dimanche 17 juin 2018

Détachement n'est pas indifférence

Merci à Zaza, pour cette réflexion.
En com, elle a mis l’accent sur l’évitement des passions de l’amour/haine,
ce qui est de la haute voltige.
  

Ce propos commence par un exemple de situation :
On se promène dans des ruelles où il y a peu de circulation de voitures.
On croise une famille. L’enfant d’~4 ans est sur un petit vélo.
Il roule, ivre de vitesse, l’air réjoui.
Au carrefour, il s’arrête après le « stop ».
Il n’y a pas de voiture qui passe, aucun danger.
Il se retourne, heureux, pour voir où sont ces parents.
Ces derniers sont en train de crier, paniqués et énervés :
« tu aurais dû t’arrêter ! ».
Le père s’approche, pose sa main sur l’épaule de l’enfant,
et commence à lui faire la morale :
« combien de fois il faut que je te le dise… stop… ligne blanche… voitures… danger…
tu ne m’écoutes pas… hôpital… regarder à gauche et à droite avant de passer… »
L’enfant tient la tête baissée, l’air soudain renfrogné,
attendant probablement que l’orage verbal cesse, en retenant son envie de pleurer.
Que peut-il comprendre de ce long et savant discours agressivement bien intentionné ?
Oh, il a parfaitement saisi que ses parents sont tout-à-coup fâchés…

Dans cet exemple,
si on est indifférent, on s’en fiche de cette scène et on poursuit son cheminement ;
alors que,
si l’on est émotionnellement sensible, quelque chose nous touche,
peut-être de juger la réaction des parents juste mais disproportionnée.
On peut même ressentir le trouble soudain dans lequel se retrouve l’enfant.

Le détachement consiste à ne pas se mêler des affaires de cette famille,
à « ne pas en faire une affaire personnelle ».
Toutefois, quelque chose remue dans nos tripes,
d’avoir vu l’enfant passer de la joie à la tristesse.
On n’est donc pas indifférent, dans cette situation,
mais pour X raisons, on décide de ne pas s’en mêler. Détachement.
En effet, peut-être qu’en intervenant, cela énerverait plus encore les parents,
ou peut-être qu’après-coup les parents en voudraient à l’enfant, etc.

Le détachement est donc un état d’esprit, une attitude, volontaire et consciente,
et cela implique une réflexion sur les conséquences d’une intervention (dans cet exemple).

On peut être dans le détachement sans être indifférent (à ce qu’il se passe autour de soi).

L’indifférence est une attitude froide, émotionnellement insensible
(dans l’exemple, insensible face au malaise de l’enfant
ou insensible au ton agressif et infatué du père).
Une personne indifférente développe, au fil du temps,
un cœur de fer, dur, impénétrable, intouchable.
Toute émotion, tout ressenti, se voit transformer en simple information cérébrale.
L’indifférent devient un corps-cerveau, sans émotion.


Le détachement permet de ne pas être affecté, outre mesure, par ce qu’il se passe,
et, s’il y a lieu, de supporter des situations horribles, comme durant une guerre par exemple.
Néanmoins, le centre émotionnel fonctionne et on ressent ce qu’il se passe.


Être sans désir ne signifie pas sans sentiment (au sens d’impression générale,
or ce qui impressionne l’intériorité sont les sensations, instincts et émotions).
Si on est vivant, c’est bien qu’on entretient ne serait-ce que le désir de vivre.
N’est pas Bouddha qui veut, pour parvenir à être sans désir.

Vivre, c’est ressentir et désirer…


Pour saisir la distinction, qui m’est propre, entre indifférence et détachement :
En état d’indifférence, on est blindé affectivement face à ce qu’il se passe à l’extérieur.
L'indifférent n'est pas réceptif.
En état de détachement, on ressent les choses, ce qu'il se passe
(on est donc moins blindé que l’indifférent).
Dans cet état, on reste réceptif.
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L'agressivité du désir sexuel

Aux êtres émotionnellement sensibles.
À ceux/celles ayant été malmenés durant leur enfance.


Enfances bridées, élans détournés ou corrompus,
nous sommes tous, soit à fleur de peau, écorchés vifs,
soit devenus insensibles et indifférents à l’amour (sauf romancé).

Combien de gens se soucient du monde intérieur des enfants,
de leurs souffrances informulées, de leurs craintes, de leur solitude ?

« Mais ce ne sont que des enfants, ils doivent obéir. »
Quel défaut de considération !

Mépris de la sensibilité.
Négation de l’âme.
Dédain du vivant.
Dérision de l’innocence et de la pureté.

Le premier cercle social, pour l’enfant, c’est sa famille.

Un enfant non-aimé grandit, se construit,
avec l’impression constante de déranger, de gêner.
Dans le regard de ses proches, il ne voit qu’une sentence :
« tu ne devrais pas être là, tu n’aurais pas dû naître ».

L’enfant grandit en se niant lui-même,
avec le souci de plaire et faire plaisir aux autres,
pour qu’on lui fiche la paix, n’espérant rien de plus,
puisque la tendresse et l’affection font défauts.

Certains de ses enfants, une fois adulte,
peinent à recevoir l’attention des autres.
Par réflexe, quelque chose en eux s’y oppose.
Il nous faut considérer qu’ils ont subis et n’ont obtenus,
constamment, durant leurs enfance et éducation,
que des coups et/ou remarques humiliantes,
par les personnes qu’ils aimaient.
Des personnes prétendant « vouloir leur bien ».

Relationnel malsain.
Interférences interactives.
Souffrances intérieures, psychiques,
beaucoup de souffrances parfois.

Une fois adulte, en interaction, confronté au désir direct d’autrui,
l’abandonnique réagit spontanément sur la défensive,
en pensant « qu’est-ce qu’il/elle me veut ? »
Comme si un tort allait lui être causé,
notre adulte se sent soudain mal à l’aise et en péril.

Ce réflexe du rejet d’autrui s’explique par le fait que
certains individus niés ont des pensées compulsives du type :
« non, on ne peut pas s’intéresser à moi, ce n’est pas possible ».
L’attention d’autrui se retrouve dès lors mal perçue,
interprétée de travers, comme dissimulant une intention retorse.

Le désir sexuel et la séduction peuvent être ressentis comme agressifs
par ceux/celles qui ont besoin, avant tout, de se sentir en confiance.

Ces élans bruts peuvent susciter un sentiment intérieur de danger,
et une envie de s’enfuir, loin, très loin, ou de se replier sur soi.

* * *

En société, pour tout le monde, pour chacun,
le respect, l’intérêt aimant, la confiance,
sont difficiles à donner, à laisser se diffuser.
Et il est tout autant difficile de prendre, de recevoir,
sans monétiser.

Pourtant, sans respect ni confiance ni attention,
le rapport sexuel se résume à un acte bestial, mécanique.
Il n’y a qu’avec de réels sentiments partagés
que la sexualité peut devenir extatique.


jeudi 14 juin 2018

Jeu de reflets

- J’ai entendu quelque chose et, depuis, ça me trotte dans la tête.
Sais-tu ce qu’on exprime quand on dit « je t’aime » à quelqu’un ?

- Ben, que tu l’aimes quoi, que tu te sens bien avec,
qu’il ou elle te plaît.

- Oui, a priori, mais encore ?

- Ah, j’y suis, je vois où tu veux en venir :
on dit je t’aime pour exprimer une satisfaction,
qu’on a bien baisé, quoi.


- Le plus souvent ça doit être pour ça, ouais,
surtout nous les mecs, ha ha ha

- Bon, crache le morceau.

- On dit « je t’aime » pour ce que l’autre nous renvoie de nous-mêmes.
Tu vois ce que je veux dire ?

- Ouch, peut-être …
Attends…
On se projetterait dans l’autre, et selon,
si ce qu’on y voit nous plaît, on lui dit « je t’aime ».

- Oui. Et c’est pareil dans un groupe, religieux par exemple,
on aime en faire partie parce que l’idéologie de la communauté
sied à l’image de soi qu’on veut afficher et entretenir.

- Ça semble logique.
Souvent, les personnes qui ne s’aiment pas
se supportent mieux lorsqu’elles sont en couple
notamment grâce à l’attention que leur porte le conjoint.
Comme si ce que l’on aime en l’autre permettait de mieux s’accepter,
enfin, d’apprécier davantage l’image que l’on se fait de soi.

- Donc, dans les faits, cet élan "d’amour" est égocentrique.

- Ce que tu dis me fait penser à la situation de haïr quelqu’un :
il arrive que ce que tu détestes en cette personne touche
à quelque chose que tu détestes en toi-même mais que tu ne veux pas voir.
Ou encore,
le défaut que tu méprises en l’autre te renvoie à un défaut similaire en toi,
même si s’exprimant à l’opposé et donc, paraissant différent.

- Exactement, c’est ça, si j’ai bien compris le propos.
Ce serait le "mécanisme", la raison inconsciente poussant à dire « je t’aime »
ou, comme tu dis, « je te déteste ».
Et, à mon avis, ce mécanisme provient de l’idéal du moi,
c’est-à-dire que ce fonctionnement renvoie à « comment on aimerait être perçu par les autres ».
Le risque de cette manœuvre inconsciente consiste en la mise de côté, dans l’ombre,
des défauts et limites, les siennes comme celles de l’autre
(qu’on trouve « trop chou »… au début) ;
jusqu’au jour où le ravalé surgit, s’impose ; ensuite de quoi,
tu n’aimes plus ce que te réfléchis l’autre, voire tu commences à détester ça…

- Ok, j'crois comprendre.
D’où le taux élevé de divorce, de séparation et de mésententes.
Pff, c’est complexe.


On ferait mieux de ne pas penser, tu crois pas ?
Arrêter de tout analyser, décortiquer,
chercher midi à quatorze heures,
couper les cheveux en quatre…
On se sent bien avec quelqu’un, ou non.(<– point)

- T’as raison, mec.
J’en parle pour vérifier si c’est juste.
Pour faire simple, on peut dire que :
quand j’aime l’autre, je suis en paix avec moi-même.
Quand je n’aime pas l’autre, je suis en discorde intérieure.

- Ouaip, voilà.
Il faudrait constamment s’avoir à l’œil, s’observer,
et distinguer ce que l’on projette sur l’autre.

- Yep.

- J’t’aime pas, mec.



mardi 12 juin 2018

Un musicien dans un orchestre

L’unique chose que l’humain-en-conscience ait à faire
consiste à chercher sa propre note vibratoire : « ♪ »
(étape de l'individualisme ou, plus précisément,
d’un égoïsme conséquent, servant à aboutir le processus d’individuation).

C’est une fois qu’on apprend à se connaître qu’on vibre sa note,
et qu’on devient sensible à son lien avec les autres, avec la Nature, avec le Tout.

Le but commun :
entendre et s’accorder avec la vibration d’ensemble,
afin de former, ensemble, de beaux accords.


Dans un orchestre, chacun joue de son instrument,
mais chacun veille à jouer en harmonie avec les autres musiciens.


À force de vouloir tout cadrer, contrôler, étiqueter, calculer, manipuler à loisirs,
nous en sommes à ne pouvoir considérer qu’un fonctionnement individualiste,
ou un fonctionnement collectif.
On croit que c'est ou l’un ou l’autre.
Ou bien ou mal. Ou méchant ou gentil.
Ou de gauche, en politique, ou de droite.
Nous ne parvenons pas encore à considérer que ça peut être et l’un et l’autre.

On peut être à la fois individualiste et soucieux de la collectivité.

Savoir être indépendant et, en même temps, cultiver l’esprit d’équipe.

Les capitalistes nous poussent à l’individualisme égocentré.
Chacun enfermé dans sa souffrance intérieure, psychologique.

Des communistes nous est venue l’idée de réduire chacun à un numéro,
un travailleur à code barre produisant (des déchets toxiques) et consommant.


Tous, la société,
nous ne formons pas un orchestre harmonieux,
mais un groupe disparate et bruyant,
où chacun y est en compétition avec les autres,
craignant la sanction et espérant la récompense d’un abstrait Papa-État.

Nous apparaissons, les uns avec les autres,
tels des musiciens jouant sur une même scène mais chacun pour soi,
ce qui provoque une épouvantable cacophonie générale.

 🙉

Hips, me sens burk

Boum ! Badaboum !
Au son des bombes, pour nous calmer, de temps en temps.


Je pense que c’est pour cette raison que de nombreuses tribus d’une autre culture
se mettent en état de transe, tous, ensemble, pour un rappel à vibrer à l’unisson.

Les personnes de ces tribus nous perçoivent comme « morts »,
tiens ?

À méditer.

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lundi 11 juin 2018

L'amour, et des idées

Du moment où l’on pense à l’amour, qu’on le conceptualise,
on se retrouve aussitôt absorbé par le monde des idées,
où l’on y fabrique une image réfléchissant ce qu’on voudrait que soit l’amour.

Il se trouve que, de cette façon, sans s’en rendre compte,
on refoule l’élan d’amour et l’empêche, par conséquent,
de se diffuser de lui-même (en soi et autour de soi) !

Exister en intellectualisant la vie est devenu compulsif,
au point de trouver ça normal,
de vivre dans un monde d’idées.

Lorsque qu’une voiture passe,
c’est une idée (dangereuse) qui défile.

Le fait de penser, de réfléchir, de calculer,
nous extrait un moment de la Réalité qui,
Elle, continue de se dérouler, de se produire.
Lorsqu’on réfléchit pour avoir des idées,
on se retrouve comme dans une bulle
où le temps interromprait sa course en avant,
où l’on se tient à l’écart des phénomènes qui évoluent incessamment.

Ce que nous préférons, à cette heure, provient du monde abstrait des idéaux.
Pourtant, dans les faits, au quotidien, nous sommes confrontés à des inégalités et iniquités,
à un monde ravagé de produits toxiques, où l’on "vit" à travers des écrans,
et où l’on nous suggère ce qu’il faut percevoir, savoir et considérer,
alors que nous nous éloignons de la Réalité.

Ça craint !

Comment ressentir la vie, la vibration du vivant,
et comment éprouver l’amour, dans ces conditions ?

Apprendre à s’aimer soi-même*.

Aimer apprendre.
Aimer chercher à comprendre.
Aimer relier les choses et événements entre eux.

On ne peut ressentir l’amour qu’en respectant « ce qui est »,
qu’en respectant autrui et autres formes de vie, au préalable.
Et on respecte les autres lorsqu’on les tolère,
et qu’on s’intéresse aux différences.

Pour ressentir l’amour,
il faut être en contact direct avec ce qu’il se passe
– avec l’environnement naturel, avec les autres êtres –
et s’écouter, s’observer,
tout en écoutant et observant le monde interactif,
auquel nous sommes reliés, de façon consciente ou non.

De l’amour,
essence de l’interactivité,
se dégage quelque chose de sauvage,
d’indomptable, d’incontrôlable, d’irrationnel.
À peine on croit saisir ce qu’est l’amour que, paf,
on se retrouve à côté ou en arrière, largué, déçu,
en panne et assoiffé, désemparé, frustré.

L’amour ne supporte aucune pression
ni, surtout, tentative d’appropriation.

Telle une anguille, l’amour glisse entre les doigts crochus
des maladroits possessifs et des manipulateurs pervers.

Tel un matou, l’amour ronronne sous la caresse des doigts agiles et sensibles,
capables d’apprécier sans s’accaparer.

La vie, la joie, le bonheur, l’amour,
il s’agit simplement d’éprouver le monde
– l’environnement naturel, les autres –
et de vibrer à l’unisson.

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Note et liens
* S’aimer (texte d’un anonyme)
- Amour, qualité (dissertation sur l’amour)
- Pour aimer, être (rappel des quatre formes de l’amour)
- Accès par l’émotion (étude d’un poème Andin)


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dimanche 10 juin 2018

L'orchestre des légumes

J'ai découvert « The Vegetable Orchestra » sur le site Reporterre (en lien ci-contre).

C'est étonnant.

Voici un extrait de concert, ~20 min., avec quatre morceaux et ambiances particuliers :




samedi 9 juin 2018

La vie, et des idées

Les idées ne devraient servir qu’à agrémenter la Réalité (naturelle),
un peu comme les épices qui relèvent le goût d’un repas.

Nous sommes d’accords, je suppose, que
ce sont les aliments qui nourrissent,
et non pas les épices.

On peut manger sans épicer le repas, et l’apprécier,
de sentir le goût de chaque aliment.


Si le plat préparé contient trop d’épices, burk, ça arrache.

Aux amateurs, le repas semble fade s’il manque d’épices.

Que se passerait-il si le repas ne contenait que des épices ?

On peut manger un repas sans épice,
mais pas le contraire.


Vous saisissez la corrélation entre vie/repas et idées/épices ?

Les idées sont comme les épices pour un repas.
Or nous en sommes à préférer des idées à « ce qui est »
(pour des promesses d’un monde meilleur, par exemple,
ou pour une soi-disant « sécurité alimentaire » obtenue
avec des pesticides nocifs anéantissant non seulement la terre,
les petits animaux et insectes, mais aussi les nappes phréatiques, l’eau !)

C’est devenu plus fort que nous, un besoin frénétique et irrépressible
de toujours modifier la Réalité, car nous ne l’acceptons pas telle quelle.

Certains, et je l’ai entendu à de nombreuses reprises, disent par exemple :
« la terre, c’est sale » (heureusement que le goudron est propre et, surtout, sain).


Les idées ne nourrissent ni le corps physique ni l’appareil respiratoire,
et elles ne nous procurent aucune impression (naturelle, spontanée,
reliée à ce qu’il se passe soit, aux innombrables stimuli du monde extérieur).

Penser, imaginer, ruminer, calculer, inventer, établir des plans et stratégies, etc.,
les idées ne nous nourrissent pas, elles pompent notre énergie.

Nous dépensons notre énergie à penser.
Puis,
nous dépensons notre énergie à tenter de mouler la Réalité,
de la remodeler, de la modéliser selon nos fantasmatiques idéaux.

Chacun peut le constater : à l’extérieur c’est la catastrophe
(on croyait l’Antarctique préservé ; or, maintenant que ça fond,
et qu’ils vont y chercher du pétrole et autres,
ils découvrent que c’est pollué notamment de plastique, etc.)
Voilà où nous ont mené nos idées.
Certains préconisent un brainstorming de nouvelles idées,
pour trouver des solutions, pour que ça s’arrange !

... ?

Se demander : qu’est-ce qui me permet de me sentir en vie ?

Les idées ?
Style « je pense donc je suis ». 

Ou, peut-être, ce qu’on éprouve ?
Genre « je ressens donc je suis en vie ».

? … ?

Qu’est-ce qui permet de penser, d’avoir des idées ?

Notre troisième nourriture : les impressions.

L’intellect n'intervient que dans un second temps,
afin de traiter les impressions soit, les informations reçues.
C’est la fonction de l’intellect : traiter et calculer des données,
puis de les conceptualiser, de théoriser, etc.

Comment sont "captées" les impressions ?

Par les sens et l’écoute de soi, de son ressenti ;
c’est-à-dire par les sensations, par l’instinct aussi,
et par l’émotion, par le sentiment général qui nous imprègne.

Je vibre,
je suis vivant,
j’éprouve (quelque chose).


jeudi 7 juin 2018

Pouvoir et violence, inséparables.

De chaque chose, de chaque être, se dégage du pouvoir

Au sein de notre monde interactif,
on peut tout considérer sous forme de pouvoirs.
Ce n’est, bien-sûr, qu’une vision des choses, une lecture.

Chacun de nous a du pouvoir, son pouvoir personnel,
notamment son énergie propre, ses élans et volonté.
Par exemple,
dans toute relation il est question d’un échange de pouvoirs :
ainsi, si je suis plombier de métier et que je rencontre un électricien,
je puis profiter de ses connaissances en électricité et lui,
des miennes en plomberie ; ce qui représente un échange de pouvoirs
au travers d’une interaction que l’on peut qualifier de constructive, intelligente.
C’est ce que j’appelle une relation gagnant-gagnant.


Il ne faut pas perdre de vue, en conscience, que les humains,
nous sommes tous conditionnés à obéir à des figures d’autorité :
père et mère, Nation, Église, professeur, docteur, patron, etc.
De la sorte,
chacun de nous délègue de son pouvoir aux diverses autorités.
Pour le dire autrement, par ce biais chacun donne de son pouvoir personnel,
c’est-à-dire de son énergie propre.
On donne de notre énergie au Système, à l’État, par exemple.

Il se trouve qu’actuellement les autorités,
pour exercer leur important pouvoir,
tentent de nous modeler, modéliser, uniformiser,
en nous faisant rentrer dans des cases pré-étiquetées ;
un peu comme le font les médecins avec leur diagnostic,
servant à se référer à une théorie et à trouver le médicament préconisé,
parce que, au fond, ils ne savent pas comment soigner et aider.
Mais ils veulent garder, maintenir, un pouvoir sur leurs patients.


À chacun son pouvoir

Pour garder de son pouvoir personnel :
ne jamais accepter une assertion, de qui que ce soit,
sans l’avoir soupesée, évaluée, et même niée.
Écouter son ressenti,
et entreprendre des investigations si nécessaire,
afin de vérifier que l’assertion corresponde ou non ou partiellement à la réalité.
Il s’agit donc d’exercer son esprit critique, en toute situation,
et ce même devant un Jésus-Christ ou autre prophète.
Comment reconnaître une vérité sans remise en question,
sans avoir exercé son esprit critique ?


Inconsciemment ou sciemment,
chacun lutte pour disposer de davantage de pouvoir.
Et le Système tout-puissant encourage cette incessante compétition.

De cette dynamique sociale hiérarchisée, il faut comprendre que
en reprenant, récupérant, de son pouvoir personnel,
l’autorité perd du pouvoir accumulé, de sa puissance.
Si chacun de nous se réappropriait son pouvoir personnel,
les autorités se retrouveraient comme le roi esseulé sur sa planète,
dans l’histoire du Petit Prince de St-Exupéry.
Idem avec les multinationales : en cessant d'acheter leurs produits,
ils perdent de leur pouvoir,
pouvoir qui se répartira entre plusieurs petits producteurs.


Le côté obscur du pouvoir

En saisissant cette dynamique interactive, on peut constater que :
plus on affaiblit une personne, l’autre, plus on y gagne du pouvoir.
Mais ce pouvoir "volé" est une énergie noire, malsaine.

On prend ainsi conscience de l’importance de veiller sur son pouvoir personnel.

On comprend aussi les raisons et motivations
de ceux qui n’hésitent pas à agresser psychiquement les autres gens.
Toutes personnes obnubilées par le pouvoir deviennent des voleuses d’énergie,
des dépouilleuses d’âmes, des castratrices d’élans, des vampires.

La violence humaine résulte la plupart du temps d’une quête de pouvoir,
pour davantage de puissance et jouissances (mentales).

L’emprise sur quelqu’un stimule le sentiment de pouvoir, de puissance.
L’emprise sur tout un peuple doit procurer un sentiment vertigineux de puissance,
comme une star de musique se produisant devant 20'000 personnes en adoration
(cela a été mis en scène dans le film « the wall » des Pink Floyd,
où la star se transforme, au fur et à mesure du concert, en dictateur nazi).

Se rappeler que
nous sommes tout à la fois, plein de personnalités (ou « moi ») passionnées,
et non seulement un diagnostic ou une case étiquetée ou un profil type.

Anecdote (déjà racontée sur l'autre plateforme) :
dans le cadre d’une formation,
un matin les psychopathologies ont été abordées.
Plus le temps passait, plus je me sentais mal à l’aise...
de me reconnaître dans de nombreux symptômes !
Je me suis inquiété pour ma santé psychique.
À la pause repas, avec mes collègues-amis, en riant (décompression),
j’ai abordé le sujet de front : « je me suis reconnu dans plusieurs maux décrits, ce matin ».
Eh bien, figurez-vous que la plupart se sont confiés à leur tour : c’était pareil pour eux !
Vous avez compris ?

Nous sommes à la fois un peu névrosé, un peu parano, un peu maniaco-dépressif,
plus ou moins sensible, un peu schizo, plus ou moins blessé intérieurement, etc.
Tout cela ne devient problématique, pathologique, que du moment
où l’une (ou plusieurs) de ces caractéristiques s’exacerbe, s’exalte ou pire, se dérègle.


Nous avons chacun du pouvoir personnel.
Nous avons chacun des qualités et des défauts,
des aspects nébuleux et d’autres lumineux,
nos moments de courage, nos moments de lâcheté, etc.

Penser toujours au mouvement incessant et fluctuant,
car nous ne sommes jamais ceci pour la vie,
mais nous sommes tout cela à la fois,
et plus encore…


De la violence psychique, inconsidérée

Il nous faut considérer que, en plus de la violence physique, visible,
il existe une violence dite psychique.
L’abus de pouvoir, par exemple, est violence psychique (contre l’abusé).

La violence psychique blesse l’intériorité d’une personne, sa sensibilité,
pouvant aller jusqu’à la déstabiliser, malmener son estime de soi (amour propre),
ce qui, à force de répétition, aliène son esprit et fragilise son âme.

Lorsque quelqu’un ou l’État se sert de notre pouvoir personnel
sans notre consentement conscient, cela génère de la violence.

L’intruisme est une forme de violence psychique
puisqu’on impose à l’autre des valeurs, un comportement, etc. ;
et cette violence peut se produire de façon parfaitement civilisée, polie, souriante,
c’est-à-dire sans signe extérieur d’agressivité ni de brutalité.

Se méfier des pacifistes et autres non-violents autoproclamés.
Voyez ce qu’il se passe depuis deux mille ans avec les Églises prônant l’amour de Dieu…


L'or, l'argent, le système monétaire ne génère que déséquilibre et violence,
une violence psychique pensée, voulue, par l'humain et ses idées.
Exemple : un bébé naît dans une famille multimillionnaire,
donc dans un lit de pouvoirs (que procure l'argent),
et, au même instant,
un bébé naît dans un bidon-ville, sans aucun pouvoir (social).





Cause de la violence : un schisme
entre ce qui est et ce qu’on aimerait qui soit


Voici ce qu’est le mal : se faire des idées sur ce qui devrait être. Ne pas accepter « ce qui est ».

La "première" violence résulte du décalage entre la Réalité (naturelle) et les idées.

Avec nos idéaux, la plupart du temps, on se fait violence à soi-même.

D’insister et de se raccrocher à des idées rend violent (psychiquement),
même si de façon distinguée, civilisée et maniérée, en apparence.

La non-violence implique de cesser de se faire des idées sur ce qui devrait être.


En résumé

Il est important, vital, de prendre conscience et soin de son pouvoir personnel (devenir responsable).

Chercher à augmenter son pouvoir, si souhaité, mais sans porter préjudice à quiconque
afin que l’élan ‒ l’énergie, la force ‒ reste pur, sain.

S'efforcer d’utiliser son énergie eu rapport et en harmonie avec ce qu’il se passe,
en adéquation avec « ce qui est ».
Discernement et tempérance.

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mercredi 6 juin 2018

Le cinquième rêve



Au début, le Grand Esprit dormait dans le rien.
Son sommeil durait depuis l’éternité.

Et puis soudain, nul ne sait pourquoi,
dans la nuit, il fit un rêve.

En lui gonfla un immense désir…

Et il rêva la lumière.
Ce fut le premier rêve. La toute première route.

Longtemps, la lumière chercha son accomplissement, son extase.

Quand finalement elle trouva,
elle vit que c’était la transparence.

Et la transparence régna.

Mais voilà qu’à son tour,
ayant exploré tous les jeux de couleurs qu’elle pouvait imaginer,
la transparence s’emplit du désir d’autre chose.
À son tour elle fit un rêve.
Elle qui était si légère,
elle rêva d’être lourde.

Alors apparut le caillou.
Et ce fut le deuxième rêve. La deuxième route.

Longtemps, le caillou chercha son extase, son accomplissement.

Quand finalement il trouva, il vit que c’était le cristal.

Et le cristal régna.
Mais à son tour, ayant exploré tous les jeux lumineux de ses aiguilles de verre,
le cristal s’emplit du désir d’autre chose, qui le dépasserait.
À son tour, il se mit à rêver.
Lui qui était si solennel, si droit, si dur,
il rêva de tendresse, de souplesse et de fragilité.

Alors apparut la fleur.
Et ce fut le troisième rêve, la troisième route.

Longtemps, la fleur, ce sexe de parfum,
chercha son accomplissement, son extase.
Quand enfin elle trouva, elle vit que c’était l’arbre.

Et l’arbre régna sur le monde.

Mais vous connaissez les arbres.
On ne trouve pas plus rêveurs qu’eux
(ne vous amusez pas à pénétrer dans une forêt qui fait un cauchemar).
L’arbre, à son tour, fit un rêve.
Lui qui était si ancré à la terre,
il rêva de la parcourir librement,
follement, de vagabonder au travers d’elle.

Alors apparut le ver de terre.
Et ce fut le quatrième rêve. La quatrième route.

Longtemps, le ver de terre chercha son accomplissement, son extase.

Dans sa quête, il prit tour à tour la forme du porc-épic,
de l’aigle, du puma, du serpent à sonnette.
Longtemps, il tâtonna.

Et puis un beau jour, dans une immense éclaboussure…
au beau milieu de l’océan… un être très étrange surgit,
en qui toutes les bêtes de la terre trouvèrent leur accomplissement,
et ils virent que c’était la baleine !

Longtemps cette montagne de musique régna sur le monde.

Et tout aurait peut-être dû en rester là, car c’était très beau.

Seulement voilà…
Après avoir chanté pendant des lunes et des lunes,
la baleine, à son tour, ne put s’empêcher de s’emplir d’un désir fou.
Elle qui vivait fondue dans le monde, elle rêva de s’en détacher.

Alors, brusquement nous sommes apparus, nous les hommes.
Car nous sommes le cinquième rêve, la cinquième route,
en marche vers le cinquième accomplissement, la cinquième extase.

Et ici, je vous dis : faites très attention !
Car, voyez-vous :
Dans la moindre couleur, toute la lumière est enfouie.
Dans tout caillou du bord du chemin, il y a un cristal qui dort.
Dans le plus petit brin d’herbe, sommeille un baobab.
Et dans tout ver de terre, se cache une baleine.

Quant à nous,
nous ne sommes pas le « plus bel animal »,
nous sommes le rêve de l’animal !
Et ce rêve est encore inaccompli…

‒ Légende amérindienne






samedi 2 juin 2018

Handicap émotivo-sexuel

20 ans, célibataire, bien nourri, normalement constitué,
son corps de mâle fabrique sa sève,
qui attend d’être éjectée.

Besoin physiologique.
Besoin affectif.
Désir sexuel.
Fantasmes.

Émotionnellement aussi immature que la plupart, RAS, notre homme est normal.
Sexuellement, il est aussi avide que la plupart, mais coincé et maladroit.
Beaucoup d’images pornographiques variées se bousculent dans sa tête.
Besoin d’alcool pour se désinhiber et soulager son désir, de temps en temps.

Dans cet exemple de situation,
l’homme ne connaît rien de son corps,
mais il est étudiant et sait déjà tout sur à peu près tout.
Il a baisé quelque fois, alors il croit savoir ce qu'est le sexe.
Celle dont il était amoureux, à 17 ans, s’était barrée avec un autre.
Trop de déceptions. Marre, ça fait mal à l’intérieur,
et ça fait perdre de l’assurance.
Il n’a pas appris à maîtriser ses émotions mais à les contenir.
Il ressent de l'agressivité, souvent de la colère, alors il fait du sport.
Il ne sait pas comment s’épanouir sexuellement mais il baise dès que l’occasion se présente,
tout en hésitant à s’engager, voulant être libre de réaliser des fantasmes.


Bon sang, mais que faire du désir sexuel qui, pourtant,
s’enflamme en chaque personne normalement constituée,
à l’image de Dieu ?

Les religions préconisent de lutter contre le désir sexuel,
afin d’en juguler l’élan, l’énergie,
en craignant, méprisant et haïssant, ce qui a stimulé le désir soit,
les objets et sujets extérieurs ; les femmes par exemple.

Pourtant, le désir s’enflamme de l’intérieur des individus,
bien qu’effectivement le monde extérieur offre d’incessants stimuli,
de toutes sortes.
Faudrait tout interdire.

Il faut tenir compte, aussi, du fait que notre homme peut désirer un autre homme.
S’il faut craindre les femmes et les hommes…

Ne pas se masturber.
Ne pas courir les jupons.
L’homosexualité mène en enfer.

Boudu, mais que faire de sa sexualité ?

Le Dieu des hommes paraît être un satané farceur :
en effet, Il nous a créé avec un appareil génital,
mais Il aurait soufflé à l’oreille d’élus qu’il ne faut pas l’utiliser,
à part le samedi soir, si marié(e), par « devoir conjugal »,
et pour faire des enfants "bien éduqués" et dévoués à la Nation.
Il n’aurait pas laissé de mode d’emploi,
mais des commandements et interdits
notamment de ne pas toucher ni jouer avec son zizi.

À ce jour, l’énigme du génital-à-ne-pas-utiliser n’est pas résolue,
« ça » pose encore problèmes, misères, malheurs, douleurs, violences…

Proposition

Politiser le sujet de la sexualité et de l’émotion,
en commençant par nommer un ministre de l’Intérieur… des êtres.

C’est sûr, on grandira, évoluera, avancera,
avec un ministre Tantrique au côté de N. Hulot et du colon Collomb de Macron(d$).