dimanche 9 juillet 2017

Être ou paître ?

Celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie ne fait rien, ou presque, de sa vie
en réaction à Ceux-qui-mènent-une-vie-conforme.

Celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie ne compte plus faire fonctionner la Machinerie
produisant la bulle d’abstraction dans laquelle nous croissons et mourrons.

Ceux-qui-mènent-une-vie-conforme croient profiter de leurs importantes existences,
mais ils meurent vides de vécus intérieurs, de souvenirs magiques et intenses.
Ils se soulagent à l’idée de laisser un héritage matériel à leurs descendants ;
pour certains, en entassant des avoirs pour des siècles et des siècles. Âme-haine.
Jouissance mentale d’une réussite sociale si vile. Voiture et maison-piscine.
Leurs actes, de toutes leurs vies, à ces "braves" gens, se résument à avoir su comptabiliser.
Vivre, c’est calculer, prévoir, capitaliser, en voulant prendre toujours plus.
Exister par et au-travers d’idées, en somme.

De nos jours,
quel est le prix à payer pour un peu de liberté et de « qu’on m’fiche la paix » ?

Saviez-vous que, pour intégrer la classe des riches, pour être considéré comme tel,
il faut disposé d'au moins 30 millions (info officielle, en francs suisses) ?
Ainsi, si vous avez, admettons, 15 millions d’euros,
vous restez dans la classe dite moyenne, certes en haut, confortablement.
Si vous avez 35 millions, vous vous retrouvez tout en bas de la pyramide des riches,
profitant de quelques privilèges et cadeaux-bonus bancaires,
mais pas encore à l’égal de ceux des « supérieurs » dieux.
Pour la pyramide divine, il faut intégrer, je cite, « le cercle très privé des milliardaires ».


Se rappeler


Auparavant, plus jeune, Celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie
était nommé « Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être ».

Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être avait observé, à plusieurs reprises,
comment ses camarades finissaient tous, à un moment ou l’autre,
par plier et s’adapter aux exigences de Mère-Haute-Culture.
Saucisson au son du rock, du sexe pour tous, et de la bière.
Hips, mmmmh.
De la rage (bien que contenue par leurs parents et l’école) éprouvée durant l’adolescence,
la plupart finissaient par s’auto-raisonner, s’autodéterminer à, ma fois,
mener une vie conforme ; mais à ma manière, se disaient-ils crânement,
de façon « marginale » écrivent même certains... sur Internet.

Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être embrassa, lui aussi, Mère-Culture-Unique,
en le faisant à sa façon et pour la bonne cause, se convainquait-il.
Il s’était persuadé, alors, qu’il n’avait pas saisi quelque chose de fondamental
touchant au sens de cette sivilisation ; et que,
s’il se sentait insatisfait, c’est parce qu’il était négatif,
comme les experts le lui faisaient savamment comprendre,
en lui suggérant comment procéder pour mener à bien son existence.

Mais Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être observa quelque chose, une constante :
la plupart de ses semblables ne font rien de leur vie, eux non plus,
sinon la remplir de consommations diverses, de rendez-vous importants,
de soirées non moins importantes ou distrayantes, et de blablablas.

Alors Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être devint, volontairement,
Celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie puisque Ceux-qui-mènent-une-vie-conforme
ne font rien, eux non plus, de leur vie, à part engrosser Mère Sivilisation,
en lui donnant leur énergie et leurs plus beaux élans,
ce qui Lui permet de perdurer, pour encore des siècles et des siècles. Âme-haine.
Et nous continuons de ravager l’environnement nourricier et tempérant,
au nom de la « sécurité alimentaire » et de la « croissance » pour tous,
promis par Mère-Poliquement-Correct.

Les femmes-qui-mènent-une-vie-conforme n’ont pas conscience
de combien les hommes les dépossèdent, manipulent, déconsidèrent,
malmènent au point d’avoir pris le contrôle sur leurs propres corps,
notamment en gérant leurs menstruation, grossesse et même allaitement,
déconseillé par les experts, il va de soi !
Elles n’établissent plus de liens directs avec la Nature,
ni avec leur corps, où se forment pourtant leurs enfants ; pour le moment.
La Nature se meurt, alors qu’elles pensent à plaire aux hommes,
ainsi qu’à un huitième sac à main et une quatorzième paire de chaussures
« parce qu’avec cette robe, aucune ne va ».


La question que chacun devrait se poser en ce moment me paraît être :
produire encore ou ne plus produire du tout ?

Être ?
Ou produire une personnalité sociale œuvrant pour Mère Culture l’insatiable ?

Erich Fromm avait bien vu avec son essai « être ou avoir ».

Puis-je devenir encore, me perfectionner plus encore, apprendre toujours ?
Ou me contente-je de produire les efforts demandés
afin de pouvoir obtenir des produits malsains pour mon être ?

Être ce que je me sens être au fond de moi.

Comment se fait-il que cela, l’unique chose essentielle de cette vie,
devenir soi-même, ne soit pas à « l’ordre du jour » ?

N’est-ce pas cela qu’il serait important d’apprendre aux enfants,
en plus des math, de l’anglais et de l’histoire policée du monde, il va sans dire ?

« Être ce que l’on est » implique le fait de devoir se sevrer du sein de Mère-Si-Vile,
comme un adolescent qui est censé devenir responsable de ses pensées et actes,
en sachant être autonome pour répondre à ses besoins fondamentaux.
Le « hic » est que Mère-Equation n’envisage aucunement notre indépendance,
de nous laisser prendre notre envol ou pire, que nous ayons des initiatives créatives.

Il faut faire un effort pour La comprendre, Elle a tant besoin de nous…
protéger, assure Mère-Sécurité-sur-Tout-et-plus-encore-si-carte-bancaire-dorée.
Elle est un peu à l’image de l’héroïne du roman de Boris Vian « L’écume des jours » :
une mère si gentille et prévenante mais tant angoissée,
qu’elle finit par enfermer à clef ses enfants dans la maison ;
ces enfants qui, pourtant, ne faisaient qu’apprendre à voler (dans les airs),
lorsqu’ils parvenaient à échapper à son bienveillant contrôle…
Et cette pauvre mère, uniquement soucieuse de bonne éducation et de bien faire,
de subir l'abjecte Nature, à cause d’un nénuphar... qui lui rongeait le cœur !


8 commentaires:

  1. Salut,
    je te précise que ce n'aie pas de toi ,Eric, que j'écris.
    Quand nous aurons assez d'argent, d'une voiture de sport et d'une villa à Saint Tropez, nous chercherons notre bonheur...Avoir l'aire d'un con c'est normal... Le problème c'est que l'être ils sont nombreux, très.
    Imagine, si nos têtes chercheuse créerai un vaccin contre la connerie, ils aurait des milliards de cons qui iraient s'en procurer, mais c'est la ou ses cons dominent car il s'agit d'un vaccin et non d'un sérum...
    Bonne semaine et merci pour la lecture "compliqué" :)

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    1. :))
      A te lire, ça ne paraît pas si "compliqué".
      Tu interviens dans le sujet et apportes ton propre point du vue.
      On se comprend donc, ne serait-ce qu'un peu, me semble-t-il.

      Joli et "parlant" l'image du sérum ! Merci

      Ciao Cres ♫ ♪

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    2. ++
      Voix simple, voie sage.
      Cres avait écrit (reçu par mail), puis auto-censuré :
      "T'as déjà tes rêves, pas besoin de piquer ceux des autres"

      Si tout le monde prenait conscience de ça, pensait comme ça...

      Faut croire que les voleurs de rêve n'en ont pas,des rêves propres,
      en dehors des rêves pré-pensés et formatés par Mère Culture.
      ?

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  2. C'est encore et toujours une affaire de jugement ! Il y a ceux qui pensent savoir et bien faire et il y a ceux qui doutent et font différemment. ça ne plait pas toujours aux premiers qui respectent la loi établie. Quand on commence à dire que la "normalité" n'est pas forcément normale, ça travaille dans les têtes et ceux qui ne sont pas prêts à penser que le comportement majoritaire n'est pas forcément le meilleur ceux-là deviennent agressifs et intolérants face à ceux qui voudraient changer et faire différemment.Qui a raison ? Qui a tort ? Ce sont les deux questions qui tournent en boucle dans mon esprit en ce moment face à toute situation. Je laisse toujours la porte légèrement entrebâillée car même si au fond de moi je me dis c'est comme ça que ça doit être, je laisse la place à d'autres pensées et modes de fonctionnement, pourquoi aurais-je raison ?

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    1. Je lis les réponses dans ce que tu écris, Virevolte :
      "ça ne plait pas toujours aux premiers qui respectent la loi établie"
      = on s'en fiche que ça leur plaise ou non.
      Pourquoi donner tant d'importance au fait que ça les dérange ?
      Au nom de quoi ?

      Excellent la suite de ce que tu écris : "quand on... dire que la normalité n'est pas forcément normale... ceux-là deviennent agressifs et intolérants..."
      La question me semble être plutôt : qu'est-ce qui nous fait accepter leur intolérance ? (Et non pas qui a raison ; car personne n'a raison,
      tous pourraient avoir raison... Personne n'a tort, tous pourraient avoir tort... La question qui reste : pourquoi certains qui s'en tiennent "aux lois établies" ne laissent pas les autres vivre comme ils l'entendent ? Puisque ceux qui voudraient vivre autrement, eux, laissent vivre les conformes comme ils veulent.

      Si on partage en deux camps : dans un camp on refuse le non conforme et on oblige tout le monde à se conformer, dans l'autre camp on rêve d'un autre mode de vie. Personne n'a raison ou tort. Il en ressort plutôt l'abus et la tyrannie du premier camp sur l'autre, non ?

      Peur du conflit et non-volonté de se battre pour son droit de vivre,
      tout simplement (en respectant des règles de fonctionnement communautaire, mais en refusant de vivre selon un modèle prédéfini qui, en plus, montre ses limites et défauts de fonctionnement à tous niveaux...)

      A ta question finale : pourquoi aurais-je raison ?
      Parce que tu t'écoutes et que tu aimerais, simplement, vivre une vie plus en concordance avec ton être intérieur ; alors que le système de "ceux qui respectent la loi" t'empêche carrément de vivre d'une façon saine...
      Ce qui n'est pas normal, ce qui est violence !
      On peut donc dire, avec certitude, qu'ils ont tort (d'obliger à)

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    2. Oui, en effet, pourquoi y a t'il toujours des gens qui ne tolèrent pas qu'on vive autrement qu'eux ?

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  3. bonjour

    dans ce monde cruel et parfois malsain ou il faut survivre quand on est plus bas dans l'echelle c'est dur dur de penser a son etre, son paraitre et sa maniere de vivre

    on est parfois pris par des routines quotidiennes qui nous cachent et font oublier notre moi,
    ne plus savoir qu'il existe ce moi et pourrait s’exprimer dans un etat ou l'on serait zen, calme et autosatisfait enfin de son sort

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    1. Oui, situation bien résumée.
      Merci Juste, bon jour à toi

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