lundi 8 janvier 2018

Communication, M H Erickson

Milton H. Erickson, 1901-1980, fut un médecin psychiatre
qui pratiquait, également, ce qui est devenu l’hypnothérapie.

Mis à part des articles, il n’a rien publié, ayant refusé de théoriser
(mais pas de partager, ayant exercé en tant que professeur d’université et conférencier.
Ce sont ses élèves qui ont construit des théories, et exploité le filon).

Ses collègues médecins le surnommaient « le magicien »,
d’autres « le sage »,
non pour d’éventuels goûts ésotériques ou idées excentriques,
mais suite au nombre impressionnant de patients guéris,
certains en une unique consultation,
certains sans médicament ni autre soin que des suggestions,
intelligemment et subtilement induites,
en ayant plongé le patient dans un état de transe.
(Ses patients, comme ses collègues,
savaient que M. H. Erickson pouvait avoir recours à l’hypnose.
Je rappelle que la transe est une modification de l’état de conscience,
ce qui rend notamment plus réceptif).

Son histoire personnelle est insolite, exemplaire :
cet Individu s’est auto-guéri, auto-soigné, à partir de l’âge de 17 ans,
alors qu'il subit une crise grave de polio,
l’ayant plongé durant trois jours dans le coma.
Leur médecin diagnostiqua, à son réveil, un handicap à vie des deux jambes
et une existence courte pour l’adolescent fragile qu’était M. H. Erickson.
M. H. Erickson, en son intériorité, a refusé et nié ce diagnostic.
Ce dernier avait une petite sœur qui apprenait à marcher.
Immobile dans son lit, il l’observait attentivement
et commença à étudier le processus de la marche,
de la coordination des muscles et des mouvements, etc.
Il eut l’idée de réapprendre la station debout à son propre corps
ainsi que la marche, et ce depuis le tout début du processus.
Dès lors, chaque jour il s’auto-hypnotisait et suggérait la procédure,
en observant l’évolution et les progrès de sa petite sœur !
Résultat miraculeux (vu le diagnostic médical) :
il a vécu près de 80 ans, et, certes avec une canne,
il a marché et mené une vie normale, humble et lumineuse…

Dans un livre de Jeffrey K. Zeig est écrit au sujet de Milton H. Erickson :
« Il fut l’un des psychothérapeutes les plus créatifs,
les plus sensibles et les plus ingénieux de tous les temps.
(…)
Il fut le plus grand communicateur du monde.
»


Milton H. Erickson a inspiré de nombreuses écoles et institutions,
dont la fameuse école Palo Alto qui a été ouverte par divers élèves de M. H. Erickson.
Il est à l’origine de plusieurs disciplines et approches actuelles, notamment :
la PNL, l’hypnose éricksonienne (clinique, thérapeutique), la systémique,
la gestalt thérapie, l’approche EMDR, la kinésiologie, la cybernétique, etc.

Un grand personnage, doué, éthique, sage, et magicien (blanc).

C’est le patient qui fait la thérapie.
Le thérapeute fournit seulement le contexte, le climat, c’est tout.
(…)
Ce qui est important, c’est l’habileté du thérapeute à permettre aux patients
d’avoir leurs propres réflexions, de comprendre à leur manière.
– M. H. Erickson

Qui sait si son refus de théoriser ne s’expliquait pas par une crainte
que ses techniques n’en viennent à être utilisée pour manipuler les gens à leur insu ?

Si la PNL est décriée, de nos jours, c’est notamment parce qu’une personne douée,
avec cette technique de communication,
peut en venir à manipuler facilement une autre personne fragile
ou ignorante (du pouvoir des suggestions).

Plusieurs branches professionnelles semblent utiliser
quelques notions de PNL (ou autre approche similaire),
par exemple : les vendeurs dans les magasins, les représentants,
les responsables d’équipe (management), les agents banquiers et assureurs, etc.

Comme pour tout, la PNL peut être utilisée de façon bien intentionnée,
suite à la demande du client (dans un cadre thérapeutique par exemple),
pour l’aider à se perfectionner (technique de coaching par exemple) ou autres.
Certains évoquent, dans ces situations, de la « manipulation positive » ;
néanmoins, un doué peut aussi utiliser cette technique à des fins personnelles…

Nul n’est à l’abri de ses passions et démons intérieurs,
ni de l’attrait du pouvoir sur autrui.

Manipuler quelqu’un, sans son consentement, le fait dévier de son chemin,
de son élan propre, de ses instincts, besoins, intuitions et désirs.

Manipuler quelqu’un, c’est aller à l’encontre de la volonté de cette personne.

Manipuler autrui crée une communication unilatérale,
puisque l’un veut, mû par un but, que l’autre aille dans un sens précis.

Qu’est-ce qui permet d’évaluer si la manipulation est positive
ou nécessaire ou, au contraire, abusive ?

Un manipulateur cache toujours son intention, son but, son désir.
Le mensonge est donc le propre du manipulateur. Le secret.

La relation ne peut pas être spontanée face à des personnes stratégiques
car elles ont toujours une idée derrière la tête, selon l’expression populaire.

Certaines techniques, selon qui les utilise, peuvent s’avérer nuisibles, dangereuses.

Évidemment qu’une approche de communication directive et suggestive
menée par un Individu au cœur généreux comme M. H. Erickson
n’aura pas la même visée (intention) qu’une telle capacité utilisée
par un individu de la finance obnubilé par le capital, par exemple.

« Faites confiance à votre inconscient,
car votre inconscient sait plus de choses que vous savez que vous savez…
»
– Milton H. Erickson.

D’en avoir conscience,
de s’intéresser un minimum aux techniques de communications directives,
permet de s’en prémunir, de reconnaître les manœuvres,
et de ne pas se laisser manipuler (à son insu).

Plus l’on a conscience de ce qu’il se passe durant une interaction,
plus l’éventuelle emprise d’un tiers devient difficile,
et moins les suggestions (du manipulateur) ont d’impact sur soi.


5 commentaires:

  1. La manipulation d'autrui, le maître mot de notre société aujourd'hui !

    RépondreSupprimer
  2. Garder l'esprit souple et établir des associations :
    voici un exemple tout frais de ce que j'appelle de la "communication directive",
    utilisée cette fois dans un sondage (lien site Reporterre) :
    https://reporterre.net/Le-sondage-bidonne-qui-pretend-que-les-Francais-veulent-l-evacuation-de-la-Zad

    RépondreSupprimer
  3. Eric,
    Une lacune qui se comble au goutte d'eau.
    Une connexion en plus.
    Heureux qui communique comme disait l'autre.
    Merci pour tout ce que tu nous apportes.
    Thierry

    RépondreSupprimer