samedi 23 juin 2018

Le pouvoir des mots



« Liberté, Égalité, Fraternité »

Y a comme un « hic », une incongruité, dans cette devise.
Ma liberté commence là où s’arrête celle de l’autre.
Tenter par vous-mêmes, pour vous-mêmes, égoïstement :
en cherchant la liberté,
soit on se confronte aux autres et aussi, au Système,
soit on finit par s’isoler (seul ou en petit groupe, famille, clan) ;
ou encore, on trouve un semblant de liberté à s’enivrer, se droguer,
ou à passer son temps à voyager, ou à baiser, en quête d’aventures,
ou à échafauder des plans pour voler autrui afin de s’enrichir, etc.

Viser la liberté, en premier lieu,
ne mène qu’aux incessants rapports de force :
incompréhension réciproque, conflits, désenchantements, guerres.

Si nous ne parvenons pas à nous sentir libres en groupe, en société,
comment nous sentir égaux ?
Et ce, d’autant plus au sein d’un Système
où les plus riches ont tous les droits et privilèges,
alors que les pauvres fainéants sont traités comme un produit avarié de supermarché,
soumis à d’innombrables interdits, impôts, règlements, normes de sécurité et de civilité.

On ne naît pas tous égaux financièrement, c’est un fait, partout sur cette planète.
Ces écarts de biens ne font que générer la corruption, les inégalités et iniquités.

De commencer une devise sociale par « liberté » ne mène nulle part,
enfin si,
à la tyrannie de ceux voulant imposer leurs idées et conception de la liberté.

Cette devise nous encourage, inconsciemment,
à perpétuer la relation biblique de Caïn et d’Abel.

La liberté est une visée, un but à atteindre,
et non pas un moyen de vivre mieux ensemble, au contraire !
C’est pourquoi, il vaudrait mieux placer ce terme à la fin de la devise.

C’est important, car cette devise est écrite notamment dans les mairies et écoles.
Sans liberté, pas d’égalité.
Sans égalité, pas de fraternité.
Fin (pour moi) de l’histoire de cette devise insensée et hypocrite,
instituée du temps des Lumières, au début de l’industrialisation 1.0

* * *

On pourrait s’attaquer à l’égalité des droits, pour commencer,
notamment entre femmes et hommes, entre noirs et blancs, etc.,
et nous deviendrions, peut-être (ça vaudrait le coup d’essayer),
plus fraternels les uns avec les autres,
c’est-à-dire moins compétitifs, jaloux, envieux, etc.
Ce qui donnerait :
« Égalité, Fraternité, Liberté »

Ou alors :
« Égalité, Liberté, Fraternité »,
puisque si nous étions plus égaux, financièrement et pénalement,
nous pourrions, chacun, nous sentir plus responsables de notre existence
et donc, plus libres, ce qui encouragerait à des rapports plus fraternels.

* * * * *

À mon sens, ce qui pourrait permettre plus d’égalité (de droit),
consisterait à viser, en premier lieu, la fraternité.

Il n’y a qu’à constater avec les migrants :
nous en sommes loin, de la fraternité,
et donc de l’égalité.
Quant à la liberté…

De nos jours, un citoyen aide de pauvres hères en peine, affamés,
certains choqués par la guerre, les viols et violences de toutes sortes,
et notre citoyen-de-cœur finit au tribunal, puni d'être intervenu soit,
de s’être comporté fraternellement avec autrui !

La « Fraternité » amène à se sentir plus égaux et donc, à « l’Égalité ».
De se considérer comme égaux amène à se sentir plus libres.
« Fraternité, Égalité, Liberté »


En conclusion

Soit on change de devise,
soit on en modifie l’ordre.

* * * * * * *

J’ai parlé.

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