La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. La peur tue l'esprit.
J'affronte ma peur. Je lui permets de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.

mercredi 19 janvier 2022

Gouverner par le chaos

 
Voici quelques extraits du livre Gouverner par le Chaos. Ingénierie sociale et mondialisation.
Écrit par le Comité invisible, édition Max Milo, 2004. (notez bien la date et constatez ce qu'il se passe depuis).
Ce livre a été « signé » notamment par Stéphane Hessel, l'auteur de Indignez-vous.

J'ai fait des copiés-collés et, autrement, j'ai résumé quelques passages en m'efforçant
de dénaturer le moins possible le texte original.



Gouverner par le Chaos : 

À partir des années 1920, l’étude scientifique du comportement humain a commencé de prendre la place
de la religion et de la philosophie comme fondement de la pratique politique.
Il est question des « sciences de la gestion » réunissant de nouvelles disciplines utilisées par les politiciens
telles que le marketing, le management, la cybernétique, la robotique, le cognitivisme,
la psychologie sociale et behaviouriste (comportementale), la PNL (Programmation Neuro-Linguistique),
le storytelling, le social learning (au sens d'apprentissage), le reality-building,
qui sont devenues les nouveaux instruments du contrôle social
reposant sur la programmation comportementale des masses
au moyen de la manipulation des émotions et de la contrainte physique.

La politique est devenue en 2009 l’art d’automatiser les comportements sans discussion
(et sans débat contradictoire).
Ces nouveaux instruments de la pratique politique permettent de faire tout simplement
l’économie de la subjectivité et de réduire un groupe de sujets à un ensemble d’objets.

Question perso : « économie de la subjectivité », pour nous imposer
leur conception de ce qu'ils décident être objectif ?


L’intégration mondialiste, comme projet politique imposé par certaines élites aux populations,
n’est ainsi rien d’autre que la mise en place d’un vaste système de prévisibilité
et de réduction de l’incertitude des comportements de ces populations.
Ils veulent un système de contrôle total des contre-pouvoirs.

Ils veulent s'assurer la prévisibilité totale de nos comportements (du peuple, de la masse).
Chacun cherche à enfermer l’autre dans un raisonnement prévisible,
tout en gardant la liberté de son propre comportement.
Celui qui gagne, celui qui peut manipuler l’autre, donc orienter la relation à son avantage,
est celui qui dispose d’une plus grande marge de manœuvre.
Tout se passe donc comme s’il y avait équivalence entre prévisibilité et infériorité. »
L'imprévisibilité donne du pouvoir.
« (...) le seul moyen que j’ai pour éviter que l’autre me traite comme un moyen, comme une simple chose,
c’est de rendre mon comportement imprévisible (...) ».

La politique comme ingénierie sociale consiste alors à bâtir et entretenir un système inégalitaire
où les uns voient sans être vus, et où les autres sont vus sans voir.
Le but de la manœuvre est de prendre le contrôle du système de perception d’autrui
sans être soi-même perçu.
Laurent Solly : « (...), la réalité n’a aucune importance. Il n’y a que la perception qui compte. »
L’ingénierie des perceptions devient alors une activité quasi démiurgique
de construction d’hallucinations collectives (...)

Manipuler la perception et dénier le Réel :
Kevin Mitnick a écrit que « l’ingénierie sociale serait l’art de la supercherie ;
plus précisément l’art d’induire autrui en erreur et d’exercer un pouvoir sur lui
par le jeu sur les défaillances et les angles morts de son système de perception et de défense.
Illusionnisme et prestidigitation appliqués à tout le champ social,
de sorte à construire un espace de vie en trompe-l’œil, une réalité truquée
dont les règles véritables ont été intentionnellement camouflées. »

Tchakhotine distinguait quatre impulsions primaires sur lesquelles surfe la manipulation :
l’agressivité, l’intérêt matériel immédiat, l’attirance sexuelle au sens large,
la recherche de la sécurité et de la norme.
La manipulation la plus efficace sera celle qui instrumentalisera au mieux ces impulsions primaires
en promettant la satisfaction la plus pleine et rapide. Ces quatre impulsions peuvent se ramener en définitive
à deux affects primordiaux : le sexe et la peur.
L’utilisation adroite de ces deux affects, le jeu alternatif sur la carotte et le bâton,
la séduction et l’angoisse, permet de mener un groupe par le bout du nez,
de piloter son changement avec son consentement, donc de lui rendre imperceptible
le viol de sa propre souveraineté mentale et politique.

Dans cet ouvrage, Gouverner par le chaos, est évoqué également la stratégie du choc.
À ce sujet, lire le livre de Naomi Klein et aussi, voir son documentaire.
Le choc traumatique peut être réel ou non.
Alain Minc a écrit : « Rien ne serait mieux, pour nous mettre en alerte, qu’un gigantesque canular,
dès lors qu’il aura suscité une panique (...) »

Commentaire perso : comme la soi-disant pandémie de Covid-19.


La question qui se pose toujours au praticien (des sciences de la gestion) est
« Comment provoquer le moins de résistance à mon travail de reconfiguration,
comment faire en sorte que les chocs infligés ne provoquent pas une réaction de rejet ? ».
Donc comment faire accepter le changement, et si possible comment le faire désirer,
comment faire adhérer aux chocs et au reformatage qui s’en suit ?
Comment faire aimer l’instabilité, le mouvement, la précarité, le « bougisme » ?
Bref, comment inoculer le syndrome de Stockholm à des populations entières ?
Il est ici question de nous faire consentir à des changements non voulus, à notre insu.

Rappel : le syndrome de Stockholm consiste à amener la victime à aimer, pour le moins à apprécier
son bourreau ou geôlier, en faisant en sorte que la victime accepte la raison de la violence
ou persécution ou torture ou enlèvement commis par le bourreau.


Les français résistent, pour quelles raisons ?
Discours de Renaud Dutreil paru dans le Charlie hebdo du 27 octobre 2004 :
« (...) Le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics.
L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne bien, la police fonctionne bien.
Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure,
c’est ce que fait très bien Michel Camdessus, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là,
ils se recroquevillent comme des tortues. »
Pour ne parler que de la France, ce pays est, depuis la prise de pouvoir du gouvernement Sarkozy,
l’objet d’une destruction totale, méthodique et méticuleuse, tant de ses structures sociales
que politiques et culturelles, destruction accompagnée d’un gros travail
de fabrique du consentement de sa population  à une dégradation sans précédent de ses conditions de vie
afin de les aligner sur celles de la mondialisation libérale.

Au sujet du Social Learning :
Le Social Learning est un formatage social à des fins d’influence.
Son objectif est la conquête des "territoires mentaux".
Il s’agit d’une conquête des cœurs et des esprits très en amont des débouchés commerciaux.
Le Social Learning se consacre ainsi à la modification intentionnelle du mode de vie, des mœurs,
us et coutumes d’un groupe humain donné, à son insu
et en laissant croire qu’il s’agit d’une évolution naturelle.
Pour le dire frontalement, le Learning est la science du dressage et du conditionnement comportemental.

Au sujet du tittytainement (distraction, divertissements, et tétée du sein):
De nombreux auteurs ont étudié d’un point de vue critique les aspects de cette régression
pré-oedipienne globalisée,
à commencer par Gilles Châtelet dans son « Vivre et penser comme des porcs
(De l’incitation à l’envie et à l’ennui dans les démocraties-marchés) ».
Les autres titres ne sont pas moins éloquents, de Jean-Claude Michéa « L’enseignement de l’ignorance
et ses conditions modernes », à Dany-Robert Dufour « L ’art de réduire les têtes : sur la nouvelle servitude
de l ’homme libéré à l’ère du capitalisme total », en passant par Charles Melman et Jean-Pierre Lebrun
« L’homme sans gravité — Jouir à tout prix », Michel Schneider « Big mother —
Psychopathologie de la vie politique », et Jean- Claude Liaudet « Le complexe d’Ubu, ou la névrose libérale ».
Tous ces textes se consacrent à l’analyse du contrôle social contemporain dans ses spécificités inédites,
à savoir la dépolitisation des masses par la mise en place d’un type de société reposant
sur les caractéristiques du giron maternel, induisant un abaissement de l’âge mental moyen
ainsi qu’un certain nombre de nouvelles pathologies mentales tournant autour de la dépression
et de la perversion
.
En cherchant à abolir toutes les frontières, donc toutes les limites,
et dans le même geste la notion même d’extériorité, de monde extérieur, objectif, réel,
l’ingénierie mondialiste cherche ainsi à construire une forme de société déréalisée (...)
Obtenir le consentement non problématique à la dégradation peut aussi être considérablement favorisé
par une situation de départ qui, elle, est problématique, ou du moins perçue comme telle.
Toute situation humaine étant sous un angle ou sous un autre problématique,
il n’y a qu’à en accentuer certains aspects, noircir le tableau pour exiger des « réformes » salvatrices.
S’il le faut, on crée le problème par un sabotage intérieur, sous la forme d’une diminution des budgets
de fonctionnement, d’une dette publique savamment gonflée (par la prise en compte des intérêts
dans le calcul global), ou de toute forme de crise planifiée, économique ou diplomatique, sociale, etc.
Puis on propose une solution.
Cette solution proposée ne fera qu’empirer les choses,
mais comme c’est la seule voie de changement suggérée  au groupe,
il a l’impression d’une amélioration par simple changement de position.
Le simple fait de changer quelque chose produit l’impression de changer en mieux,
car le psychisme humain est ainsi fait qu’il envisage toujours positivement au début
la sortie d’une situation difficile. Ce réflexe est la conséquence d’un optimisme instinctif,
d’origine biologique, sans lequel l’être vivant ne saurait se maintenir en vie.
Cet engouement ne dure que jusqu’à ce que l’on se rende compte que c’était pour aller vers pire.
Et alors une autre solution est aussitôt proposée, qui ne fera à son tour qu’empirer la situation,
mais qui sera reçue provisoirement avec enthousiasme, et ainsi de suite à l’infini
sans qu’il soit jamais possible de revenir à l’origine du problème pour le régler réellement
car on se trouve continuellement déporté toujours plus loin de ses racines.
La conduite du changement vise ainsi à implanter dans les esprits un « C’était pire avant » systématique,
interdisant tout conservatisme ou retour en arrière, et ce, quelle que soit la situation,
même la plus dégradée, que l’on puisse connaître.
Il s’agit d’induire une marche en avant forcée d’un point A vers un point B,
en programmant une sorte d’espoir aveugle et d’optimisme obtus pour le point B,
présenté comme forcément meilleur que le point A, passéiste et réactionnaire,
le tout reposant sur une bonne dose d’autosuggestion, de révisionnisme historique
et de progressisme idéologique.

Ils veulent notre consentement à la régression et notre servitude volontaire.

Le Réel est, selon Lacan, hors contrôle, non contrôlable, ce qui déplaît aux élites.

Le système global de surveillance est déjà fort avancé grâce à l’informatique, à la téléphonie mobile
et aux dispositifs de caméras, statiques ou embarquées dans des drones, en nombre toujours croissant
dans nos villes. Un pas supplémentaire sera bientôt franchi avec la technologie RFID
(Radiofréquence Identification)  et les implants sous la peau de puces électroniques émettrices
de signaux qui assureront notre géolocalisation permanente.
Ce tatouage numérique, plus qu’indélébile puisque enfoui dans nos chairs,
contiendra en outre les informations biographiques et biométriques suffisantes
pour autoriser le profilage à distance de son porteur et permettre ainsi d’anticiper
sur tout comportement évalué comme potentiellement dangereux de sa part.

Au sujet du Mind Control (lire attentivement, c'est glaçant) :
Le Mind Control est friand de métaphores informatiques et relatives à l’Intelligence Artificielle,
son projet consistant à réécrire le programme comportemental d’une machine vivante
mais sans que cette machine ne s’en rende compte
.
Piratage psycho-socio-biologique, où le code source du sujet cobaye a été craqué (hacké),
puis effacé et reformaté par une entité extérieure au sujet, qui s’est ainsi rendue propriétaire
de l’inconscient du sujet et qui peut donc orienter son devenir.
Un hacker s’est infiltré dans la mémoire, en a pris le contrôle, l’a reconfigurée selon ses plans,
a implémenté de nouveaux habitus, de nouveaux algorithmes comportementaux
et pilote désormais la machine humaine à distance.
Mais surtout, il a effacé toute trace de son effraction et de sa manipulation.
La philosophie du Mind Control, l’emprise totale sur un être vivant,
emprise autorisée par la réduction de cet être à une machine computationnelle simplement animée
d’entrées et de sorties d’information (input et output), a ainsi infusé toute la politique moderne (...)

Note : concernant la reconfiguration de nos habitudes et comportements,
voir le film Dark City.


Ces diverses approches (énumérées ci-dessus) de la gestion des groupes humains
ont toutes en commun de produire des effets de nivellement par le bas.
À chaque fois, il s’agit de contourner le lobe frontal du cerveau, le néocortex, siège du langage
et des fonctions dialectiques, pour prendre directement le contrôle des fonctions pré-linguistiques :
les réflexes primitifs du cerveau reptilien, et les émotions dans le système limbique.

Rappel : l'humain est 3 en 1 (physico-instinctif, émotif et intellectuel). De la sorte,
si j'ai bien compris, en nous abrutissant (centre intellectuel),
ils veulent nous contrôler par le centre physico-instinctif et par le centre émotionnel.


Au sujet du "Psy-Ops" (manipulations psychologiques de l’opinion) :
Kitson passe ainsi en revue tout l’arsenal de la politique actuelle : la création de faux ennemis,
de faux amis, de faux problèmes et de fausses solutions au moyen de fausses perceptions induites
par de faux attentats terroristes (dits false-flags ou « sous fausse bannière » dans le jargon militaire)
et de fausses informations (propagande noire, entièrement fausse, ou grise, mélange de vrai et de faux
pour mieux faire passer le faux), toutes ces mises en scène pouvant être résumées sous l’abréviation
de « psyops », pour « opérations psychologiques ».

Commentaire perso : comme la destruction des tours de Wall Street en 2001.


La télévision, principal vecteur des psyops, a permis et permet encore
de faire entrer des populations entières dans une réalité virtuelle entièrement construite par le pouvoir.

Au sujet du Reality Building :
Le pouvoir a la possibilité de créer un nouveau réel, une virtualité qui ne supprime pas
mais qui supplante les faits. La faiblesse du mouvement social, la faillite de la fonction symbolique
expliquent l’absence de frein opposé à la toute-puissance de l’État qui se montre en tant qu’image englobante,
en tant que figure maternelle.
À un ordre social qui se révèle contradictoire se substitue une structure psychotique,
un ordre qui supprime tout conflit, toute possibilité de confrontation avec le réel. »
(...) le communautarisme, en tant qu’ingénierie des perceptions, repose toujours sur la même méthode :
afin d’estomper la perception des grosses différences gênantes sur le plan politique,
c’est-à-dire les différences de capital, on dramatise les différences sans importance sur le plan politique,
notamment les différences de genre, d’orientation sexuelle et d’affiliation religieuse,
on les souligne, on les exacerbe de sorte qu’elles occupent tout le champ de la perception et de l’attention.
Les grosses différences réelles subsistent, mais dans un état non perçu, donc comme si elles n’existaient pas,
ou alors mêlées à d’autres, donc diluées et plus difficiles à saisir.
Cette accentuation des différences secondaires au plan politique permet également de briser les solidarités
au sein des classes populaires et moyennes, diviser les pauvres entre eux,
les dresser les uns contre les autres pour les affaiblir.

« L’existence d’une menace extérieure à laquelle il est ajouté foi est, par conséquent,
essentielle à la cohésion sociale aussi bien qu’à l’acceptation d’une autorité politique.
La menace doit être vraisemblable, son ampleur doit être en rapport avec la complexité de la société menacée,
et elle doit apparaître, pour le moins, comme pesant sur la société tout entière. »
Mais qui a dit que l’ennemi devait être réel ?

Commentaire perso : l'ennemi du moment, irréel puisque non vérifiable et non tangible
proviendrait (selon les gouvernements et médias) du monde microscopique,
c'est-à-dire que le citoyen lambda ne peut que croire  les autorités.

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