La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. La peur tue l'esprit.
J'affronte ma peur. Je lui permets de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.

dimanche 3 octobre 2021

Compensation égotique


Celles et ceux ayant vécu une expérience en nature (à l'état sauvage) ont dû constater, amèrement,
combien nous sommes fragiles physiquement, nos corps étant dépourvus de protection.

C'est bizarre, c'est comme si le corps humain n'était pas, ou plus, adapté pour vivre en nature,
dans son milieu d'origine, ayant pourtant donné naissance à toutes les formes de vie, dont l'humaine.
Nos pieds sont devenus hyper sensibles (pour marcher sur les cailloux et épineux, par exemple),
difficulté à supporter le froid notamment pour dormir (sans un attirail de vêtements et couvertures, etc.),
difficulté de se reposer à même le sol (sans matelas, sans protection contre l'humidité, etc.),
désœuvrement en cas de fortes pluies ainsi que durant l'hiver
et, surtout, incapacité à se nourrir sans magasin ou producteur (méconnaissance des propriétés des plantes,
champignons, et les viandes hormonales sont achetées en commerces, etc.)

Constat :
Dans la nature, qui est Réalité, l'humain est devenu faible et vulnérable, inadapté
car incapable de s'y nourrir et d'y vivre sans tout un tas de matériels (chaussures, tente, matelas, etc.)
et d'aliments bien emballés. Inquiétant, je trouve.

Je pense qu'auparavant (avant les cités, puis villes) les humains étaient bien plus forts physiquement,
que nos corps étaient plus résistants.
Même dans la Genèse biblique (débuts de la civilisation), il est étonnement précisé qu'Adam et Eve
vivaient nus et heureux dans l'Éden ; c'est-à-dire que nous, avec nos corps, étions capables de vivre
et de nous nourrir dans la nature.
On n'en sait pas davantage à ce sujet car les commanditaires de la Bible ont préféré inventer une histoire
de couple qui dût se vêtir et souffrir dans son milieu de vie, surtout Eve qui, en plus,
doit enfanter dans la douleur (est-ce que cela sous-entend qu'auparavant les femmes ne souffraient pas d'accoucher ?)
Malsaine se révèle cette "histoire", ce mythe du civilisé (ni animal ni primitif) souffreteux.
Et les pharmacies furent.

Là où ça devient carrément délirant, selon moi, c'est que l'humain se veut au centre du monde,
comme si ce monde n'avait été créé que pour lui. Il y mène une guerre contre les autres formes de vie,
surtout les décrétées nuisibles, et contre la diversité, le vivant interagissant et se nourrissant mutuellement.
Dieu aurait créé un monde (l'univers, avec des galaxies, constellations, étoiles, planètes, etc.)
uniquement pour que l'humain puisse vivre sur Terre,
en la dévastant
et aussi, pour conquérir le microcosmos (et ses micro-organismes) ainsi que le macrocosmos (l'univers).
En attendant d'être patron de l'univers, l'humain lambda doit suer, trimer,
et donner une partie des fruits de son labeur aux dominants,
des humains-dieux prédisant depuis Mathusalem que « demain sera mieux ».
... ?

Je reprends :
avant, il fut un temps où l'humain vivait et se débrouillait dans la nature.
On nous fait croire qu'il souffrait dans une grotte en rêvant de chandelles.
Hummm...
Mais voilà que l'humain s'est mis idée en tête, une idée qui a viré en obsession :
celle de ne plus vivre les pieds dans la boue et de construire un grand château où entasser des aliments,
plutôt que de vivre dans une grotte.
En contrôlant la nature, c'est-à-dire en ravageant un lieu et son écosystème, sans autres animaux sauvages,
l'humain se sent fort, puissant. Il s'est exalté et son ego a apprécié l'illusoire sentiment de pouvoir.
Cependant la Nature (environnement, phénomènes météorologiques, autres formes de vie, arbres, etc.) imprévisible, incontrôlable, contrarie cette volonté du civilisé exalté ;
c'est sûrement l'une des raisons expliquant que la Nature nous soit devenue si insupportable, détestable
(« Relèves-toi, la terre c'est sale » ai-je entendu dire plusieurs fois à des enfants).

Il est écrit dans la Bible qu'il faut craindre et contrôler la nature.
Sans préciser toutefois ce qui est à entendre par « nature » ;
en effet, y est-il question de la Nature extérieure (forêts, orages, etc.) ou de la nature humaine ?

Dieu nous aurait créé pour détruire le reste de sa Création afin de la bétonner ? (Parking à droite, gratuit 1H)

Comment comprendre notre rage dévastant le milieu naturel, les écosystèmes, notre propre "frigidaire" ?

L'humain moderne nie véhément sa part d'animalité ; et il méprise la Nature,
qu'il détruit à des fins rentables, pour une jouissance immédiate (sans se soucier des conséquences).
Paradoxalement, l'humain se veut être le fils direct de Dieu,
Celui-là même qui a créé notamment la Nature
après avoir créé, comme vu, le monde entier pour son fils chéri, l'humain (sympa pour les autres formes de vie).
... ?

L'humain se voit, mentalement, comme un être à part dans La Création multiforme et animée de Dieu.
L'humain se donne le droit, la légitimité, de ravager l'environnement, qu'il bétonne et ce, pour... ?
Pour se tenir loin de la Nature où sa fragilité et son erreur de fonctionnement lui sautent au visage.
En milieu naturel, sauvage, il est vain de mentir et de tricher, cela ne rapportant rien.
En nature, on est avec soi : face à ses limites, à ses obsessions, à ses fantasmes, à ses illusions, à sa fragilité,
mais aussi avec son potentiel, ses possibilités, sa force tant mentale que physique,
son Intelligence (sensible et non uniquement rationnelle).

L'humain aime le sentiment du pouvoir (sur autrui), de supériorité, de puissance.

Un sentiment n'est qu'une impression et aussi, une interprétation mentale.
Un sentiment ressort du domaine subjectif. Un sentiment est propre à chacun. Réalité de chacun.
Pourtant, la réalité de quelques-uns, leur volonté, s'est imposée à tous.
Objectivement, l'humain est frustré dans la nature où il ne parvient pas à éprouver le sentiment de supériorité.
De la sorte, sournoisement, l'humain dominant a utilisé sa faculté d'abstraction
pour faire construire un environnement architectural et social où il peut exercer du pouvoir
notamment en réduisant des semblables naïfs au rang d'esclaves ou de bêtes (inférieurs à lui).
Et les esclaves numérotés bétonnent et goudronnent pour pouvoir manger, après l'apéro,
en écoutant sans discontinuer (école, radio, TV, Net, etc.) le narratif que leur racontent les dominants.
Dans cette configuration, les humains mégalomanes se croient forts et, pire,
ils sont devenus puissants avec leurs armées terrifiantes et leurs armes high-tech construites par les esclaves.
Les esclaves délèguent leur pouvoir personnel aux dominants ; et les esclaves travaillent dur
pour que leur maître à eux soit toujours plus fort,
au prétexte que leur maître doit défendre ses esclaves de l'avidité des autres maîtres.
C'est bien pensé-calculé tout ça, non ?

Mais revenons à nos moutons (tiens, tiens), enfin, au propos :
Au fil du temps, nos corps semblent s'être transformés (mutation) afin de s'adapter au béton
tout en perdant leurs capacités d'évoluer en milieu naturel.
Grave !
C'est malsain car le béton ne nourrit ni la mère ni l'enfant, alors que dans la nature...

Têtes à l'envers (évoluant dans un labyrinthe mental en forme de pyramide), monde à l'envers.

Les puissants du XXIème siècle, tu leur mets à chacun un sac sur le dos,
tu les lâches en pleines forêts, dans les montagnes, à pied,
et ils cesseront vite de jouer aux grands malins.
En cette situation, ils ressentiront à nouveau leur vulnérabilité,
combien ils sont éphémères, idéalistes (évolution hors Réalité) et chochottes.
Ne leur resterait plus qu'à se confronter à eux-mêmes, à leurs âme et conscience,
à leur vanité égotique destructrice, vile, insatiable, démoniaque, démente.

Si quelque chose doit changer dans le « monde d'après »,
c'est notre rapport irrespectueux au monde, nos façons malsaines d'être avec la nature et le vivant.
Cessons de regarder et de traiter le monde depuis les hauteurs de notre ego, d'un idéal et d'une croyance
(mythe du civilisé supérieur qui doit tuer les autres formes de vie).
Acceptons notre faiblesse physique (dans le milieu naturel) et ré-apprenons à nous renforcer
en respectant Dame Nature qui, répétons-le, nous nourrit et nous offre divers matériaux pour notre confort.

Dans la Réalité (commune à tous, avec des montagnes, des lacs, des déserts, des forêts, des araignées),
il n'existe pas de supérieur ni d'inférieur puisque tout se nourrit de tout.
Penser qu'il existe des animaux supérieurs, comme le loup, est anthropomorphisme.
C'est l'histoire des dominants qu'on se répète inlassablement depuis les débuts de la civilisation.
À penser : le loup aussi meurt, et sa dépouille nourrit d'autres bêtes et des végétaux.
Comme chaque végétal et sûrement chaque minéral, chaque animal a son importance en ce monde,
sa fonction à tenir sur Terre, qu'il soit biche ou lion ou chêne ou microbe ou humain.
S'il y a vie c'est que cette vie est nécessaire (qu'elle soit fourmi, moustique, hyène, renard ou truite)
Il n'y a ni supérieur ni inférieur ni nuisible, il n'y a que des créatures multiformes ne voulant que vivre.

Il s'agit de comprendre à travers ce propos, de prendre conscience,
que l'humain s'adapte à une vie sur béton
en se convainquant – ce qui est un effet de compensation morbide –
d'être supérieurement fort et intelligent à tout ce qui vit, nom d'une Winchester assistée ;
alors que, en Réalité (dans les faits), il devient toujours plus faible (au fil des générations)
au sein de son environnement naturel et nourricier aujourd'hui dévasté.
Pour le formuler autrement, en prenant le propos par l'autre bout : plus on est fragile et désorienté,
à ne plus savoir se nourrir dans la nature (Réalité), plus on se convainc d'être des êtres supérieurs
qui n'ont qu'à faire encore un effort pour bétonner ce qu'il reste encore à bétonner
en rêvant de conquérir Mars, pour donner suite à la conquête de la Lune.

Effets paradoxaux compensatoires (il faut ravager l'environnement naturel
pour pouvoir se sentir supérieur à toutes autres formes de vie) reproduis depuis des siècles et des siècles :
notre sentiment de supériorité, pyramidal selon les capitaux de chacun, nous tue à petit feu,
l'humain s'autodétruit en se coupant des liens qui l'unit à toutes les formes de vie, exterminées.
Homo sapiens est dément.

Heureusement que la technologie va tous nous sauver,
et sauver la terre aussi.
Le monde entier.

Bon ben, en attendant le paradis, je retourne dans mon palace de béton aseptisé,
sous air conditionné intelligent, avec robot-aspirateur non moins intelligent,
et mon assistant virtuel encore plus intelligent qui me rappelle à mes devoirs de citoyen sérieux
et... convenant... ou convenable... (?), "vacciné", adapté et rentable.
Quant à l'apéro, j'préfère me servir seul.
À votre santé.
Hips