jeudi 6 juillet 2017

Germe d'âme

Vers l’âge de 30 ans, je suis tombé par hasard sur le livre
de G. I. Gurdjieff, à la bibliothèque.
De lire le propos de cet auteur a secoué l’entièreté de ma personne,
voire même les gênes de mes éventuelles incarnations passées.

Je reviens sur et recopie la citation concernant l’âme :
Bienheureux celui qui a une âme ;
bienheureux, lui aussi, celui qui n’en a point,
mais malheur et désolation à quiconque n’en a que le germe.

Cette citation m’a remué-questionné durant longtemps.
Je vais la décortiquer, ce qui permettra de vérifier que nous l’entendons pareillement.

Bienheureux celui qui a une âme ;

Avoir une âme ou avoir conscience d’en avoir une,
correspond à ce que je me représente de l’Eveil.
Un être éveillé a, forcément, pleinement conscience de son âme,
ce qui est rendu possible par la connaissance du fonctionnement
de sa personne-à-trois-cerveaux devenue harmonieuse.
Par âme, on peut entendre le Soi (en soi-même).
C. G. Jung a évoqué le Soi, se développant par le processus d’individuation.
Après le développement de l’ego, reste encore a laissé l’être se développer,
ce qui ne peut se produire que pour autant que l’ego soit, en quelque sorte, sacrifié.
D’où, probablement, la nécessité de « souffrir volontairement ».
Note : certaines rares personnes devenues
des Individus-en-conscience-de leur-âme
finissent par choisir de servir les forces obscures,
les « Individuums Hassnamouss Universels » (expliqué ci-dessous).

La citation de G. I. Gurdjieff continue ainsi :
bienheureux, lui aussi, celui qui n’en a point
,

Ne pas avoir d’âme explique les faits inconsidérés et inconséquents
notamment de la plupart de ceux qui dirigent les affaires du monde,
ne paraissant aucunement se sentir responsables, ni éprouver de la honte,
face aux indéniables dégâts planétaires et à la situation socio-économique déplorable.
Ne pas avoir d’âme permet de ne plus ressentir de remord, de culpabilité et honte.
De penser que des personnes n’ont pas d’âme me permet de comprendre
l’acharnement cruel et sadique dont font preuve certains à l’égard
d’autres personnes, animaux, plantes.
Bref, ces actes que je ne comprenais pas, dont les guerres,
me semblent être l’œuvre de gens dénués d’âme.
Des personnalités qui ne se remettent pas en question n’ont sûrement pas d’âme,
comme celles qui sont persuadées qu’elles savent qu’elles ont raison.
A la place d’une âme, ces personnes égotiques semblent avoir un écran
où sont projetées sans cesse des idées à rentabiliser,
au sein d’équations savamment calculées, pour un aller sans retour dans le Néant.
G. I. Gurdjieff évoque le Mal d’une façon propre à lui,
ne serait-ce qu’en ayant inventé un mot pour définir cette tendance déviante : « hassnamouss ».
Voici sept points qui peuvent nous rendre candidat hassnamouss,
voire même nous faire devenir des « Individuums Hassnamouss Universels » : 
1. Toutes espèce de dépravation, consciente ou inconsciente.
2. La satisfaction intime qu’on éprouve à induire autrui en erreur.
3. Le besoin irrésistible de détruire l’existence d’autres créatures.
4. Le pendant impérieux à se libérer de l’obligation d’accomplir
les efforts êtriques requis par la Nature.
5. La tendance à user de toutes sortes d’artifices pour cacher aux autres
les défauts physiques qu’ils vous reconnaissent.
6. La tranquille jouissance de ce qu’on n’a pas mérité soi-même.
7. La tendance à ne pas être ce qu’on est.

J’en arrive à la partie de l’énoncé qui m’avait fait l’effet d’un tremblement de terre interne :
mais malheur et désolation à quiconque n’en a que le germe.

Aïe !
N’avoir que le germe d’une âme s’avère, effectivement, la pire des calamités,
car ce germe est suffisant pour éprouver l’aliénation et la souffrance du monde,
mais il reste insuffisamment développé pour pouvoir y faire face
sans s’y laisser emporter, engluer, étouffer, entraver, anéantir…
Ce que je tente de faire ressortir – et que G. I. Gurdjieff m’a fait comprendre –,
c’est que lorsqu’on est sensible, un tant soit peu à l’écoute de soi, de sa conscience,
en étant capable de penser par soi-même le monde, et de l’éprouver,
l’on a, probablement, un germe d’âme.
D’ailleurs, cet auteur relie l’âme à la « conscience objective morale ».
Or je me dis qu’en cas de germe d’âme, il faut impérativement et sans tarder
développer ses facultés intérieures en vue d’un épanouissement personnel.
En cas de germe d'âme, pas d’autre choix que :
souffrir des maux du monde ou parvenir à « revêtir son corps supérieur ».
Avec d’autres mots, il s’agit de parvenir à se connecter avec le Soi (en soi-même),
ce qui implique de comprendre son fonctionnement global
et de faire les efforts appropriés afin de maintenir une cohérence entre penser et agir.

L’intelligence prend naissance quand l’esprit, le cœur et le corps sont en harmonie réelle.
– J. Krishnamurti

Mon impression :
une fois « revêtu son corps supérieur »,
c'est-à-dire l'être pleinement épanoui,
on ne peut que se sentir bien (en soi-même) et ce,
même dans les pires situations extérieures
(qui, elles, restent pénibles, fatigantes, etc.,
mais face auxquelles nous gagnons en force et sagesse.)


2 commentaires:

  1. Eric,
    Intéressant tout cela ! Très intéressant. Accepter, pour mieux retrouver ou trouver l'harmonie. Ça me rappelle l'image des mouches (toutes symboliques) de Sartre. Ne pas se déconcentrer à cause de cela. Pas facile.
    belle journée à toi.
    Thierry

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    1. Belle image, celle de ne pas se laisser déconcentrer par les mouches.
      (Pas lu Sartre)
      Elle me parle, notamment de maîtrise de l'attention...
      A toute Thierry

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