La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. La peur tue l'esprit.
J'affronte ma peur. Je lui permets de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.

dimanche 7 avril 2019

Démon ou humain (VI)

Avant-propos : l’humanité, une seule entité.

En prenant beaucoup de recul et de distance sur le monde,
on s’apercevrait que l’humanité – blanche, jaune, brune ou noire –
fonctionne avec une seule psyché (conscience collective) en un seul corps.

Logiquement, du moment où un humain dysfonctionne, l’entité en pâtit,
en souffre ; c’est pourquoi il vaudrait mieux veiller les uns sur les autres,
au lieu de se mettre des bâtons dans les roues, en se méprisant,
en s’accusant de…, et en entretenant l'esprit calculateur
du charognard épris de compétitions en tout et pour tout.
Hiérarchie, incessantes rivalités (puériles), comparaison, jalousie, envie…
et course à l’argent et aux plaisirs immédiats, jalonnent la voie de la banalisation du mal.

Plutôt que « aimez-vous les uns les autres », un idéal irréaliste (puisque, dans les faits,
à ce niveau du relationnel nous sommes en échec depuis 2019 ans, au moins),
il s’agirait plutôt de, avec respect, s’aider les uns les autres
notamment pour davantage d’harmonie générale,
de bien-être, de qualité de vie, de joie d’exister et d’avancer ensemble.
 
NB : on peut aborder l’approche dielienne comme on prendrait un bâton.
La banalisation (l’extraversion de C. G. Jung) correspond à un bout, une extrémité,
alors que la nervosité (l’introversion) correspond au bout opposé, à l’autre extrémité.
Penser qu’entre une extrémité et l’autre du bâton évolue une gamme infinie
et variée de possibilités, comme entre les couleurs noire et blanche entre lesquelles
se trouve un nombre incalculable de variété de gris plus ou moins foncés,
plus ou moins clairs (sans parler des couleurs).

Grâce à son travail, Paul Diel a révélé la fausse-voie,
ce qui permet de revenir au sain, à n’importe quels âge et moment,
et quel que soit notre parcours de vie (histoire personnelle).
Afin de nous y aider, Paul Diel éclaire la voie de l’humain…


Démon ou humain, ego ou élan de l’être : le choix de chacun.

L’humain est un animal pensant,
pour son malheur (en constatant ce qui se passe dans le monde,
c’est-à-dire les conséquences et le résultat de notre pensée sivilisée) :
L’évolution du psychisme et celle du soma vont de pair.
L’animal tout comme l’homme est sain ou malsain
selon qu’il est capable de satisfaire aux besoins matériels et sexuels.
Le trait différentiel (entre l’animal et l’humain) est qu’au niveau humain
les pulsions s’élargissent en une multitude de désirs et de sentiments nuancés.
L’animal pensant, l’homme, doit choisir, trier les promesses de satisfaction
qui se transforment en motifs d’actions.
Le choix est exposé aux erreurs ;
l’homme peut imaginativement exalter ses désirs, au point de les rendre insatisfaisables.
Au lieu de la satisfaction vitale se manifeste l’angoisse d’insatisfaction ;
la disharmonie entre le désir et la réalité ambiante qui s’élargit en milieu social.

Naissance du démon :
Il est capital de souligner que
les désirs matériels et sexuels non exaltés
sont naturels et sains (…)
L’exaltation imaginative, en revanche, est un phénomène purement psychique.
Elle exalte les désirs au-delà de leur besoin organique ; elle abuse des organes,
tant par le blocage moralisant que par le mésusage banal,
et devient par là le principe des psychopathies (…)
La forme la plus nocive de l’imagination égocentrique
est la fausse imagination sur soi-même.
Elle est l’aveuglement subconscient,
la déchéance de l’esprit (mythiquement parlant : l’esprit déchu, le démon tentateur).
Son nom est Vanité.
La vanité rend incapable de se connaître soi-même
et, partant, de se contrôler sainement.
Elle est la maladie de l’esprit en principe.
« Biogénétiquement comprise, la vanité est le signe
d’une insuffisante éclosion de la fonction consciente. »

Plus on est vaniteux, plus l’ego s’exalte (surestime de soi) ou s’inhibe (sous-estime de soi).
Donc, à contrario, plus on élargit sa conscience, moins on est vaniteux (juste estime de soi).


Précision : nous parlons ici de vie psychique, je veux dire que le démon ou l'humaniste
évolue à l'intérieur de chacun, cela ne se voit pas ; d'où le « ne pas se fier aux apparences ».


La conscience de soi et du monde se développe grâce à une meilleure connaissance
de soi-même : de son fonctionnement en relation avec l’extérieur – l’entourage, le monde.
Selon P. Diel, qu’on en ait conscience ou non, la tâche principale de l’humain,
son besoin psychique vital, consiste à maintenir l’harmonie en soi
et aussi, entre soi et le monde :
L’exigence d’harmonie est l’esprit organisateur,
immanent à tout ce qui existe, de l’atome à l’univers.
L’organisation harmonieuse est le principe d’existence, de la prévie à la vie.
La disharmonie est le principe de destruction.
  
Des soins médicaux, Paul Diel pensait que :
Fonder la guérison des maladies de l’esprit sur l’étude physiologique
et sur les expériences faites sur les animaux,
c’est méconnaître le trait différentiel entre l’homme et l’animal :
la motivation intime de l’être pensant.
(…)
L’animal drogué produit des signes de désorientation, mais jamais de délires.

Intervenir sur un symptôme ou sur le comportement n’est pas suffisant,
encore faut-il chercher le nœud intérieur, la fausse motivation ;
c’est-à-dire qu’il faut remonter jusqu’aux désirs ambivalents,
afin que le malade y mette bon ordre.

De la maladie et des troubles Ψ, Paul Diel écrivait :
Le problème psychopathique le plus grave, concernant chaque homme
et tous les hommes, la société et toutes les sociétés, l’humanité,

est l’existence du faux justificateur en nous, mythiquement appelé le démon (…)
Il résiste à la chimiothérapie.
Mais il résistera peut-être beaucoup moins à la recherche de la vérité sur nous-mêmes.

Pour Paul Diel, la tâche principale de l’esprit consiste à valoriser.
Un esprit sain valorise les désirs appropriés à sa nature ainsi qu’aux événements.
Les critères de l’esprit : la satisfaction (plaisir profond rendant serein)
et aussi, le besoin d’évoluer.
Reste la question que chacun devrait se poser :
mon esprit, valorise-t-il à partir de mon Moi objectif et lucide,
ou valorise-t-il à partir de mon faux-moi, subjectif et égocentrique ?

Paul Diel explique la principale cause des maladies de l’esprit :
L’étude des motivations (…) met en relief l’existence
d’une forme de pensée secrète,
affectivement déformée et imaginativement exaltée,
qui parvient fréquemment à dérouter la réflexion logique
et à entacher d’erreurs ses décisions pratiques
et même ses conclusions théoriques.
(…)
(…) la cause des errements psychopathiques : le refoulement affectif.
En se dérobant au contrôle conscient,
l’affectivité trouble l’esprit et sa fonction valorisante.
(…)
Plus lucide est l’esprit, moins aveugle est l’affect.
L’esprit, dans la mesure où il est privé de lucidité, survalorise certains désirs
qui, par suite de cette erreur, se trouvent chargés de culpabilité inhibitive.
Au lieu de réviser son erreur coupable (envers soi-même),
l’esprit faussé dans sa valorisation refoule sa culpabilité propre,
ou bien il refoule le désir exalté, ce qui n’est qu’une autre façon de nier
l’erreur commise.

Tout le processus morbide se trouve ainsi inclus dans le fonctionnement de l’esprit
qui, en exaltant et refoulant à la fois le désir,
échoue dans une valorisation contradictoire, ambivalente.
(…)
Dans la découverte freudienne d’un refoulement affectif
se trouvent impliqués deux mouvements inverses :
le procédé refoulant

et la réapparition illogiquement déformée du contenu refoulé.
Rendue (…) constante,
la fausse valorisation se transforme en une fausse motivation
qui ne détermine plus seulement les ressentiments intimes,
mais qui déclenche aussi l’explosion d’une activité vitalement faussée.

À partir de l’erreur de l’esprit, la personne entreprend de « fausses rationalisations »
et de fausses activités, il réagit avec fausseté, etc.

Le malheur, dans cette affaire, c’est que le raisonnement morbide nous concerne tous :
La tendance à la fausse motivation
se trouve plus ou moins développée dans tout homme à son insu.

Toutes les activités humaines, toutes les interactions sociales,
en sont affectées jusqu’à devenir, à divers degrés, insensées.

Y a qu’à constater ce qui se passe non seulement en France, mais partout.

Malades nous sommes, la plupart, et d’autant ceux qui dirigent les affaires du monde
évoluant dans une banalisation du mal et de la violence effrayante, maintenant normalisée.
Ils sont d’une cupidité absolue et évoluent en plein déni (notamment du mal
que nous faisons à la planète et à la Nature créative et nourricière).

Ce n’est pas grave d’être malade.
Ce qui est grave, c’est de ne pas s’en rendre compte, qu’on est malade.

Se rendre compte qu’on est malade, et on passe aussitôt dans le versant guérison,
ce qui nous fait poursuivre sur la voie de la santé, tant psychique que physique,
sans avoir besoin de médicament.
Et ensuite, des sourires éprouvés illuminent souvent notre visage,
laissant se diffuser dans nos veines un chaleureux sentiment de joie d’être…


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