La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. La peur tue l'esprit.
J'affronte ma peur. Je lui permets de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.

mardi 28 mai 2019

Science actuelle vs Tradition

Quelques extraits, que je trouve significatif et aussi, instructif,
d'un livre intitulé : « Médecine chinoise, médecine totale »,
de Jacques-André Lavier, éd. Grasset & Fasquelle, 1973.
Il y est question de Tradition, d'une médecine « proto chinoise »
datant d'avant la grande muraille de Chine.

Pouvons-nous, humains du XXIe siècle, comprendre nos ancêtres ?
(…) il en est un autre (point) qui doit être souligné, qui est que
l’homme actuel n’a plus du tout les mêmes processus de pensée
que celui de jadis, et que ce qu’on est convenu d’appeler ses motivations
sont totalement différentes, et ce n’est pas là la moindre erreur des historiens,
pour qui l’homme est supposé avoir toujours pensé de la même manière.

J.-A. Lavier écrit concernant les sciences modernes,
en commençant par définir la Tradition :
Connaissance immuable parce que totale, acquise par d’autres moyens
que les dérisoires découvertes du monde moderne qui ne fonde sa science fragmentaire
et toujours révisée que sur des observations fortuites ou des incidents expérimentaux (…)

De la vie sus-planétaire se développant sur un plan intermédiaire, cet auteur explique
(NB : par « Sol », J.-A. Lavier entend Terre ; non pas la terre en tant qu’élément,
mais en tant que matière et substance) :
Dans ses rapports permanents avec le Ciel et le Sol,
l’homme vit donc en même temps dans deux mondes (et non deux paramètres)
aussi différents que complémentaires, le temps et l’espace (…)

Selon ce que soulève l’auteur, les « hommes primitifs » (indigènes des tribus
échappant au Système, à la civilisation) contredisent les diverses théories
de l’évolution des scientifiques officiels :
Et les hommes primitifs qui vivent encore de nos jours, protestera-t-on ?
Voilà où mène la frénésie de chercher une preuve tangible à la théorie,
car la tendance des races blanches à se considérer comme le parfait aboutissement
de la chaîne évolutive est telle qu’elles oublient que les Africains, par exemple,
ou encore les indigènes d’Australie, ne sont en rien des « primitifs »
(pourquoi n’auraient-ils pas évolué ?),
mais tout au contraire les survivants de grandes civilisations antérieures.
Leurs rites étranges, leurs médecines, ne sont en aucune façon les balbutiements
d’une intelligence naissante, mais bien les bribes d’une tradition
qui fut très élaborée, et qu’ils ne comprennent plus.
Depuis des millénaires, la Tradition a apporté une autre explication
à l’apparition de la manifestation (…)
Note : par « manifestation » J.-A. Lavier exprime toute forme de vie sur cette planète,
dont la vie humaine. On parle donc de l'existence sus-planétaire (plan intermédiaire).


La vie expliquée en très bref :
Au début, le Ciel ;
ensuite, la Terre, le « Sol » ;
puis, entre Ciel et Terre
– grâce aux interactions constantes entre "ce-qui-vient-du-Ciel"
et "ce-que-renvoie-la-Terre-au-Ciel" –,
un monde intermédiaire avec des manifestations (minérales, végétales et animales).



Remarque : pour ceux(lles) ayant lu les extraits de la rubrique « initiation »,
avec d’autres mots et façon de l’exprimer, c’est exactement ce qu’explique G. I. Gurdjieff
notamment que la vie sous toutes ces formes se développe sur un "plan" (ou dimension)
intermédiaire, entre Ciel et Terre. C’est pourquoi on parle de vie « sus-planétaire »
(la vie sous terre étant celle des métaux, symboliquement l’enfer).

Comme G. I. Gurdjieff l’a écrit également, il semblerait que l’humain perde
de plus en plus de ses capacités, contrairement à ce que font croire les scientifiques,
les historiens officiels et les politiciens.

J.-A. Lavier explique comment comprendre la « manifestation » à partir des mythes.
Cet auteur a étudié un texte antique de la tradition médicale chinoise nommé :
« Nei Tching Sou Wen »*. J.-A. Lavier y a trouvé une question qu’il nous soumet :
« Nos ancêtres étaient des gens extraordinaires :
ils vivaient pendant des centaines d’années, n’étaient jamais malades,
savaient se déplacer dans l’espace par des moyens que nous n’avons plus,
voyaient et entendaient des choses que nous ne voyons et n’entendons plus.
L’humanité aurait-elle perdu quelque chose ? »

J.-A. Lavier explique :
L’homme actuel (et quand nous disons actuel, il s’agit de l’humanité en cours,
de celle qui, déjà, se dégradait il y a presque cinquante siècles,
lors de la rédaction de l’ouvrage cité*) est malade, affaibli,
et ne devient qu’exceptionnellement centenaire.
N’est-ce pas là le signe d’une déchéance ?
Nous touchons là un point capital en ce qui concerne la compréhension
de l’homme moderne : il paraît que nous sommes de plus en plus géniaux,
puisque la technique fait des pas de géant. Voilà un beau progrès, en vérité,
que celui qui consiste à fabriquer toutes les cannes, béquilles et autres voiturettes d’infirme dont l’homme a maintenant besoin pour essayer,
sans d’ailleurs y parvenir, et de bien loin, d’équivaloir à son véritable ancêtre.

En découvrant le contenu de cet ouvrage, j’ai établi des parallèles et corrélations
avec l’enseignement de G. I. Gurdjieff notamment avec la parabole du cocher.
D’abord, J.-A. Lavier introduit le chapitre de la sorte :
L’une des erreurs de Descartes fut de croire, et de donner à croire,
que l’homme est une dualité (…)
Or, nous savons que la Tradition considère
(que pour) l’être humain (…)
ce ne sont pas deux, mais trois plans qui le compensent, à savoir :

- un plan supérieur, correspondant au Ciel ;
- un plan inférieur, correspondant au Sol (Terre-matière-substance) ;
- un plan intermédiaire, correspondant à l’homme lui-même.


(…) La figure donne l’essentiel du système que propose la Tradition,
où l’on voit l’ensemble des plans fonctionnels de l’homme comparé à un attelage,
dans lequel le plan supérieur intellectuel est l’aurige,
le plan moyen émotionnel le cheval,
et le plan inférieur corporel le char.
(…)
Le plan intermédiaire, qui répond analogiquement à l’homme entre Ciel et Sol,
par là même récepteur vis-à-vis du plan supérieur
et effecteur sur le plan inférieur (c’est le cheval de l’attelage, qui,
simultanément, reçoit les ordres de l’aurige et transmet sa force au char) (…)
(…)
(…) le symbolisme de l’attelage est formel quand il précise que l’aurige
commande au cheval, lequel à son tour commande au char :
c’est rappeler la hiérarchie de haut en bas, du Ciel effecteur au Sol récepteur.
Par conséquent, ce sens de haut en bas apparaît comme le sens normal,
alors que le (sens) ascendant indique un transfert d’influx du Sol au Ciel
évidemment anormal, car ce serait alors soumettre le cheval au char,

et livrer l’aurige aux fantaisies de son cheval.
(…)
Lorsque l’aurige commande tel mouvement à son cheval, son intervention vise
uniquement le déplacement du char, et non le cheval en lui-même.
Celui-ci, en d’autres termes, doit immédiatement transmettre au char,
grâce à son harnais, les impulsions que lui donne l’aurige par l’intermédiaire des rênes,

en restant finalement tel qu’il était auparavant, dans la mesure où il applique
intégralement au char les ordres de l’aurige qu’il aura décodés.
Sous cette image symbolique, il faut comprendre que le plan émotionnel doit toujours rester dans un état aussi neutre que possible, dans le sens où tout ce qui est reçu
doit être immédiatement et intégralement envoyé ailleurs.
Encore est-il nécessaire de préciser ce qu’est cet « ailleurs »,
car l’image de l’attelage, aussi limpide soit-elle,

ne saurait rendre exactement compte de tout le processus,
pas plus que la mesure, prise dans le mode quantitatif, ne peut prétendre,
quoi qu’en pensent les physiciens, représenter exactement la notion de temps.
Donc, le cheval reçoit sans cesse des commandements,
qu’il doit transformer en impulsions à appliquer au char.
S’il tient parfaitement ce rôle, et bien qu’il soit perpétuellement actif,
tout se passe, au bout du compte, comme s’il n’existait pas,
ayant dépensé, après transformation, tout ce qu’il a reçu.
C’est par là, et seulement par là, que la question de la sérénité peut être abordée,
laquelle, on va le voir, a un côté assez surprenant pour qui est habitué à concevoir
le sage comme un personnage immobile, au visage hermétique, parfois agrémenté
d’un léger sourire considéré comme « intérieur ».
(…)
Le soi-disant sage décrit plus haut, tout serein qu’il apparaisse,
n’est finalement qu’un refoulé car, il y a deux mille cinq cents ans,
Lao Tzeu écrivait :
« Quand on est bon, je suis bon ;
Quand on est mauvais, je suis mauvais. »
C’est dans ces conditions, et uniquement dans ces conditions,
que le cheval reste parfaitement docile et obéissant,
parce que sa neutralité résulte de l’absence, à son niveau, de toute charge parasite.




J.-A. Lavier explique la vision des Anciens (de l’actuelle Chine) ainsi (en bref) :
- du plan Ciel nous vient la qualité ; symboliquement, on le représente par un cercle
notamment pour représenter son mouvement cyclique.
Toujours symboliquement, il est question du temps (qui passe, heures, mois, saisons).
Le temps n'est pas une dimension (contrairement à l'espace, par exemple).
Ce plan symbolise également l’Unité.
L’auteur précise que le cercle est en fait ovale, un cycle complet étant elliptique
(selon moi, plus précisément, le cycle est spiralé puisque le mouvement
ne revient pas pile poil au point de départ  mais toujours en décalage).

- le plan Sol (Terre) est matière, mesures et, de la sorte, sa spécificité est la quantité ;
symboliquement, on le représente par un carré.
Nous évoluons dans la dimension spatiale de la multitude.

- le plan intermédiaire (produisant la vie sus-planétaire dont celle de l’humain)
permet « d’exprimer les émotions » concernant la qualité et la quantité.

Concernant l’importance des émotions, du sentiment :
Le centre, qui « émet » des influx tendant par définition à rencontrer une autre structure,
est défini par un sentiment qui ne peut être, vue cette recherche de contact,
que la sympathie, que nous entendons ici dans son sens le plus strict
de participation affective, et dont les limites sont l’amour et la haine,
extrêmes respectifs d’une recherche de rapprochement ou, au contraire,
d’une attitude répulsive.
Dans un sens comme dans l’autre, c’est le « contact humain » qui est ici impliqué
au premier chef, sans lequel ce sentiment de sympathie ne pourrait exister, (…)

J.-A. Lavier parle de l’origine des idéogènes, qui ne sont pas les idées,
mais leurs semences ou graines qui "germeront" ou non, qui deviendront donc des idées ou non.
L’auteur explique à ce sujet :
Le plan intellectuel reçoit donc, dans des conditions normales, des influx du Ciel,
lesquels deviennent les idéogènes. (…)
Les grimoires protochinois (…) mentionnent que « les idées sont un don reçu du Ciel »
(…)
Ciel puis Sol (Terre), telle est la clef d’une compréhension de l’homme « total »,

clef malheureusement perdue en Occident depuis le soi-disant Siècle des Lumières,
dont les projecteurs ne sont braqués qu’en direction du Sol.

J.-A. Lavier, indirectement, en traitant son sujet, nous explique la vie (des humains)
et aussi, « la chute de l’homme » comme écrit dans la Bible :
(…) la dégradation (…) un passage progressif de la qualité à la quantité,
du noble au vulgaire.
L’analogie permet de mieux comprendre maintenant les étapes de la chute de l’homme,
(…) Après son contact avec le Ciel, qui correspond donc à une ouverture maximale
du plan supérieur, Adam s’est vu chassé de l’Eden et a commencé alors,
non pas une hypothétique évolution, mais bien au contraire son involution.
S’éloigner du Ciel c’est se rapprocher du Sol, et l’homme, d’abord métaphysique,
est devenu peu à peu sentimental (les religions sont devenues de simples morales),
pour finir au point le plus bas, le plus éloigné du Ciel, dans la matière et la quantité,
unique fondement du scientisme moderne.
Au cours de cette chute, les pouvoirs qu’il possédait se sont peu à peu atténués,
pour finalement disparaître et être remplacés par les prothèses
que réalise la technique actuelle.

(…)
De même, et par simple application de l’analogie, tout individu reproduit,
au cours de sa vie, le même processus de chute tendant vers le Ciel dans sa jeunesse
(et s’il ne le trouve pas, il cherchera un « idéal » dans ce qu’il croit être du même ordre),
il aura plus tard « les pieds sur terre », pour reprendre une expression courante,
mais plus explicite qu’on ne l’imaginerait de prime abord.

La suite du livre concerne directement la pratique de la médecine.
Quelques extraits :
Abstraire d’emblée, et analytiquement, un organe ou une fonction
de l’ensemble de l’organisme pour l’étudier comme s’il s’agissait
d’une élément isolé et indépendant, aboutit aux spécialités médicales,
et la conséquence en est que le malade

doit bien souvent passer d’un spécialiste à l’autre (…)
Pour la médecine traditionnelle, une telle méthode de découpage
en spécialités est parfaitement inconcevable (…)
L’énorme avantage du médecin formé à l’école de la Tradition
est qu’il a les moyens de prévoir certaines maladies
avant leur apparition proprement clinique.
(…) le malade sera guéri avant de l’avoir été.
Le « Nei Tching Sou Wen » déclare :

« Attendre que la maladie apparaisse cliniquement pour la traiter,
c’est forger les armes après avoir déclaré la guerre,
creuser le puits au moment où l’on a soif.
C’est pourquoi le grand thérapeute extirpe la maladie avant
son apparition objective, cependant que le petit médicastre
s’efforce de traiter des symptômes qu’il n’a pas su prévoir. »
Le thérapeute (Occidental) est finalement toujours en présence d’un « malade »,
d’un sujet qui exprime ces anomalies de la physiologie que sont les symptômes.

(…)
La situation que représente la rencontre du malade et du médecin, quelles que soient
d’ailleurs les méthodes qu’utilise ce dernier, ne semble pas devoir, à première vue,

être l’objet d’une étude particulière, à partir de laquelle d’importantes conclusions
pourraient surgir. Qu’on se détrompe : il y a là une relation capitale au contraire,

et dont dépend, pour une énorme part, le résultat de l’intervention thérapeutique,
quelle que soit sa nature.

« Celui qui ne désire pas guérir ne guérira jamais, quoi qu’on fasse »,
phrase à double sens selon que son sujet est le médecin, dont la fonction
est de guérir (le malade), ou bien le malade qui veut ou non guérir (de sa maladie).
L’ouverture du conscient est, pour la Tradition, la thérapeutique essentielle,
dans toutes les acceptions du terme, car le comportement de l’aurige
est déterminant dans le bon fonctionnement de l’attelage.
Que le char ait une avarie, l’aurige le calmera et le ramènera dans le droit chemin.
Or, aux époques où nous vivons, l’humanité s’est fort éloignée du Ciel
dans la mesure où elle s’est rapprochée du Sol (Terre) au cours de sa chute,
et la conséquence de cet état de fait est que le responsable de l’attelage
est pour le moins somnolent, sinon complètement endormi,
livrant ainsi le char aux décisions du cheval et aux irrégularités de la route.
Donc, quelle que soit la maladie, tout acte thérapeutique appliqué au seul niveau
de celle-ci sera insuffisant, car réparer le char ou prendre le cheval en main
ne réveille aucunement l’aurige, alors que l’ouverture du conscient,
s’il arrive qu’elle ne suffise pas à guérir à elle seule,
consolidera du moins les résultats thérapeutiques appliqués aux autres plans.
Par conséquent, il s’agit, tant pour le malade qui veut une guérison la plus complète possible que pour l’homme sain qui désire le rester, de récupérer,
dans la mesure du possible, le contact avec le Ciel et, cela obtenu,
d’exploiter au maximum cette fonction recouvrée.

(…)
Il a été dit plus haut que l’humanité s’éloignait du Ciel de par sa chute vers le Sol.

En d’autres termes, elle perd de plus en plus le sens de la qualité au fur et à mesure
que l’homme, qui se croit maître de la matière, en est en réalité l’esclave.
C’est ainsi que nos langages actuels ne sont plus du tout capables d’exprimer
la moindre notion de qualité, et qu’il faut user d’artifices
ou de conventions pour évoquer celle-ci
.
(…)

Dans son inévitable chute, l’homme a la possibilité de se comporter
de plusieurs manières :

Il peut, d’abord, se laisser purement et simplement entraîner, c’est-à-dire,
selon l’expression à la mode, « participer » au soi-disant progrès,
s’émerveillant alors naïvement de voir son contemporain fouler le sol de la lune
ou battre, sur quelque stade, tel ou tel record.
Pour celui-là, l’aurige n’est ni somnolent ni endormi : il est agonisant.
Ou bien, seconde attitude, l’homme réagit et, refusant délibérément le Sol,
tente de remonter vers le Ciel, ce qui se traduit par le rejet de toute matérialité,
associé à une exacerbation spirituelle. Cette forme de mysticisme a le défaut
de ne pas vouloir admettre la loi, pourtant indénonçable, de la chute de l’homme et,
pour tenter la « remontée », sacrifie volontairement le char : privations de tous ordres,
macérations, continence, jeûne et autres calices, visant à rompre les amarres
qui retiennent l’homme au Sol, (…)
Mais alors, de quelle utilité sera un aurige ainsi réveillé s’il n’a pas de char à utiliser,
qui lui sert de support et qu’il a charge de conduire, et non de mettre en remise ?
(…)
Nous voici alors devant un dilemme : faut-il s’enfoncer avec fatalisme
dans les bourbiers inférieurs de la Substance,
ou au contraire s’envoler vers l’Essence en niant l’inexorabilité de la chute ?
(…) la Tradition propose une troisième solution qui, inspirée du juste milieu,
est en fin de compte la seule possible, et dont voici les grandes lignes :
La chute est irrévocable, et l’homme n’y peut strictement rien mais,
s’il n’a aucun avantage à l’accélérer en visant le Sol, pas plus que le droit
de tenter une remontée en refusant ce même Sol, du moins peut-il ouvrir un parachute,
freiner le mouvement descendant jusqu’à la limite permise,

réduire la vitesse au maximum pour obtenir l’arrêt, lequel, bien que vitesse nulle,
n’en reste pas moins « vitesse » (…)
Dès lors, et par le fait même que le Sol n’est plus son objectif (tout en ne niant pas
sa nécessité), l’homme retrouve en quelque sorte par différence le contact avec le Ciel,
sans avoir à y tendre d’aucune manière.
Et voilà pourquoi le Sage mange quand il faut manger,
parce qu’il a un estomac,
rend hommage à son épouse quand c’en est le moment,
parce qu’il a un appareil génital,
travaille parce qu’il a des muscles et des articulations,
en somme utilise toutes les fonctions du char, simplement parce qu’elles sont là
pour jouer un rôle dans l’ensemble, prenant soin toutefois, en vertu du principe
du juste milieu, d’éviter les abus qui pourraient entraîner l’usure prématurée
de telle ou telles de ces fonctions.
Le char bien entretenu et fonctionnant sans anicroche, le cheval étant docile,
l’aurige doit maintenant se réveiller,
et que faut-il pour éveiller un dormeur sinon l’apparition du jour ?
Pour notre aurige, ce sera, analogiquement, la réapparition du Ciel,
qu’il lui va falloir maintenant exploiter pour mener son attelage
dans les meilleures conditions possibles.

Alejandro Jodorowsky a écrit dans un livre : qu’il faut habituer notre intellect aux miracles.
Voici ce qu’en dit J.-A. Lavier (ce qui représente une seconde clef d’ouverture du conscient) :
(…) la Tradition (…) insiste sur la nécessité qu’il y a, pour qui veut maintenir
l’équilibre et la santé de son intellect, à cultiver le paradoxe et l’irrationnel,

rejeter toute routine intellectuelle, (…)
Que l’on médite le message « codé » que Lao Tzeu nous a lancé
cinq cents ans avant notre ère :

« … Clair comme l’obscur,
Avançant à reculons,
Uni comme un chemin raboteux,

Élevé comme le fond du ravin,
Vierge comme après un viol,
Large comme l’étroit,
Solide comme le branlant,
Stable comme le mouvant.

Le carré parfait n’a pas d’angles,
La machine parfaite ne sert à rien,
La grande musique n’a pas de notes,
Le grand symbole n’a aucune forme. »
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