mardi 10 septembre 2019

Le Son, et non pas le Verbe

Cette réflexion (un essai), car j’en ai marre d’entendre parler du Verbe biblique
qui, pour moi, ne représente rien d’autre qu’une funeste erreur
ou, peut-être, une altération volontaire.


D’après les Saintes Écritures,
d’abord il y a l’innommable, l’immatériel, l’intemporel, communément appelé Dieu.

Avant que « la lumière fut », selon certains, il y aurait le « Verbe ».

Qu’est-ce que le Verbe ? Qu’entendre par « Verbe » ?

À plus de 50 ans, je me pose encore la question.

C’est important (dans le cadre de la Genèse) car cela agit avant la lumière.

Selon certains interprètes et traducteurs, ce serait grâce au Verbe de Dieu que la lumière fut.
Certains autres traducteurs de la Genèse, dont Louis Segond, ont carrément remplacé le Verbe
par la « Parole » !
Confusion, me semble-t-il.
Cette interprétation sûrement parce que dans la Genèse, troisième paragraphe, il est écrit :
Dieu dit : « que la lumière soit ». Et la lumière fut.
On y comprend donc, par anthropomorphisme, que Dieu exprime verbalement son désir de lumière.

Dans la traduction officielle, Gn 1.02 (deuxième paragraphe), on n’y évoque ni Verbe ni Parole,
il y est précisé : « (...) et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. »
Son souffle.

Image du site Net : la Christité


C’est dans le paragraphe suivant, Gn 1.03, que Dieu dit : « que la lumière soit ».

Qu’est-ce qui agit dans notre monde, dans l’univers, au point d’avoir créé la vie ?
Est-ce le Verbe, la Parole, le fait de dire ce que l’on désire ou veut ?

J’ai de la peine à comprendre et à accepter ce Verbe
(rappelons-nous que les mots ne sont pas les actes)
parce que je suis convaincu que ce n’est pas le simple fait de parler qui crée.
La parole est trop souvent mensongère, trompeuse, hypocrite, parfois malsaine.
On peut promettre le meilleur, tout en ayant l’intention du pire.
On peut dire une chose tout en agissant autrement.
Qui plus est, parler représente une perte d’énergie.
Parler est vain, sauf pour communiquer l’important, l’essentiel,
pour autant qu’on sache quoi et comment communiquer, quelle information transmettre.
Les autres animaux (que les humains) ne parlent pas et pourtant ils communiquent entre eux,
et pourtant ils restent reliés au Tout.
Il se trouve que plus les humains parlent, plus ils sont déliés du Tout ;
plus ils communiquent, moins ils se comprennent les uns les autres et plus ils s’isolent
dans leur bulle intolérante d’abstraction, en ravageant le monde naturel.
Y a donc quelque chose qui cloche avec ce Verbe.
Y a qu’à constater notamment comment les poliptichiens utilisent la parole et le verbe
(leurs actes ne réalisant que très rarement leurs promesses : ils ne marchent pas leurs paroles).

Je crois que c’est le souffle qui est important, davantage que le Verbe.
Je crois que ce n’est pas la Parole qui crée, mais le Son.

Vibration et lumière.

Qu’est-ce qui génère des vibrations ?
Le son.

Les autres animaux ne parlent pas, mais ils émettent des sons.
Parler c’est émettre des sons.
Et il y a diverses façons d’émettre les sons : différentes tonalités, puissances
et modulations de la voix ainsi que, en ce qui concerne les humains, voix aiguë de tête,
voix profonde et basse du ventre, voix nasillarde, etc.

Je crois que ce n’est pas le Verbe (ni la Parole) qui crée mais la façon de prononcer,
d’émettre, des sons
. Il y a une façon de dire les choses.

Dire, c’est souffler : lorsqu’on parle, on expulse de l’air.
Il s’agit donc bien, pour revenir à la Genèse, du Souffle de Dieu.

Je me rappelle qu’enfant certains adultes soufflaient sur les blessures pour les soigner.

Un exemple, visualisons les scènes :
1. Une personne agace une autre. L’autre lui dit : « t’es con ». La personne ressent de l’animosité,
le mépris (à ce moment-là) de l’autre.
2. Une personne fait rire une autre. L’autre lui dit « t’es con ». La personne ressent la sympathie,
voire l’affection de l’autre à son égard.
Dans ces deux scènes, le verbe ‒ les paroles « t’es con » ‒ est similaire,
néanmoins ni l’impact ni l’effet ne sont pareils.
Il y a donc une façon de dire les choses.

En conclusion

En matière de Création, il ne semble pas être question de Verbe (ni de Parole)
mais de Souffle et de Son.
D’abord Dieu crée le monde, puis Il souffle dessus.
Ensuite, Il émet un son (ou divers sons), ce qui va créer la lumière.
Ensuite, Il émet d’autre(s) son(s), ce qui crée la vie sous ses diverses formes.


Image du site Net : la Christité