mardi 27 février 2018

Ego bestia

Animal : être sentient fonctionnant par automatismes, de façon mécanique,
à force d’habitudes et de routine acquises par imitation et identification.

Humain : animal qui pense,
doté d’une volonté mentale, abstraite,
comme son imagination autodestructrice.

Instinct : fonction animale, en grande partie inconsciente,
à la fois mécanique (soumise aux lois cosmiques naturelles)
et à la fois opérant telle une antenne perceptive ; en effet,
l’écoute de l’instinct, en situation de danger par exemple,
permet des réactions physiques directes, rapides et appropriées.

lundi 26 février 2018

TTE, retour à soi

Le Tao Tarot Express s’engage dans une zone de turbulences.

La géographie extérieure se révèle à l’image de nos existences :
accidentelles et inconstantes.

Obstacles, épreuves, difficultés,
obstruent le courant de nos désirs.
Satisfactions, suivies d’insatisfactions,
joies et peines, réussites et échecs, etc.
Et les contraintes sociales en rajoutent.
La vie/mort reprend des êtres aimés.
Les deuils à faire sont incessants.

Les états de crise jalonnent nos existences.




Destin de l’humanité insaisissable,
se déroulant à une échelle hors entendement.

Éphémère destinée d’un humain parmi des milliards.

Peut-on changer de voie, moyennant quelques efforts sur soi ?

Connais-toi toi-même

Chercher à échapper, en partie,
à une destinée toute tracée d’avance
tant par les lois mécaniques naturelles
que par la volonté de certains humains en haut lieu.



Pour prendre sa destinée en main,
encore s’agit-il de comprendre, un tant soit peu,
le fonctionnement du monde, auquel est relié soi-même.

Retour à soi.
Rappel de soi.

S’efforcer de maintenir une continuité, en soi-même.




Commentaire :
ce qui est terrible,
avec les arcanes l’Hermite et la Roue de Fortune,
c’est qu’ils nous renvoient à nos choix importants
effectués à l’étape de l’arcane l’Amoureux,
choix existentiels nous renvoyant, à leurs tours,
jusqu’à l’origine : à l’arcane le Bateleur, le rêveur,
pas encore engagé dans la machinerie mentale des humains.
 
Nos erreurs, de choix et de jugements de situation,
tant qu’elles ne sont pas comprises et rectifiées,
nous les répétons incessamment.

 

samedi 24 février 2018

Tampons et contrôle (G XVIIII)

G. I. Gurdjieff revient sur la notion de « conscience »,
en poursuivant avec le sujet des « tampons »,
tampons qui amortissent les chocs entre nos contradictions intérieures.

Les « tampons », de par leurs fonctions,
se révèlent utiles à la personnalité,
mais nuisibles à l’être (d’où la nécessité d’en prendre conscience) :
« La conscience morale » est un état dans lequel
l’homme « sent d’une manière immédiate et totale »
tout ce qu’il sent en général ou peut sentir.
Et comme chacun a en lui des milliers de sentiments contradictoires qui,
de la réalisation profondément cachée de sa propre nullité,
vont jusqu’aux formes les plus stupides de l’infatuation
– et de toutes sortes de terreurs jusqu’à la présomption,
la suffisance et l’auto-idolâtrie –
sentir tout cela « simultanément » ne serait pas seulement douloureux ;
ce serait insupportable. (…)
L’homme ne peut pas vivre dans un tel état ;
il doit, ou bien détruire les contradictions,
ou bien détruire la conscience
.
Il ne peut pas détruire la conscience, mais s’il ne peut pas la détruire,
il peut la mettre en sommeil,
ce qui signifie que, par d’impénétrables barrières,
il peut séparer en lui-même un sentiment d’un autre,
ne jamais les voir ensemble,
ne jamais sentir leur incompatibilité
ni l’absurdité de leur coexistence.
Mais heureusement pour l’homme, c’est-à-dire pour sa paix et son sommeil,
cet état de conscience est très rare. Dès sa plus petite enfance,
les tampons ont commencé à se développer et à se fortifier en lui,
lui enlevant progressivement toute possibilité de voir ses contradictions intérieures ;
pour lui, par conséquent, il n’y a pas le moindre danger d’un éveil soudain.
L’éveil n’est possible que pour ceux qui le cherchent, qui le veulent,
et sont prêts à lutter avec eux-mêmes, à travailler sur eux-mêmes,
très longtemps et avec persévérance pour l’obtenir.
A cette fin, il faut absolument détruire les "tampons",
c’est-à-dire aller à la rencontre de toutes les souffrances intérieures,
qui sont liées à la sensation des contradictions.
(…)
Mais la conscience est le seul feu
qui puisse faire fondre toutes les poudres métalliques de la cornue
dont il a déjà été question, et créer l’unité.



Respirons, c’est dense.


G. I. Gurdjieff continue en expliquant le bénéfice d’une écoute de la conscience :
Le concept de "conscience morale" n’a rien de commun avec celui de "moralité".
(…)
Du pont de vue des différentes catégories d’hommes, nous pouvons dire
qu’il existe une conscience de l’homme qui n’a pas de contradictions.
Cette conscience n’est pas une souffrance,
mais une joie d’un caractère entièrement nouveau,
(…)
Un éveil même momentané de la conscience morale dans un homme
aux milliers de "moi" différents implique obligatoirement la souffrance.
Pourtant, si ces instants de conscience se répètent plus souvent
et durent chaque fois plus longtemps, si l’homme ne les craint pas,
mais au contraire coopère avec eux et tente de les garder et de les prolonger,
un élément de joie très subtil, un avant-goût de la vraie "conscience lucide"
percera graduellement en lui.
Le concept de moralité n’a rien de général.
La moralité est faite de "tampons".
Il n’y a pas de morale commune : ce qui est moral en Chine est immoral en Europe (…)
La morale est toujours et partout un phénomène artificiel. (…)
La morale et la conscience sont des choses bien différentes.
Une conscience ne peut jamais contredire une autre conscience.
Mais une morale peut toujours contredire et même nier aisément une autre morale.

Nous allons comprendre l’effet pervers des « tampons » : permettre le mensonge.

Mais avant que G. I. Gurdjieff poursuive, l’un des élèves demande :
« Mais le bien et le mal n’existent-ils pas en eux-mêmes, en dehors de l’homme ? »
Et G. I. Gurdjieff de répondre (veuillez attacher vos ceintures) :
Oui, seulement c’est très loin de nous et cela ne vaut pas la peine
de perdre notre temps à essayer de le comprendre maintenant.
Rappelez-vous simplement ceci :
la seule idée permanente possible du bien et du mal pour l’homme
est liée à l’idée de l’évolution : non pas à l’idée de l’évolution mécanique bien sûr,
mais à l’idée du développement de l’homme par ses efforts conscients,
par le changement de son être, par la création de l’unité en lui,
et par la formation d’un « Moi » permanent.
Une idée permanente du bien et du mal ne peut se former en l’homme
que si elle est mise en rapport avec un but permanent
et une compréhension permanente.
Si un homme comprend qu’il est endormi et s’il a le désir de s’éveiller,
tout ce qui pourra l’aider sera le « bien »
et tout ce qui se mettra en travers de son chemin,
tout ce qui sera de nature à prolonger son sommeil,
sera le « mal ».
(…)
Cela contredit les idées généralement reçues.
Les gens ont l’habitude de penser
que le bien et le mal doivent être le « bien » et le « mal » pour tout le monde,
et, surtout, que le bien et le mal existent pour tout le monde.
En réalité, le bien et le mal n’existent que pour un petit nombre,
pour ceux qui ont un but et qui tendent vers ce but.
Alors pour eux, ce qui va à l’encontre de leur but est le mal,
et ce qui les aide est le bien.
Mais la plupart des endormis diront naturellement qu’ils ont un but
et qu’ils suivent une direction définie.
Pour un homme, se rendre compte qu’il n’a pas de but
et qu’il ne va nulle part est le signe qu’il approche d’un éveil :
c’est un signe que l’éveil devient réellement possible pour lui.
L’éveil d’un homme commence en cet instant où il se rend compte
qu’il ne va nulle part et qu’il ne sait pas où aller.
(…) l’idée du bien et du mal,
dont l’existence même est liée à un but « permanent »,
à une direction « permanente » et à un centre de gravité « permanent ».
L’idée du bien et du mal est quelquefois liée à l’idée de la vérité et du mensonge.
Mais, pour l’homme ordinaire,
la vérité et le mensonge n’existent pas plus que le bien et le mal.
La vérité permanente et le mensonge permanent ne peuvent exister
que pour un homme permanent.
Si un homme change continuellement, la vérité et le mensonge eux aussi
changeront pour lui continuellement. (…)
Un homme ne remarque jamais de quelle façon il commence à regarder comme vrai
ce qu’il considérait hier comme faux, et vice versa. Il ne remarque pas plus
ces renversements qu’il ne remarque la transformation de l’un de ses "moi" en un autre. (…)
Pour comprendre l’interdépendance de la vérité et du mensonge dans sa vie,
un homme doit parvenir à comprendre son mensonge intérieur,
les incessants mensonges qu’il se fait à lui-même.
Ces mensonges sont produits par les "tampons".
Pour arriver à détruire les mensonges qu’il se fait inconsciemment à lui-même,
aussi bien que les mensonges qu’il fait inconsciemment aux autres,
les "tampons" doivent être détruits.
Mais l’homme ne peut pas vivre sans "tampons".
Ils commandent automatiquement toutes ses actions, toutes ses paroles,
toutes ses pensées et tous ses sentiments.
Si les "tampons" devaient être détruits, tout contrôle disparaîtrait.
Un homme ne peut pas exister sans contrôle,
même s’il ne s’agit que d’un contrôle automatique.
Seul un homme qui possède la volonté,
c’est-à-dire un contrôle conscient,
peut vivre sans "tampons".


vendredi 23 février 2018

Défense psy contre les chocs (G XVIII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.
G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous).
 
Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Rappel, résumé

Nous avons vu que l’enfant humain grandit en imitant et en s’identifiant.
L’humain s’identifie à des personnages et aussi,
à tout, des choses, des idées, et même à des discours !
À partir des diverses identifications, négatives comme positives,
nous considérons intérieurement le monde, les autres, la politique,
la religion, les informations médiatisées, le sport, la météo, etc.
Sentiment d’importance de son image, de sa personnalité,
de son opinion, de sa fonction au travail, etc.

De la sorte et par conséquent,
nous avons développé un faux-moi,
et cultivons une fausse image de soi, des autres,
ainsi que de fausses opinions sur le monde.

Convaincus de notre intelligence et savoir-faire,
nous ne cessons de nous activer.
Faire pour faire.
Il n’y a qu’à le constater, par exemple, avec la frénésie constructive
détruisant l’environnement naturel et nourricier.

G. I. Gurdjieff revient sur le sujet du « faire »,
plus précisément sur notre illusion de faire de grandes choses :
Vous pensez souvent d’une façon très naïve.
Vous croyez déjà pouvoir "faire".
Et il est vrai que se débarrasser de cette conviction
est la chose du monde la plus difficile.
 
Vous ne comprenez pas toute la complexité de votre structure intérieure,
vous ne vous rendez pas compte que chaque effort,
en plus des résultats souhaités – à supposer qu’il les donne –
produit des milliers de résultats inattendus,
souvent indésirables.
 
Enfin vous oubliez constamment (c’est même là votre erreur la plus grave)
que vous ne commencez pas par le commencement,
avec une belle machine toute propre et toute neuve.
Il y a derrière chacun de vous des années de vie fausse ou stupide.
Toujours vous cédiez à vos faiblesses,
toujours vos fermiez les yeux sur vos erreurs,
essayant d’éviter toutes les vérités désagréables…

* * *

G. I. Gurdjieff aborde maintenant un nouveau sujet : « les tampons ».
Ce thème complexe est important pour la connaissance de soi.


La mise en place de tampons est automatique (cela se fait tout seul, inconsciemment,
question de survie psychique) et nous permet de fonctionner tant bien que mal.
Les « tampons » sont, agissent, tels des sortes de mécanismes de défense psychiques.
G.I. Gurdjieff, pour les expliquer, utilise une métaphore :
Chacun sait ce que sont les tampons des wagons de chemin de fer :
des appareils amortisseurs de chocs.
En l’absence de ces tampons, les moindres chocs d’un wagon contre un autre
pourraient être très désagréables et dangereux.
Les tampons atténuent les effets de ces chocs et les rendent imperceptibles.
Des dispositifs exactement analogues existent dans l’homme.
Ils ne sont pas créés par la nature, mais par l’homme lui-même,
bien que de façon involontaire.
A leur origine se trouvent les multiples contradictions de ses opinions,
de ses sentiments, de ses sympathies, de ce qu’il dit, de ce qu’il fait.
(…)
Nous ne savons pas voir combien les différents "moi"
qui composent notre personnalité sont contradictoires
et hostiles les uns aux autres.
(…)
L’homme ne peut pas détruire ses contradictions.
Mais il cesse de les sentir quand les tampons apparaissent en lui
.
(…)
Les "tampons" se forment par degrés, lentement.
Un très grand nombre sont créés artificiellement par l’ "éducation".
D’autres doivent leur existence à l’influence hypnotique de toute la vie environnante.
L’homme est entouré de gens qui parlent, pensent, sentent,
vivent par l’intermédiaire de leurs "tampons".
Les imitant dans leurs opinions, leurs actions et leurs paroles,
il crée involontairement en lui-même des "tampons" analogues,
qui lui rendent la vie plus facile. Car il est très dur de vivre sans "tampons".
Mais ceux-ci empêchent toute possibilité de développement intérieur
,
parce qu’ils sont faits pour amortir les chocs ;
or les chocs, et eux seuls,
peuvent tirer l’homme de l’état dans lequel il vit, c’est-à-dire l’éveiller.
Les "tampons" bercent le sommeil de l’homme,
ils lui donnent l’agréable et paisible sensation que tout ira bien,
que les contradictions n’existent pas, et qu’il peut dormir en paix.
« Les "tampons" sont des dispositifs qui permettent
à l’homme d’avoir toujours raison » ;
ils l’empêchent de sentir sa conscience.

Commentaire :
le dernier paragraphe explique bien des choses abordées dans ce blog,
notamment le fait que certaines personnes ne remettent en question
ni leurs actes ni elles-mêmes, leurs responsabilité, erreur et limites.
Ces personnes semblent dépourvues d’âme, de sensibilité et de morale.

Les politiciens, par exemple, doivent maintenir de sacrés tampons !


‒ À suivre (avec le sujet des « tampons »)…

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Liens
* Dépossédés par des possédés

* Âme, efforts et souffrance volontaire
* Un verre pour noyer l'être
* Vers une victoire
* Germe d'âme
* Faire enfer
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jeudi 22 février 2018

TTE, se ressourcer, en soi-même

Le Tao Tarot Express s’apprête à s’enfoncer dans la dimension subtile des choses,
laissant la partie extérieure, matérielle, visible et tangible, du monde
où tout n’est que répétitions, imitations, ambitions, réinventions,
calculs, idéaux abstraits, apparence et faux-semblants.

Le retour à soi ramène au centre de la personne,
à la jonction entre les dimensions extérieure et intérieure,
là où se trouvent nos source et accumulateur d’énergie.

Nos forces sont à ménager,
question de santé physique et psychique.

La force intérieure provient de notre relation
avec l’entièreté de notre personne :
corps, âme (ou sentiment et conscience) et esprit.




En chacun de nous, deux élans, moteurs, principaux :
- l’instinct, une volonté tripale (en cas de survie, par exemple) ;
- l’intellect, une volonté cérébrale.


Sachant que chaque effort représente une dépense énergétique,
l’arcane la Force invite à se questionner :
pour quoi, à quelle fin, produisons-nous des efforts ?




Comme déjà vu,
deux influences opposées majeures mobilisent et scindent le sentiment,
ce qui est illustré par les chevaux dans l’arcane le Chariot.

Au niveau de l’arcane la Force,
on cesse de se laisser influencer inconsciemment.

Plus on apprend à se connaître, plus on se rapproche de soi,
plus on prend conscience de son élan propre (non imité).

Lorsqu’une personne entend autant ses ressentis et instincts
que sa conscience et ses éventuelles intuitions,
que sa raison lucide et juste (discernement),
elle se comporte de façon congruente et harmonieuse ;
ce qui lui procure maîtrise et force intérieure,
sagesse comportementale et intelligence d’action.

Se connaître
notamment afin de concilier ses élans contraires
solidifie l’intériorité.

S’écouter et se ressourcer en soi-même.

Sentiment d’intégrité.
Force, énergie.

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Lien
* Tarot, Gurdjieff et Nietzsche (étude des symboles de l'arcane le Monde, suivie des "trois métamorphoses de l'esprit".
L'esprit chameau, ou boeuf ou cheval, devenant un esprit lion...)
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mercredi 21 février 2018

TTE, rester sur l'essentiel

Le Tao Tarot Express s’enfonce dans le tunnel Subtil
traversant les profondeurs de la montagne Esprit.

Des questions existentielles risquent de surgir en l’intériorité de chacun.

Ne pas être pour paraître ou ne plus paraître pour être ?

Le monde, se résume-t-il à ce que l’on voit ou bien
est-il autre chose que le perçu de prime abord ?

Comment y être le mieux possible, heureux ?
Comment s’y comporter adéquatement ?


En société,
ne pas obéir ou obéir ?

Ne pas réagir ou réagir ?

Douter, rester souple et humble ?
Ou se montrer sûr de soi, inflexible ?

Tolérer et concilier ou accuser et agresser ?

Non-violence ou combativité ?

Négocier ou imposer ?

Paix ou agitation ?

Il n’y a pas de réponse arrêtée une fois pour toute,
n’est-ce pas ?

Discernement.

Dans certaines circonstances,
il faut réagir spontanément ou agir avec audace ;
alors que dans d’autres situations, à un autre moment,
il vaut mieux réfléchir et préparer un plan d’action.

Donner, laisser, ou prendre ?

En relation,
parfois il faut se taire,
se remettre en question, tolérer,
être disposé à servir (la communauté) ;
alors que d’autre fois, il faut se défendre,
lutter pour s’imposer et se faire entendre,
quitte à déplaire et à se faire des ennemis.

À l’extérieur, les politiciens promettent ordre et paix,
mais la corruption, les injustices, la délinquance,
le racisme, l'intolérance, les guerres,
prospèrent.

À l’intérieur de chacun,
même ambiance chaotique :
contradictions, incompréhensions,
avidité, vanité, besoin de plaire et d’être reconnu,
tensions nerveuses, blessures, imagination morbide, etc.

En soi-même, que se passe-t-il exactement ?
Qu’est-ce qui m’attire, me lie, me rend accro ?
Quels besoins sont sains et lesquels ne le sont pas ?
Quels désirs sont miens et lesquels sont influencés ?
Quelles sont les valeurs et croyances que j’applique,
pour lesquelles je suis prêt à me battre ?
Qu’est-ce qui est important pour moi ?
Quelles sont mes priorités ?
Quel est mon but de vie ?
Mon but et mes priorités,
changent-ils selon mes humeurs ?

Besoin d’ordre intérieur.


Deux attitudes intérieures, opposées et complémentaires :




lundi 19 février 2018

TTE, la grotte des anges et démons

Le Tao Tarot Express arrive au cœur de la montagne Esprit.

Deux sources d’intention y créent deux flux d’élans opposés,
l’un s’écoulant en sens inverse de l’autre,
comme sur une voie à double-sens.

Tiraillement.

Chacun, en son intériorité,
ressent, entend, deux voix (majeures) distinctes :
l’une suggérant le Bien, bon pour soi et l’ensemble,
l’autre invitant aux plaisirs et jouissances immédiats ;
l’une sensible à la santé, à l’équilibre, au juste,
l’autre, insouciante, incitant à consommer ;
l’une compatissante avec autrui,
l’autre, indifférente, égoïste ;
etc.

Symboliquement formulé, ces voix,
le plus souvent entremêlées,
à ne plus s’y retrouver,
sont celles des :
ange et démon
ou humain et bête,
susurrant au fond de chacun.

Exemple :
notre part humaine prend des résolutions (discours),
alors que la bête nous fait agir à l’encontre des résolutions.

Pour gérer et supporter nos ambivalences
et contradictions comportementales,
des « tampons » sont mis en place :



L’être humain, comme tout, comme la Terre,
est bipolaire : à la fois gentil et méchant,
les femmes ont du masculin,
les hommes ont du féminin,
nous sommes capables du pire comme du meilleur.

Deux états d’esprit opposés et complémentaires,
deux caractères et façons d’être en relation,
deux façons d’appréhender le monde,
deux tendances (intérieures),
en chacun :


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Penser à établir des associations d'idées, d'images.
Par exemple :
Dans une situation, on a versé de l'eau dans son vin (Tempérance),
à un autre moment, on a sorti les griffes (le Diable).

En l'intériorité :
par moments, on prend sur soi, tolère, laisse faire,
dans d'autres circonstances, on impose son point de vue.
Etc.


samedi 17 février 2018

Guerre contre l'espoir

À tous ceux qui luttent contre le capitalisme à outrance,
détruisant notre environnement naturel et nourricier.
Avec vous,
Zadistes et autres mouvements d’opposition.


Elles ont de sacrées paires d’ovaires bien accrochées à leurs trompes
et ils ont de grosses paires de couilles, les Zadistes et autres.
Eux tous, chacun à sa manière, ils ont tant de courage !
Ce courage qui fait défaut aux embourgeoisés.

vendredi 16 février 2018

Se considérer, et considérer que... (G XVII)

Après le mécanisme global d’identification,
G. I. Gurdjieff aborde ce qu’il nomme « la considération ».
Pour ce dernier, la « considération intérieure » est une forme d’identification
générant des suppositions (intérieures) et affirmations (extérieures),
ce qui nous rend exigent avec les autres.

Il me semble que la considération de Gurdjieff est à relier avec l’importance de soi,
par exemple avec l’ambition d’être reconnu socialement, publiquement.
Cette considération intérieure semble due à l’image de soi ou idéal du moi.

Si je saisis le "mécanisme" :
on s’identifie à tout et on se construit à partir de modèles de référence ;
puis, à partir de cette identification (intérieure),
on se donne le droit de considérer que…,
c’est-à-dire d’avoir un avis, des certitudes et des exigences.

Voici ce qu’en disait G. I. Gurdjieff :
Après avoir étudié l’identification en général,
il faut prêter attention à l’un de ses aspects particuliers :
l’identification aux gens,
qui prend la forme de la "considération".
 
Il y a plusieurs sortes de considération.
Dans la plupart des cas, l’homme s’identifie à ce que les autres pensent de lui,
à la façon dont ils le traitent, à leur attitude à son égard.
L’homme pense toujours que les gens ne l’apprécient pas assez (…)
Tout cela le tracasse, le préoccupe, le rend soupçonneux ;
il gaspille en conjectures ou en suppositions une quantité énorme d’énergie,
il développe ainsi en lui une attitude méfiante et hostile à l’égard des autres.
Comment on l’a regardé, ce qu’on pense de lui, ce qu’on a dit de lui,
tout cela prend à ses yeux une importance énorme.
(…)
Et le point de départ de son jugement est toujours
que les choses peuvent et doivent être changées.
L’ "injustice" est un de ces mots qui servent souvent de masques à la "considération".
(…)
Il y a des gens capables non seulement de "considérer" l’injustice
ou le peu de cas que l’on fait d’eux,
mais de considérer même le temps qu’il fait.
Cela semble ridicule, mais c’est un fait :
les gens sont capables de considérer le climat,
la chaleur, le froid, la neige, la pluie ;
ils peuvent se fâcher et s’indigner contre le mauvais temps.

Commentaire : il est intéressant de relier la « considération » avec deux des accords toltèques
« ne pas faire de supposition » ainsi que « ne réagir à rien de façon personnelle ».

Poursuivons :
L’homme prend tout d’une façon personnelle,
comme si tout dans le monde avait été spécialement aménagé pour lui faire plaisir,
ou au contraire pour lui causer des désagréments et des ennuis.
(…)
Ce genre de considération se fonde entièrement sur les "exigences".
L’homme, en son for intérieur, "exige" que tout le monde le prenne pour
quelqu’un de remarquable, auquel chacun devrait constamment témoigner respect,
estime et admiration, pour son intelligence, sa beauté, son adresse, son humour,
sa présence d’esprit, son originalité et toutes ses autres qualités.
(…)
Il y a encore une autre forme de "considération"
qui peut enlever à un homme une grande partie de son énergie.
Elle a pour point de départ l’attitude qui consiste à croire
qu’il « ne considère pas assez une autre personne »,
et que celle-ci en est offensée. (…)
Tout cela n’est que faiblesse.
Les hommes ont peur les uns des autres.
Et cela peut mener très loin. J’ai vu de tels cas bien souvent.
Un homme peut aller de la sorte jusqu’à perdre son équilibre,
s’il en eut jamais,
et se conduire de manière complètement insensée.
Il se fâche contre lui-même et ressent à quel point il est stupide,
mais il ne peut pas s’arrêter, parce qu’en l’occurrence
toute la question est précisément de "ne pas considérer".
Un autre exemple, peut-être pire encore,
est celui de l’homme qui considère qu’à son sens il "devrait" faire quelque chose,
alors qu’en fait, il n’a absolument rien à faire.
(…)
L’homme ne peut pas s’empêcher de s’identifier et de "considérer intérieurement",
(…)
L’identification, la considération, l’expression des émotions désagréables
sont des manifestations de sa faiblesse, de son impuissance,
de son incapacité à se dominer.
Mais, ne voulant pas s’avouer cette faiblesse,
il l’appelle "sincérité" ou "honnêteté"
et il se dit qu’il ne désire pas lutter contre sa sincérité,
alors qu’en fait il est incapable de lutter contre ses faiblesses.
(…)
J’ai parlé jusqu’ici de la considération intérieure.
Il serait possible d’en donner beaucoup d’autres exemples.
Mais c’est à vous de le faire, je veux dire que c’est à vous de chercher ces exemples,
dans vos observations sur vous-même et les autres.

G. I. Gurdjieff passe de l’intériorité (relation à soi-même) à l’extériorité,
en précisant que la « considération extérieure »,
contrairement à la « considération intérieure »,
donne des résultats favorables pour tous :
Le contraire de la considération intérieure – la considération extérieure –
constitue pour une part un moyen de lutter contre elle.
La considération extérieure se fonde sur une sorte de relation
envers les gens totalement différente de la considération intérieure.
Elle est une adaptation aux gens, à leur compréhension et à leurs exigences.
En considérant extérieurement, un homme fait tout ce qui est nécessaire
pour se rendre la vie plus facile à lui-même et aux autres.
La considération extérieure nécessite une connaissance des hommes,
une compréhension de leurs goûts, de leurs habitudes et de leurs préjugés.
(…)
Il arrive souvent qu’un homme commence par une bénédiction
et finisse par une injure.
Il décide de ne pas considérer les autres,
après quoi il les blâme de ne pas le considérer lui-même.
Cet exemple montre comment la considération extérieure
dégénère en considération intérieure.
Mais si un homme se rappelle réellement lui-même,
il comprend que l’autre est une machine, tout comme il en est une lui-même.
Et alors « il se mettra à la place de l’autre ».
Ce faisant, il deviendra réellement capable de comprendre
ce que l’autre pense et ce qu’il sent.
S’il peut se comporter ainsi, son travail deviendra beaucoup plus facile pour lui.
Mais s’il aborde un homme avec ses propres exigences, il n’en tirera rien,
si ce n’est une nouvelle considération intérieure.


TTE, la caverne-temple

L’enfouie gare-caverne Mentalabstraction s’apprête à accueillir
les passagers du Tao Tarot Express durant un temps indéterminé.

La direction de cette gare, aux dix mille cristaux réfléchissants,
met en garde les passagers contre leurs propres tendances
à se tromper de reflet.

Sans autre, en toute sécurité,
les affaires non nécessaires peuvent rester dans le TTE,
comme votre persona, inutile en un tel endroit.

Distanciation de la part égotique.

Chacun à son rythme,
chacun à sa façon,
les sens en alerte,
l’être mobilisé,
découvrez la caverne de tous les savoirs,
et y visitez le temple labyrinthique de l’imagination.

Saurez-vous y retrouver ce qui vous appartient en propre ?

Dépasser ses tendances, attirances et désirs vains.
Distinguer le vrai dans son propre mensonge.
Entendre ses véritables motivations.

Besoin de se recueillir.




Épreuve : parvenir à ressortir du tunnel Subtil
délesté de ce qui empêche l’émancipation de l’être ;
oser se voir et se montrer nu, physiquement et psychiquement.

La nudité est symbole de pureté, de vérité (n’avoir rien à dissimuler)…,
à l’instar des anges ainsi que d’Adam et Eve, avant d’être punis.

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Associations

Rester dans sa tour d’ivoire.
Se réfugier derrière des certitudes,
des doctrines, des théories, des idéaux, etc.

Voir les choses de haut (distanciation affective, recul,
ne pas en faire une affaire personnelle).

Éclairs d’hyper lucidité, de conscience accrue, élargie,
d’éveil aux capacités supérieures (émotionnelles et intellectuelles).


mercredi 14 février 2018

TTE, le Mystère

Bienvenue aux voyageurs de l’Intérieur

Le Tao Tarot Express s’apprête à sortir du tunnel Subtil
pour s’aventurer dans une autre dimension de la conscience.

Quêteurs de vérité, penseurs objectifs et sensibles,
aventuriers de l’inconnu, guerriers du juste,
dorénavant délestés des défauts du paraître,
des vices et caprices, du sentiment d’importance,
des identifications, considérations, certitudes, infatuations,
et purifiés des pensées, désirs, idéaux négatifs et vains,
la personnalité devient humble ;
et l’être profond de s’épanouir,
de s’imposer, de prendre les commandes.

La part sensible de l’être est connectée aux étoiles,
c’est-à-dire à la vie de l’univers, au Mystère.

En l’intérieur,
l’infini.

De l’intérieur,
sentir le lien avec Tout.

Conscience de soi et de l’univers,
des diverses dimensions et lois naturelles.

Une autre volonté (que la mentale) agit.

Sensation de légèreté, de bien-être,
sentiment de beauté et d’Amour.




Associations (exemples)

Savoir-être et savoir-faire,
savoir donner, écouter, tendre la main ;
ou sinon, perdre de l’énergie (fatigue par exemple)
ou encore, pomper l’énergie d’autrui ou s'en faire pomper.

Parvenir à canaliser l’énergie (un guérisseur par exemple).

Actions intuitives, créatives, inspirées ;
ou sinon insensées, inconsidérées.

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Remarques

Dans cette image évoluent quatre formes de vie
se développant dans trois dimensions différentes :
- dans la dimension d’en bas, souterraine (vie minérale),
- dans notre dimension sus planétaire (vie organique),
- dans la dimension cosmique (planètes et étoiles).




Admirons l’évolution de l’esprit
étant passé d’une dimension à une autre, soit :
de l’esprit domestique, servile (les chevaux dans l’arcane le Chariot),
l’esprit est devenu lion (dans l’arcane la Force),
puis oiseau dans l’Etoile (l’esprit-enfant de Nietzsche),
avant de devenir Esprit-aigle dans l’arcane le Monde.

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Note perso

L’image de l’arcane l’Etoile m’apparaît la plus hermétique du Tarot,
avec celle de l’arcane le Monde,
toutes deux réfléchissant le Mystère de la vie.

Les arcanes la Lune et le Soleil sont rattachés à la vie cosmique,
néanmoins plus directement reliée à la terre,
la lune en étant dépendante (de la terre),
alors que lune et terre dépendent du soleil.
L’arcane l’Etoile évoque quelque chose de plus grand, de supérieur,
de la vie mystérieuse de l’infiniment vaste où se trouve la source de Tout.

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Rappel et précision (utiles pour la suite du voyage) :

Bien qu’évoluant dans le ciel,
la lune symbolise une dimension inférieure à la nôtre,
dimension régie par des lois identiques à celles du règne minéral.
La lune est une planète secondaire, mineure,
un bout de terre détaché,
qui figure souvent les mêmes choses que la terre,
mais dans son aspect sombre et instable.

L’animal, dont l’humain, et les autres vies organiques
évoluent dans une dimension dite intermédiaire
(entre terre et ciel).

Le soleil évolue dans une dimension supérieure à celle de la terre.

Les étoiles évoluent dans une dimension supérieure à celle du soleil ;
les étoiles correspondant à ce que Gurdjieff nomme « tous les soleils ».

* * *

L’arcane l’Etoile exprime quelque chose dépassant notre entendement
qui, néanmoins, semble perçu par le personnage dessiné.

Mystère de notre relation avec l’univers.


dimanche 11 février 2018

TTE, au coeur de la dualité fondamentale

Le Tao Tarot Express vole maintenant à plus de dix mille mètres de hauteur,
grâce à sa technique solaro-propulsattracto-magnétique.

Distanciation affective.

Entre Terre et Ciel,
entre le petit cosmos et le grand cosmos :
un cosmos intermédiaire, où se développe la vie organique.
 

Pour nous, évoluant au sein de la dimension intermédiaire,
lune et soleil représentent deux extrêmes, des opposés,
qu’il s’agit d’apprendre à connaître, tous deux.

Deux pôles d’attraction principaux :
le vrai et le faux,
Mère et Père,
phases nocturne et diurne,
les ténèbres et de la lumière,
ce que l’on veut (idéal) et ce qui est

En s’intéressant à l’une des dimensions,
on apprend à connaître son opposée.



Le TTE survole en ce moment l’origine des dualités,
la source d’où s’écoulent et où refluent les opposés ;
là où jour et nuit se confondent,
femmes et hommes se ressemblent.




NB : observer attentivement les gouttes.
Dans l’image de la Lune elles sont comme attirées vers le ciel,
alors que dans le Soleil, elles tombent du ciel.
Mouvements inversés.
Respiration.
Flux et reflux.
Inspiration et expiration.
Les deux mouvements sont vitaux.

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Associations d’idées

L’attachement à la matière produit le sentiment d’insécurité,
et des peurs insensées notamment de manquer de quelque chose,
ainsi que la crainte du lendemain, de l’inconnu, de la nouveauté.

La peur empêche l’élan d’amour,
en maintenant dans un obscur égocentrisme
aux désirs déviants, insatiables et répétitifs.

L’imagination forme l’angoisse
et donne vie aux mensonges.

S’efforcer de se voir, soi, et de voir le monde tels quels,
dans les détails et en un ensemble, zoom avant et zoom arrière.
(La lune et le soleil dessinés dans les arcanes sont personnifiés,
l’esprit étant capable de prendre de la hauteur)
Se voir entièrement, s’observer avec distance.

Traverser son chaos intérieur, son propre enfer,
(mythe d’Ishtar, Dante et ses neuf cercles de l’enfer*, etc.)
car là se trouve la voie pour accéder à la dimension du grand cosmos ;
c’est-à-dire qu’il s’agit de mettre de l’ordre en son intériorité,
en osant se confronter à ses peurs et trahisons, et les traverser,
afin de se détacher des habitudes et automatismes malsains,
de ce qui nous attire et retient en bas, dans le petit monde mécanique
ne stimulant qu’une partie de notre esprit : l’animale, certes devenue savante.

Ne laisser aucune zone d’ombre en soi-même,
éclairer son ciel intérieur avec son propre soleil ;
dans cette configuration, y rencontrer l’autre-en-soi-même :
les aspects de soi niés et laissés à l’état embryonnaire.

Sentiment retrouvé d’unité, d’intégrité.

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Note
* XVIII, 18 est le nombre, la vibration, de l’arcane la Lune du Tarot.
18 = 9 + 9
En calcul théosophique, 18 = 1 + 8 = 9
En musique, on pourrait dire que 18 vibre comme 9,
mais à une octave supérieure.

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vendredi 9 février 2018

TTE, objectif éveil

Le Tao Tarot Express parvient à destination.


Le mode de penser dirige notre regard,
regard jugeant le monde selon des préconceptions.

La subjectivité du raisonnement ampute le jugement.
L’ambivalence du sentiment trouble le jugement.
L’égocentrisme corrompt le jugement.
La peur obscurcit le jugement.
Le mensonge manipule le jugement.
L’excès de sensiblerie et sentimentalité
fragilise et fausse le jugement*.




*NB : le TTE vous a entrainé dans un élan évolutif.
Au quotidien, sans effort sur soi pour croître,
les arcanes majeurs du niveau mental (de XV à XXI)
expriment souvent des limites, des erreurs de choix ou de raisonnement,
ou sinon une tendance à vouloir dominer, contrôler.
Par exemple, l’arcane le Jugement, à la base,
exprime le fait de porter des jugements
de façon hâtive et subjective.

Notre faculté de jugement reste partielle,
altérée car influencée constamment ;
et ce, tant qu’on ne parvient pas à un regard objectif,
c’est-à-dire à une pensée consciente, lucide et sensible.

Gurdjieff prétendait que nous ne cessons de nous identifier
à tout : aux autres, à des discours, à des idées, à des objets, etc.
Notre capacité de jugement ne peut donc que reposer sur ces identifications,
tant qu’on ne s’en détache pas et qu’on ne revient pas à Soi, à son essence.


Détails de l’image

Un jugement objectif repose sur la conscience des trois dimensions de l’existence :
la petite (règne minéral et la lune), la nôtre, et la grande (phénomènes cosmiques)
ou encore, conscience d’avant (passé), maintenant (présent) et après (devenir) ;
de la vie intérieure, de l’entre-deux (le « moi-peau ») et de la vie extérieure ;
devant, ici, derrière ; gauche, ici, droite ; etc.

Relevons l'importance du relationnel dans l'image du Jugement. 



Les mère et père sont les premières figures d’identifications,
ce qui ressort de l’image du Jugement (entre autres) ;
néanmoins, le jeune se trouve en face des mère et père,
c’est-à-dire qu’il ne s’identifie pas (plus) à eux,
il est devenu un être distinct.

Se découvrir, soi,
hors identification et influence,
en cessant de se mentir, tromper, trahir,
en faisant la part des choses entre l’imagination et le réel,
entre les discours prometteurs, les théories, et les faits,
entre le construit par l’humain et le naturel,
entre le faux et le juste,
permet un jugement objectif,
de voir « ce qui est ».

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jeudi 8 février 2018

Keny Arkana

Un vent de changement a soufflé sur la "peur de la liberté".

♫ ♪ Tout va très bien ♪ Madame la Marquise ♫ ♪

Jusqu'à ~17 ans, j'ai regardé pas mal la TV.
J'aurais adoré y voir ceci :





TTE, le Tout en conscience

Non-gare d’Entre-Deuxmondes, terminus.
 
Le processus d’individuation est abouti.

Lors de l’étape précédente,
nous avons assisté à une métanoïa (renaissance par l’esprit).

À partir de cette transformation, chacun a le choix :
de poursuivre dans le système Mère-Culture&Père-Autorité,
ou de changer de repères, d’habitudes, de mode de vie.




Remarque

Si le Mat est l’unique arcane majeur sans nombre,
alors que XIII est le seul arcane à ne pas être nommé,
l’arcane le Monde a été dessiné à partir d’une structure singulière,
tout à fait différente des vingt-et-une autres images.


Associations

Au quotidien,
le Monde exprime un renfermement sur soi,
bénéfique ou défavorable selon les circonstances,
ce qui implique une difficulté à s’adapter et à communiquer.

Évoluer dans son monde intérieur,
tout en évoluant et maintenant une relation avec le monde extérieur.


Les Trois Forces

Les quatre symboles placés dans les angles ont déjà été abordés.

Relevons comment se présentent les Trois Principes créateurs :
reliés et noués ensemble par une volonté.
Les Trois Principes forment un espace clos, protecteur, en forme d’œuf.




Le commandant du Tao Tarot Express
vous souhaite une agréable continuation
pour la suite de votre voyage, sur votre voie.



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Lien
* 3 Forces et des lois mécaniques

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mercredi 7 février 2018

TTE : Ton Tao d'Eveil

Apprendre à connaître un système, ses fonctionnement et rouages,
afin de le comprendre et d’y évoluer le mieux possible
ou pour s’en défaire, s’en libérer.

Le premier système : soi.

Un système plus large, imbriqué à soi : la famille, les proches et figures d’identification.
Un système commun, social : la société, son gouvernement, son sens de l’ordre…

Un système vaste, naturel, ordonnant la vie de notre planète : l’univers.

 


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Lien
* TTE, introduction (retour au début de la rubrique)
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S'identifier, et s'oublier (G XVI)

Rappel du dernier paragraphe de la précédente parution :
Mais l’homme n’oublie jamais rien plus facilement
que ce qui a trait à lui-même,
par exemple : ces « photographies mentales" qu’il a pu prendre.
Et ses opinons, ses théories se trouvent, de cette façon,
dépourvues de toute stabilité et de toute précision.
 
L’homme ne se rappelle pas ce qu’il a pensé ou ce qu’il a dit ;
et il ne se rappelle pas « comment » il a pensé
ou « comment » il a parlé.

G. I. Gurdjieff continue, en expliquant les causes de « l’oubli de soi » :
Ceci, à son tour, est en rapport avec l’une des caractéristiques fondamentales
de l’attitude de l’homme envers lui-même et envers son entourage, à savoir :
sa constante "identification" à tout ce qui prend son attention,
ses pensées ou ses désirs, et son imagination.
"L’identification" est un trait si commun que,
dans la tâche de l’observation de soi,
il est difficile de la séparer du reste.

G. I. Gurdjieff poursuit sur le sujet de l’identification,
une manie à l’en croire :
L’homme est toujours en état d’identification ;
seul change l’objet de son identification.
 
L’homme s’identifie à un petit problème qu’il trouve sur son chemin
et il oublie complètement les grands buts qu’il se proposait au début de son travail.
 
Il s’identifie à une pensée et il oublie toutes les autres. 
Il s’identifie à une émotion, à une humeur,
et il oublie ses autres sentiments plus profonds.
 
Les deux ou trois arbres les plus proches viennent à représenter pour eux toute la forêt. 
L’identification est notre plus terrible ennemi parce qu’elle pénètre partout.
Au moment même où nous croyons lutter contre elle, nous sommes encore sa dupe.
Et s’il nous est si difficile de nous libérer de l’identification,
c’est que nous nous identifions plus facilement aux choses
qui nous intéressent davantage,
celles auxquelles nous donnons notre temps, notre travail et notre attention.
 
Pour se libérer de l’identification,
l’homme doit donc être constamment sur ses gardes
et impitoyable envers lui-même.
C’est-à-dire qu’il ne doit pas avoir peur
de démasquer toutes ses formes subtiles et cachées.
 
Il est indispensable de voir, d’étudier l’identification,
afin d’en déceler en nous-mêmes jusqu’aux racines les plus profondes.
Mais la difficulté de la lutte contre l’identification s’accroît encore du fait que,
lorsque les gens la discernent, ils la regardent comme une qualité excellente
et lui décernent les noms d’ "enthousiasme", "zèle", "passion",
"spontanéité", "inspiration", etc.
(…)
L’homme identifié n’est plus qu’une chose, un morceau de viande ;
il perd jusqu’à ce peu de ressemblance qu’il avait avec un être humain.
(…)
Regardez les gens dans les magasins, les théâtres ou les restaurants.
Voyez comme ils s’identifient avec les mots quand ils discutent
ou essaient de prouver quelque chose,
particulièrement quelque chose qu’ils ne connaissent pas.
Ils ne sont plus que désir, avidité, ou « paroles » :
d’eux-mêmes, il ne reste rien.
 
L’identification est le principal obstacle au rappel de soi.
Un homme qui s’identifie est incapable de se rappeler lui-même.
Pour pouvoir se rappeler soi-même,
il faut d’abord « ne pas s’identifier ».
Mais pour apprendre à ne pas s’identifier,
l’homme doit avant tout « ne pas s’identifier avec lui-même »,
ne pas s’appeler lui-même "moi", toujours et en toutes occasions.
(…)
Tant qu’un homme s’identifie ou est susceptible de s’identifier,
il est l’esclave de tout ce qui peut lui arriver.
 
La liberté signifie avant tout : se libérer de l’identification.

dimanche 4 février 2018

Moi-je et l'autre

Distinguer le « moi-je » et « l’autre »

Le « moi-je », ou « Eric » (à remplacer par votre prénom),
résulte de ses histoire, éducation, expériences, relations, déceptions, etc.,
ainsi que du Système et du conditionnement reçu selon son rang social
(par exemple : dans la classe moyenne, il faut travailler,
obéir aux représentants de l’autorité, payer des impôts...,
alors que, chez les riches, il faut apprendre les bonnes manières
et comment détourner les lois pour payer un minimum d’impôts-pour-les-pauvres, etc.)

samedi 3 février 2018

Pas de vrai-moi sans "l'autre" (G XV)

Rappel :
(…) l’étude de soi et l’observation de soi, bien conduites,
amènent l’homme à se rendre compte qu’il y a "quelque chose de faussé"
dans sa machine et dans ses fonctions, en leur état ordinaire.

Pour s’étudier soi-même et s’observer,
comment procéder M. Gurdjieff ?

NB : dans l’explication qui suit,
à la place de "Eric", chacun peut mettre son prénom.
(…) un homme doit s’exercer à prendre, pour ainsi dire,
des photographies mentales de lui-même
aux différents moments de sa vie
et dans ses différents états émotionnels ;
non plus des photos de détails, mais des vues globales.
(…)
Si un homme parvient à prendre d’intéressants instantanés,
il ne tardera pas à obtenir une véritable collection de portraits de lui-même qui,
tous ensemble, lui montreront clairement ce qu’il est.
 
Mais il est difficile de parvenir à prendre ces photos aux moments les plus intéressants,
il est difficile de saisir les postures, les expressions du visage,
les émotions et les pensées les plus caractéristiques.
(…)
Au lieu de l’homme qu’il croyait être, il en verra un tout autre.
Cet "autre" est lui-même et, en même temps, ce n’est pas lui-même.
(…)
Vous devez apprendre à séparer le réel de l’imaginaire.
 
Et pour commencer l’observation de soi et l’étude de soi,
il est indispensable d’apprendre à se diviser.
L’homme doit se rendre compte qu’en fait il est formé de deux hommes.
L’un est l’homme qu’il nomme "moi" et que les autres nomment "Eric".
L’autre est le vrai « lui »,
le vrai « Moi »,
qui apparaît dans sa vie seulement pour de très courts moments,
et qui ne peut devenir stable et permanent
qu’après une très longue période de travail.
 
Tant qu’un homme se considère lui-même comme « une seule personne »,
il restera toujours tel qu’il est.
Son travail intérieur débute à cet instant
où il commence à éprouver en lui-même la présence de « deux hommes ».
L’un est passif
et le plus qu’il puisse faire est d’observer et d’enregistrer ce qui lui arrive.
L’autre, qui se nomme lui-même "moi",
qui est actif et parle de lui à la première personne,
n’est en réalité que "Eric".
 
Telle est la première réalisation qu’un homme puisse obtenir.
Aussitôt qu’il commence à penser correctement,
il voit qu’il est tout entier au pouvoir de son "Eric".
Quoi qu’il projette ou médite de faire ou de dire, ce n’est pas "lui",
ce n’est pas son "Moi" qui le dira ou le fera, mais son "Eric",
et ce qu’il fera ou dira, naturellement,
n’aura rien de commun avec ce que son "Moi" aurait dit ou fait ;
(…)
A cet égard, un danger précis guette l’homme dès le tout premier moment
de l’observation de soi. C’est "Moi" qui commence l’observation,
mais "Eric" s’en empare aussitôt et c’est lui qui la poursuit.
Ainsi, dès le début, "Eric" fausse quelque chose, (…)
L’observation de soi devient une observation d’ "Eric".
L’homme comprend qu’il n’est pas "Eric",
qu’ "Eric" n’est que le masque qu’il porte,
le rôle qu’il joue inconsciemment et que, par malheur,
il ne peut pas s’empêcher de jouer,
un rôle qui le domine et lui fait dire et faire des milliers de choses stupides,
des milliers de choses que lui-même ne ferait ou ne dirait jamais.
S’il est sincère avec lui-même, il sent qu’il est au pouvoir d’"Eric"
et, en même temps, il sent qu’il n’est pas "Eric".
Il commence à avoir peur d’ "Eric",
il commence à sentir qu’ "Eric" est son ennemi.
Quoi qu’il veuille faire, tout est intercepté et altéré par "Eric". (…)
Les désirs, les goûts, les sympathies, les antipathies, les pensées, les opinions d’ "Eric",
ou bien s’opposent à ses idées propres, à ses sentiments et humeurs,
ou bien n’ont rien de commun avec eux.
Et, cependant, "Eric" est son maître.
Lui, il est l’esclave. Il n’a pas de volonté propre.
Il est hors d’état d’exprimer ses désirs,
parce que tout ce qu’il voudrait dire ou faire sera toujours fait à sa place par "Eric".
 
A ce niveau de l’observation de soi, cet homme ne doit plus avoir qu’un seul but :
se délivrer d’ "Eric".
Et dès lors qu’il ne peut pas s’en délivrer en fait parce qu’il est "Eric",
il doit par conséquent le maîtriser et lui faire faire non pas ce que désire
l’ "Eric" du moment, mais ce que « lui-même » veut faire.
 
"Eric", qui est aujourd’hui le maître, doit devenir le serviteur. 
Tel est le premier pas dans le travail sur soi : il faut se séparer d’ "Eric",
non seulement en pensée, mais en fait,
et parvenir à sentir que l’on n’a rien de commun avec lui.
Mais il faut bien garder présent à l’esprit que toute l’attention
doit demeurer concentrée sur "Eric".
En effet, un homme est incapable d’expliquer « ce qu’il est lui-même en réalité » ;
cependant, il peut s’expliquer "Eric" à lui-même et c’est par là qu’il doit commencer,
en se rappelant en même temps qu’il n’est pas "Eric".


À ce point, G. I. Gurdjieff répète que l’on a besoin d’aide
pour parvenir à distinguer entre les deux : le "Eric" et l’autre-en-soi :
Pourquoi en est-il ainsi ?
Nous avons dit que l’observation de soi conduit à cette constatation
que l’homme s’oublie sans cesse.
Son impuissance à se souvenir de soi
est un des traits les plus caractéristiques de son être
et la vraie cause de tout son comportement.
Cette impuissance se manifeste de mille façons.
Il ne se rappelle pas ses décisions,
il ne se rappelle pas la parole qu’il s’est donnée à lui-même,
il ne se rappelle pas ce qu’il a dit ou ressenti il y a un mois,
une semaine, un jour ou une heure seulement.
Il commence un travail et bientôt il oublie « pourquoi » il l’a entrepris,
et c’est dans le travail sur soi que ce phénomène se produit
avec une fréquence toute particulière.
Un homme ne peut se rappeler une promesse donnée à autrui
qu’à l’aide d’associations artificielles, d’associations « éduquées » en lui,
lesquelles, à leur tour, s’associent à toutes sortes de conceptions,
elles-mêmes artificiellement créées,
telles que l’« honneur », l’« honnêteté », le « devoir », et ainsi de suite.
 
En vérité, on peut donc dire que pour une chose dont un homme se souvient,
il y en a toujours dix, bien plus importantes, qu’il oublie.
 
Mais l’homme n’oublie jamais rien plus facilement que ce qui a trait à lui-même,
par exemple : ces « photographies mentales" qu’il a pu prendre.
Et ses opinons, ses théories se trouvent, de cette façon,
dépourvues de toute stabilité et de toute précision.
L’homme ne se rappelle pas ce qu’il a pensé ou ce qu’il a dit ;
et il ne se rappelle pas « comment » il a pensé ou « comment » il a parlé.


Résumons : notre tendance, à nous humains, consiste à tourner en rond
en ne maintenant pas la continuité de nos élans et décisions importants,
et en s’oubliant (en oubliant le Soi profond, unissant le moi-je et l’autre en soi),
c’est pourquoi chacun a besoin de connaître au moins une personne plus éveillée qu’elle.


jeudi 1 février 2018

Des désirs au Rêve (II)

Il ressort de « se Rêver », notamment,
la nécessité de discerner entre un désir et un Rêve.

Exemple : un politicien a clamé dans les médias
« qu’il espérait bien que les jeunes rêvent de devenir milliardaires ».
L’emploi du terme « rêver » me paraît clairement signifier, dans son discours,
l’action de désirer et/ou de rêvasser.
Le désir d’être riche nous entraîne dans des rêveries.