vendredi 29 juin 2018

Quid sur le pardon ?

Pardonner, excuser, est-ce sensé ?

Quand nous excusons les mauvais comportements de quelqu’un,
pour quelles raisons et à quelle fin le faisons-nous ?

Il est question dans ce propos de comportements
ayant un fort impact et des conséquences malsaines.

jeudi 28 juin 2018

En chacun, "ça" aime ou non (G XXVIII)

Rappel :
l'humain se construit une personnalité reposant, inconsciemment, sur plusieurs « moi » ;
et l’humain est constitué, également, d’une essence – d'un être, d'une âme.

D’incarner un répertoire de « moi », somme toute limité d'après G. I. Gurdjieff,
rend difficile l’identification de la nature d’un individu, c’est-à-dire qui il est vraiment.
Pour Gurdjieff, la nature d’une personne se détermine d’après son « type d’être ».




Un participant demande « combien de types fondamentaux en tout »,
c’est-à-dire combien de types d’humains existe-t-il ?
G. I. Gurdjieff de répondre :
Quelques-uns disent douze.
Selon la légende, les douze apôtres représentent les douze types.
Mais d’autres disent davantage.
(…)
Mais dans les conditions actuelles de votre vie, vous devez comprendre
que vous ne pouvez pas rencontrer plus de six ou sept types d’hommes (…)
 
(…) la difficulté est que les types et leurs différences
ne peuvent pas être définis dans le langage ordinaire, (…)
 
Vous ne comprenez pas encore,
et il se passera du temps avant que vous ne me compreniez.
Pensez à la différence entre savoir et être.
Pour comprendre certaines choses, un changement d’être est nécessaire.

Concernant la difficulté de se dire, de se raconter (auprès de personnes de confiance),
G. I. Gurdjieff expliquait :
La personnalité se cache derrière l’essence,
et l’essence se cache derrière la personnalité ;
ainsi, elles se masquent l’une l’autre.
 
- Comment peut-on séparer l’essence de la personnalité ? (demande un participant) 
- Comment sépareriez-vous ce qui est à vous de ce qui n’est pas à vous ?
Il faut y penser, il faut se demander d’où est venue telle ou telle de vos caractéristiques.
Et surtout, n’oubliez jamais que la plupart des gens, spécialement dans votre milieu,
ne possèdent presque rien en propre. Rien de ce qu’ils ont ne leur appartient ;
le plus souvent, ils l’ont volé. Ce qu’ils appellent leurs idées, leurs convictions,
leurs théories, leurs conceptions, tout a été pillé à des sources variées.
C’est cet ensemble qui constitue leur personnalité.
Et c’est cela qui doit être dépouillé, mis au rancart.
 
- Mais vous disiez vous-même que le travail commence par la personnalité. 
- Rien de plus vrai. (…)
Un homme, surtout s’il appartient à la classe "intellectuelle",
est presque exclusivement constitué de personnalité.
Dans la plupart des cas,
son essence a subi un arrêt de croissance dès l’âge le plus tendre.
Je connais des pères de famille respectés, des professeurs pleins d’idées,
des écrivains connus, des hommes d’État, chez qui
le développement de l’essence a été stoppé vers l’âge de douze ans.
Et ce n’est pas si mal.
Il arrive parfois que l’essence cesse définitivement de croître à cinq ou six ans.
Dès lors, tout ce qu’un homme pourra acquérir par la suite ne sera pas à lui :
ce ne sera qu’un répertoire de choses mortes, prises dans des livres ;
ce ne sera qu’une contrefaçon.

NB : l’homme en question, ne développant plus son essence,
ne devient, au fil du temps, qu’un « faux-moi », une « fausse personnalité ».
Il se contente de s’identifier, d’imiter et de se comparer à ses modèles et aux autres,
c’est-à-dire « qu’il n’a rien » de propre à lui-même (lié directement à son essence).
En fait, si je comprends le propos de Gurdjieff,
c’est l’essence qui permet le développement d’une véritable personnalité, d’un « Moi »,
d’où la nécessité de veiller à son épanouissement, en plus de développer une personnalité.
Notons que C. G. Jung a témoigné, en fin de carrière, qu’il avait deux personnalités :
l’une publique, rationnelle, soucieuse d’une démarche scientifique (en psychologie),
alors que l’autre personnalité était inspirée, créative, fantaisiste et irrationnelle.
Il explique que sa « personnalité2 », l’inspirée, lui insufflait sa voie,
et aussi des intuitions, ainsi que sa clairvoyance notamment en matière de psyché.
C. G. Jung parvenait ainsi à cultiver sa personnalité publique (il était père, docteur,
professeur et psychothérapeute) tout en restant à l’écoute de sa « personnalité2 ».
À la lumière du propos de Gurdjieff,
on peut penser que Jung est parvenu à développer son « essence ».

Poursuivons avec l’enseignement.
Ses élèves exposent leurs difficultés à parler d’eux-mêmes, de leur histoire.
G. I. Gurdjieff leur explique :
Vous ne comprenez pas ce que cela signifie : être sincère.
Vous êtes tellement habitués à mentir, aussi bien à vous-mêmes qu’aux autres,
que vous ne trouvez ni mots, ni pensées, lorsque vous voulez dire la vérité.
Dire toute la vérité sur soi-même est très difficile.
Avant de la dire, il faut la connaître.
Or vous ne savez même pas en quoi elle consiste.

Pour terminer sur ce sujet, et si j’ai bien compris,
G. I. Gurdjieff incitait à découvrir « son trait principal ou défaut principal »,
afin de parvenir à définir de quel type d’humain on est.
Il précise que « connaître son type se réfère à l’essence ».
G. I. Gurdjieff définissait une personne « vivant dans son essence »
par le « Moi ou Je » (avec majuscule), parfois il précisait « Moi objectif ».
À partir de l’identification du « trait principal », on découvre son type d’essence ;
puis, on commence à comprendre et à reconnaître les divers autres types d’humains…

Pour parvenir à distinguer la personnalité de l’essence (ou de l’être),
G. I. Gurdjieff a expliqué :
(…) les gens vivent dans leur personnalité qui a ses intérêts propres, ses goûts propres.
Ceux-ci n’ont rien de commun avec les intérêts et les goûts de l’essence.
La personnalité, dans un tel cas, est le résultat du mauvais travail des centres.
Pour cette raison, elle peut ne pas aimer ce que l’essence aime
– et aimer précisément ce que l’essence n’aime pas.

Commentaire : en saisissant la dynamique, on comprend la scission de l’être,
pourquoi on se sent déchiré, double, ambivalent, en conflit (à l’intérieur de soi-même), etc.

G.I. Gurdjieff poursuit (sur le même sujet) :
C’est ici que le conflit entre l’essence et la personnalité commence.
L’essence sait ce qu’elle veut, mais ne peut l’expliquer.
La personnalité ne veut même pas l’entendre et ne tient aucun compte de ses désirs.
Elle a ses désirs propres. Et elle agit à sa façon.

Concernant l’amour dont est capable un humain ordinaire, G. I. Gurdjieff dit :
(…) l’homme mécanique ne peut pas aimer
– en lui « ça aime » ou « ça n’aime pas ».
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mardi 26 juin 2018

Feuilles allant au gré des vents

Chaque humain adulte est telle une feuille morte
virevoltant selon les caprices des vents,
et autres phénomènes naturels,
et selon la volonté toute-puissante du Système, de l’État.

lundi 25 juin 2018

Exister avec un répertoire de moi (G XXVII)

Intro et rappel

Chacun, nous sommes, au quotidien, multiples (personnalité double,
triple ou quadruple faces, se formant à partir de nombreux « moi » ;
avec, toutefois, une prédominance de 2 à 6 « moi »).
Cela sous-entend que, entre nous, en société, nous sommes,
"jouons", divers personnages ; toujours les mêmes.

D'incarner diverses personnalités ne représente pas un problème en soi,
néanmoins le problème provient du fait de ne pas en avoir conscience,
c'est pourquoi nous sommes contradictoires, par exemple.

Ensemble, en société, nos personnalités inconsciemment doubles (ou plus)
ainsi que le fait que nos niveaux de conscience diffèrent entre les uns et les autres
‒ allant du sommeil hypnotique complet à un Éveil total ‒,
tout cela génère des différences d’appréhension du monde,
et de compréhension réciproque,
ce qui ne peut produire que de nombreuses et incessantes interférences relationnelles,
notamment communicationnelles.

Plus avant (ci-dessous), on risque d'être surpris lorsque G. I. Gurdjieff explique
qu'en parvenant à mieux se connaître et à maintenir une continuité en soi-même,
on peut alors "jouer" davantage de personnages, cette fois consciemment.


L'enseignement continue

Lors d’une réunion avec l’un de ses groupes de travail, G. I. Gurdjieff leur dit :
Tout le malheur vient de votre certitude d’être toujours identiques à vous-mêmes. 
Mais j’ai de vous une vision bien différente. Par exemple, je vois qu’aujourd’hui
un Ouspensky est venu ici, tandis qu’hier c’était un autre Ouspensky.
Quant au docteur – avant votre arrivée, nous étions ensemble tous les deux,
et nous parlions ; c’était un certain docteur.
Puis vous êtes venus.
Et il m’est arrivé de jeter un regard sur lui : c’était déjà un tout autre docteur.
Celui que j’avais vu quand j’étais seul avec lui, vous le voyez très rarement.
 
Réalisez bien ceci : chaque homme a un répertoire défini de rôles
qu’il joue dans les circonstances ordinaires.
Il a un rôle pour chaque sorte de circonstances où il se trouve habituellement ;
mais placez-le dans des circonstances légèrement différentes,
« pour un bref instant, il deviendra lui-même ».
(…)
Le répertoire de chaque homme est extrêmement limité.
Si un homme dit simplement « moi » et « Ivan Ivanovitch »,
il ne se verra pas lui-même tout entier, parce que « Ivan Ivanovitch » non plus
n’est pas seul ; chacun en a au moins cinq ou six : un ou deux pour sa famille,
un ou deux pour son bureau (l’un pour ses supérieurs et l’autre pour ses subordonnés),
un pour ses amis au restaurant, et un autre aussi, peut-être,
pour les conversations intellectuelles sur des sujets sublimes.
(…)
Mais voici le plus important : l’homme, en dehors de son répertoire,
c’est-à-dire aussitôt que quelque chose le fait sortir de sa routine,
ne serait-ce que pour un moment, se sent terriblement mal à l’aise,
et il fait alors tous ses efforts pour revenir au plus vite
à l’un ou l’autre de ses rôles habituels. Il retombe dans ses ornières, (…)
 
Mais dans le travail (de connaissance de soi), pour s’observer soi-même,
il faut absolument admettre cette gêne et cette tension,
et ne plus redouter ces états de malaise et d’impuissance.
Ce n’est qu’à travers eux qu’un homme peut réellement apprendre à se voir.
(…)
Chaque fois qu’un homme n’est pas dans un de ses rôles habituels,
chaque fois qu’il ne peut pas trouver dans son répertoire le rôle qui convient
à une situation donnée, il se sent comme un homme dévêtu. Il a froid,
il a honte, il voudrait s’enfuir, afin que personne ne le voie. (…)
Dans ses rôles habituels, il se sent à son aise et en paix.
 
Mais s’il veut travailler sur lui-même, il lui faut détruire sa paix.
Car le travail et la paix sont incompatibles.
L’homme doit choisir.
Sans se duper lui-même.
C’est ce qui arrive le plus souvent.
En paroles, il dit choisir le « travail »,
alors qu’en réalité il ne veut pas perdre sa « paix ».
Le résultat est qu’il s’assied entre deux chaises.
(…)

Et pourquoi est-ce si difficile (de commencer vraiment un travail) ?
Avant tout parce que « sa vie est trop facile »
(du fait de rester dans le connu et la routine,
en n'ayant recours qu'aux rôles que nous tenons habituellement ;
pour le dire autrement, nous restons dans un répertoire de « moi » contrôlables,
et nous nous y confortons, « même dans le malheur » a précisé Gurdjieff).

* * *

Comment savoir si on est prêt ou non pour le « travail » ?
G. I. Gurdjieff nous informe à ce sujet :
Cet enseignement a une propriété merveilleuse : le moindre contact avec lui
fait surgir du fond de l’homme le pire et le meilleur.
Vous connaissez quelqu’un depuis des années,
et vous pensez qu’il est un brave homme, plutôt intelligent.
Mais essayez donc de lui parler de ces idées,
vous verrez qu’il est un fou complet.
Un autre, en revanche, vous semblait un personnage assez peu intéressant,
mais vous lui exposez les principes de cet enseignement
et vous voyez aussitôt que cet homme pense, et qu’il pense même très sérieusement.
 
- Comment reconnaître les personnes capables de venir au travail ?
demanda l’un (des participants).
 
- (…) Vous devez comprendre en premier lieu que l’on doit avoir
une certaine préparation, un certain bagage. (…)
En général, lorsqu’un homme ne sait presque rien, lorsqu’il a peu lu, peu pensé,
il est difficile de parler avec lui.
(…)
Pour approcher cet enseignement d’une manière sérieuse,
il faut avoir été préalablement « déçu »,
il faut avoir perdu toute confiance, avant tout en soi-même,
c’est-à-dire en ses propres possibilités,
et, d’autre part, en toutes les voies connues.
(…)
Mais comprenez bien, je dis par exemple qu’un dévot doit avoir été déçu par la religion.
Cela ne veut pas dire qu’il ait dû perdre la foi. Au contraire.
Cela signifie qu’il a dû être déçu « seulement par l’enseignement religieux ordinaire
et par ses méthodes ». Alors il comprend que la religion,
telle qu’elle nous est donnée d’ordinaire,
n’est pas suffisante pour alimenter sa foi, et ne peut le mener nulle part.
(…) : il ne suffit pas qu’un homme ait été déçu par les voies habituelles,
il faut encore qu’il soit capable de conserver ou d’accepter l’idée
qu’il puisse y avoir quelque chose – quelque part.
(…)
Cet enseignement est pour ceux qui ont déjà cherché et qui se sont « brûlés ».


À lire attentivement,
la suite concerne le changement d’état d’esprit durant le « travail » :
Lorsque vous ne compreniez rien, vous pensiez tout comprendre,
ou du moins vous étiez sûrs d’avoir la faculté de tout comprendre.
 
Maintenant que vous avez commencé à comprendre,
vous sentez que vous ne comprenez pas.
C’est parce que vous avez acquis le « goût de la compréhension ».
Il vous était entièrement inconnu auparavant.
 
Et aujourd’hui vous éprouvez le goût de la compréhension
comme un manque de compréhension.

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samedi 23 juin 2018

Le pouvoir des mots



« Liberté, Égalité, Fraternité »

Y a comme un « hic », une incongruité, dans cette devise.
Ma liberté commence là où s’arrête celle de l’autre.

vendredi 22 juin 2018

Énergie et accumulateurs (G XXVI)



Ce qui suit est important, puisqu’il s’agit d’une explication concernant
l'utilisation du potentiel énergétique en chacun de nous.

G. I. Gurdjieff revient sur le sujet des efforts personnels et volontaires.
S’engage un dialogue avec un participant :
Vous devez comprendre que les efforts ordinaires ne comptent pas.
« Seuls comptent les sur-efforts ». (…)
- Les sur-efforts ne risquent-ils pas d’être dangereux ? demanda l’un des auditeurs, (…)
- Naturellement ils peuvent l’être, dit Gurdjieff, mais il est préférable
de mourir en faisant des efforts pour s’éveiller que de vivre dans le sommeil.
(…)
Vous avez beaucoup plus de forces que vous ne pensez.
Mais vous n’en faites jamais usage.
(…)
Dans la machine humaine,
un rôle très important est joué par une certaine sorte d’accumulateur.
Il y a deux petits accumulateurs à côté de chaque centre (…)



Rappel : il est question des trois centres formant nos personnes soit,
les centres moteur-instinctif, émotionnel et intellectuel.
Chaque centre, ou cerveau, est donc doté de deux petits accumulateurs d’énergie.
On continue :
En outre, il y a dans l’organisme un grand accumulateur,
qui alimente les petits.
 
Les petits accumulateurs sont reliés les uns aux autres
et chacun d’eux est relié au centre le plus proche,
aussi bien qu’au grand accumulateur.



G. I. Gurdjieff explique :
Les accumulateurs travaillent de la façon suivante.
Imaginons un homme en train de travailler : il lit, par exemple,
un livre difficile et s’efforce de le comprendre ; en ce cas,
plusieurs rouleaux tournent dans l’appareil intellectuel localisé dans sa tête.
Ou bien supposons-le en train de faire l’ascension d’une montagne
et gagné peu à peu par la fatigue ; en ce cas,
ce sont les rouleaux du centre moteur qui tournent.
Le centre intellectuel, dans notre premier exemple,
et le centre moteur dans le second,
tirent l’énergie nécessaire à leur travail des petits accumulateurs.
Lorsqu’un accumulateur est presque vide, l’homme se sent fatigué.
Il voudrait s’arrêter, s’asseoir s’il est en train de marcher,
penser à autre chose s’il est en train de résoudre un problème difficile.
Mais d’une manière tout à fait inattendue, voici qu’il ressent en lui
un afflux de forces nouvelles, et de nouveau il est en état de marcher ou de travailler.
Cela signifie que le centre fatigué s’est mis en rapport avec le second accumulateur,
d’où il tire sa nouvelle énergie.
Pendant ce temps, le premier accumulateur est en train de se recharger d’énergie,
puisée au grand accumulateur.
(…)
Mais, au bout d’un certain temps, la réserve d’énergie du second accumulateur
s’épuise elle aussi. Alors l’homme se sent de nouveau fatigué.
Encore un choc extérieur, ou un instant de repos, ou une cigarette, ou un effort,
et le contact est rétabli avec le premier accumulateur.
Mais il peut facilement arriver que le centre ait épuisé l’énergie du second accumulateur
si rapidement que le premier n’ait pas eu le temps de se remplir
aux dépens du grand accumulateur,
et qu’il ait pris la moitié seulement de l’énergie qu’il pouvait contenir (…)
G. I. Gurdjieff détaille divers cas de figures.
Ensuite,
il ajoute qu’il y a moyen de relier les centres directement au grand accumulateur
(sans passer par les deux, petits, accumulateurs d’énergie) :
(…) Cela signifie que le centre est maintenant en liaison directe avec le grand accumulateur.
L’énergie contenue dans celui-ci est énorme.
Mis en liaison avec le grand accumulateur,
un homme est capable d’accomplir de véritables miracles.
Mais, naturellement, si les rouleaux continuent à tourner
et si l’énergie tirée des aliments, de l’air et des impressions
continue à se dépenser plus vite qu’elle n’est reconstituée,
alors vient un moment où le grand accumulateur lui-même est vidé de toute son énergie,
et l’organisme meurt. Mais cela arrive très rarement.
D’habitude, l’organisme réagit à l’avance, en cessant automatiquement de fonctionner.
(…) l’homme tombera endormi, ou s’évanouira, ou bien il se développera en lui
quelque complication interne qui mettra l’organisme hors d’état de continuer
à s’épuiser, longtemps avant le danger réel.
Il n’y a pas de raison, par conséquent, de se laisser effrayer par les efforts ;
le danger de mourir d’efforts n’existe pratiquement pas.
Il est beaucoup plus facile de mourir d’inaction, de paresse,
ou de peur de faire des efforts.
Notre but devra donc être d’apprendre à établir des liaisons
entre tel ou tel centre et le grand accumulateur.
(…)
Nous devons apprendre à puiser l’énergie directement au grand accumulateur.
Cela n’est possible, cependant, qu’avec l’aide du centre émotionnel.
Il est essentiel de le comprendre.
Le contact avec le grand accumulateur
ne peut se faire qu’à travers le centre émotionnel.
Les centres instinctif, moteur et intellectuel, par eux-mêmes,
ne peuvent s’alimenter qu’aux petits accumulateurs.
Le centre émotionnel est un appareil beaucoup plus subtil que le centre intellectuel,
(…)
Si un homme veut savoir et comprendre plus qu’il ne sait et comprend aujourd’hui,
il doit se souvenir que ce nouveau savoir et cette nouvelle compréhension
lui viendront à travers le centre émotionnel,
et non pas à travers le centre intellectuel.
(...)
Deux fonctions de notre organisme demeurent incompréhensibles et inexplicables
du point de vue scientifique (…) : ce sont le bâillement et le rire. (…)
Le bâillement a pour effet d’insuffler de l’énergie dans les petits accumulateurs.
(…)
Le rire est lui aussi en rapport direct avec les accumulateurs.
Mais le rire est la fonction opposée au bâillement.
Le rire n’insuffle pas d’énergie en nous, au contraire il en expulse,
il nous débarrasse de l’énergie superflue
qui se trouve emmagasinée dans les accumulateurs.

mercredi 20 juin 2018

Positif, quoi qu'il se passe

- Ô grand Maître Foudchoc, lors de la dernière réunion,
vous avez prétendu que la « positive attitude est contraire au bon sens ».
Pouvez-vous expliquer cela ?

mardi 19 juin 2018

Faire, magique ; et faux-moi (G XXV)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.
G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous).
 
     Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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G. I. Gurdjieff revient sur le sujet du « faire »,
en répondant à une question touchant à la pratique de la magie :
On m’a souvent demandé en quoi consistait la "magie noire",
et j’ai répondu qu’il n’y a pas de magie rouge, ni verte, ni jaune.
 
Il y a la mécanique, c’est-à-dire "ce qui arrive",
et il y a "faire".
 
"Faire" est magique,
et il n’y a qu’une sorte de "faire".
Il ne peut pas y en avoir deux.
Mais il peut y avoir une falsification,
une imitation extérieure des apparence du "faire",
qui ne saurait donner aucun résultat objectif,
mais peut tromper les personnes naïves et susciter en elles la foi,
l’infatuation, l’enthousiasme et même le fanatisme.
(…)
Ce que vous appelez magie noire est fondé sur l’infatuation
et sur la possibilité de jouer des faiblesses humaines.
(…)
Je vous ai déjà dit précédemment que
personne ne fait jamais rien pour l’amour du mal,
ou dans l’intérêt du mal.
Chacun fait toujours tout dans les intérêts du bien « tel qu’il le comprend ».
(…)
La magie noire agit par la peur.
(…)
(…) je dis qu’il y a bien pire que la "magie noire". Par exemple,
toutes les sortes de sociétés "spirites", "théosophiques", et autres groupes "occultistes".

M. Gurdjieff, comment identifier, reconnaître, un homme évolué
ou une école digne de ce nom ?
Au commencement (d’un travail sur soi ou d’une initiation dans une école),
il n’y a rien de plus difficile que de vérifier si le travail est juste ou faux,
si les directives reçues sont valables ou erronées.
A cet égard, la partie théorique du travail peut se montrer utile,
parce qu’elle permet à un homme de s’en faire juge plus aisément.

Travailler sur soi permet d’annihiler le « faux Moi ».
G. I. Gurdjieff explique :
La lutte contre le "faux Moi",
contre le trait ou le défaut principal,
est la partie la plus importante du travail,
mais cette lutte doit se traduire par des actes,
non par des paroles.

Un participant demande à G. I. Gurdjieff,
à propos d’un individu existant avec un faux Moi :
« Que lui arrive-t-il en châtiment ? »
Rien, que pourrait-il lui arriver ?
« Il est son propre châtiment ».
Et quel châtiment pourrait être pire ?

G. I. Gurdjieff continue en parlant de la relation de maître à élève(s)
et du « travail sur soi ». Première "exigence", la sincérité :
L’homme ordinaire a de quantités de peurs inutiles, imaginaires.
Les mensonges et leurs peurs – telle est l’atmosphère dans laquelle il vit.
(…)
Tout homme a ses peurs particulières, des peurs qui n’appartiennent qu’à lui.
Il faut qu’il les découvre ; puis qu’il les détruise.
 
Les peurs dont je parle sont habituellement liées aux mensonges
au milieu desquels l’homme vit.
(…)
La lutte contre les mensonges en soi-même et la lutte contre les peurs
constituent le premier travail positif qu’un homme ait à faire.
 
Il faut se convaincre en général que les efforts positifs
et même les sacrifices que l’on fait dans le travail
ne justifient ou n’excusent nullement les fautes qui peuvent suivre.
Au contraire, ce qui est pardonnable chez un homme qui n’a jamais fait d’efforts
et qui n’a jamais rien sacrifié est impardonnable chez un autre,
qui a déjà fait de grands sacrifices.
Cela semble injuste, mais il faut comprendre cette loi.
Ses efforts et ses sacrifices sont enregistrés sur une page du Grand Livre
et ses erreurs, ses méfaits, sur l’autre.
Ce qui est inscrit du côté positif ne peut jamais racheter ce qui est inscrit du côté négatif.
Ce qui est enregistré sur le côté négatif peut seulement être effacé par la vérité, (…)
 
Si un homme voit sa faute mais continue de se chercher des justifications,
cette faute, même petite, peut détruire le résultat d’années entières de travail et d’efforts.

Commentaire : plus on prend conscience, plus on devient responsable,
et moins on a droit à l’erreur (de ce dont on a conscience), d’où, probablement,
l’expression « bienheureux les innocents et simples d’esprits ».

G. I. Gurdjieff parle ensuite des groupes (d’écoles ésotériques) :
(…) dans un groupe tous sont responsables les uns pour les autres.
L’erreur d’un seul est considérée comme l’erreur de tous.
(…)
La règle de la responsabilité commune doit être toujours bien présente à l’esprit.
Elle a encore un autre aspect.
Les membres d’un groupe ne sont pas seulement responsables
pour les erreurs des autres, mais aussi pour leurs échecs.
Le succès de l’un d’eux est le succès de tous,
l’échec de l’un d’eux est l’échec de tous.
 
Une grande faute commise par l’un d’eux, la violation d’une règle fondamentale,
par exemple, entraîne inévitablement la dissolution du groupe tout entier.
Un groupe doit marcher comme une machine.
Mais les pièces de la machine doivent se connaître les unes les autres et s’entraider.
 
Dans un groupe il ne peut pas y avoir d’intérêts personnels
qui s’opposent aux intérêts des autres ou aux intérêts du travail, (...)
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dimanche 17 juin 2018

Détachement n'est pas indifférence

Merci à Zaza, pour cette réflexion.
En com, elle a mis l’accent sur l’évitement des passions de l’amour/haine,
ce qui est de la haute voltige.
  

Ce propos commence par un exemple de situation :

L'agressivité du désir sexuel

Aux êtres émotionnellement sensibles.
À ceux/celles ayant été malmenés durant leur enfance.


Enfances bridées, élans détournés ou corrompus,
nous sommes tous, soit à fleur de peau, écorchés vifs,
soit devenus insensibles et indifférents à l’amour (sauf romancé).

jeudi 14 juin 2018

Jeu de reflets

- J’ai entendu quelque chose et, depuis, ça me trotte dans la tête.
Sais-tu ce qu’on exprime quand on dit « je t’aime » à quelqu’un ?

- Ben, que tu l’aimes quoi, que tu te sens bien avec,
qu’il ou elle te plaît.

mardi 12 juin 2018

Un musicien dans un orchestre

L’unique chose que l’humain-en-conscience ait à faire
consiste à chercher sa propre note vibratoire : « ♪ »
(étape de l'individualisme ou, plus précisément,
d’un égoïsme conséquent, servant à aboutir le processus d’individuation).

lundi 11 juin 2018

L'amour, et des idées

Du moment où l’on pense à l’amour, qu’on le conceptualise,
on se retrouve aussitôt absorbé par le monde des idées,
où l’on y fabrique une image réfléchissant ce qu’on voudrait que soit l’amour.

samedi 9 juin 2018

La vie, et des idées

Les idées ne devraient servir qu’à agrémenter la Réalité (naturelle),
un peu comme les épices qui relèvent le goût d’un repas.

Nous sommes d’accords, je suppose, que
ce sont les aliments qui nourrissent,
et non pas les épices.

jeudi 7 juin 2018

Pouvoir et violence, inséparables.

De chaque chose, de chaque être, se dégage du pouvoir

Au sein de notre monde interactif,
on peut tout considérer sous forme de pouvoirs.
Ce n’est, bien-sûr, qu’une vision des choses, une lecture.

mercredi 6 juin 2018

Le cinquième rêve



Au début, le Grand Esprit dormait dans le rien.
Son sommeil durait depuis l’éternité.

Et puis soudain, nul ne sait pourquoi,
dans la nuit, il fit un rêve.

samedi 2 juin 2018

Handicap émotivo-sexuel

20 ans, célibataire, bien nourri, normalement constitué,
son corps de mâle fabrique sa sève,
qui attend d’être éjectée.

Besoin physiologique.
Besoin affectif.
Désir sexuel.
Fantasmes.