jeudi 20 juillet 2017

La culture de l'ego

À l’école, l’instruction exalte l’intellect,
en laissant l’essentiel, aimer, tel un obscur concept.
Nous y consacrons un culte à la vanité et à l’orgueil,
mais sur la question vitale, nous fermons l’œil.

Une fois adulte, chacun cherche son chat,
en se souciant peu des enjeux, en méconnaissant le b.a.-ba.
Notre société si vile privilégie l’apparence au détriment de Soi,
aussi nos ombres et projections font des ravages sous les toits.

L’amour d’aujourd’hui apparaît dénaturé,
devenu un élan intéressé, par le sexe obnubilé,
il ne paraît être que dessein pour parvenir à ses fins,
dont le but ne sert qu’à assouvir d’inapaisables faims.

Les uns s’approprient des autres sans pudeur,
d’autres se moulent aux fantasmes des uns, sans humeur.

Certains abusent d’autrui en se mentant à eux-mêmes,
d’autres abusent d’eux-mêmes pour qu’on les aime.

Des personnes dominent sans pitié,
sur les âmes faibles ou déchirées,
en les méprisant sans discontinuer ;
ce sont à ces derniers que l’on voue « gloire et beauté ».

En prétextant l’amour, mais en refoulant tout sentiment,
certains s’enrichissent pour obtenir, par leur argent,
la tendresse de ceux qui cumulent les échecs cuisants.

Ceux qui n’écoutent que leur cœur
rêvent d’un monde meilleur,
ne sachant comment éviter les heurts.

Ceux qui n’entendent que leur raison
tournent tout sentiment en dérision,
et l’ignominie devient solution.

Pour fuir la solitude, nous préférons l’humiliation.
Pour supporter l’insoutenable réalité, nous baisons.

Croyance en un Dieu extérieur,
rêve d’un extraterrestre sauveur,
recherche de discipline, d’un gourou meilleur,
l’amour, au XXIème siècle, n’est plus qu’un leurre.

L’amour rencontre comme principale difficulté,
la nécessité de contenir son ego démesuré,
et d’harmoniser ses désirs immodérés.

En développant la conscience,
l’amour devient omniprésence.

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6 commentaires:

  1. Désirs immodérés et insatiables, on n'aime plus pour aimer mais pour s'aimer et se faire plaisir, on satisfait un besoin ou pas, oui, ego surdimensionné qui ne sait plus être attentif à l'autre, qui ne sait plus dire je t'aime Ou qui dit je t'aime quand ça l’arrange, pour faire perdurer une situation qui somme toute est plutôt confortable pour lui. L'autre ? peu importe tant que moi ça va ! ...On ne veut plus apprendre de l'autre, on veut se servir de l'autre...Utiliser l'autre pour ne pas être seul...Lui faire croire qu'on l'aime afin de le culpabiliser un peu plus, toujours pour ne pas être seul, mais juste pour éviter quelques corvées que l'autre fait si bien ... Et puis quand il n'y a vraiment plus rien à tirer de l'autre l'oublier bien vite. Désolée, ça m'a rappelé pas mal de souvenirs...

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    1. C'est exactement ça, Vi, 5/5.
      J'comprends que ça titille des souvenirs.
      Malheureusement, c'est beaucoup (trop), la plupart (?),
      des relations qui vont ainsi, notamment "se servir de l'autre"
      pour paraître dans le coup, adapté, pour avoir (posséder) quelqu'un,
      comme tout le monde... Certains font même des enfants dans cet esprit...

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  2. Eric,
    Intéressant. Ton article m'évoque le mélange entre amour et jugement (choix, goût, jugement) et amour qui s'impose, s'étend, survit ou pas. Amalgame pesant et troublant je trouve (enfin si je 'arrive bien à exprimer ce qui me vient...).
    @+

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    1. Ce serait plutôt la peur du jugement, non ? (Crainte de ce qu'en penserons les autres, de ne pas paraître normal, etc. + de se mal-juger soi-même).

      "Un amour qui s'impose" : ça c'est chouette (si l'amour s'impose de lui-même, et non pas au travers d'idées ou d'un vouloir posséder...)

      (Je trouve que Virevolte résume bien la situation globale)

      A toute Thierry

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  3. Yes t'as raison je me suis un peu embrouillé. En tout cas on confond choix (donc jugement) et amour. Y a qu'à voir les sites de rencontre avec critères et forcément ça doit matcher. C'était là mon propos. Grâce à ton comm et celui de virevolte c'est plus clair. Merci.

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    1. Le choix passe par un jugement, ok, pigé.

      Confondre choix et amour,
      c'est confondre le désir mental et le désir profond, sincèrement partagé
      (puisque l'amour ne peut qu'être partagé, éprouvé ensemble ;
      autrement, cela n'est que volonté mentale d'appliquer des idées de ...)

      Merci Thierry-le-viking

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