucun choix, s’il ne peut pas faire autrement,
s’il est seulement ce que le hasard l’a fait ou est en train de le faire,
un altruiste aujourd’hui, un égoïste demain,
et de nouveau un altruiste après-demain,
quelle valeur cela peut-il avoir ?
 
Pour aider les autres, un homme doit apprendre d’abord à être un égoïste,
un égoïste conscient. Seul un égoïste conscient peut aider les autres. (…)


G. I. Gurdjieff de conclure, au sujet du « but personnel » :
Parmi les buts exprimés, le plus juste est sans conteste celui d’être « maître de soi »,
parce que, sans cela, rien d’autre n’est possible.
Et en comparaison de ce but, tous les autres ne sont que des rêves d’enfants, (…)





mercredi 6 décembre 2017

Rouge-gorge curieux

En cette forêt, parmi une multitude d’oiseaux,
évoluait un rouge-gorge qui était particulièrement curieux et observateur.

En devenant adulte, il constata que ses pairs, nés durant la même période,
se comportaient comme s’il n’y avait plus rien à apprendre,
comme si « ça y est » il savait tout ce qui était à connaître.

mardi 5 décembre 2017

Ère de l’intruisme

L’« intruisme » désigne, pour moi, une intrusion dans la sphère intérieure,
en ce que chacun de nous a de plus sacré : son intimité, son soi, son monde,
sa flamme et son élan, ses aspirations profondes, sa bulle-refuge, son Rêve…

lundi 4 décembre 2017

Un verre, pour noyer l'être


D’abord Dionysos, puis Bacchus.

Les Sumériens, puis les Babyloniens,
vouaient-ils un culte à l’ivresse et à l’exaltation ?

Et nous buvons, nous saoulant,
une génération après l’autre,
depuis plus de deux mille ans !

vendredi 1 décembre 2017

Le maître et son cocher (G VII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Poursuivons avec la métaphore du cocher.

Pour faciliter la compréhension :
le cocher symbolise l’humain commun, sa pensée,
avec ses « moi-je » changeant constamment selon ses humeurs (les divers clients),
le survenu extérieur, la météo, etc.

Le maître (en soi-même) symbolise un humain ayant développé
des capacités d’entendement supérieures (à la norme).


G. I. Gurdjieff rendait attentif au fait que l’humain peut développer
une capacité émotionnelle supérieure et,
grâce à l’évolution du sentiment,
développer parallèlement une capacité de raison supérieure.
Les capacités émotionnelle et intellectuelle supérieures forment le « quatrième corps ».

Un maître a développé, et fonctionne consciemment avec, ses quatre corps
(voir les schémas en deuxième partie, dans la version technique).


Voici une première version de la métaphore du cocher,
écrite par G. I. Gurdjieff, parue dans son livre « Récits de Belzebuth… » :
Une analogie pour éclairer la diversité d’origine et de nature
des personnalités de l’homme :
un équipage destiné au transport d’un passager,
et composé d’une voiture, d’un cheval et d’un cocher.
 
Il faut remarquer avant tout que
la différence entre un vrai homme et un pseudo-homme,
c’est-à-dire entre l’homme qui a son propre "Moi" et celui qui ne l’a pas,
est mise en évidence, dans cette comparaison, par le passager assis dans la voiture.
Dans le premier cas, celui du vrai homme, le passager est le maître ;
tandis que, dans le second, il n’est que le premier passant venu qui,
comme le client d’un "fiacre-taxi", change à tout instant.
 
Le corps physique de l’homme, avec toutes ses manifestations réflexomotrices,
correspond simplement à la voiture elle-même ;
l’ensemble de son fonctionnement et de ses manifestations du sentiment
correspond au cheval attelé à la voiture, et qui la tire ;
quant au cocher sur son siège, conduisant le cheval,
il représente ce que l’on nomme habituellement le conscient ou le penser ;
enfin, le passager assis dans la voiture, et qui commande au cocher,
est ce que l’on appelle le "Moi".
 
Tout le malheur des hommes (…) est que la quatrième personnalité (…) leur fait défaut ;
les trois personnalités s’étant formées toutes seules, et n’importe comment.
En d’autres termes, les hommes contemporains d’âge responsable
ne représentent rien de plus qu’un "fiacre-taxi", et dans quel état !...
une vieille rosse de cheval… et, sur le siège, un cocher en loques,
moitié endormi, moitié ivre, qui passe le temps
assigné par la Mère Nature pour le perfectionnement de soi
à attendre au coin des rues, perdu dans des rêveries fantastiques,
quelque passager d’occasion.
Le premier passant venu le hèle, le loue à l’heure, dispose de lui à son gré,
et non seulement de lui mais de toutes les parties de l’équipage qui lui sont soumises.
 
Si nous poursuivons cette comparaison entre un homme,
avec ses pensées, ses sentiments, son corps,
et un fiacre-taxi avec cheval et cocher,
il nous apparaît clairement qu’en chacune des parties constituantes
de ces deux assemblages doivent se former des habitudes,
des besoins et des goûts nettement définis, n’appartenant qu’à elle seule.
En effet, conformément à leur diversité d’origine,
aux conditions de leur formation et à leurs possibilités particulières,
doivent se constituer en chacune d’elles son propre psychisme,
ses propres notions, ses propres règles subjectives,
ses propres points de vue, et ainsi de suite…
 
L’ensemble des manifestations du penser humain,
avec toutes les inhérences propres à son fonctionnement
et toutes ses particularités spécifiques,
correspond presque à tous égards à l’essence
et aux manifestations d’un typique cocher de fiacre.
 
Comme tous les cochers de fiacre en général, il est du genre "Colignon".
Il n’est pas complètement illettré, attendu que la législation de son pays
a décrété "l’instruction publique obligatoire" et qu’il a bien fallu
dans son enfance user de temps à autre ses fonds de culotte sur les bancs d’école (…)
Bien qu’il vienne lui-même de la compagne et soit demeuré aussi ignare
que ses compagnons restés au village, néanmoins,
appelé de par sa profession à se frotter à des gens de niveau et d’éducation différents,
il a ramassé de-ci de-là tout un choix d’expressions recouvrant des notions variées ;
et maintenant, il regarde de son haut, avec un parfait mépris,
tout ce qui vient du village, le rejetant avec indignation comme "obscurantisme".
(…) Il se tient pour compétent même en matières de religion, de politique,
et de sociologie. Avec ses égaux, il aime à discuter ;
avec ceux qu’il considère comme ses inférieurs, il enseigne ;
avec ses supérieurs, il se montre flatteur, servile ; "il est à quatre pattes devant eux."
Une de ses plus grandes faiblesses est de courir après les femmes de chambre
et les cuisinières du quartier, mais ce qu’il aime par-dessus tout, c’est,
après un bon gueuleton, siroter un ou deux petits verres ;
après quoi, pleinement repu, à demi assoupi, il rêve…
Pour satisfaire ses faiblesses, il vole régulièrement une partie de l’argent
que lui a confié son maître pour le fourrage du cheval.
Comme tout "mercenaire", notre Colignon ne marche qu’à coups de trique,
et s’il lui arrive de faire quelque chose sans être talonné,
c’est toujours dans l’attente d’un pourboire.
Cet attrait du pourboire l’a peu à peu amené à deviner
certaines faiblesses des gens auxquels il a affaire, pour en tirer profit,
et il a automatiquement appris à ruser, à flatter, à "passer de la pommade",
bref, à mentir.
Dès qu’une occasion se présente et qu’il a un moment libre,
il se faufile dans un café ou dans un bar où il reste des heures à rêvasser
devant un verre de vin, à faire la conversation avec un type de son espèce,
ou encore à lire le journal.
(…)
Cette comparaison du cheval et de l’organisation du sentiment humain
nous permettra d’ailleurs de mettre en évidence le caractère erroné
et unilatéral de l’éducation infligée aujourd’hui à la jeune génération.
 
Le cheval,
par suite de la négligence dont fit preuve son entourage dès son plus jeune âge,
et du fait de sa constante solitude, s’est en quelque sorte renfermé en lui-même :
en d’autres termes, sa "vie intérieure" s’est vue refoulée,
et il ne dispose plus, pour ses manifestations extérieures, que de la seule force d’inertie.
En raison des anormales conditions environnantes,
il n’a jamais reçu d’éducation spéciale ; il a grandi et s’est formé
sous la seule influence de rosses brutales et de perpétuelles vociférations.
On l’a toujours tenu à l’entrave ; et quant à sa nourriture, en guise de foin et d’avoine,
il n’a jamais reçu que de la paille, ce qui ne correspond en rien à ses besoins réels.
N’ayant jamais perçu, dans aucune manifestation de son entourage,
le moindre signe de tendresse ou d’amitié,
le cheval est prêt maintenant à se donner de tout son être
à quiconque lui fera la moindre caresse.
Tant est si bien que les tendances du cheval,
sevré de toute aspiration et de tout intérêt,
doivent inévitablement se concentrer sur le manger, sur le boire
et sur une attraction automatique pour l’autre sexe ;
aussi rôde-t-il toujours là où il peut les satisfaire
et si par hasard il aperçoit quelque endroit où l’un de ces besoins a été assouvi
ne serait-ce qu’une fois, il guette l’instant propice pour s’y échapper.
 
Il faut encore ajouter que,
tout en ayant une compréhension très faible de ses devoirs,
le cocher est encore capable de penser tant soit peu logiquement, et,
tenant compte du lendemain, de chercher, dans la crainte de perdre sa place,
ou l’espoir de recevoir une récompense,
à faire quelque chose pour son maître sans y être littéralement forcé.
 
Mais le cheval, en l’absence de toute éducation spéciale, adaptée à sa nature,
n’a reçu en temps voulu aucune donnée qui lui permette de manifester
les aspirations qu’exigent une existence responsable ; il ne peut donc comprendre,
et on ne peut même pas attendre de lui qu’il comprenne, pourquoi il devrait faire
quelque chose. Aussi considère-t-il ses obligations avec une totale indifférence
et ne travaille-t-il que par peur d’une rossée supplémentaire.
 
Quant à la voiture, qui dans notre analogie correspond au corps
considéré isolément des autres parties indépendantes
de la présence générale de l’homme,
sa situation est encore pire.
Cette voiture, comme toutes les voitures, est faite de matériaux divers.
Sa construction est des plus compliquées.
Elle avait été destinée (…) au transport de tous fardeaux,
et non pas à l’usage que l’on en fait aujourd’hui,
c’est-à-dire au seul transport des clients de passage.
La principale cause des innombrables malentendus dont elle est victime
tient au fait qu’elle avait été prévue pour circuler par les chemins vicinaux,
et que les maîtres carrossiers avaient agencé en conséquence
certains détails intérieurs de sa construction.
Par exemple le principe du graissage – qui est l’un des principaux besoins
d’un véhicule fait de matériaux divers – avait été conçu de telle façon
que la graisse pût se répandre sur toutes les pièces métalliques,
sous la seule action des secousses dues aux cahots, inévitables sur de tels chemins.
Or cette voiture, destinée à de petits chemins vicinaux,
stationne maintenant le plus souvent en ville,
et quand elle roule, c’est sur des avenues asphaltées, unies comme des billards.
Faute de secousses, le graissage de toutes les pièces ne se fait plus uniformément ;
aussi certaines d’entre elles finissent-elles par rouiller
et cessent-elles de remplir le rôle qui leur était assigné.
En règle générale,
une voiture roule bien lorsque ses parties mobiles sont bien graissées.
Si elles ne le sont plus suffisamment, elles chauffent, et,
portées au rouge, abîment les pièces voisines.
Par ailleurs, s’il y a quelque part excès de graissage,
la bonne marche de la voiture est compromise.
Dans l’un et l’autre cas,
il devient de plus en plus difficile pour le cheval de la tirer.
 
Le cocher contemporain, notre "Colignon", ignore tout cela.
Il n’a pas la moindre idée de cette nécessité d’un graissage uniforme de sa voiture,
et, même s’il la graisse, il le fait sans connaissance véritable, par ouï-dire,
suivant aveuglément les suggestions du premier venu.
Aussi lorsque cette voiture maintenant plus ou moins adaptée à des routes unies
doit pour une raison quelconque se risquer à passer par un chemin de traverse,
lui arrive-t-il toujours quelque chose : tantôt c’est un écrou qui saute ;
tantôt c’est un boulon tordu – il y a toujours une pièce qui se détraque :
et après de telles tentatives, le voyage se termine rarement sans réparations
plus ou moins considérables.
Dans tous les cas, il est devenu aujourd’hui de plus en plus dangereux
de se servir de cette voiture pour les fins auxquelles elle était destinée.
(…)
En raison de l’absence, chez nos contemporains, de toute connaissance
et de toute capacité à préparer convenablement les adolescents
à une existence responsable en éduquant les différentes parties
qui composent leur présence générale, chaque homme apparaît aujourd’hui
comme quelque chose de vraiment absurde et comique au plus haut point,
offrant, pour reprendre notre exemple, un tableau de ce genre :
Une voiture du dernier modèle, à peine sortie de l’usine,
vernissée par d’authentiques carrossiers allemands (…),
et, dans les brancards, cette sorte de cheval (
écorché) (…)
Sur le siège de cette voiture de grand style se tient un cocher somnolent,
mal rasé, hirsute, vêtu d’une redingote graisseuse qu’il a ramassé dans les poubelles (…)
Sur sa tête reluit un haut de forme flambant neuf,
exacte réplique de celui de Rockefeller,
tandis qu’à sa boutonnière s’épanouit un énorme chrysanthème.
Et l’homme contemporain doit inévitablement présenter cet aspect bouffon, (...)
 
Depuis le premier jour de son apparition, ces trois parties formées en lui (…)
commencent à "vivre" isolément, pour ainsi dire,
et à se fixer chacune dans des manifestations spécifiques,
sans jamais s’habituer à se prêter mutuellement le soutien automatique indispensable,
non plus qu’à se comprendre les unes les autres, même de manière approximative ;
et aussi, plus tard, lorsque sont requises des manifestations concertées,
celles-ci ne peuvent-elles se produire.
 
Certes, grâce au "système d’éducation de la nouvelle génération",
déjà solidement établi dans la vie de l’homme, (…),
le cocher est encore capable d’expliquer tant bien que mal
à ceux qui sont du même type que lui les désirs qu’il éprouve,
et parfois de comprendre tant soit peu ses semblables.
Par ses bavardages avec les autres cochers, en attendant le client,
et par ses "flirts" répétés, au seuil des portes, avec les servantes du voisinage,
notre Colignon s’est même assimilé diverses formes du "savoir-vivre".
Il s’est également adapté aux conditions extérieures de la vie des cochers en général ;
par exemple, il s’est automatisé à distinguer une rue d’une autre,
et à trouver, devant une voie barrée pour cause de travaux,
quelque autre chemin pour se rendre à l’adresse voulue.
 
Mais le cheval !... S’il est vrai que cette funeste invention contemporaine
que l’on nomme "éducation" ne s’étend pas jusqu’à lui
– ce qui préserve de l’atrophie ses facultés héréditaires –
sa formation s’effectue cependant dans les conditions anormales
du processus d’existence ordinaire ; aussi grandit-il oublié de tous,
comme un orphelin, et par surcroît maltraité,
n’acquérant rien qui corresponde au psychisme bien déterminé de son cocher,
ni à son savoir, si bien qu’il demeure tout à fait ignorant
des formes de relations réciproques devenues habituelles à ce dernier,
et qu’entre eux ne s’établit en définitive aucun contact
qui leur permette de se comprendre.
Il se peut que, dans sa vie renfermée, le cheval en vienne
à découvrir quelque forme de relation avec son cocher,
et même à se familiariser avec quelque "langage" ;
mais par malheur le cocher l’ignore
et ne soupçonne même pas que la chose soit possible.
En dehors du fait que, dans ces conditions anormales,
aucune donnée ne se constitue entre le cheval et le cocher
pour leur permettre si peu que ce soit de se comprendre automatiquement,
il y a beaucoup d’autres raisons extérieures, indépendantes d’eux,
qui leur enlèvent toute possibilité d’atteindre ensemble
le but unique auquel ils ont été destinés. (...)
 
(...) de même que les différentes parties indépendantes d’un "fiacre-taxi"
sont reliées entre elles, la voiture au cheval par les brancards,
et le cheval au cocher par les rênes,
de même toutes les parties distinctes de l’organisation générale de l’homme
sont reliées entre elles, le corps avec l’organisation du sentiment par le sang,
et l’organisation du sentiment avec celle du penser
par ce qui est appelé "ghanbledzoïne"*,
c’est-à-dire par cette substance qui se constitue dans la présence générale de l’homme
à partir de tous les efforts êtriques intentionnellement accomplis.
 
Le déplorable système d’éducation actuel a abouti à ce résultat
que le cocher a cessé d’avoir sur son cheval la moindre influence ;
c’est tout juste s’il peut susciter dans le conscient de l’animal,
au moyen des rênes, ces trois idées : droite, gauche et stop.
Et encore n’en est-il pas toujours ainsi, car les rênes sont faites, en général,
de matériaux qui réagissent à tous les phénomènes atmosphériques :
par exemple, sous une pluie battante, elles gonflent et s’allongent
quand il fait chaud, c’est le contraire ;
aussi leur action sur la sensibilité automatisée de perception du cheval est-elle variable.
La même chose se produit dans l’organisation générale de l’homme ordinaire
toutes les fois que se modifie en lui, sous l’effet d’une impression quelconque,
ce que l’on pourrait appeler "la densité et le rythme du ghanbledzoïne" :
sa pensée perd alors toute possibilité d’action sur l’organisation du sentiment.
 
Ainsi donc, pour résumer tout ce qui vient d’être dit,
il nous faut bon gré mal gré reconnaître que tout homme
doit s’efforcer d’avoir son propre "Moi" ;
autrement, il ne sera jamais qu’un "fiacre-taxi"
où pourra prendre place n’importe quel passager, qui disposera de lui à sa guise.
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* Le "ghanbledzoïne » n’est autre chose que le "sang" du corps "kessdjan" de l’être.
Le "ghandbledzoïne êtrique" est la substance cosmique nommée "magnétisme animal".
Les substances nécessaires au revêtement et au perfectionnement du "corps êtrique supérieur kessdjan"
pénètrent dans la présence général de l’homme avec l’air qu’il absorbe
par ce qu’ils
(les humains) appellent la "respiration",
et par certains "pores" de la peau.

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Et voilà une version plus technique de la parabole du cocher,
l'une de celle que G. I. Gurdjieff a enseigné à ses élèves :
L’homme est une organisation complexe.
Il est formé de quatre parties qui peuvent être reliées, non reliées ou mal reliées.
La voiture est reliée au cheval par les brancards,
le cheval au cocher par les rênes,
et le cocher à son maître par la voix de son maître.
Mais le cocher doit entendre et comprendre la voix du maître,
il doit savoir comment on conduit ;
et le cheval doit être dressé à obéir aux rênes.
Quant à la relation du cheval avec la voiture, il doit être correctement attelé.
Ainsi, entre les quatre parties de cette complexe organisation,
existent trois relations, trois liaisons.
 


Si une seule d’entre elles (liaisons) présente quelque défaut,
l’ensemble ne peut pas se comporter comme un tout.
Les liaisons ne sont donc pas moins importantes que les "corps".
Travaillant sur lui-même, l’homme travaille simultanément
sur les "corps" et sur les "liaisons".
Mais il s’agit là de deux sortes de travail.
Le travail sur soi doit commencer par le cocher.
Le cocher est l’intellect.
Afin de pouvoir entendre la voix du maître, le cocher, avant tout,
ne doit pas «être endormi » – il doit se réveiller.
Ensuite,
il peut arriver que le maître parle une langue que le cocher ne comprenne pas.
Le cocher doit apprendre cette langue. Quand il la saura, il comprendra son maître.
Mais cela ne suffit pas, il doit aussi apprendre à conduire le cheval,
à l’atteler, à le nourrir, à le soigner,
et à bien entretenir la voiture
– parce qu’il ne servirait de rien qu’il comprenne son maître,
s’il n’était pas en état de faire quoi que ce soit.
Le maître donne l’ordre du départ.
Mais le cocher est incapable de démarrer parce que le cheval n’a pas été nourri,
il ne l’a pas attelé, et il ne sait pas où sont les rênes.
Le cheval, ce sont les émotions.
La voiture, c’est le corps.
L’intellect doit apprendre à commander les émotions.
Les émotions tirent toujours le corps après elles.
C’est dans cet ordre que le travail sur soi doit être mené.
Mais notez-le bien : le travail sur les "corps",
c’est-à-dire sur le cocher, le cheval et la voiture,
est une chose.
Et le travail sur les "liaisons",
c’est-à-dire sur la "compréhension du cocher" qui l’unit à son maître,
sur les "rênes" qui le relient au cheval,
sur les "brancards" et les "harnais" qui rattachent la voiture au cheval
– c’est une tout autre chose.
Il arrive parfois que les corps soient en excellent état,
mais que les "liaisons" ne se fassent pas. Alors à quoi bon toute l’organisation ?
Comme il en va pour les corps non développés,
l’organisation totale est alors commandée inévitablement « d’en bas ».
En d’autres termes : non par la volonté du maître, mais par accident.



Chez l’homme qui a deux corps,
le second corps est actif par rapport au corps physique ;
cela signifie que la conscience dans le "corps astral"
a plein pouvoir sur le corps physique.



Chez l’homme qui a trois corps,
le troisième, c’est-à-dire le "corps mental", est actif
par rapport au "corps astral" et au corps physique ;
cela veut dire que la conscience dans le "corps mental"
a plein pouvoir sur le "corps astral" et sur le corps physique.
 


Chez l’homme qui a quatre corps,
le corps actif est le quatrième.
Cela signifie que la conscience dans le quatrième corps a plein pouvoir
sur le "corps mental", le "corps astral" et le corps physique.
 

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Un humain à 4 corps, un maître, dans le rayon de création :