jeudi 30 novembre 2017

Matière et énergie (G VI)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Pour G. I. Gurdjieff, tout est matière et énergie.

Je rappelle qu’il disait cela entre 1915 et 1917 (lorsque P. D. Ouspensky prenait ces notes),
alors que les découvertes de la physique quantique débutaient à peine.
Même constatation concernant la « relativité » que G. I. Gurdjieff connaissait déjà.
(J’avais publié le fait qu’il savait, aussi, que la Lune est un morceau de Terre).

Mais qu’est-ce que la matière ?
Une autre idée qu’il nous faut assimiler, c’est l’idée de la matérialité de l’univers (…)
Mais le concept de "matérialité" est aussi relatif que tout autre. (…)



Le rayon de création établit sept plans dans le monde,
sept mondes l’un dans l’autre. (…)
 


Les gens sont accoutumés à penser que la « matière » est partout la même.
La physique, l’astro-physique, la chimie, des méthodes telles que l’analyse spectrale,
etc., sont toutes fondées sur cette assertion.
(…)

La matière, ou la substance, présuppose nécessairement
l’existence de la force ou de l’énergie.
(…)

Pour entreprendre l’étude de l’univers, il suffit d’avoir une idée élémentaire
de la matière et de l’énergie, telle que nous la donnent des observations
immédiates au moyen de nos organes des sens.

Ce qui est "permanent" est considéré comme matériel, comme matière,
et les "changements" qui interviennent dans l’état de ce qui est permanent,
ou de la matière,

sont appelés manifestations de force ou d’énergie.
Tous ces changements peuvent être regardés comme la résultante de vibrations
ou de mouvements ondulatoires qui partent du centre, c’est-à-dire de l’Absolu,
et vont dans toutes les directions, s’entrecroisant, entrant en collision
ou fusionnant les uns avec les autres, (…)
De ce point de vue, donc, le monde est fait de mouvements ondulatoires
ou de vibrations et de matière, ou de matière à l’état de vibrations,
de matière vibratoire.

La vitesse des vibrations est en raison inverse de la densité de la matière.
C’est dans l’Absolu que les vibrations sont le plus rapides et la matière le moins dense.
Dans le monde immédiatement consécutif, les vibrations sont plus lentes
et la matière plus dense ; au-delà, la matière est encore plus dense,
et les vibrations plus lentes.
La "matière" peut être regardée comme constituée par des "atomes". (…)



Les sept mondes du rayon de création représentent sept ordres de matérialité.
La matérialité de la lune est différente de celle de la terre ; (etc.)
Ainsi, au lieu d’un seul concept de matière, nous avons sept sortes de matières,
mais notre conception ordinaire de la matérialité n’embrasse
que la matérialité des mondes 96 (Lune) et 48 (vie sus-planétaire, sur Terre),
et encore avec difficulté.
La matière du monde 24 (toutes les planètes)
est beaucoup trop raréfiée pour être regardée comme de la matière
du point de vue scientifique de notre physique et de notre chimie ;
(…)

Toutes ces matières, appartenant à des ordres variés de l’univers,
ne sont pas disposées en couches séparées, mais elles s’entremêlent,
ou plutôt s’interpénètrent les unes les autres.
Nous pouvons nous faire une idée d’une telle interpénétration des matières
de différentes densités à partir de l’expérience que nous pouvons avoir
de la pénétration d’une matière connue de nous par une autre également connue.
Un morceau de bois peut être saturé d’eau, cette eau peut à son tour contenir des gaz.
On peut observer exactement la même relation entre différentes sortes de matières
dans l’univers entier ; les matières plus fines pénètrent les matières plus grossières.
La matière ayant les caractéristiques de la matérialité qui nous est compréhensible,
se divise pour nous, selon sa densité, en différents états : solide, liquide, gazeux,
et comporte en outre des gradations telles que : énergie radiante, ou électricité,
lumière, magnétisme ; et ainsi de suite.
(…)

(…) la matière d’un plan supérieur n’est pas du tout matérielle pour les plans inférieurs.
Toute la matière du monde qui nous entoure, la nourriture que nous mangeons,
l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les pierres (…), nos propres corps
– chaque chose est traversée par toutes les matières qui existent dans l’univers.
Il n’est pas besoin d’étudier scientifiquement le soleil pour découvrir la matière
du monde solaire : cette matière existe en nous-mêmes,
elle est le résultat de la division de nos atomes.
De la même façon, nous avons en nous la matière de tous les autres mondes.
L’homme est, au sens fort de ce mot, un "univers en miniature".
Toutes les matières dont est constitué l’univers sont en lui.
Les mêmes forces, les mêmes lois qui gouvernent la vie de l’univers, agissent en lui.

C’est pourquoi, en étudiant l’homme, nous pouvons étudier l’univers entier,
exactement de la même façon qu’en étudiant le monde, nous pouvons étudier l’homme.
Mais le seul homme qui puisse vraiment être mis en parallèle avec le monde,

est l’homme dans toute l’acception de ce terme, c’est-à-dire l’homme total,
chez qui les puissances intérieures ont été complètement développées.
Un homme non développé, un homme qui n’est pas encore parvenu au terme
de son évolution, ne peut pas être considéré comme une image intégrale
ou parfaite de l’univers – il est un monde non fini.


mercredi 29 novembre 2017

Ensemble, à chacun son bidule

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mardi 28 novembre 2017

3 Forces et des lois mécaniques (G V)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Suivant l’ordre des notes de P. D. Ouspensky,
G. I. Gurdjieff aborde la « loi fondamentale » dite Loi de Trois,
une loi originelle, naturelle et universelle *.

Rappel (extrait copié dans son livre « Récits de Belzébuth… »)** :
Le nombre de lois fondamentales qui, dans le monde et dans l’homme,
régissent tous les processus, est très restreint.
La première loi fondamentale est la loi des trois Forces.
La seconde loi fondamentale est la loi de Sept ou loi d’Octave.
La loi fondamentale, qui crée tous les phénomènes, est la « loi de Trois »,
la loi des trois Principes ou Forces.
Son symbole majeur est celui de la Trinité, comme celui du triangle.
Pour la production d’un phénomène, il faut :
- une force active ou positive,
- une force passive ou négative,
- une force neutralisante ou conciliante.
Les trois Forces sont actives.
Elles apparaissent comme active, passive et neutralisante
à leurs seuls points de rencontre,
lorsqu’elles entrent en relation les unes avec les autres.
Lorsque les trois forces se croisent, il se crée un point de jonction ;
des mondes se créent, des phénomènes.
La troisième Force reste la plus difficile à observer et à comprendre.



Revenons à l’enseignement.
À ses élèves et au sujet de la Loi de Trois, G. I. Gurdjieff disait :
(…) nous devons examiner « la loi fondamentale » qui crée tous les phénomènes
dans toute la diversité ou l’unité de tous les univers.
C’est la "Loi de Trois", la loi des « Trois principes » ou des « Trois Forces ».
Selon cette loi, tout phénomène,
sur quelque échelle et dans quelque monde qu’il ait lieu,

du plan moléculaire au plan cosmique,
est le résultat de la combinaison ou de la rencontre
de trois forces différentes et opposées.

(…)
Au commencement, il suffira de comprendre le principe général :
chaque phénomène, si grand soit-il,
est nécessairement la manifestation de trois forces ;

une ou deux forces ne peuvent pas produire un phénomène,
et si nous observons un arrêt en quoi que ce soit, ou une hésitation sans fin,
à la même place, nous pouvons dire qu’à cette place manque la troisième force.
(…)
L’idée de l’unité des trois forces dans l’Absolu forme la base de beaucoup
d’enseignements anciens – consubstantielle et indivisible Trinité ;
Trimurti : Brahma – Vishnu – Siva, et ainsi de suite.
Les trois forces de l’Absolu, constituant un tout,
séparées et unies par leur propre volonté et par leur propre décision,
créent à leurs points de jonction, des phénomènes, des "mondes". (…)


Un autre jour, G. I. Gurdjieff parla du « rayon de création »
(nous y reviendrons dans une prochaine parution, en attendant voici son schéma :)

(…) rayon de création, qui descend du monde 1 jusqu’au monde 96,
rappelons que les chiffres par lesquels les mondes sont désignés
indiquent le nombre de forces, ou d’ordres de lois,
qui gouvernent les mondes en question
(= lois mécaniques).
Dans l’Absolu, il n’y a qu’une seule force,
et une seule loi – l’unique et indépendante volonté de l’Absolu.
Dans le monde suivant, il y a trois forces, ou trois ordres de lois.
Dans le suivant, six ordres de lois ;
dans le suivant encore douze, et ainsi de suite.

Dans notre monde, c’est-à-dire sur la terre, nous sommes assujettis
à quarante-huit ordres de lois, qui gouvernent toute notre vie. (…)
Sur la terre, nous sommes très éloignés de la volonté de l’Absolu ;
nous en sommes séparés par 48 ordres de lois mécaniques.
(…)
La possibilité, pour l’homme, de se libérer graduellement des lois mécaniques,

existe donc. (…)
Au commencement, un homme doit simplement comprendre qu’il n’a nul besoin
de rester esclave d’un millier de petites lois, fastidieuses,
que d’autres hommes ont créées pour lui, ou qu’il s’est créées lui-même.
Mais qu’il essaie de s’en libérer, il verra qu’il ne le peut pas.
Qu’il fasse de longs et persistants efforts dans cette direction,
ils ne tarderont pas à le convaincre de son esclavage.
Ces lois qui tiennent l’homme sous leur sujétion ne peuvent être étudiées
qu’en luttant contre elles, qu’en s’efforçant de s’en libérer.
Mais il faut une grande connaissance pour parvenir à se libérer d’une loi
sans en créer pour soi-même une autre à la place.


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Notes et liens
* Ishtar
** Ennéagramme, le symbole mystérieux (en deuxième partie, la loi de Trois est abordée)
Trois cerveaux
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dimanche 26 novembre 2017

Zoufris Maracas

Mon coup d'coeur musical du moment.

Tellement de chouettes morceaux, lequel choisir ?

"Et si demain"  ;)
"Chienne de vie"  ;)

Ou, peut-être, "Le peuple à  l'oeil" ?

Tiens, plutôt celle-ci, intitulée "Prison dorée"




samedi 25 novembre 2017

Élimination du vivant

J’me sens écœuré,
non seulement d’avoir lu ce matin un massacre en Egypte,
mais d’avoir entendu ce midi la journaliste de radio dire « 235 Soufis ».

Ils s’en prennent aux innocents.
Ils s’en prennent au vivant.
Ils s’en prennent à la lumière.

vendredi 24 novembre 2017

Se désenvoûter

Peut-être vous demandez-vous pourquoi une rubrique « initiation » ?

Je pense que plus nous serons à ouvrir les yeux, à nous réveiller,
mieux ça ira, dans ce monde.
Et aussi, que les "choses" se rétabliront d’elles-mêmes.

mercredi 22 novembre 2017

Être et persona (G IIII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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L’avis de G. I. Gurdjieff concernant l’évolution est tranchant.
En bref,
pour autant qu’une personne veuille vraiment évoluer,
elle avance non seulement à l’encontre du mouvement mécanique général,
mais également à l’encontre de la Nature, et même de Dieu.
En voici la raison principale :
notre fonction de vie, comme celle des autres animaux,
est naturellement mécanique (instinctivo-motrice).
Cette fonction sert les desseins de la Terre et des autres planètes,
qui servent les desseins de l’Univers (de ce qui dépasse notre entendement).

Voici ce qu’entend G. I. Gurdjieff par « évolution » :
En ce qui regarde l’évolution,
il est indispensable de bien se convaincre, dès le début,
qu’il n’y a jamais d’évolution mécanique possible.
L’évolution de l’homme est l’évolution de sa conscience.
Et la "conscience" ne peut pas évoluer inconsciemment.
L’évolution de l’homme est l’évolution de sa volonté,
et la "volonté" ne peut pas évoluer involontairement.
L’évolution de l’homme est l’évolution de son pouvoir de "faire",
et "faire" ne peut pas être le résultat de ce qui "arrive".



G. I. Gurdjieff explique ensuite l’indispensable équilibre
à maintenir entre « l’être et le savoir ».

Plus avant (selon les notes prises par P. D. Ouspensky),
il reprend cette scission intérieure entre l’être (ou essence de la personne)
et la personnalité (construite par les savoirs) :
Le développement de l’homme s’opère selon deux lignes :
"savoir" et "être".
Pour que l’évolution se fasse correctement,
les deux lignes doivent s’avancer ensemble,
parallèles l’une à l’autre et se soutenant l’une l’autre.
Si la ligne du savoir dépasse trop celle de l’être,
ou si la ligne de l’être dépasse trop celle du savoir,
le développement de l’homme ne peut se faire régulièrement ;
tôt ou tard, il doit s’arrêter.
Les gens saisissent ce qu’il faut entendre par "savoir".
Ils reconnaissent la possibilité de différents niveaux de savoir :
ils comprennent que le savoir peut être plus ou moins élevé,
c’est-à-dire de plus ou moins bonne qualité.
Mais cette compréhension, ils ne l’appliquent pas à l’être.
Pour eux, l’être désigne simplement "l’existence", qu’ils opposent à la "non-existence".
Ils ne comprennent pas que l’être peut se situer à des niveaux très différents
et comporter diverses catégories.
Prenez, par exemple, l’être d’un minéral et l’être d’une plante.
Ce sont deux êtres différents.
(…) deux hommes peuvent différer dans leur être
plus encore qu’un minéral et un animal.
C’est exactement ce que les gens ne saisissent pas.
Ils ne comprennent pas que « le savoir dépend de l’être ».
Et non seulement ils ne le comprennent pas, mais ils ne veulent pas le comprendre.
Dans la civilisation occidentale tout particulièrement,
il est admis qu’un homme peut posséder un vaste savoir,
qu’il peut être par exemple un savant éminent, l’auteur de grandes découvertes,
un homme qui fait progresser la science, et qu’en même temps il peut être,
et a le droit d’être, un pauvre petit homme égoïste, ergoteur, mesquin,
envieux, vaniteux, naïf et distrait.
On semble considérer ici qu’un professeur doit oublier partout son parapluie.
Et cependant, c’est là son être.
Les gens accordent la plus grande valeur au savoir,
mais ils ne savent pas accorder à l’être une valeur égale
et ils n’ont pas honte du niveau inférieur de leur être.
Ils ne comprennent même pas ce que cela veut dire.
Personne ne comprend que le degré du savoir d’un homme
est fonction du degré de son être.
Lorsque le savoir surclasse l’être par trop, il devient théorique,
abstrait, inapplicable à la vie ; il peut même devenir nocif parce que,

au lieu de servir la vie et d’aider les gens dans leur lutte contre les difficultés
qui les assaillent, un tel savoir commence à tout compliquer ;
dès lors, il ne peut plus apporter que de nouvelles difficultés,
de nouveaux troubles et toutes sortes de calamités, qui n’existaient pas auparavant.
La raison en est que le savoir qui n’est pas en harmonie avec l’être
ne peut jamais être assez grand ou, pour mieux dire,
suffisamment qualifié pour les besoins réels de l’homme.
Ce sera le savoir « d’une chose », lié à l’ignorance « d’une autre » ;
ce sera le savoir du « détail », lié à l’ignorance du « tout » ;
le savoir de la « forme », ignorant de « l’essence ».
Une telle prépondérance du savoir sur l’être
peut être constatée dans la culture actuelle.
L’idée de la valeur et de l’importance du niveau de l’être a été complètement oubliée.
On ne sait plus que le niveau du savoir est déterminé par le niveau de l’être.
(…)
Lorsque le savoir l’emporte sur l’être,
l’homme « sait mais il n’a pas le pouvoir de faire ».

C’est un savoir inutile.
Inversement, lorsque l’être l’emporte sur le savoir,
l’homme « a le pouvoir de faire », mais il ne sait pas quoi faire.

Ainsi l’être qu’il a acquis ne peut lui servir à rien, et tous ses efforts ont été inutiles.
Dans l’histoire de l’humanité, nous trouvons de nombreux exemples
de civilisations entières qui périrent soit parce que leur savoir surclassait leur être,
soit parce que leur être surclassait leur savoir.
(…)
(…) il est indispensable de comprendre le rapport du savoir et de l’être,
pris ensemble.
« Le savoir est une chose, la compréhension en est une autre ».
Mais les gens confondent souvent ces deux idées,
ou bien ils ne voient pas nettement où est la différence.
Le savoir par lui-même ne donne pas de compréhension.
Et la compréhension ne saurait être augmentée par un accroissement du seul savoir.
La compréhension dépend de la relation du savoir à l’être.
La compréhension résulte de la conjonction du savoir et de l’être.
Par conséquent l’être et le savoir ne doivent pas trop diverger,
autrement la compréhension s’avèrerait fort éloignée de l’un et de l’autre.
(…), la relation du savoir à l’être
ne change pas du fait d’un simple accroissement du savoir.
Elle change seulement lorsque l’être grandit parallèlement au savoir.
En d’autres termes,
la compréhension ne grandit qu’en fonction du développement de l’être.
Avec leur pensée ordinaire, les gens ne distinguent pas entre savoir et compréhension.
Ils pensent que si l’on sait davantage, on doit comprendre davantage.
C’est pourquoi ils accumulent le savoir ou ce qu’ils appellent ainsi,
mais ils ne savent pas comment on accumule la compréhension
et ils ne s’en soucient pas.
Cependant une personne exercée à l’observation de soi sait avec certitude
qu’à différentes périodes de sa vie elle a compris une seule et même idée,
une seule et même pensée, de manières totalement différentes.
Il lui semble étrange souvent qu’elle ait pu comprendre si mal
ce qu’elle comprend maintenant, croit-elle, si bien.
Et elle se rend compte, cependant, que son savoir est demeuré le même ;
qu’elle ne sait rien de plus aujourd’hui qu’hier.
Qu’est-ce donc qui a changé ?
C’est son être qui a changé.
Dès que l’être change, la compréhension elle aussi doit changer.
Entre le savoir et la compréhension,
la différence devient claire lorsque nous réalisons
que le « savoir » peut être la fonction d’un seul centre (l'intellect).
La compréhension, au contraire, est la fonction de trois centres.
Ainsi l’appareil du penser peut « savoir » quelque chose.
Mais la compréhension apparaît seulement
quand un homme a le « sentiment » et la « sensation »
de tout ce qui se rattache à son savoir.
Nous avons parlé précédemment de la mécanicité.
Un homme ne peut pas dire qu’il comprend l’idée de la mécanicité,
lorsqu’il la « sait » seulement avec sa tête.
Il doit la « sentir » avec toute sa masse, avec son être entier.
Alors il la comprendra.
Dans le champ des activités pratiques,
les gens savent très bien faire la différence entre le simple savoir et la compréhension.
Ils se rendent compte que savoir et « savoir faire » sont deux choses toutes différentes,

et que « savoir faire » n’est pas le fruit du seul savoir.
Mais, sortis de ce champ de leur activité pratique,
les gens ne comprennent plus ce que cela signifie : "comprendre".
En règle générale, lorsque les gens se rendent compte
qu’ils ne comprennent pas une chose,
ils essaient de lui « trouver un nom »,
et lorsqu’ils ont trouvé un nom, ils disent qu’ils "comprennent".
Mais "trouver un nom" ne signifie pas que l’on comprenne.
Par malheur, les gens se satisfont habituellement des noms.
Et un homme qui connaît un grand nombre de noms,
c’est-à-dire une multitude de mots,
est réputé très compréhensif – excepté, dans les choses pratiques
où son ignorance ne tarde pas à devenir évidente.



Le langage, notre façon de parler, représente une limite à la compréhension :
L’une des raisons de la divergence
entre la ligne du savoir et la ligne de l’être dans notre vie,
en d’autres termes le manque de compréhension
qui est en partie la cause et en partie l’effet de cette divergence,
se trouve dans le langage que parlent les gens.
Ce langage est rempli de conceptions fausses,
de classifications fausses, d’associations fausses.

(…) chaque mot peut avoir des milliers de significations différentes
selon le bagage dont dispose celui qui parle
et le complexe d’associations en jeu au moment même.
(…)
Les gens sont absolument convaincus d’avoir un langage commun

et de se comprendre les uns les autres.
En fait, cette conviction n’a pas le moindre fondement.
(…) personne ne comprend personne.
Deux hommes peuvent avec une conviction profonde dire la mêmes chose,
mais lui donner des noms différents, et discuter alors à perte de vue,
sans soupçonner que leur pensée est exactement la même.
Ou bien, inversement, deux hommes peuvent employer les mêmes mots
et s’imaginer qu’ils sont d’accord, qu’ils se comprennent,
tandis qu’ils disent en réalité des choses absolument différentes
et ne se comprennent pas le moins du monde.
(…)
Les gens ne cessent de confondre les langues des différentes sciences
et ils ne peuvent jamais établir leurs rapports justes.
Même dans chaque branche de la science prise isolément,
de nouvelles terminologies,
de nouvelles nomenclatures apparaissent constamment.
Et plus vont les choses, pires elles deviennent.
L’incompréhension mutuelle, loin de diminuer, ne fait que grandir,
et il y a toutes les raisons de penser que cela ne fera que s’amplifier
toujours dans le même sens. Les gens se comprendront de moins en moins.

Durant la première guerre mondiale,
G. I. Gurdjieff a "prédit" cette incompréhension réciproque !
Il ne s’était pas trompé.

Il observait que nos langages « manquent de termes exprimant la relativité ».


mardi 21 novembre 2017

Apocalypse, il est temps...

Apocalypse.
« Apocalupsis », en grec, signifie « révélation ».



lundi 20 novembre 2017

Esprit du solitaire

Long est le chemin qui pourrait, peut-être, mener à toi.



dimanche 19 novembre 2017

Vérité in&out


- Peut-on toujours dire la vérité ?

- À soi-même, il faut s’y efforcer,
afin de voir les choses comme elles sont.
Aux autres, je me demande si c’est important ?

vendredi 17 novembre 2017

Anarchie, au sommet

On imagine que l’anarchie soit provoquée par des zonards,
dans des ruines où déambuleraient des zombies,
des punks et skins, en une ambiance « no future »
et une atmosphère post-apocalyptique décadente, etc. ;
mais avez-vous seulement pensé qu’il se pourrait que l’anarchie se propage déjà,
là où l’on s’y attendrait le moins et d’une façon inimaginable :
dans les hautes sphères de la société ?

mercredi 15 novembre 2017

Intériorité, à solidifier (G III)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Je reviens sur l’image des limailles de B. Mouravieff,
qui s’est inspiré de l’enseignement de G. I. Gurdjieff.
Il est important de comprendre cette image avec le contenu d'un vase.
G. I. Gurdjieff a expliqué, à ce sujet, la nécessité d’une cristallisation du Moi,
qui devient maître des trois corps (physique-instinctif, émotionnel et intellectuel).
Ce dont parle Gurdjieff correspond à ce que l’on nomme couramment « force intérieure ».

Plus on se renforce intérieurement, moins on subit la part accidentelle des événements ;
c’est-à-dire que les phénomènes extérieurs nous influenceront moins.
De la sorte, on prend les rênes de sa destinée (à distinguer du destin), de son existence,
notamment grâce à un « Moi » de plus en plus permanent, unifié, intègre.

Voici la métaphore plus détaillée qu’utilisa G. I. Gurdjieff, et qui a inspiré B. Mouravieff :
Un enseignement oriental décrit les fonctions des quatre corps,
leur croissance graduelle et les conditions de cette croissance, de la façon suivante :
« Imaginons un vase ou une cornue remplie de diverses poudres métalliques.
Entre ces poudres, qui sont en contact les unes avec les autres,
il n’existe pas de relations définies.
Chaque changement accidentel de la position de la cornue
modifie la position relative des poudres.
Si l’on secoue la cornue, si on la frappe du doigt,
alors la poudre qui se trouvait en haut peut apparaître au fond,
au milieu, ou inversement.
Il n’y a rien de permanent dans la situation respective de ces poudres,
et, dans de telles conditions, il ne peut rien y avoir de permanent.
C’est une image fidèle de notre vie psychique.
A tout moment, de nouvelles influences peuvent modifier la position des grains
qui se trouvent en haut, et faire venir à leur place d’autres grains,
de nature absolument opposée.
La science appelle cet état relatif des poudres l’état de mélange mécanique.
La caractéristique fondamentale des relations mutuelles dans cet état de mélange
est leur versatilité et leur instabilité.
Il est impossible de stabiliser les relations mutuelles des poudres
qui se trouvent dans un état de mélange mécanique.
Mais elles peuvent être fondues ;
leur nature métallique rend l’opération possible.
A cette fin, un feu spécial peut être allumé sous la cornue ;
en les chauffant, il les fera fusionner les unes avec les autres.
Ainsi fondues, les poudres se trouvent à l’état de composé chimique.
Dès lors, elles ne peuvent plus être agitées aussi aisément
que dans leur état de mélange mécanique,
lorsqu’il suffisait d’une chiquenaude pour les séparer et les faire changer de place.
Ce que contenait la cornue est maintenant devenu indivisible, "individuel".
C’est une image de la formation du second corps.
Le feu, grâce auquel la fusion est obtenue, est le produit d’une "friction"
qui est à son tour le produit de la lutte dans l’homme du "oui" et du "non".
Si un homme ne résiste jamais à aucun de ses désirs, s’il est de connivence avec eux,
s’il les flatte, s’il les encourage même, alors il n’y aura jamais de confit intérieur en lui,
jamais de "friction", et pas de feu.
Mais si, pour atteindre un but défini, il combat les désirs
qui se mettent en travers de son chemin, il crée de cette façon un feu
qui transformera graduellement son monde intérieur en un Tout. »



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Et voilà deux autres histoires symboliques exprimant, cette fois, nos possibilités latentes.
Ces métaphores sont importantes pour la suite de l'initiation,
ainsi que pour comprendre les quatre corps de l'humain.
Celles-ci, d'histoires, peuvent être mises en parallèle avec la métaphore du cocher.

En nous, en notre intériorité, un royaume (disait Lao Tseu) :
(…), quelques enseignements comparent l’homme à une maison de quatre pièces.
L’homme vit dans la plus petite et la plus misérable,
sans soupçonner le moins du monde, jusqu’à ce qu’on le lui ait dit,
l’existence des trois autres, qui sont pleines de trésors.
Lorsqu’il en entend parler, il commence à chercher les clés de ces chambres,
et spécialement de la quatrième, la plus importante.
Et lorsqu’un homme a trouvé le moyen d’y pénétrer,
il devient réellement le maître de sa maison,
parce que c’est seulement alors que la maison lui appartient,
pleinement et pour toujours.

Plus avant, G. I. Gurdjieff décrit la maison (seconde métaphore),
en laquelle se répand le désordre sous le commandement de divers "moi"
qui se succèdent inlassablement :
(...) l’homme est comparé à une maison sans Maître ni intendant,
occupée par une multitude de serviteurs. Ceux-ci ont entièrement oublié leurs devoirs ;
personne ne veut remplir sa tâche ; chacun s’efforce d’être le maître,
ne serait-ce que pour une minute, et, dans cette sorte d’anarchie,
la maison est menacée des plus graves dangers.
La seule chance de salut est qu’un groupe de serviteurs plus sensés se réunissent
et élisent un « intendant » temporaire, c’est-à-dire un « député-intendant ».
Ce « député-intendant » peut alors mettre les autres serviteurs à leur place,
et contraindre chacun d’eux à faire son travail : la cuisinière à la cuisine,
le cocher à l’écurie, le jardinier au potager et ainsi de suite.
De cette façon, la "maison" peut être prête pour l’arrivée du véritable intendant,
qui à son tour préparera l’arrivée du véritable Maître.


mardi 14 novembre 2017

À l’ego-Soi

Prière servant à traverser le blindage du « moi-je » égotique :


Par la grâce de l’Amour omniprésent,
se manifestant à l’intérieur,
se manifestant à l’extérieur,
puissé-je me pardonner mes ignorance et entêtements,
causes de mes mauvais choix et décisions,
comme de mes souffrances et errance.

Puisse ce qui fonde ma personnalité baigner en Tes émanations,
afin d’être purifié des artifices contraignant mon évolution.

Puisse ma personnalité devenir suffisamment humble
et curieuse de rencontrer mon être profond, le Soi inconnu.

Puisse l’être profond s’épanouir et se manifester.

Donne-moi la force de lutter contre mon avidité,
ainsi que contre l’influence des personnes encourageant ce rapport à la vie.

Permets-moi d’identifier mes désirs vains, tout en considérant mes aversions,
afin de cultiver l’intention juste et sensée faisant vibrer ma nature retrouvée.

Que par l’écoute de ma conscience, je me désentrave des attachements futiles,
de mon conditionnement, intégré sans recul ni critique de l’esprit adulte,
ainsi que de mon obéissance aveugle à des règles et lois injustes.

À Tes côtés, Amour, je traverse les vents furieux de la haine,
qui, tout au plus, me ralentissent et, au mieux,
me permettent de discerner plus précisément Ta nature,
ainsi que ce qui est bon et juste pour mon entière personne.

Que mon esprit s’envole au-dessus de mes envies
– de plaire, de convenir, d’être accepté, considéré, etc. –,
ainsi que de ma volonté de contrôler les événements.

Puissé-je me réveiller totalement.

Que mon sentiment retrouve sa virginité.
Que ma conscience continue à s’ouvrir, à s’élargir.
Que mon corps retrouve sa puissance instinctive primitive.
Que ma personnalité accepte de partager la scène avec mon être.
Que mon esprit poursuive sur la voie de la lucidité et de l’objectivité.


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samedi 11 novembre 2017

Entre sentients

La notion de sentience me "parle", me plaît.

Sur le site Net Mediapart est paru un article d’Hippolyte Varlin
considérant le monde et nos lois à partir de la sentience.

Voici un avant-goût, définissant la sentience :
Reconnaissant la valeur des sentiments et émotions
ainsi que des douleurs ressenties et exprimées
et considérant qu’elles unissent animaux humains et non-humains
en une communauté des êtres sentients ; (…)

(à lire le reste, impérativement)

À mon avis, démarche salvatrice, à adopter urgemment.

Pour moi, reconnaître la sentience serait une évolution intelligente,
un véritable progrès pour des rapports sains et respectueux…


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vendredi 10 novembre 2017

Connaître, nos fonctions (G II)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.
Contexte : en Russie, durant la première guerre mondiale.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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L’enseignement de G. I. Gurdjieff commence pour P. D. Ouspensky,
qui, suite à plusieurs rencontres, s’est engagé à devenir son élève.

À propos de la connaissance et de l’ignorance, G. I. Gurdjieff expliquait :
L’accumulation de la connaissance par les uns
dépend du rejet de la connaissance par les autres.
Commentaire : remarquez le mouvement du balancier.
Il y a, dans la vie de l’humanité, des périodes
qui coïncident généralement avec le commencement du déclin des civilisations,
où les masses perdent irrémédiablement la raison, et se mettent à détruire
tout ce que des siècles et des millénaires de culture avaient créé.
(…)
Les masses ne se soucient pas de la connaissance,
elles n’en veulent pas,
et leurs chefs politiques – c’est leur intérêt –
ne travaillent qu’à renforcer leur aversion,
leur peur de tout ce qui est nouveau et inconnu.
L’état d’esclavage de l’humanité a pour fondement cette peur.
(…)
(…) les qualités (…) sont « l’individualité », dans le sens d’unité intérieure,
le « Moi permanent et immuable »,
la « conscience » et la « volonté ».
Toutes ces qualités « peuvent » appartenir à l’homme. (…)
Pour comprendre « ce qu’est » l’homme, aujourd’hui,
c’est-à-dire au niveau actuel de son développement,
il est indispensable de pouvoir se représenter jusqu’à un certain point
ce qu’il peut être, c’est-à-dire ce qu’il peut atteindre.
Car ce n’est que dans la mesure où un homme parvient à comprendre
la séquence correcte de son développement possible
qu’il peut cesser de s’attribuer ce qu’il ne possède pas encore,
et ne pourra atteindre, peut-être, que par de grands efforts et de grands labeurs.
(…) lorsque l’homme atteint le développement le plus complet
qui lui soit possible en général, « il se compose de quatre corps ». (…)



En résumé, la plupart d’entre nous ne fonctionne qu’en contrôlant le premier corps, le physique.
De nos jours, l’émotion contenue et l’intellect exalté restent au service du corps.
G. I. Gurdjieff poursuit :
Les fonctions du corps physique peuvent être mises en parallèle
avec les fonctions des quatre corps. (…)
L’homme ordinaire ne possède pas ces corps (les trois autres),
ni les fonctions qui leur correspondent. Mais il croit souvent,
et il réussit à faire croire aux autres, qu’il les possède.
Les raisons de cette erreur sont, en premier lieu, le fait que le corps physique
travaille avec les substances mêmes dont sont constitués les corps supérieurs,
mais ces substances ne se cristallisent pas en lui (…) ;
et, en second lieu, le fait que toutes les fonctions du corps physique sont analogues
à celles des corps supérieurs, bien qu’elles en diffèrent naturellement beaucoup.
Entre les fonctions d’un homme qui ne possède que son corps physique,
et les fonctions des « quatre corps »,
la différence principale est que, dans le premier cas,
les fonctions du « corps physique » gouvernent toutes les autres ;
en d’autres termes,
tout est gouverné par le corps qui est, à son tour, gouverné par les influences extérieures.
Dans le second cas,
le commandement ou le contrôle émane du corps supérieur
(c’est-à-dire du Moi profond ou maître-en-soi,
comme on peut le voir sur le schéma ci-dessous).



Nous sommes et disposons de quatre corps, parties, nous a appris G. I. Gurdjieff :


 Ce schéma pourrait être visualisé verticalement, comme suit :



* * * * * * * * * *  * * * * * * * * * * *

Voici une illustration de ce que nous sommes, humains-machines,
avec l’arcane majeur le Chariot du Tarot :


Et voici ce dont nous avons besoin de prendre conscience, avec quatre arcanes du Tarot.
J’appelle ce schéma « l’humain debout » :


Le Bateleur (en le corps physique) illustre notre capacité à imiter, à reproduire
et aussi, à faire illusion et s’adapter en sachant agir avec ce dont on dispose.

La Justice (en le centre émotionnel) illustre le sens du juste (intérieur, immanent),
ainsi que le sens de la modération, du dosage approprié, de l'harmonie.

Le Diable (en le centre intellectuel) illustre le contrôle sur soi par l’esprit,
contrôle de ses passions et désirs, de son sentiment (incluant l’instinctif, la sexualité) et de sa pensée ;
autrement dit, le Diable représente la conscience de soi, dans sa globalité.

Le Mat (dans le corps causal) illustre … (ce que vous y voyez) ...


jeudi 9 novembre 2017

Conseiller, quel sens ?

Lorsqu’une personne raconte un survenu, ses déboires par exemple,
de quoi a-t-elle besoin ?
Qu’est-ce qui la motive ?

mercredi 8 novembre 2017

Dépasser la mécanicité (G I)

Pour l’anecdote : en octobre 2017, il y a eu un festival du livre, réputé dans la région.
Des bouquinistes s’y installent, en dehors des lieux d’exposition des maisons d’éditions.
J’y ai trouvé un livre lu il y a une vingtaine d’années, dont j’ai parlé ici, intitulé
« Fragments d’un enseignement inconnu », de P. D. Ouspensky, paru en 1947,
avec l’accord de G. I. Gurdjieff, puisqu’il s’agit de son enseignement.
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Dans cette rubrique va paraître une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
le maître de danse, selon les notes prises par P. D. Ouspensky.
G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale

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En préambule, abordons le sujet de l’humain et de son niveau de connaissance de soi :
Gurdjieff : Nous partons de ce fait que l’homme ne se connaît pas lui-même,
qu’il « n’est pas », c’est-à-dire qu’il n’est pas ce qu’il peut et ce qu’il devrait être.
Pour cette raison, il ne peut prendre aucun engagement, ni assumer aucune obligation.
Il ne peut rien décider quant à l’avenir.
Aujourd’hui, il est une personne, et demain il en est une autre. (…)

Le dialogue suivant, au sujet de l’humain-machine, s’est déroulé entre ~1915 et 1917.
Alors en Russie, P. D. Ouspensky y a fait la connaissance de G. I. Gurdjieff :
Ouspensky : Les gens sont en train de tourner en machines,
et je ne doute pas qu’ils ne deviennent un jour de parfaites machines.
Mais sont-ils encore capables de penser ? Je ne le crois pas.
S’ils essayaient de penser, ils ne seraient pas de si belles machines.
(…)
Gurdjieff : (…) la mécanisation dont vous parlez n’est pas du tout dangereuse.
Un homme peut être un « homme » tout en travaillant avec des machines.
Il y a une sorte de mécanisation bien plus dangereuse : être soi-même une machine.
Avez-vous jamais pensé à ce fait que tous les hommes sont « eux-mêmes » des machines ?
(…)
Ouspensky : (…) mais n’y a-t-il pas des gens qui ne sont pas des machines ?
Gurdjieff : Il se peut qu’il y en ait. Mais vous ne pouvez pas les voir.
Vous ne les connaissez pas. Voilà ce que je veux vous faire comprendre.
(…)
Ouspensky : Les gens se ressemblent si peu. J’estime impossible de les mettre tous
dans le même sac. Il y a des sauvages, il y a des gens mécanisés,
il y a des intellectuels, il y a des génies.

Gurdjieff : Rien de plus exact. Les gens sont très différents,
mais la réelle différence entre les gens, vous ne la connaissez pas
et vous ne pouvez pas la voir. (…) Machines ils sont nés, et machines ils mourront.
Que viennent faire ici les sauvages et les intellectuels ? (…) Tous les mêmes.
Mais il est possible de cesser d’être une machine.
C’est à cela que vous devriez penser et non point aux différentes sortes de machines.
Bien-sûr, les machines diffèrent : une automobile est une machine,
un gramophone est une machine et un fusil est une machine.
Mais qu’est-ce que cela change ? C’est la mêmes chose – ce sont toujours des machines.
(…)
Ouspensky : Un homme peut-il cesser d’être une machine ?
Gurdjieff : Ah ! c’est toute la question. (…) Oui, il est possible de cesser d’être une machine,
mais pour cela, il faut avant tout « connaître la machine ». (…)
Quand une machine se connaît, elle a cessé dès cet instant d’être une machine ;
du moins n’est-elle plus la même machine qu’auparavant.
Elle commence déjà d’être responsable pour ses actions.
(…)
La suprême illusion de l’homme, c’est sa conviction qu’il peut « faire ».
(…)
Cette question de « faire » en soulève d’ailleurs une autre. Il semble toujours aux gens
que les autres ne font jamais rien comme il faudrait, que les autres font tout de travers.
Invariablement chacun pense qu’il pourrait faire mieux.
(…)
Essayez de comprendre ce que je dis : tout dépend de tout,
toutes les choses se tiennent, il n’y a rien de séparé.
(…)
Pour « faire », il faut « être ».

Concernant un apprentissage avec le support des livres, G. I. Gurdjieff répondait :
Oui. On peut trouver beaucoup par la lecture. Par exemple,
considérez votre cas : vous pourriez déjà connaître bien des choses « si vous saviez lire ».
Je m’explique : si vous aviez « compris » tout ce que vous avez lu dans votre vie,
vous auriez déjà la connaissance de ce que vous cherchez maintenant. (…)
Mais « vous ne comprenez pas », ni ce que vous lisez, ni ce que vous écrivez.
Vous ne comprenez même pas ce que signifie le mot « comprendre ».
La compréhension est cependant l’essentiel,
et la lecture ne peut être utile qu’à la condition de comprendre ce qu’on lit.
Mais il va de soi que nul livre ne peut donner une préparation réelle.

Concernant les mensonges et la vérité, dans un contexte de développement de soi,
G. I. Gurdjieff a expliqué :
(…) on doit apprendre à dire la vérité. Cela aussi vous semble étrange.
Vous ne vous rendez pas compte que l’on doit apprendre à dire la vérité.
Il vous semble qu’il suffirait de désirer, ou de décider de la dire.
Et moi je vous dis qu’il est relativement rare que les gens fassent un mensonge délibéré.
Dans la plupart des cas, ils pensent dire la vérité. Et cependant, ils mentent tout le temps,
à la fois lorsqu’ils veulent mentir et lorsqu’ils veulent dire la vérité.
Ils mentent continuellement, ils se mentent à eux-mêmes et ils mentent aux autres.
Par conséquent personne ne comprend les autres, ni ne se comprend soi-même.
Pensez-y – pourrait-il y avoir tant de discordes, de mésententes profondes et tant de haine
envers le point de vue ou l’opinion de l’autre, si les gens étaient capables de se comprendre ?
Mais ils ne peuvent pas se comprendre, parce qu’ils ne peuvent pas ne pas mentir.
Dire la vérité est la chose au monde la plus difficile ; (…)
Pour dire la vérité, il faut être devenu capable de connaître ce qu’est la vérité
et ce qu’est un mensonge – et avant tout en soi-même.
Or cela, personne ne veut le connaître.
(…)
Nul n’apprécie ce qui vient sans efforts.

G. I. Gurdjieff explique que l’humain est constamment tiraillé, en son intériorité,
entre les « oui » et « non ».
Il parle d’une nécessaire « cristallisation » en soi-même.
Cette cristallisation forme, par solidification,
un « Moi profond », constant, unifié, intègre.

Note : la notion du « Soi » correspond, pour moi, au « Moi profond »,
constituant un noyau dur et constant en soi-même.
La cristallisation est possible sur n’importe quelle base.
Prenez par exemple un brigand de la bonne espèce, un brigand authentique.
J’en ai connu au Caucase. Un tel brigand, fusil en main
se tiendra aux abords d’une route, derrière un rocher,
pendant huit heures sans un mouvement.

Pourriez-vous en faire autant ?
Comprenez-le, une lutte se livre en lui à chaque instant.
Il a chaud, il a soif, les mouches le dévorent ; mais il ne bouge pas.
Un autre (exemple) est moine ; il a peur du diable ;
toute la nuit, il se frappe la tête contre le sol et prie. Ainsi la cristallisation s’achève.
Par de telles voies les gens peuvent engendrer en eux-mêmes
une force intérieure énorme ;

ils peuvent supporter la torture ; ils peuvent obtenir tout ce qu’ils veulent.
Cela signifie qu’il y a en eux maintenant quelque chose de solide, de permanent.


lundi 6 novembre 2017

Pour aimer, être

L’amour est affaire de l’être.

La capacité d’aimer, de donner et de recevoir,
est fonction du développement de la conscience de l’être.

L’être peut vibrer à différents niveaux.
D’un niveau à l’autre change ce qu’il capte, perçoit, éprouve.

samedi 4 novembre 2017

Se reconnaître entre humains

Il existe deux types majeurs d’individus :
l’humain mécanique et l’humain imprévisible.

vendredi 3 novembre 2017

Impact des images, péril

Rappel

Dès le début du cinéma, des images animées qui défilent sur des écrans,
des personnes se sont insurgées contre ce procédé, criant au satanisme.
La raison de cette indignation se résume en deux mots : la persistance rétinienne.

Une impression lumineuse reçue sur la rétine persiste 1/12ème de seconde
après la disparition du phénomène (de l’image).

Plus de 12 images successives défilant par seconde crée l’illusion du mouvement.