jeudi 13 juillet 2017

Esprits supérieurs

Les personnalités hors norme qui ont laissé une œuvre utile au monde,
les généreux Individus contemporains qui apparaissent importants,
dans le sens qu’ils se sont voués à transmettre le juste et essentiel,
les majeurs, selon moi et après des années de recul, sont :

En premier, me viennent les livres de Jiddu Krishnamurti
(grâce aux notes et enregistrements de ses conférences et entretiens).

Je ne sais pas ce qu’on entend par un « être de lumière »,
n’ayant croisé que des illuminés au néon.
Selon la représentation que je m’en fais,
J. Krishnamurti pourrait bien avoir été un être de lumière.


Saviez-vous que vers l'âge de 17 ans, alors qu'il vivait en Inde,
J. Krishnamurti a refusé de devenir le messie (!) que les théosophes voyaient en lui ?
Il a tracé sa propre voie, seul, rejetant ce prestigieux et inégalable titre honorifique.

Une suggestion avant de vous immerger dans le propos de J. Krishnamurti,
qui a écrit :
Il vous faut mettre en doute
tout ce que l’homme a accepté comme étant valable et nécessaire.

Aux personnes qui débutent sur la voie de la connaissance de soi,
aux personnes qui souhaitent avancer, se perfectionner, mieux se connaître,
et qui s’intéressent aux essais souvent rangés sous « spiritualités »,
je vous suggère de commencer avec celui de G. I. Gurdjieff,
Récits de Belzébuth à son petit-fils.
Pourquoi ?
Parce que cette œuvre, en plus de transmettre la Tradition des Anciens,
sert à nous déstabiliser dans nos convictions conditionnées par le système
depuis des générations… Le livre de ce Maestro remet les compteurs à zéro,
nous déconditionnant, tout en infiltrant des jalons de Connaissance essentielle
à la place de ce qui se trouve déconstruit (l’esprit n’aimant pas le vide).

Remarque (que je viens seulement de prendre conscience) :
il m’étonnerait que G. I. Gurdjieff ait, comme par hasard,
écrit un livre de plus de 1'100 pages comme… ?...,
comme la Bible !

Ce mage rescapé de Babylone nous désenchante des leurres pensés par les hommes,
en s’adressant directement à notre être profond.
Un tour de force.
Il faut savoir une chose : ce personnage, quand il a écrit ce livre,
était en convalescence suite à un grave accident de voiture,
dont il s’est soigné par ses propres moyens, ayant refusé de rester à l’hôpital,
alors que des organes internes avaient été lésés, en plus des blessures externes !
À son décès, en 1949, les médecins, des plus surpris, ont remarqué
que G. I. Gurdjieff était parvenu, diable sait comment, à réduire au minimum
le fonctionnement de certains de ses organes vitaux (notamment ceux malmenés par l’accident) !

Dans son institut pour le développement harmonieux de l'humain,
à mesure que G. I. Gurdjieff écrivait ce livre Récits de Belzébuth...,
qu'il faisait lire les passages rédigés par l’un ou l’autre des élèves,
à haute voix et devant les personnes présentes,
afin d’observer leurs réactions à tous.
Puis, si besoin, il modifiait son propos, et le refaisait lire plus tard, etc.,
jusqu’à parvenir au résultat escompté.
Je veux dire que ce livre a été "testé", expérimenté pratiquement sur un panel de personnes,
à la façon du sage-mage soit, sans blablabla, uniquement en observant les réactions et,
éventuellement, en posant des questions sur ce qu’ils comprenaient.
Son ouvrage est paru en 1950, un an après son décès
(il ne recherchait ni gloire ni autre. Il a donné à l'humanité).

Ce livre représente une bible noir pour les conformistes,
une bible blanche pour les chercheurs de vérité.
Une hérésie pour les fanatiques religieux (de tous bords),
une bénédiction pour les esprits curieux et ouverts au Mystère du monde.
Un danger pour les rouages du système de Mère Culture,
une libération pour ceux-qui-s’écoutent.

Extrait de l'avant-propos de l’œuvre de G. I. Gurdjieff,
qui s’est donné trois objectifs en l’écrivant :
1. Extirper du penser et du sentiment du lecteur,
impitoyablement et sans le moindre compromis, les croyances et opinons,
enracinées depuis des siècles dans le psychisme des hommes,
à propos de tout ce qui existe au monde.
 
2. Faire connaître le matériel nécessaire à une réédification,
et en prouver la qualité et la solidité.
 
3. Favoriser l’éclosion dans le penser et le sentiment du lecteur
d’une représentation juste, non fantaisiste, du monde réel,
au lieu du monde illusoire qu’il perçoit.
 
Après avoir été secoué sans aucun ménagement par G. I. Gurdjieff,
comme un jeune et frêle prunier donnant quelques fruits,
l’être retrouve un semblant d’unicité et commence à entrevoir sa voie (juste pour soi).


On peut se plonger, suite à cette purification, dans la lumière de l'implacable J. Krishnamurti,
notamment la flamme de l’attention, se libérer du connu et la révolution du silence.
Avec ces trois livres, on en a pour… pfff… le reste de son existence.

En fait, on pourrait ne lire que J. Krishnamurti,
mais un bon déconditionnement préalable permet de recevoir sa lumière,
car la lumière directe et pure éblouit, ce qui peut blesser.
D’aborder cet auteur en étant trop encombré de soucis, d’habitudes mécaniques,
d’idées préconçues et arrêtées, obstrue l’accès à sa pensée limpide.
La Vérité est ce que l’on voit en totalité.

* * * * * * * * * * *

En littérature, des auteurs que je connais,
le maître incontestable est, selon moi, Frank Herbert.
Notamment son œuvre Dune, en sept volumes, reste un roman-monument inégalé (à ce jour).
F. Herbert y a fait preuve : d’imagination créative, d’intelligence hors norme
et d’une connaissance en psychologie, en philosophie, en écologie,
en politique, en religion, en mysticisme, en sciences parallèles et officielles,
en relations humaines, en sociologie, en connaissance de soi, et j’en oublie sûrement.

Frank Herbert parvient à s’adresser à notre intériorité profonde,
ce qui invite notre être à venir sur le devant de la scène…

* * * * * * * * * * * * *

Je précise que s’intéresser aux œuvres de ces trois Individus
nécessitent quelques efforts à fournir notamment d’attention
et aussi, pour lâcher-prise intellectuellement,
afin de se retrouver dans une disposition d’esprit le plus ouvert, curieux et souple possible,
sans chercher à comprendre comme on le fait d’ordinaire,
mais simplement en s’imprégnant de ce qu’ils transmettent
et en laissant agir en soi-même, par soi-même.
Il vaut mieux se dire qu’on ne comprend rien, en les lisant,
plutôt que de s’enfermer dans une compréhension linéaire
et uniquement logico-carthésienne-dualiste qui s'avèrera forcément limitante.

Le seul conseil que je puis laisser : lire, faire le vide en soi, et se questionner.
Laisser reposer (le temps agit et consolide les acquis, de façon autonome) ;
et encore, vérifier durant son vécu, au quotidien, la fiabilité de leurs propos,
autant par les ressentis que par les événements extérieurs qui adviennent,
ainsi qu’au travers des relations (avec soi-même comme avec autrui)
et des affaires humaines…

Je me rends compte, après toutes ces années,
que le contenu de ces livres est multidimensionnel
et aussi, atemporel ;
je veux dire qu’en se perfectionnant, en "grandissant",
en parvenant à élargir sa conscience de soi et du monde,
et en les relisant quelques années plus tard,
on découvre de nouvelles dimensions à leur expression, d’autres "accès",
et de nouvelles compréhensions et prises de conscience s'effectuent.

Ses livres sont d’une profondeur inouïe.
Je dirais qu’ils sont des « livres-maîtres ».

* * * * * * *

Voici, pour terminer, une recommandation laissée par G. I. Gurdjieff,
valable pour aborder et étudier les livres cités ci-dessus :
Lisez trois fois (l'ouvrage) :
La première fois, au moins comme vous êtes mécanisés à lire tous vos livres et journaux ;

La deuxième fois, comme si vous en faisiez la lecture à un auditeur étranger ;

Et la troisième fois, en tâchant de pénétrer l'essence même (de ce qui est écrit).



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